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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 14:57
J'ai marché, marché et encore marché,
le corps endolori par tant d'efforts
il a fallut réagir!
Maintenant je marche motorisé, et pas que...

Le lever en Cappadocce ( 1 P , 2 P? Le foutoir!) est à ceci radieux que tout est là, la nature, les sourires, le soleil.
Le thermomètre hésite entre l'hiver et l'été qu'on soit de nuit ou de jour, mais au réveil, pour lui et moi c'est le printemps.
Lunettes de soleil de rigueur et loin d'être rigoreux, la nourriture s'engouffre, la tête et les jambes s'affutent.
Aujourd'hui samedi, une nouvelle expérience est au programme. Le genre motorisé et rigolo comme un jouet pour grands, la marche pas rancunière m'y porte, bienvenue à quad-land. Juste pour l'explication, un quad est une p'tite moto à 4 roues.
Rendez-vous à 10h pour 2 heures d'amusement, tout ceci coutant une vingtaine d'euros.
L'approche est très ludique, à la moindre accélération j'ai le sourire qui s'étire. C'est un peu bruyant mais le simple fait d'être au guidon grise au point d'en oublier les nuisances. Je précise aussi que lors de mes marches alentours, je n'ai jamais été importuné par le bruit de ces machines, c'est important pour pouvoir en profiter ensuite!
On est 3 derrière notre guide qui conduit un scooter, trois débutants, tant mieux aussi, pas la peine de forcer l'allure pour s'amuser.
Le chemin est sinueux, bosselé, passe par des "tunnels" creusés il y a plus que des lustres, c'est un peu gadoueux, juste comme il faut pour te repeindre une paire de jeans en long et en large.
L'apprentissage est rapide, on dérape sans mal, plus on est fou, plus on rit. Les arrêts photos sont au programme et juste assez nombreux pour qu'on s'herberlue du spectacle chaque fois qu'ils se produisent. A chaque fois le point de vue est hallucinant.
En fait, la Cappadocce, la région pas les vallées troglodytes, est très plate et ponctuée de plateaux et, chaque fois qu'on est en haut du plateau, on peut voir à une centaine de kilomètres; je vous dis pas le spectacle!!! La différence avec la France où il y a toujours une colline pour te fermer l'horizon est frappante.
Par exemple on peut voir le sommet d'une montagne enneigée au loin (85km), et la première fois que je l'ai vu je l'ai pris pour un nuage tellement ça semble perdu dans le ciel!
J'ai bien fait de pas demander, ça m'aurait "couté" des rires!
Je flingue comme il se doit mon jean en déboulant plein pot dans une grande flaque bien boueuse, ruinant du même coup mes pompes qui n'avaient rien faits pour mériter un tel traitement.
Car la ballade, revenons-y, se déroule de mieux en mieux à mesure que l'on prend confiance, on fait les fous tels de jeunes chiots jusqu'au terme, en aillant l'impression qu'on est partis depuis 1/4 d'heure. Impossible dans mon état de me lasser de ce truc!!!
En partant de la location, je dis "à demain" à notre guide dans un grand éclat de rire. L'adrénaline se pompe au litre, la journée commence en fanfare!
Le reste sera plus calme, encore que, disons que le bruit sera moins mécanique. En effet, je suis provoqué en duel au billard par mes 2 co-riders.

Ils connaissent un endroit nettement mieux qu'un autre où j'avais déjà joué la veille au soir et où l'ambiance musicale ne faisait rien pour mériter cet adjectif. Enfer de l'enfer, c'était comme souvent musique techno à rythme minimaliste et musique dansante à même faire craquer un sourd.
Ici, il est 15h, quand on rentre dans le bar, Sade est au micro. L'ambiance est zen et ma langue bien pendue...
Les parties s'enchainent, l'heure défile plus vite que la normale.
Et, alors que Sade n'interrompais, le barman et propriétaire me présentait sa bilbiothèque musicale nous recommandant d'en faire bon usage.
Que n'en fallait-il pas plus pour nous faire rester jusqu'à la nuit!! Jusqu'au dîner présemment. Il fallait bien remplacer la potion houblonnée dont je ne suis quotidiennement pas coutumier mais qui file très goulaiement ici.
La pension, organisant un barbecue frugal, nous vit revenir avec appétit et se fit fort de remédier à ce problème.
Pendant ce temps, au gré des conversations, sachant qu'il devait quitter la région le lendemain à midi précise à l'aéroport local, Chris, un australien travaillant comme chef sur des bateaux de maître et en vacances jusqu'à un nouvelle appel du large, Graham, un anglais ayant encore quelques temps ici et moi nous renseignons pour obtimiser au maximum la matinée du lendemain jusqu'au midi fatidique.
Le verdict, lever à 5h40 pour 4 nouvelles heures de quad depuis le lever du soleil jusqu'à un petit déjeuner et retour à 10h passées.
Le parcours devrait être différent, et le rythme un peu plus soutenu. J'ai faim de ce truc, surtout ici, les chemins sont là exprès et les paysages irréels.

Après un concours de son très divers et très varié (NDLR : son au singulier) sur MP3 avec Chris, tout le monde ira ce coucher avant 1h du matin. Pas question de dormir moins de 4h30, il convient d'être en excellente forme!!

A 5h30 du matin, le Muezzin et son appel à la 1ère prière du jour me tire du sommeil.
Je tente de réveiller Graham, pas moyen, il est malade et craint le froid matinal, il fera main basse sur les toillettes plutôt que sur une petit bécane.
Chris et moi ne seront que 2 à tenter l'expérience du lever de soleil.
On quitte l'hotel à pieds, il est 6h, il fait nuit noire et dans les 5° ce qui n'est pas beaucoup pour un plagiste de la semaine précédente.
A notre arrivée au magasin, un thé à la pomme nous est offert et on en a bien besoin pour nous réchauffer.
On est, avec notre guide, les premiers levés dans tout le village, pas une fenêtre allumée, pas une voiture, rien, la nuit juste.
On allume les moteurs, on ferme les fermetures éclairs, et zou. A la lumière des phares, on s'effonce vers la lumière, le soleil arrive...
Après 2 kilomètres, on approche du site d'où partent les mongolfières, et à cette heure là, c'est la frénésie, on est pas les seuls à être debout finalement.
Une quarantaine de ballons sont au départ, c'est surréaliste. Les photos parleront d'elles-mêmes. La vidéo aussi.
On part ensuite sur les chemins ou à travers champs et montagnes cappadocciennes, plus de risques de se salir, je porte mon jean crotté de la veille.
Jamais la fatigue ne se fit sentir sur nos chevaux mécaniques, c'est grisant au possible.
Pendant 4 heures, pas un instant on a pris un chemin identique aux journées précédentes, la paysage lui reste identique à lui-même, c'est à dire inlassablement extraordinaire.
Et à 10h , comme la veille, alors que le tour se termine, je dis "à demain" à notre guide pour plaisanter, parce que j'aime bien plaisanter...
Chris, quant à lui, doit partir vers Istanbul, son avion n'attend pas, il décolle à midi. Il a choisi de se payer le transfert depuis l'hotel en voiture particulière pour avoir assez de temps pour nos 4h de quad.
Lorsque fut venue pour lui l'heure de partir, il vit sa voiture, un vieux break en tolle des années 60 et son chauffeur, Hörem, un type qui travaille ou passe du temps à l'hotel avec lequel on a bien sympathisé. Hörem avant de partir me demande si je veux me joindre à la troupe.
Le petit déjeuner attendra encore, il me dit bien de faire un peu de route en voiture pour voir les alentours encore différemment et d'élargir mon périmètre de connaissance des lieux. Tant que la voiture ne nous fait pas faux bond, et même ça de toute manière serait assez folklo' pour que j'en ris.
La voiture marche finalement comme une vieille montre à gousset, increvable.
En route, Hörem nous explique ses multiples et nombreux talents dont l'orticulture fait partie. Mais son vrai talent, ce sont les chevaux.
Il ne vit que par ça, et la décone en tout genre ce dont on ne peut le blamer vu qu'il a 25 ans et qu'il habite malgré tout un patelin.
On arrive à l'aéroport largement dans les temps, on dit au revoir à Chris que je recroiserais peut-être sur la route. Et la faim gagnant, il est convenu d'une halte réparatrice.
Comme Hörem connait le coin comme sa poche ainsi que tous les meilleurs bouges des environs, on s'arrête pour un kebab frais comme la rosée. Rien à voir avec ceux achetés en France, c'est plus que frais, la salade et les oignons croquent, les tomates ne viennent pas d'Espagne, le pain croustillant mais tendre et la viande, 100% monton label-rouge. Une merveille de sandwish! De quoi en plus tenir jusqu'au soir!
Reste plus qu'à reprendre la route pour rejoindre göreme et me déposer à la pension. Alors que l'on s'y rend frolant les 40km/h, Hörem me demande ce que je veux faire de mon après-midi, ce à quoi je lui rétorque que je vais sans doute faire une petite sieste avant de dénicher un point de vue pour le coucher de soleil.
Lui me dit qu'il a un autre programme et que je pourrais tout aussi bien le suivre. Il n'en fallait pas tant pour repousser la fatigue, et arrivés à Göreme, on poursuit un peu sur la route du musée à ciel ouvert (vu bien avant) pour stopper la diligence devant son ranch.
Mon bougre à l'oeil malicieux est en fait éleveur de chevaux et propose aussi des randonnées équestres aux gens qui veulent bien s'en donner la joie.
Son installation est à fleur de terre à tel point que les écuries ont été creusées à cet effet et dans la paroi par les troglodytes voilà plus de mille ans. J'étais passé devant à pieds 2 jours plus tôt et avait déjà trouvé l'endroit extraordinaire, à l'image des vallées l'entourant, mais ne voulant troubler la quiétude du lieu, je m'étais gardé de m'approcher de trop prêt, n'étant pas en mesure financière de faire une randonnée équestre.
Cette fois-ci, comme je suis avec le patron, plus de scrupules. Je suis invité à franchir la cloture, à visiter les lieux, à profiter de sa passion.
De son gout pour l'orticulture aussi...
Après quelques minutes, cerise sur le gateau, il m'invite à se joindre à lui pour un tour à cheval. Comment pourrais-je décemment refuser?
J'ai beau être plus à l'aise pour sauter d'un avion que pour monter sur un canasson, il y a des offres qui ne se refusent sous aucuns prétextes.
La sieste peut bien attendre.
En 2 temps 3 mouvements, deux chevaux sont apprêtés, on va leur faire se dégourdir les sabots. Et si c'est bon pour eux, pour le Braïce, c'est showtime!!
Que de l'inattendu toute la journée, et à ce niveau là, c'est même plus du privilège!! C'est hors catégorie!!!
La promenade passera par des chemins où seul un cheval est grosso modo capable de passer. En plus d'être à deux mètres au dessus du sol sur lequel on marche, mais aussi à 40 mètres au dessus du sol à 10cm sur la droite... Bigre, c'est haut et pas rassurant pour le braïce.
Par moment quand même, Hörem choisit des itinéraires plus plat et sécurisant pour moi. Et là, il m'initie au galop! Les WHAOUUUUUUs sont de retour!!!!!
Ca dure comme ça pendant plus d'une heure, le soleil au dessus de la tête, tantôt en bas de la vallée, tantôt en haut.
Seul point noir : moi, j'étais juste parti pour un tour en voiture d'une heure histoire de se changer les idées, l'appareil photo laissé dans la chambre était au chomage technique.
Retour au ranch, bière fraîche et tabac local, sans commentaires.
On profite de la fin d'après-midi comme ça à l'abri d'une cave voutée aménagée et on redécolle vers 17h. Le ranch est à 1km du village par la route et Hörem connait toutes les pistes de la région; pas moyen de faire autrement que de contourner le village, de marcher une heure et d'en profiter religieusement.
L'itinéraire Brice pris donc encore le pas sur la route prioritaire, une heure de marche au pays des schtroumfs avec leurs maisons en forme de champignons.
Tout le retour se fera à la lumière colorée et déclinante, guidé que je suis par mon nouvel ami. Je n'aurais d'ailleurs pas pû trouver le chemin moi-même tant c'est alambiqué. Sûr que tout seul, je me serais pelé de froid à dormir dans une cave troglodyte en attendant les secours.
0n rentra à l'hotel tranquillement au niveau du rythme, la journée à été longue et sacrément rythmée. Surement la meilleure depuis le début si je devais m'amuser à des comparaisons hasardeuses.
Je me votis une petite douche et une bonne sieste ou l'inverse.
Réveillé par la faim, à 23h, il fut juste temps d'aller chercher un kebab et de retourner dormir.
Le programme du lendemain est incertain, contentons-nous de bien nous remettre, ce sera déjà ça.

Le réveil du lendemain, tranquille peinard, accoudé au contoir, le type est entré dans le bar, m'a proposé un café noir,
J'lui dis : t'en cas faire, fais moi un thé, tandis que j'm'en grille une p'tite,
ça c'est passé comme ça, la tête au soleil,  et moi, la Capadocce, j'laisse pas béton (ou quelque chose dans l'genre).

Au fur et à mesure de la semaine, la pension s'est plus ou moins vidée, ne doivent rester que 7 ou 8 clients. Le froid va débarquer sous peu avec son grand manteau blanc et ça se sent dans la fréquentation des lieux.
Tous les visages de la pension me sont familiers, c'est comme à la maison mais en plus grand.
Parmi les 7 ou 8, deux coréennes pas bien fute fute, qui veulent faire du quad sous la pression amicale et souriante d' Hörem. Seulement, c'est l'évidence incarnée qu'elles ne parviendront pas à maîtriser les engins.

Attention : ceci n'est pas une remarque sexiste, c'est juste qu'elles sont très très très gauches, et qu'il faut les voir pour le croire. en plus on passerait notre temps à s'arrêter pour photographier chaque chaton croiser sur le bord de la route. So cuuuuute!!!! (NDLR : english, thank you)

Le plan est donc celui-ci, Hörem et moi on conduit dans la montagne avec 2 quads tandis que les filles seront à l'arrière de la selle. C'est un marché très avantageux d'autant que gratuit pour votre serviteur-pilote.
Hörem conduit les yeux fermés comme un dingo, on voit qu'il maîtrise et les premiers 100 mètres ont dû lui percer les tympans, sa passagère étant bien en clin à lui remplir les 2 oreilles et à réveiller toute la région de cris sur-aigus.
La nouvelle chevauchée passe encore par des endroits encore inexploré et je ne me lasse toujours pas de conduire.
En route, alors que la voie fut dégagé, il fut décidé malgré les circonstances accablantes de laisser nos deux miss Daisy tenter l'expérience.
Rien à faire, même avec les doubles commandes, pas moyen de tourner le guidon ou de ne pas avoir des accoups à l'accélérations à se faire des coup du lapin-garou.
Après Quelques centaines de mètres de marche arrière pour se sortir du bas-côté le chauffeur a repris les rennes et miss Daisy sa chauffeuse.
Le rythme reprend à vive allure, Hörem est dans son élément et moi, je progresse les tifs au vent sans me ruiner.
Après ces 2 nouvelles heures, qui nous font 8, malgré tout, je quitte le loueur en lui disant "à demain" même si là, j'ai eu ma dose!

Temps est venu de chercher des vitamines à nouveau et j'ai tellement bien conduit que j'ai aussi droit à un déjeuner aux frais de la princesse. Malgré mon insistance pour payer mon dû, rien à faire, je ne parviendrais à aucun compromis d'autant que dès que je parle français, les 2 coréennes fondent comme neige au soleil.

Après cela, Hörem voulu retourner voir ses chevaux, il était déjà 15h30, et il avait raison le bougre!! Me retrouvant à nouveau invité parmi les équidés, la fin de journée fut une nouvelle fois idylique et la lumière magnifique tombant sur les cheminées calcaires de même.
Tout invite à la contemplation surtout quand on est du bon côté de la barrière avec la bière fraîche et le reste.
Seul le chien de berger d'Hörem courre après les cailloux ne parvenant cependant pas à me lasser de le voir excité comme un fou dès qu'il aperçoit quelqu'un se baisser pour attraper un projectile. Il a dû bien dormir ce soir là ce chien ci.
Sur le coup de 5h, Hörem dû rentrer à la pension alors que je restais encore un peu à regarder les chevaux dans la lumière déclinante. Les coréennes se joignirent à lui.
J'allais pouvoir rentrer de nouveau à pieds et tenter de prendre le chemin sinueux emprunté la veille.
Alors que je progressais le plus souvent en courant pour ne pas rentrer dans le noir complet, je pris en compte le fait que je n'avais pas de lampe et que mes lunettes de soleil à me mettre sur le nez, ce qui est plus compliqué lorsqu'on doit marcher sur des chemins escarpés à la lumière de la lune à moitié pas pleine.
J'allais donc le plus loin possible pour avoir les meilleurs points de vue pour une série de photos au soleil couchant mais assez près de la route pour pouvoir la retrouver.
Itinéraire sécurisé est père de toutes les nuits confortables.
En retournant vers la route, j'aperçu un spot déjà fréquenté mais dans le silence par quelques personnes, je décidais de m'y rendre pour profiter des derniers rayons.
Demain sera sans doute ma dernière journée dans le coin, profitons du spectacle au maximum.
Parmi les personnes qui se trouvaient là, Ramo' , un turc aperçu dans la montagne 3 jours plus tôt et qui m'avait déjà nourri à l'époque de raisin déniché dans la vallée.
Le genre de rencontre qui fait d'une journée une journée complête. Ramo' est coutumier de la vie dans la vallée, il vit de peu et se débrouille de tout. Il peut se nourrir ici été comme hiver connaissant la nature autour comme personne.
Ce soir-là, il sorti de son sac 2 petits croissants maisons fourrés à la carrotte, dessert imprévuet délicieux devant la lumière qui disparait.
ramo' me ramènera sur la route dans le noir et on rentrera l'un comme l'autre comblé de cette fin de journée.
La soirée sera tranquille près du poële rechauffant la pièce commune sous le ciel étoilé, pas dégueux pour lundi, comme ils disent...

En tout cas, ce séjour en Capadocce aura été de toutes les couleurs. Merci à la pension Rock Valley à Göreme pour son accueuil, et accessoirement pour le pain-perdu au petit dèj'.  

Mon rythme n'est plus aussi nocturne qu'avant et les réveils moins compliqués, demain ne sera que derniers regards sur cette terre creusée de mains d'hommes dans ces vallées millénaires.
Après-demain devrait aboutir en Syrie, il est temps de refaire chauffer le passeport.
Et de retrouver les douces soirées plus au sud.
L'arabe va remplacer le turc, le muezzin va remplacer le muezzin.

Je pourrais aller plus à l'est en Turquie pour voir et vivre encore plus de la Turquie mais il ne me reste "plus" que 6 semaines au Moyen-Orient, sachant que la Syrie, la Jordanie et surtout l'Egypte ont énormément à offrir. La route vers le sud est donc au programme pour être sûr de ne rien baclé, comme si cela était possible, par la suite.


Voilà, je me suis encore déchiré à te chanter mes tribulations. Quand je vais me lever de ce clavier je marcherais comme un centenaire, mais comme toujours, que de souvenirs, de rencontres, de couleurs.
S'il te chante à ton tour d'entonner un commentaire, j'ai toujours de la place pour te lire que ce soit une ligne ou une encyclopédie.
Si tu connais les coins que je vais arpenter à l'avenir, je prends aussi les bons plans.
Tu commence à connaître maintenant, "à fleur de terre" est une maison bleue, adossée à la colline, on y vient à pieds, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé.


Grosses bises





PS : j'ai encore passé des heures à écrire, excuse-nous Bernard (Pivot)!!!!!!!! Pas de re-lecture = fautes au kilo

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Published by simplybrice - dans Où En Turquie
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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 23:06
Se la couler douce en Capadocce, c'est pas compliqué,
Le rythme de vie coule au rythme d'une bougie qui fond,
Seulement ici les bougies font 30 mètres de hauteur,
Ca laisse le temps de voir venir...

La pluie a laissé la place au soleil, c'est plus commode pour occuper ses journées et pour se repérer dans ce dédale qui m'entoure.
Les 2 premiers jours m'ont laissé un gout mouillé dans la bouche mais depuis la bière fraiche refait son effet remplaçant avantageusement le thé chaud idéal cependant quand la nuit tombe et que le thermomètre indique des températures proches de 0°. C'est d'autant plus appréciable que même quand pour la grenouille baromètre le climat est trop rude, il n'y a pas grand chose à faire. L'activité principale du coin quand on est un touriste pas trop pressé, c'est la marche. Et ici, c'est idéal, ça ne coute pas un rond et les paysages sont à tomber par terre!
Hier, journée printanière, je me suis mis en tête de re-commencer doucement, le petit dèj' avalé, j'ai beau être prêt à prendre les chemins d'assaut, je prends mon temps et rêvasse.
A deux kilomètres de göreme se trouve ce qu'on appelle le musée en plein air. 2 solutions pour s'y rendre, la route aux allures de nationale où les bus dèjà aperçus par ailleurs déversent leur flot de touriste convoyés, ou les chemins de traverse.
Pour cette dernière solution, c'est pas sorcier, même pas besoin de posséder un sens de l'orientation de boussole, il suffit juste de suivre un chemin au hasard, si celui-ci coupe à travers champs, collines et flancs de montagne, c'est gagné, le bruit dégagé par les autocars n'est plus qu'un lointain souvenir et l'on se retrouve avec soi-même perdu dans un dédale aux formes harmonieuses. Seule une impasse peut me faire rebrousser chemin, et les impasses ne manquent pas vous plantant aux pieds d'une paroi infranchissable. Dans ce cas, pas d'autres choix que de rebrousser chemin sans que ça ne vienne troubler une quiétude toute naturelle en ces lieux.
Pour faire les 2 kilomètres me séparants du musée, deux heures n'auront ainsi pas été de trop. La "faute" par exemple à un cours d'eau assèché dont je remontai le cours, jusqu'au moment ou les murs l'enserrant devinrent si proche, que seule l'eau peut y frayer son chemin. Les murs mesurants en plus plusieurs dizaines de mètres, c'est très impressionnant, et on en vient à espérer qu'il ne se mette pas à pleuvoir, redoutant une soudaine crue synonyme de noyade même pour un nageur aguerri.
Mais pas de risque présemment, la météo est au vert comme le ciel est au bleu. Juste quelques pas à refaire en arrière jusqu'au précédent embranchement de chemin dont celui non-emprunté me conduiera forcément à bon port, et si ce n'est pas le cas, il faudra alors rebrousser chemin une nouvelle fois jusqu'à trouver la sortie.
Durant les 2 heures passées à arpenter les chemins, je ne suis de toute façon qu'à quelques centaines de mètres de la nationale, donc ne vous biler pas, aucun risque n'est encouru.
Une fois arrivé au musée en plein air, on retourne à la civilisation, les chemins sont balisés de barrières et le seul risque ici est de se retrouver dans une église troglodyte vieille de 1000 ans entouré d'un groupe de 20 japonnais ou anglais, ou français ce qui n'arrange rien...
Les guides ici sont d'ailleurs formidables de patience et maîtrisent les visites dans toutes les langues inimaginables, là je dis chapeau!!
La seule différence entre le musée (payant) et l'extérieur du musée (gratos, tranquille, à la fraîche), ce sont les églises et autres basiliques taillées à même la roche sur des dizaines de mètres de profondeur et dont les plafonds et les murs sont richement peints.
Tout ici, malgré l'éloignement géographique et la rigueur du climat respire le christianisme (ma consultante en sciences occultes, miss Poppins pourra peut-être vous en dire plus). Toutes les peintures, qui datent du Xème au XIIème siècle reproduisent des scènes bibliques qui me font juste dire que les types de l'époque avaient vraiment de quoi s'occuper entre le creusage, le façonnage puis la peinture des grottes; de certaines en tout cas.
Peut-être eux ne se perdaient pas au premier chemin trouvé, ça doit aider...

Le slalom entre les groupes organisés dura ainsi environ 2 heures au terme desquelles je me fis à nouveau le plaisir de vaquer tantôt à gauche, tantôt à droite, tantôt en arrière, faisant fuir les lézards qui logiquement lézardent au soleil tels des éponges à chaleur.
Durant ces 6-7 heures de marches, les seuls humains que je croisèrent ne se virent qu'au musée, pour le reste, c'est silence et contemplation sur toute la ligne, ne m'arrêtant que deux fois en route pour reposer mes gigots fatigués d'une ballade sportive où tout n'est que montées et descentes, le retour à l'hotel se finissant tel une course contre la montre contre le soleil couchant et la lumière déclinante.
La bière fraîche fit son effet en terrasse en contemplant les mongolfières qui survolent toute la zone, luxe que je ne m'offrirais pas, même si c'est pas l'envie qui manque.
Le spectacle des ballons vus du sol vaut déjà son pesant de cacahuètes.
Et puis c'est pas si grave, le lendemain, une randonnée motorisée en quad de 2 heures est prévue, on ne va quand même pas se laisser mourir sans rien faire.

La journée de toute façon n'est pas tout à fait finie, une fois le dîner ingéré (une entrée + 2 plats car pas oeuf dur au petit dèj pour ceux qui suivent), une marche au clair de lune est gracieusement offerte à qui veut.
Et bien sûr, j'en suis.
La lune est presque pleine, décroissante depuis la veille, on voit comme en plein jour.
Ca ne durera cependant pas longtemps, juste assez pour dominer la vallée et allumer un feu de camp réchauffant les corps, les âmes étant déjà comblées.
Inutile de vous préciser que les ambiances "feu de camp" me scient à ravir et que de nouvelles bières ne firent pas long feu.

Le coucher arriva vers 1h, et fut le bienvenu malgré le fait que c'est plutôt l'heure où j'explose.
Il faut reprendre des forces pour le lendemain; le quad, ma première fois, promet d'être rock'n roll.


PS : peut-être aussi rock'n roll que tes commentaires, j'en salive à l'avance! Et comme je salive, j'ai soif, glou glou, Ephes Beer is in the house!!!!


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Published by simplybrice - dans Où En Turquie
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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 01:43
A Fethiye, j'ai frétillé.
Mais les meilleures choses ont une fin, je me Kas.

Fethiye et Kas ne sont distants que de 100 kilomètres, rien ne presse, tout invite à la paresse.
Le réveil se passe en douceur, les bus qui effectuent le trajet sont fréquents et ponctuels. Il fait beau et le jasmin embaume les alentours.
Le petit dèj' se passe sur la terrasse qui domine la mer, difficile de rêver mieux pour débuter la semaine.
On est lundi et si on me pose la question "comment ça va?"; difficile de répondre "comme un lundi". De toute façon, j'ai déjà plus ou moins perdu le cours du temps et c'est de plus en plus difficile de déterminer exactement quel jour nous sommes.
Le seul truc que je sais, c'est que la terre continue de tourner, et moi avec elle.

Kas, ma destination du jour, est un petit village de quelques milliers d'habitants dont le LP raconte que c'est la perle turque de la côte méditerranéenne, nichée au bas de montagne majestueuse et au rythme de vie à allure modérée. Comme moi en ce moment, ça devrait coller.
Je quitte Jeff qui va retrouver la mère patrie peu de temps après et me mets en route.
La gare routière est aussi anonyme que les autres, le bus plus proche du mini que du maxi. En tout, une quinzaine de places dont la moitié seulement seront occupés.
Ca nous laisse toute la place, à moi et à mes gambettes pour nous mettre à l'aise.
Je prends juste la peine de m'assoir sur le côté droit du véhicule car le parcours que nous allons suivre longe la mer sur près de toute la longueur, je suis aux premières loges. La musique dans les oreilles, je n'ai d'yeux que pour les paysages idylliques qui se succèdent.
La route longe les montagnes qui descendent presque à pic jusqu'à la mer que nous ne surplombons de quelques mètres. Il n'y a pas de place pour l'erreur de conduite mais l'erreur serait de prendre un autre chemin.
De temps à autre, la mer s'enfonce un peu plus dans la falaise qui l'encercle telle une anse et révèle ça et là de petites plages de sable isolée de tout puisque non accessibles.
La couleur de la mer passe du bleu au vert, tout ça sous un temps radieux.
Le sourire de béatitude répond toujours présent, c'est bon signe.

J'arrive à Kas au tout début de l'après-midi, déniche un hotel avec d'autant plus de facilités que les touristes se font rares malgré les conditions climatiques.
L'hotel est simple comme la chambre, et le patron m'accueuille littéralement à bras ouverts.
Je profite de la journée pour me dégourdir les jambes et faisant un rapide tour des environs, vite calmé par la chaleur estivale. Il fait 30°, ce qui est doux pour les locaux qui viennent de voir finir l'été caniculaire où le thermomètre atteint facilement les 40° à l'ombre.
Moi, ça m'écrase un peu d'autant que le bled est très valonné.
A titre d'exemple, je décide de trouver un point de vue sur les hauteurs qui comblera l'appareil photo. j'emprunte une route abrupte (du genre tu avances de 2 mètres, tu montes d'un mètre) et sans ombre. A l'arrivée, je boirais bien trois litres d'eau pour compenser la suée que je viens de piquer. Seulement, pour boire frais, il faut redescendre, et ainsi de suite...
Je me renseigne également sur les sites de plongée dans les kilomètres alentours et comme rien n'est assez bien pour moi (quel pédant!!), je décide d'ignorer celà pour le moment.
Peut-être serait-il juste temps de se poser les fesses au bord de l'eau et de profiter de tout cela à tête et à jambes reposées.
Je me mets donc en quête de la plage, et réalise bien vite qu'il n'y a pas de plage de sable, juste des plateformes bétonnées construites devant les hotels et les bars qui les exploitent. Petite déception, je ne vous le cache pas.
Je finis malgré tout par dénicher une grande terrasse parsemée des même grands coussins fréquentés plus avant à Istanbul. Un jus de grenade est commandé, la tendance est au 100% naturel, l'Efes beer attendra encore un peu ce jour là.
J'y passe la fin de journée jusqu'à l'innévitable coucher de soleil qui viendra abaissé un peu la température. Sur ma terrasse, je suis tout seul; je bouquine, je chante, je bois. Kas est très chouette mais si tu n'as pas une copine avec qui te fourvoyer, c'est un peu chiant, faut reconnaître...
Je retourne à mon hotel le temps de prendre une petite laine et comme je n'ai pas mangé depuis le matin car je n'ai pas pû piquer d'oeuf dur, j'ai les canines qui transpirent à leur tour. Elles se substenteront ce soir là d'un poulet à l'ail et aux champignons, divin et dans mes frais.
Mon gosier aura ensuite beau me tirailler, je n'irais pas boire une bière car je m'emmerde quand même pas mal et que j'ai du texte à écrire.
Retour donc à l'hotel, une bouteille d'eau minérale sous le bras.
Je ne me reconnais pas, je bois de l'eau et mange des légumes plus que régulièrement, et ne suis donc pas une cause perdue!
A l'hotel, des petits coussins moelleux m'inciteront à ne plus bouger jusqu'au sommeil tout proche, juste quelques tapes sur mes bras ou mes chevilles pour disperser les quelques moustiques qui me repèrent à la lumière de l'ordinateur, rien de bien méchant cependant.
Tellement pas méchants que la décision d'aller dormir fut prise vers 3 heures alors que tout le monde à la ronde dort déjà depuis longtemps. J'ai beau manger sainement, on ne se refait pas complêtement.

Le lendemain matin, alors que le soleil, quoi qu'un peu voilé, est toujours là, une décision s'impose.
A Kas, y'a pas grand chose à faire hormis les choses classiques de bord de mer, style kayak ou plongée, mais comme tout est assez cher et qu'il n'y a pas grand monde en ville avec qui sympathiser, je décide de mettre à nouveau les bouts. Direction : la Cappadocce, depuis le temps que j'en entends parler, c'est mon tour!!
Mais Kas est à la verticale d'Istanbul et la Cappadocce à 700 kilomètres au nord-est. De plus, comme Kas est un petit village et Gorëme, la plaque tournante du tourisme en Capadocce, est aussi un petit village (2000 habitants), j'ai un changement à faire pour arriver à satisfaire mon itinéraire gourmand de découvertes.
1er bus : un nouveau mini de 15 places jusqu'à Antalya, plus à l'est toujours sur la côte. 200 kilomètres à effectuer en 4 heures.
2ème bus, un maxi confort de 50 places qui fait la liaison de nuit. C'est d'autant mieux que j'économiserais ainsi une nuit d'hotel ,d'autant que je n'ai aucun mal à dormir quelques soient les conditions, et encore moins dans un bus prévu plus ou moins à cet effet.
Comme Antalya n'est pas réputée pour son front de mer, je prévois juste d'y monter dans mon nouveau bus et d'y dormir jusqu'au lendemain où l'arrivée à Gorëme est prévue à l'aube.
Il me faut donc quitter Kas en milieu d'après-midi pour l'escale à antalya ne soit pas trop longue et douloureuse.  
Je reste donc sur la terrasse commune de l'hotel à attendre l'heure adéquate profitant du hamac à disposition dont je ne pouvais taire plus longtemps l'excitence.
A 14h, le hamac a beau être un havre de paix à lui tout seul, il faut partir, Kas c'est joli mais pour le Braïce c'est tout. Je vais pas rester là à attendre la vague pendant des jours, d'autant qu'en plus, question vague, la méditerranée c'est plutôt lisse que glisse.
A l'heure d'embarquer dans le minibus, un autre facteur vint s'ajouter à mes griefs, le ciel commence à s'assombrir. rien de bien méchant, mais la grisaille gagne du terrain.
En fait, elle gagne tellement de terrain, la grisaille, que comme à Istanbul, à peine le bus parti, la pluie commence à tomber. Quelques gouttes d'abord, puis une véritable douche en très peu de temps, c'était juste, j'ai eu du pif!
La route a peu près similaire à celle déjà décrite plus haut a perdu toutes ses couleurs. C'est plus qu'il n'en faut pour me replonger dans une sieste inattendue.
Je serais seulement reveillé par une voiture nous précédant et qui a eu la mauvaise idée de sortir de la trajectoire pour finir par s'emplatrer côté paroi.
Heureusement pour elle et ses passagers, de l'autre côté la mer est 30 mètres plus bas, sans garde-fou. Ouf!!!
Chauffeur, garde les yeux sur la route et les mains à 10h10!!!
La douche nous suit jusqu'à Antalya qui comme la décrivait le LP est un peu sinistre, la pluie n'aidant en rien bien sûr.
Je prends mon nouveau billet pour Gorëme, le bus partira à 22h pour arriver aux alentours de 6-7h du matin. Et comme il n'est que 18h, j'ai encore 4h de gare routière devant moi. L'attente est longue, peu captivante, et me rappelle un peu l'attente de voir l'horloge frapper 17h20 alors que j'exerçais mes talents en version bancaire.
A force de patience quand même, le bus finit par partir toujours sous le déluge; j'espère qu'au réveil le ciel aura retrouvé une teinte azur. Si j'avais voulu de la pluie, je serais parti à Noyon... Petit rayon de sommeil quand même, alors que le personnel du bus viendra me réveiller pour me signaler l'arrêt complet des moteurs, je serais au coeur de la Cappadocce, pas en Picardie.
Dans le bus, je regarde l'intégrale du film "Woodstock" qui comme chaque fois m'arrache presque des larmes de joie devant tant de ferveur et de liberté. Ma tête est à l'unisson avec mon pied, tout mon corps bat la mesure.
Dans le bus où j'ai encore plus de place qu'il n'en faut pour être confort, les gens s'interroge sur mon état mental. Ils s'endormiront avant moi. Je suis "monsieur 100.000 volts"!!! A l'heure de tomber de fatigue, une petite ombre au tableau quand même, le ciel se déverse au dehors par hectolitres et je me demande si ça va changer, et ça a plutôt interêt!!

A 6h15, alors que je scie des buches de plusieurs mètres de diamètre à l'image d'une bande dessinée, on me réveil, l'arrêt est imminent, nous y sommes.
Le temps de me mettre une claque, de renfiler mes chaussures, le bus se stoppe.
Dehors, par rapport à la veille, on a perdu une vingtaine de degré, c'est la grande pelade. C'est venteux et le village dors encore ce dont je ne peux pas le blâmer.
Seul un couple dont la provenance m'échappe est descendu en même temps que moi. Eux ont déjà une réservation dans un hotel pas dans mes capacités malgré la pluie, le vent. Je claquerais bien un peu de pognon pour me téléporter au chaud, mais non. Discernement quand tu nous tiens...
Sur le trottoir d'en face, une lumière vivote à travers une fenêtre, l'endroit est habité, c'est l'office du tourisme.
C'est quand même bien fait, Il est 6h30, il fait dans les 5°, du vent à coucher les joncs, et un préposé attend le chaland perdu dans cette contrée inconnue.
Lui trouvera à qui parler sous la forme d'un Brice défraichi mais motivé. Il parle un anglais brillant, c'est encore plus facile.
Dans sa cahutte chauffée au poêle à charbon, des brochures dans tous les sens.
Gorëme a beau ne compter que 2000 habitants, il doit y avoir 50 hotels!
J'en retrouve un entraperçu plus tôt dans le LP, le Flintstones (comme la famille troglodyte cartoonesque). Il se situe à quelques 400 mètres ce qui est un petit peu rebutant vues les bourasques mouillées qui s'abattent.
Mais, encore un coup de bol, le chauffeur qui vient chercher l'autre couple descendu avec moi du bus, accepte de m'y déposer en échange de... rien du tout.
Générosité et attention aux petits oignons dans une main, remerciements éternels de l'autre.
La voiture m'y dépose, il est 6h45.
Le Flinstones est un hotel fait de brics et de brocs dont les dortoirs sont des caves voutées à l'image de ce qu'on peut trouver en Cappadocce. Seulement, il n'y a pas un chat; il est pas encore 7h et tout le monde roupille encore. Pas un gardien, rien... Je tourne, re-tourne, re-re-tourne, rien, personne.
dans un sens, pas de bol mais d'un autre côté, la pluie s'arrête comme par enchantement. Il fait pas les 30° de la veille mais c'est déjà beaucoup mieux!
Le vent lui est encore présent, mais on peut pas tout avoir dans la vie! Je m'allume une clope en me disant que si personne ne montre le bout de sa doudoune le temps qu'elle se consume, j'irais voir ailleur.
La cigarette se consuma, j'alla voir ailleurs; mais au sec. Retour, à l'office de tourisme, il est 7h15, le mec hallucine. Le temps de sélectionner un nouveau point de chute et me voilà reparti en promettant à l'aide touristique municipale de nous revoir encore après quelques minutes dans un sourire complice.
Seulement cette fois , l'hotel est le bon. Le chauffage est branché dans l'espace commun où on m'offre le thé que j'accepte volontiers pour me réchauffer le corps.
Dehors, la piscine trône ironiquement, ce sera pour la prochaine fois, même un inuit hésiterait.
J'enchaine les boissons chaudes, le petit dèj' à base de pain perdu, Huummmm, c'est bonnn!!
D'autant que le temps se lève un petit peu, il est bientôt 11h et après avoir pris possession de ma chambre froide, je suis quand même ragaillardi et prêt à aller arpenter un peu.
A 11h30, alors que je pars marcher, prenant une direction au hasard, le soleil perce pour la première fois la voute nuageuse. C'est encourageant, non?
Je suis parti avec 2 polaires, mon coupe-vent, ma doublure pantalon en polaire, mais sans mes lunettes de soleil. Et en peu de temps, je crève de chaud, il doit faire maintenant 15° et je suis déjà équipé pour le Népal. Les nuages se dissipent, le soleil gagne en intensité.
Coté paysage, le temps de faire une dizaine de pas en quittant l'hotel, je lève les yeux et vois que la Capadocce telle qu'on l'imagine est partout autour, et à mesure que je m'éloigne, le spectacle va s'accroissant exponentiellement.
Des blocs de pierres s'élèvent partout autour, c'est renversant!!
Ca me rappelle un peu les Tsingy à Madagascar (voir les photos de Mada' et de Capadocce) sauf sur que les tsingy, la roche est torturée, brisée, aiguisée; ici, tout n'est que rondeurs et courbes.
A mesure que je progresse, mon chemin m'amène à traverser de petits passages souterrains, à grimper par des endroits dont on se demande déjà comment on va bien pouvoir redescendre. Je fais parfois demi-tour tant c'est compliqué de progresser, d'autant que plus j'avance, plus je m'éloigne du village.
Il faudrait simplement que je puisse atteindre un point en hauteur d'où je pourrais avoir une idée de ce qui se trouve derrière la barrière rocheuse qui me barre la route.
Après moultes tergiversations, je débouche sur un chemin grimpant sur les hauteurs, on approche 12h30 et le soleil lutte sans merci contre les nuages. La lumière est magnifique et redoutable malgré tout pour mes yeux non protégés.
Je monte, aperçois le haut du chemin. Derrière ça, aucune idée.
Quelques mètres de plus, j'y suis, je peux lacher mes pieds du regard me préservant la surprise.
WHAOWWWWWW!!!!! (j'te laisse voir les photos mais WHAOOOOWWWWW!!!!!)
C'est incroyable, des frissons partout malgré la douceur qui revient, la chair de poule à en avoir des crevasses, c'est à crever de beauté, inimaginable!!!!

Je resterai environ 1 heure au même endroit sans pouvoir me décrocher tant c'est lunaire et féérique me promettant de rester dans le coin pendant au moins les 5 prochains jours. Et comme mon chemin tracé ne va pas plus loin, je n'ai d'autre choix que de retourner au village, de toute façon, j'ai tellement de fringues sur le dos que j'ai des vapeurs!!
En retournant à Gorëme-centre, on voit que le village est construit au milieu de cette zone géologique exceptionnelle et que quelque soit la direction empruntée, WHAOOWWWW!!!
Il est 14h quand je retourne à l'hotel et si la température extérieure a grimpé quelque peu, il n'en est pas de même de ma chambre où il doit faire dans les 12°. Je demande à un employé s'ils ont le chauffage, il me répond qu'ils attendent la saison froide pour le mettre en route. C'est quand la saison froide??
Le soleil a l'air installé pour de bon et comme la nuit dans le bus n'a pas atteint des sommet de confort et que dans la chambre froide que j'ai choisie pour me changer des dortoirs il y a 3 couettes épaisses pour moi tout seul, je décide d'une petite sieste réparatrice, prévoyant de repartir en ballade pour profiter du sacrosaint coucher de soleil.
Et bien la couette était si confortable que je me suis réveillé à 17h, et qu'à cette heure là, le soleil a finalement perdu la bataille, laissant de nouveau place à la pluie glaciale. Ca devrait durer encore demain (jeudi) mais dès vendredi, le baromètre indique un retour à la crème solaire.
Heureusement, que j'ai eû un aperçu plus tôt et que je ne suis pas ressorti après sous peine d'une douche non souhaitée.
Au moins auras-tu des photos pour te rincer l'oeil.
Ce soir, la pluie s'est tue, demain c'est loin; j'en ai des images plein la tête et m'en vais faire de beaux rêves.
Whaowwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwwww!!!!!

PS : mon nouvel hotel n'a pas le WIFI dans les chambres mais l'a dans l'espace ptit dejeuner & coussins, s'il pleut demain (jeudi) je serait sans doute sur skype en journée ET en soirée. Au plaisir de vous entendre!!

PPS : encore une fois je ne me suis pas relu car il est 2h passées, tout le monde dort et il faut encore que je charge les photos (que je ne vais pas trier non plus) pour tes yeux curieux, désolé pour les fautes mais c'est du brut de décoffrage et whaooooowwwwwwwww



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Published by simplybrice - dans Où En Turquie
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 20:29
J'avais beau en avoir plein l'Ephèse, j'étais toujours pas rassasié.
Et quitte à être entouré de vieille pierre, autant poursuivre les visites.

C'est pourquoi après avoir tourné dans Selçuk jusqu'à ne plus pouvoir me perdre, il était temps de tout remettre en cause et de se perdre à nouveau.
2 possibilités : la route du sud ou la route de l'est.
Le programme des 2 itinéraires étant assez semblables, autant me rapprocher de la Cappadoce qui sera de toute façon au programme.
La route de l'est est donc la vainqueur d'une courte tête, permettant de gagner quelques jours car le temps défile inexorablement et je dois encore "visiter" la Syrie, la Jordanie et l'Egypte dans les 7 semaines qui viennent.
Pamukkale, nous voilà!!

Seulement, pas de bus directs entre les deux villes qui sont trop petites et la saison trop creuse encore que bien fréquentée malgré tout. Il faut dire que les touristes actuellement en Turquie sont du genre organisés à l'avance en tout cas bien plus que votre serviteur dévoué.
Dans le bus au départ de Selçuk, je suis encore le seul gringo. Tous mes co-passagers, du cru.
Le trajet doit durer de 2 à 3 heures et ne me fera pas mentir cette fois ci.
J'arrive à ma correspondance toujours chargé comme un âne, et doit chercher la compagnie qui dessert Pamukkale à quelques minutes seulement d'ici.
Je cherche, on me repère; je suis aussi remarquable qu'une girafe au milieu des goélands. Et comme ma destination du jour est comme écrit taille "4 par 3" sur mon attirail du fait du caractère touristique de celle-ci, je suis finalement sur des rails même si à une gare routière.
Après les formalités pécuniaires effectuées, on me conduit à mon véhicule, une vieille camionnette Peugeot qui ne passerait en aucune façon le contrôle technique dans notre beau pays la France. La Turquie de l'est montre son nouveau visage : c'est un peu plus roots qu'à l'ouest et ça ne devrait pas se démentir à mesure que je m'éloigne de l'Europe.
Dans le combi cependant, c'est le même topo qu'ailleurs, je suis seul au milieu des locaux qui rentrent chez eux après avoir fait leurs courses de la semaine à la ville.
Je pose mon sac en soute au milieu de cartons en tout genre.
Au cours du trajet, le minibus s'arrête où bon les passagers lui disent de stopper. Pas de dépose obligatoire à l'arrêt d'autobus, elle est déjà loin la RATP.
J'aperçois rapidement le but de mon itinérance du jour, une montagne couverte d'un blanc immaculé dominant le bourg sensé m'accueuillir.
Seulement, c'est la première fois que je viens dans le bled et n'ai donc malgré tout aucune idée de là où m'arrêter. Un doute m'assaille : on a doublé Pamukkale, c'était pas écrit dessus et mon chauffeur trop occupé par un rythme de vie en deçà de la 1ère vitesse ne m'a pas prévenu.
je me maudis une nouvelle fois mais rien de grave, c'est une ligne de bus de proximité, je n'aurais qu'à la prendre dans l'autre sens une fois le terminus atteint.
Le terminus, c'est la vrai Turquie, pas un hotel, pas un vendeur de cartes postales, seulement des échoppes de casseroles, de piments ou de toute autre chose indispensable à la vie locale.
Je patiente quelques minutes ici le temps pour la relève routière d'arriver.
Me revoilà dans un autre minibus des années 60-70, en train de rebrousser chemin, et quand on arrive à Palukkale pour la 2ème fois, cette fois-ci, je descend.
Les hotels sont de retour, reste plus qu'à en choisir un sympathique, à poser mes affaires et à apprécier le coucher de soleil qui tombe sur le village de quelques milliers d'âmes. Direction : la fameuse montagne.
Au pied de celle-ci qui ne se trouve qu'à quelques pas de mon nouveau domicile, un lac, ses oies et ses canards.
Le temps de prendre un raffraichissement, quelques photos, de remarquer de nouveau le ballet des autocars chargés de visiteurs autoguidés, il fait nuit, je rentre m'en mettre plein la panse et t'écrire un nouvel article, qui précisons-le pour la forme, me fera veiller encore jusqu'à pas d'heure.
Sur le chemin du retour, je croise un camelier et son chameau, ici pour proposer une ballade exotique et onéreuse aux gens de passage. après lui avoir vaguement promis qu'on se reverrait le lendemain, je poursuis mon retour.
Je tombe alors, et il fait déjà noir comme dans le cul d'une poule, un semblable; sac à dos, casquette, volonté de fer.
Il s'appelle Mikhail, il est russe et voyage avec un sac de 25 kilos. 25 kilos??? et pourquoi faire me direz-vous si vous êtes un poil curieux. Et bien Mikhail voyage en faisant du stop et en dormant à gauche à droite sous sa tente dès qu'il rencontre une forêt à même de l'accueuillir. Quel courage!! D'autant que ce soir là, il devra faire le tour du site touristique qui est très rentable donc très surveillé par la police locale, Il est pas couché celui-là non plus mais pour des raisons différentes. Moi qui dors sous un toit et qui mange chaud au moins une fois par jour, je serais très content ce soir là, de lui indiqué où trouver un robinet où il pourra remplir sa bouteille pour sa soif ET sa toilette. Mikhail est d'ailleurs très propre sur lui ce qui doit nécessiter des trésors d'ingéniosité.
On se quitte là-dessus en s'échangeant nos cartes de visite comme 2 bons commerciaux dans un salon automobile et en espérant se revoir car pour les prochaines semaines, on va suivre à peu près le même itinéraire.
Diner chaud donc et pas de repos pas mérité puisque j'ai pas foutu grand chose aujourd'hui. J'écris, j'écris et écris encore.
Il sera bien temps le lendemain d'être fatigué alors que j'irais gravir les montagnes sous la chaleur abrutissante.

Le lendemain donc, réveil délicat de coutume pour profiter du petit déjeuner offert par mes hotes hoteliers.
On s'équipe : j'ai mon oeuf, ma bouteille et let's go!!
Si tout marche comme prévu je verrais cette fameuse montagne en long, en large et en travers, et devrais aussi tomber sur les ruines d'une nouvelle cité perdue : Hierapolis.
2 en 1, dans la même journée, on s'accroche...

Il est 11h quand j'arrive au pied la montagne aperçue la veille. Nouveau droit d'entrée d'une dizaine d'euros dont je m'acquitte avec fatalité imaginant Mikhail tromper la vigilance des gardes et escaladant des rochers à pic pour éviter cet impot pour visiteur à la journée.
Après avoir progresser de quelques mètres seulement dans mon a    scension et alors que j'arrive à peine au niveau sédimenté de blanc, un policier me reprend de volée, il faut grimper pieds nus. Le temps que je comprenne que ce n'est pas une blague en regardant les autres couillons pieds nus aux alentours; je me déchausse et continue.
Les 2 raisons du déchaussage sont simples : c'est très glissant et les chaussures érodent la blanche paroi délicate.
A mesure que je monte, je surplombe la montagne en contrebas. L'eau a dessiné là de courbes harmonieuses et echaffaudé ce qui pourrait être de petites piscines naturelles si elles étaient encore remplies de la dîte eau.
Avec le liquide, les reflets promettaient comme sur les cartes postales du lieu des photos magnifiques mais même sans ça, la blancheur rend le l'endroit irréel.
Je ne me suis pas trompé, Pamukkale, c'est bon pour c'que j'ai!!
j'atteinds, malgré mes efforts pour transformer l'ascension en un exploit sportif, le sommet en 20 minutes.
De là, on domine le village et la vallée tout autour. Seule ombre au tableau, le lieu tient autant de la carte postale que du zoo. Les clics des appareils photos sont audibles partout autour, les veaux sont ici chez eux.
Certains se baignent les uns en dessous des autres dans un sillon creusé pour charrier l'eau qui explose d'une source thermale encore en amont, charriant avec elles les microbes de ceux qui se baignent en haut sur les corps inanimés de ceux qui s'ébrouent plus bas.
Je passe mon tour et poursuis. Mon apprentissage des micoses attendra encore un peu.

Je coutourne la montagne en longeant un chemin prévu à cet effet. Tout à gauche est blanc, tout à droite est désordre de cailloux.
Un petit effort de compréhension, et là, ça saute aux yeux, Hiérapolis a été construite puis détruite juste au dessus du paradis blanc et de ses eaux thermales et chaudes.
Contrairement à ce qui est dit dans Asterix, ils sont pas fous ces romains. Pas besoin de s'emmerder à construire à des kilomètres si de l'eau chaude jaillit du centre de la terre à un endroit E.
Les ruines d'une ville contenant jadis plus de 100.000 habitants sont donc sous mes yeux ébahis et devant mes pieds contents de les trouver juste là!!
L'enchainement des 2 sites est donc immédiat, je n'aurais pas à me perdre aujourd'hui.
De plus, à mesure que l'on s'éloigne des eaux réparatrices des sources chaudes, les quidams en sandales et chaussettes se font également plus rare.
2 bonheurs pour le prix d'un, c'est plus qu'il n'en faut pour me sur-satisfaire!!

Les colonnes, les temples à l'allure autrefois opulents et désormais branlants, les rues pavées depuis 2000 ans, l'amphithéatre et tous ses potes sont de retour. Ca valait bien un oeuf dur!!! Et une nouvelle promenade sous le soleil!
J'y passerais toute l'après midi du fait de la distance à parcourir pour évaluer à sa juste valeur le spectacle qu'il m'est vendu de découvrir.
Ne resta plus qu'à attendre le coucher de soleil pour finir la journée en beauté et en clichés.
Perché sur un promontoir dominant la montagne à l'abri des moutons, en musique pour parfaire la chose, je me suis même assoupi quelques minutes emporté que j'étais dans une béatitude exquise.
Le couché de soleil fut évidemment à la hauteur du reste, et à la nuit tombée, je rejoignis mon hotel pour me remettre de mes émotions et remplacer l'oeuf orphelin d'une nourriture plus abondante.
Il va sans dire que comme il n'y a pas beaucoup de backpackers (touristes sac-à-dos) en cette saison, je me suis allongé dans ma chambrée pour paufiner une nouvelle soirée d'écriture et satisfaire ainsi je l'espère ta soif d'autre chose.

Tout s'est d'ailleurs enchainé tellement vite ce jour là, que je n'ai pas pensé à quoi faire le lendemain. J'avais originalement prévu de quitter Pamukkale mais j'y resterais finalement une journée de plus ne voulant céder à l'urgence d'une fuite dont j'ignorais la voie vers la sortie.
Il fut donc convenu d'une excursion organisée sur un nouveau site antique et évocateur : Aphrodisias, à environ 1h de là.
Aphrodisias!! Hummmm, j'en ai l'eau à la bouche!!!


Le réveil du vendredi fut toujours aussi difficile (je t'en prie, ne m'en veux pas de l'écrire c'est juste que c'est vrai!) et le petit déjeuner toujours au programme.
Un nouveau minibus doit m'amener en compagnie de nouveaux compagnons vers Aphrodisias à 10h.
Et, comme les touristes free-lance sont toujours aux abonnés absents, nous ne seront que trois à nous y rendre et ce, bien qu'Aphrodisias soit considérée comme le seul site de la région a pouvoir tenir la comparaison avec Ephèse.
Se joigne donc à moi, Jean-François (Jeff), ancien habitant de la célèbre rue de Montreuil 75011 Paris (le monde est petit) avec qui je passerais un petit bout de temps, et une japonnaise dont le nom m'échappera en raison d'une discrétion toute nippone.
Et comme nous ne sommes que trois, nous irons sur place en voiture, conduit par un habitant de Pamukkale.
Sur le trajet, grande discussion avec Jeff qui me rend méfiant lorsqu'il me dit qu'il travaille au Figaro mais qui se révèlera finalement un chouette compagnon de route dont je partage les idée avec joie, d'autant plus qu'elles sont proches des miennes.
En arrivant à Aphrodisias, et bien qu'aillant payé pour le transport, on se voit extorqué de frais de parking (2,5 euros) alors que nous sommes quasiment les seuls sur place. Il n'y a pas de ville récente aux abords du site, donc un véhicule est obligatoire comme l'est donc l'acquittement des frais de parking.
Mais on n'est pas venu jusqu'ici pour se taper dessus avec le chauffeur donc on divise par 3 et on va visiter avec le sourire comme des imbéciles heureux.
En quittant le chauffeur, un type nous dit qu'il faut attendre le "tracteur service".
On attend 3 minutes et un tracteur tirant un remorque couverte arrive. On monte dans la remorque alors que le tracteur doit nous conduire à l'entrée principale.
Le trajet s'effectue en moins de 2 minutes et environ 200 mètres, juste le temps de traverser une route. Heuresement cette fois-ci, on ne nous demande rien...
C'est folklo' comme une ballade en tracteur tirant une remorque.
On s'acquitte également, et comme prévu cette fois, du droit d'entrée sur le site et on est parti. Je fais la visite avec Jeff, la japonnaise a disparu.
on retrouve une nouvelle fois un amphithéâtre (7000 places), des bains, des colonnes mais tu connais maintenant la chanson...
Jeff est intarrissable sur l'histoire du lieu et comment il s'articule, ça me change des visites façon "nez en l'air" et c'est pas pour me deplaire.
On déambule comme ça pendant quelques heures rencontrant à peine une centaine d'autres personnes évidemment toutes droits sorties de leur bus climatisé.
On est pour ainsi dire seul dans ce décor de péplum.
Seulement, à mes yeux de profanes qui découvre les mêmes pierres depuis pas loin d'une semaines, je suis un peu déçu en comparaison de ce que je m'attendais à voir.
Aphrodisias a été détruites par les tremblements de terre et submergée par des coulées de boue si cela ne suffisait pas.
Et alors que je m'apprête à émettre un avis définitif sur l'endroit, on se dirige vers une struture inédite dans mon odyssée : un stade.

J'entends déjà les supporters de tous bords demander si ça vaut le Parc des Princes ou le stade de Gerland; et j'ai envie de leur répondre : Ô que oui!!!
Le stade est construit tout en longueur comme dans Ben-hur pour ceux qui s'en souviennent; la piste centrale doit mesurer dans les 200 mètres de long (2 fois plus longue qu'une piste dans nos stades contemporains) pour une vingtaine de mètres de large. Et autour des gradins construits à la manière de ceux des amphithéâtres.
Et si le théâtre fait 7000 places, le stade doit approcher les 40.000!!!! et en plus il est remarquablement conservé ce qui ne gache rien puisque tout ou presque autout est en mille morceaux.
Autre chose : alors que nous y restons pas loin d'1/2 heure, on y croise que 4 personnes qui se fondent de toute façon dans la masse de l'édifice.
On est seul au monde dans cette ville fantome, dans cet ancien lieu de divertissement autant que d'exutoire, c'est l'Hymne à la Joie Vs Vercingétorix!!
On ne s'en va même pas de l'endroit à cause d'un groupe bruyant qui arrive mais juste parce que le chrono n'attend pas et que notre japonnaise et notre chauffeur risque de nous attendre bien longtemps si je laisse parler mon coeur!
En quittant le lieu, on se dirige cette fois vers la sortie qui nous fera admirer un arc de triomphe quasiment complet de démesure et de colonnade ainsi qu'un musée regroupant les pièces les plus précieuses découvertes ici : Bas-reliefs, sculptures, outils, vases, tout y est mais j'en ai plein les pattes et le stade avait déjà achevé de me convaincre donc on retourne à nos nippons, on ré-emprunte le tracteur obligatoire remplaçant 4 minutes de marche hypothétique et alors que l'on revoit notre chauffeur, on est déjà sur la route.
Lui n'a pas de temps à perdre et a autre chose à faire que nous attendre toute la journée, et nous vannés par l'exercice quotidien nous endormons de concert, seulement réveillés par l'autoradio-cassette que notre chauffeur a cru bon d'allumer nous déversant un beat dance turc digne des années 80 que je ne chéris pas particulièrement bien au contraire (rappelle-toi j'aime/j'aime pas).

On arrive sur Pamukkale vers 16h, reste plus qu'à profiter de la fin de journée avec une boisson fraiche et à réfléchir au programme du lendemain à tête reposée.
On discutera de ça avec Jeff le soir même autour d'une bonne assiète sur une terrasse dominée par la montagne blanche.
Lui qui n'a plus que quelques jours dans le pays et moi qui suit le chemin indiqué par ma boule de cristal nous mettons d'accord : la direction choisie sera celle du sud menant à la mer, pas dégueu comme programme.  
C'est vrai mais on n'est pas des boeufs, sinon on serait en bus pullman 4 étoiles avec 60 autres pèlerins pressés. Reste plus qu'à trouver une nouvelle compagnie de bus locale et à bouger nos derrières mais d'ici là une nouvelle nuit de sommeil s'annonce et celle-ci promet d'être complête puis que ça fait 2 soirs que j'écris et que je repousse le coucher à la façon du Braïce de Paname. Le check-out de la chambre prévu au lendemain matin n'est qu'à 11h, et ça, c'est vraiment bon pour c'que j'ai!!!

Mes paupières se ferment vers 1h30, et si tu fais le calcul, les 8 heures de sommeil seront atteintes allègrement pour la première fois depuis mon arrivée sur le sol turc.
Je m'endors dans un sourire.

Mais à 9h pétantes, coup de tonnerre sous la forme de coups sur ma porte de chambrée.
Le Braïce tombe des nues, qu'est ce qui se passe? comment se fait-ce?
Je laisse frapper une première fois drappé que je suis dans les méandres de mon rêve. Peut-être la personne de l'autre côté comprendra son erreur et ira frapper à côté.
Quelques secondes plus tard, nouveaux coups de semonce, je ne suis plus drappé de rien, je suis sorti de force de mon plumard par un énergumène bien décidé à frapper jusqu'à ce que réveil de Brice s'en suive.
Bordel de merde, adieu ma nuit de 8 heures et plus, c'est une malédiction!!!
Je rebranche mon cerveau, le met en mode stupeur et incompréhension, et file en boitant des yeux comme un chien albynos à trois pattes.
De l'autre côté de la porte, Jeff, la gueule enfarinée ne comprend pas mon rythme habituel et après moins d'une seconde d'excuse, reprend presque la conversation au point où on l'avait laissé la veille.
Inutile de dire que j'avais à ce moment précis envie de faire la conversation même en français...
On conviendra, pour ma part dans un "hhmmmmm", de nous revoir à 11h. Je referme la porte en maugréant jusqu'à mon lit encore chaud d'un sommeil pas si lointain.
Mais le charme est rompu, je suis presque en rogne et malgré les rideaux, il fait jour dans ma chambre.
Bon courage pour t'y remettre!!!
Mais le Braïce, expert en la matière, parviendra malgré les évènements contraires à toute biencéance, à re-faire le vide dans sa tête après de longues minutes de lutte interne entre le petit diable sur l'épaule gauche et le petit ange sur l'épaule droite.

A 10h30, le réveil sonne et le réveil plus dur qu'imaginé la veille au soir...
La mise en route est cependant rapide, faire mon sac n'est plus qu'une formalité, en tout cas après une douche revigorante.
Jeff me rejoint quelques minutes plus tard, s'excuse à nouveau le temps d'une seconde et passe rapidement à autre chose. Je ne sais pas si c'est tant mieux ou tant pis.
Nous irons ensemble à Fethiye, il a déjà négocié avec le gentil bougre qui tient une agence de réservations de bus dans ma rue et qui ne jure que par moi, vu qu'il m'interpelle depuis 3 jours que je suis là et que je m'y arrête chaque fois pour lui faire la conversation de manière courtoise et décontractée, le Braïce quoi!
On refait le même changement que trois jours plus tôt, et on remonte dans un bus à taille normale pour un bus.
Cette fois-ci, avec mon accolyte, on est donc deux européens dans le transport collectif qui nous amène à la Méditerranée. Où sont donc les backpackers??
Le trajet dure 4 heures qu'on passe à parler voyage entre deux siestes inconfortables même si on a le luxe de pouvoir bénéficier de deux sièges chacun.
Le bus n'est pas plein, autant en profiter!
Quand on arrive à destination, un type proposant les services de son hotel nous accoste, et comme son établissement trouve référence dans le LP, on l'écoute et on avise de suivre ses conseils. Ce sera notre nouvel hôte.
Mais comme un nouveau transport contenant peut-être d'autres touristes arrivent plus d'une heure après, il nous propose soit de l'attendre, soit de prendre un taxi.
L'attendre plus d'une heure, hors de question après une journée dans les transports, surtout que l'ambiance "gare routière", c'est pas très glamour.
Prendre un taxi, pas moyen; les transports en commun turcs sont très efficaces et bien moins chers qu'une voiture à compteur.
L'hotelier ne voulant pas perdre deux clients fraichement tombés du ciel se résoudra donc à nous accompagner au minibus en commun, téléphoner à son frère à l'hotel pour le prévenir de notre arrivée, et à tout mettre en oeuvre pour nous éviter d'aller ailleurs.
Tant mieux d'ailleurs, on est sur des rails pour pas cher.

Son hotel est un peu à l'écart de la ville, à quelques mètres de la mer, avec une terrasse couvrant tout le 3ème étage et dominant la grande bleue.
On partage une chambre double avec Jeff, puis une bière puis le dîner du soir devant le front de mer au centre-ville qui expose de superbes voiliers de bois.
Le type de l'hotel nous arrange également la réservation pour le lendemain (dimanche) d'une journée de croisière sur un bateau naviguant dans la baie de Fethiye.
Relaxation au programme et cette fois-ci ça ne sera pas pour rattrapper une nuit de sommeil incomplête, Jeff dors dans ma chambre. Même s'il se réveille le premier, il aura la clé pour re-rentrer sans avoir à me sortir, brumeux, des bras de Morphée

Comme prévu cette fois-ci, je me lève sans encombres à 9h30; Jeff est déjà levé et je ne l'ai pas entendu se mettre en ordre de marche.
Le soleil brille toujours, dans le ciel comme dans mon coeur.
Un chauffeur viendra nous chercher peu de temps après pour rejoindre le bateau du jour. Le bateau en question n'est pas un bateau à voile mais une grande embarcation pouvant supporter à vue de nez plus d'une centaine de convives avec un pont supérieur couverts de petits matelas accueuillants pour la bronzette et le prélassement.
Le pont inférieur est quant à lui, couvert et rempli de table où se restaurer pour le déjeuner.
Comme déjà aperçu prédemment, le bateau n'affiche pas complet, nous devont être une grosse trentaine de personnes, dont une vingtaine de gros anglais.
L'ancre est levée vers 10h30, le moteur diesel est très discret se qui ne gache rien. On navigue entre les îles à allure modérée.
Au bout d'un moment, comme le chauffeur de l'avant-veille, le capitaine du bateau branche la stéréo, déversant sur nous des flots de musique électronique turque indigeste.
Mais comme je ne voyage pas à vide, je réplique dans la foulée en m'équipant de mon MP3.
La proue (avant) du bateau est déserte et à l'abri du raffut. Déjà que dans le silence, c'est la meilleure place, je m'y réfugie allègrement et démarre l'écoute d'une musique douce, les pieds flottant dans le vide à quelques centimètres de l'eau.
Bonheur qui me rappelle les Philippines, gage à moi de ne pas finir sous un mètre d'eau de mer avec mon matériel électronique (sic). Mais la mer est clémente et le bateau ne tangue pas, aucuns problèmes.
Le bateau s'arrêtera 3 fois au cours de la journée, nous permettant de larges minutes de baignade. Pour couronner le tout, un tobogan aquatique part du pont supérieur pour finir sur le côté de l'embarcation, au ras de l'eau. C'est bizarre comme installation mais ça fait son petit effet.
On peut également sauter ou plonger dans l'eau depuis à peu près partout sur le bateau, ce dont je ne me prive pas. Même depuis le pont supérieur, une petite marche est installée pour faire un saut haut d'environ 4 mètres, ce dont je ne priverais pas non plus gardant intelligemment les jambes jointes pour ne pas se claquer un testicule au contact de l'eau sous l'effet de le chute.
La croisière se passe donc au petit trot, le déjeuner est offert, les pauses discussions avec Jeff - musiques à l'avant du bateau - siestes sur le pont supérieur se succèdent allègrement.
Ca durera toute la journée comme ça, au rythme des pauses baignades.
Le retour au port se fit sans encombres avant le coucher du soleil, que l'on consacra à l'enffournage d'un nouveau et dernier repas de la journée.
Le retour à l'hotel tranquille dans des senteurs de jasmin qui fleurissent partout autour; la vie est douce comme un bord de mer méditerranée.
Et moi je suis là à écrire
Et comme je n'ai pas internet dans l'hotel à Fethiye, devras-tu donc attendre quelques heures de plus pour lire ces lignes et reluquer les photos correspondantes.
Désolé.

Demain, je poursuis un peu sur la côte vers un village nommé Kas (j'y suis maintenant en fait).
Pas de problème particulier à signaler, personne n'est tombé dans l'eau tout habillé.
La capadocce sera pour dans 2-3 jours,
Tant que le vent tournera, je repartira.

Grosses bises à l'eau salée à tous.

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 22:31
Dans les rue de Selçuk, sur mon vélo, je suis le roi des maillots roses,
Et comme j'ai les mollets tout durs, et que j'ai rien à voir avec Gérard Holtz,
J'irais désormais à pieds, j'aurais au minimum moins mal à ma dignité.

Pas besoin de te rappeler que les réveils sont matinaux, tu dois en avoir assez de m'entendre geindre, et tu as raison.
Je vis au fil de l'eau sauf qu'ici tout est sec, toujours pas été ni sous la pluie ni sous la grisaille, et c'est tant mieux car je vais encore passé la journée à l'extérieur.
Après avoir tourné autour depuis 24h, je file à Ephèse, première de mes véritables découvertes de cités englouties.
C'est pratiquement sur le pas de ma porte, seuls 3km nous séparent. Et comme rien d'autre n'est à l'ordre du jour, on prend son temps et on respire le grand air.
Pas compliqué de se rendre sur place, il suffit de suivre la route, à pieds sur un chemin à l'abri du bruit des voitures et à l'ombre du soleil ravageur.

Dans mon paquetage, un oeuf dur chapardé au petit déjeuner, une grande bouteille d'eau, je suis autonome. L'appareil photo attend bien tranquillement l'heure des hostilités.
Sur mon chemin ombragé, des appareils de gym à la mode pékinoise sont laissés à la disposition des courageux. D'ailleurs, à mon passage, un papy qui fait son exercice stoppe son effort et me fait l'accolade reconnaissant là le marcheur courageux, très belle entrée en matière pour cette radieuse escapade.
Au bout de quelques dizaines de minutes, j'arrive sur le site. de nombreux bus sont garés là, attendant le retour des touristes qu'ils ont déjà déversés. Je ne suis pas tout seul, Ephèse est une destination phare du tourisme turc.
Autres témoins de cet exode touristique, de nombreux marchands de bibelots guettent également le passage des visiteurs dépensiers.
Le jus d'orange frais est à plus de 3 euros, le gogo est roi.

Je m'acquitte comme il se doit du droit d'entrée et pénêtre sur ces terres bibliques. La ville fut fondée près de 10 siècles avant JC et vit passer tout ce que la région a compté d'envahisseurs : Cimmériens, Lydiens, Perses, Romains, Byzantins,  Arabes, Turcs Seldjoukides, les croisades et puis l'empire Ottoman.etc; c'est un vrai bordel, y'en a partout!
La "Sainte" Vierge y posa également ses valises en compagnie de Saint Jean qui y rédigea son évangile et dont la tombe a été visitée la veille. Dieu seul sait ce qu'ils y firent, ces deux là...
Le site est à la mesure de tout ce remue-ménage, il y a de vieilles pierres à perte de vue, c'est incalculable et très impressionnant, d'autant plus impressionnant que c'est aussi ma première vision semblable si l'on exclue les arènes de Lutèce qui en comparaison sont une cerise à côté d'une pastèque.
Ici, aucune entrave au regard, tout ce qui est présenté est d'origine et souvent remonté par des archéologues amateurs de puzzles bien loin d'Indiana jones.
Je ne pourrais pas te retranscrire tout ce qu'on y trouve et qui composait jadis une cité antique mais tout est là, et si quelque chose est tombé ou englouti, de nombreux panneaux informatifs sont là pour aiguiller le visiteur novice : l'agora, les bains, l'odéon, l'hotel de ville, des arcs de triomphe, des fontaines, une bibliothèque, des rues voire des avenues pavés, un amphithéatre...
L'amphithéatre est d'ailleurs remarcablement conservé, 25000 personnes venaient ici avec les enfants se repaitre de spectacle qui laisseraient sans doute J.M Jarre sans voix. On y pénètre par la scène et la simple ascension des gradins est un tour de force, j'exagère à peine, à peine.
Quand j'y arrive, d'autres groupes de visiteurs sont là, et un néo-zélandais se sent poussé des ailes et entame un haka dans ce lieu colossale. Sa performance est salué par tout le toutim et par moi aussi. Ca permet de bien se rendre compte de l'accoustique du lieu qui est remarquable, même à quelques dizaines de mètres de distances, les cris du kiwi me parviennent limpides.
Bien d'autres groupes arriveront encore me faisant me sentir à l'étroit malgré la taille de l'édifice. Je vais voir ailleurs il y a de quoi faire, le site a la taille de la ville de l'époque dont j'ignore le nombre d'habitants, mais si le théatre fait 25000 places, j'ai de quoi tourné aux alentours.
Les touristes sont en fait partout, il faut presque faire la queue pour prendre une photo car chacun veut un cliché de ce qu'à pris le voisin la seconde précédente.
Mais midi arrive, le soleil quasiment au zénith, les gorges s'assèchent, les estomacs se creusent, et le touriste de groupe aura tôt fait de répondre à l'appel de son berger de guide qui lui annoncera quand manger. Je n'ai pas ce genre d'emploi du temps, tant mieux.
Pour moi, l'heure du repas, c'est quand ça me chante et de toute façon j'ai pas besoin d'aller bien loin pour trouver mon oeuf.
Je pérégrine, de ci à gauche, de là à droite. Un bas-relief par ci, une statue par là; c'est un régal pour les yeux et pour l'imagination. Suffit juste de dépasser les groupes de chinois et d'allemands en chaussettes sous sandales (c'est pas que un cliché!) pour avoir une vue à peu près dégagée et un environnement sonore plus tranquille.
Et comme prévu, l'appel de la fourchette a de toute façon eu raison de leur compagnie.
Il est 14h30, je retourne à l'amphithéatre; l'endroit est désert, je suis seul sur la scène avec une foule fantôme qui me domine. Immersion totale garantie même si je m'abstiendrais de pousser la chansonnette pour ne pas rompre le charme. "Sexual Healing" de Marvin Gaye a beau me traverser l'esprit, c'est ni le lieu ni le moment; ma voix de sauterelle ne parviendrait de toute façon pas à contenter les spectateurs imaginaires des places du fond.
Je me trouve un coin d'ombre dans les tribunes, mange mon oeuf et profite de l'instant. Rarement un simple oeuf dur aura pris des dimensions si théatrale.
Moment de calme dans un endroit qui respire un bruit tû depuis des siècles. Ces quelques frissons dureront un bon quart d'heure, le temps pour un nouveau groupe bruyant de rompre de charme. Je reste malgré tout encore un peu, je suis à l'ombre, je sèche en buvant de l'eau encore pas trop chaude, je me dilate les pupilles de ce spectacle grandiose.
Une autre caravane polyglotte arrive, je laisse finalement la place.
Je continuerais à tourner comme ça pendant plus d'une heure au gré du courant d'une foule devenue clairsemée au fil de l'après-midi, jusqu'à un ultime moment de plaisir :
un batiment en ruine se trouve un peu plus à l'écart du reste du site et comme il est près de la sortie et qu'à ce point, les gens normaux en ont pleins les pattes, je m'y dirigi et tomba sur un champ de mures.
Un demi kilo de régalade fruitière environ aura fini de m'achever, l'heure approche les 17, trois kilomètres me séparent de l'hotel, il est temps de finir la ballade pour aujourd'hui; non sans rire, dans les boutiques pour touristes, un panonceau attire mon attention : "genuine fake watches" ou "vraies fausses montres".
Le vendeur ne doute vraiment de rien et moi, j'ai la banane, encore.

Je reprends le chemin inverse, me faisant doubler par des autobus remplis d'autogusses plus pressés que moi, la fin de journée est douce, le chemin tranquille comme mon rythme de marche. J'ai sorti finalement l'Ipod, et chante désormais au vent et à qui veut l'entendre.

Je retrouve à l'hotel l'irlandais qui me propose de boire une bière fraiche, ce que à ce point je ne puis refuser.
On y croisera 2 australiennes de Sydney où un lit m'attend désormais...

Avant de me coucher, j'ai pensé quand même à toi, et t'ai rédigé un des articles précédents qui m'a encore amené au bout de la nuit, il va falloir que je m'y fasse, je suis pas là pour dormir!!

Comme à Istanbul auparavant, j'ai écumé vaillamment les incontournables alentours. Il est temps de refaire mon sac et de me préparer à migrer.
L'étape suivante sera Pamukkale, et rien qu'à prononcer le nom, ça devrait valoir le déplacement.


Comme tu as été très sage, tu trouveras un album illustrant Selçuk et ses environs ephèsiens, rince-toi l'oeil, c'est moi qui régale!!!


PS : Je n'ai pas voulu troubler vos saints esprits, mais sachez que à Selçuk, on croise de temps en temps des tortues terrestres. Vous ne voyez pas le rapport? Je vous laisse découvrir les photos, mais sachez qu'à 2 pas de la tombe de Saint Jean, c'est luxure et compagnie...
Pour ceux qui connaissent cette séquence culte du zapping, sachez qu'elles poussent effectivement des petits Hiiiiiiiiii Hiiiiiiiiiii !!!  A mourir de rire!!!!

PPS : juste pour que tu saches où j'en suis réellement, je quitte Pamukkale demain après 2 jours sur place, direction la mer et les vacances.
Je suis pas trop en retard dans mon récit, ça devrait calmer les sceptiques!!!!
Merci pour vos commentaires, ça fait chaud au coeur.
N'hésitez pas également à me raconter vos histoires, j'en salive d'avance.

et en passant, Mary Poppins, j'aime Pocoup c'que vous faîtes.

PPPS : quelqu'un a vu Reno le Choiz'? Et Bruno le Dieud'? Et Sybz'? et Pierre Paul Jacques? Et que deviennent les Compagnons de la Chanson? la compagnie Créole?

PPPPS :  il faut vraiment que je dormes, je contrôle plus mes dix doigts!!!!!


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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 23:45
Le bruit était partout,
la frénésie de la ville a eu raison de moi,
il était temps de faire mon sac,
et de quitter cette fourmilière.

Après avoir écumé routes et monuments indiqués par le LP, un constat s'impose : j'ai fait le tour des incoutournables stambouliotes. Et comme Istanbul est quasiment aussi cher que notre doux Paname, voire plus quand on est une cigale des familles, il est vraiment temps de partir et de commencer l'itinérance.
Avec un peu d'organisation, je n'ai plus besoin que de quelques minutes pour boucler mon sac de 80 litres qui est presque plein. Le petit sac adjacent, bien que moins gros, est proportionnellement pas moins lourd puisqu'il transporte toutes mes denrées technologiques et mes livres.
Tout ce petit monde grimpé sur mes frêles épaules, le soleil est déjà haut dans le ciel quand je me mets en route.
Le but de cette opération est de rejoindre la gare routière, la première mais surement pas la dernière de mon odyssée, celle-ci est située à l'extérieur de la ville ce qui ne l'empêchera pas d'être aussi grouillante que cette dernière.
Il faut prendre le tram déjà emprunté depuis 2 jours et effectuer un changement pour monter dans un train qui m'y conduiera.
Partout autour, les stambouliotes me remarque moi et mon bardat. Comme il fait relativement chaud, tous ces travailleurs sont légèrement vêtus, contrastant avec votre serviteur, sa parka autour de la taille, et ton son bordel à sa suite, le front coulant de transpiration. Il faut signaler que je porte déjà mon équipement complet, et que je suis équipé pour faire face à toutes les situations, qu'elles soient matérielles ou climatiques.
Je suis donc une caravane à moi tout seul et ça les fait bien marrer les stambouliotes. Heureusement malgré l'encombrement, j'ai encore le sourire facile.
La gare routière est finalement atteinte, et si je suis là, c'est pas par hasard, il faut que j'attrape un bus pour m'amener à Selçuk, petite ville à l'ouest du pays à une dizaine de kilomètres de la mer Méditerranée.
Mais si Selçuk est renommée, ce n'est pas pour son front de mer, c'est plus pour les ruines que l'on trouve en lisière de la ville. Et quand je parle de ruines, c'est pas deux colonnes qui se battent en duel, ici se trouvais voilà deux mille ans, une des plus importantes cités antiques : Ephèse.
Et parmi les sites qui composaient jadis la localité figurait, entre autre, le temple d'Artémis qui figurait parmi la liste des 7 merveilles du monde. L'originale.
Mais Selçuk, c'est pas la porte à côté et la ville n'est pas assez grande et la saison pas assez estivale pour que les bus y aillent directement. J'ai donc finalement besoin de prendre un bus jusqu'à Izmir puis un autre jusqu'à Selçuk.
Le LP que je trimballe, couvrant une dizaine de pays de la région, n'est pas très étayé et n'indique pas la durée que ça prend de rejoindre Izmir depuis Istanbul. Cela dit, à vol d'oiseau, les deux villes étant éloignées d'environ 500 kilomètres, ça ne devrait pas prendre plus de 6 heures pour faire le premier tronçon. Pour aller ensuite à Selçuk, une heure devrait ensuite suffire également. Selon les estimations aproximatives de bibi, je devrais donc rejoindre mon nouveau camp de base assez rapidement après la tombée de la nuit. Mais c'est pas un problème, j'ai le temps devant moi et les oiseaux chantent. Seul le ciel s'assombri un peu, ce qui m'indique qu'il était temps de partir d'autant que deux soirs plus tôt un orage bilbique avait rincé la ville.
Je prends donc mon billet pour Izmir, troisième ville du pays par sa taille et sa population. J'imagine encore que pour rejoindre la troisième ville du pays depuis la première, l'autoroute doit faire sa loi et on va filer plus vite que les nuages. J'avais tort.
A peine grimpé dans le bus, les nuages assombrissent les alentours et dès les premiers tours de roues, la pluie s'invite dans le voyage. Perso, je suis plutôt bien installé, le bus est confortable et les gens autour de moi sont calmes au niveau du volume sonore de leurs discussions. Pourvu que ça dure...
On quitte la rive européenne d'Istanbul pour passer sur la rive asiatique en empruntant un pont gigantesque, à l'échelle de la ville. Les paysages sont verdoyants, douchés par la pluie qui tombe, les mosquées se succèdent au rythme des quartiers traversés.
Le Braïce, quant à lui, a les yeux embués et le sommeil proche. Après quelques minutes, je m'endors du sommeil du juste.
Après deux heures de route, mes voisins immédiats quittent le bus lors d'un arrêt précoce. ils sont immédiatement remplacés par une autre famille, un couple plus leurs 3 enfants. Parmi eux, une petite fille d'environ 4 ans chouine un petit peu, c'est pas encore la mort mais je suis réveillé et il faut que j'augmente le volume de la musique pour couvrir ses caprices. Mais elle devrait se calmer avec le temps et dormir, c'est normalement comme ça que ça se passe.
On s'arrête une nouvelle fois pour faire le plein et se restaurer la panse. La pluie n'est plus qu'un lointain souvenir, la route vers le sud est dégagée. Je ne suis pas inquiet vis-à-vis de l'horaire, il n'est que 16h.
La gamine d'à côté a fini de chouiner et a préféré pleurer, c'est mieux pour développer ses cordes vocales, pas pour mes nerfs, elle ne se calme pas, c'est maintenant un réacteur d'avion, mais comme personne dans le bus ne semble y prêter attention, je fais pareil, me promettant de la pendre quand même si ça continue!
Un nouvel arrêt vers 18h, le soleil se couche, la brailleuse fait encore des siennes, elle est increvable. Ses parents, eux, sont crevés et n'y font rien; j'ai bien envie de les secoué mais je suis pas chez moi.
Les heures passent, la nuit tombe et toujours pas d'Izmir en vue. Je me rend compte que je me suis trompé dans mes prévisions alors qu'il n'y a pas d'autoroute et que le bus traverse de nombreuses villes et villages, s'arrêtant chaque fois pour répondre à l'appel des feux tricolores.
Je dors par période d'environ 30 minutes à chaque fois réveillé par la diablotine en chef. il est 21h, on s'arrête pour dîner.
C'est un indice qui me fait penser qu'on est pas encore rendu... Le trajet dure depuis 9 heures de temps, et si j'avais su à l'avance combien de temps prendrait le trajet, ça ne m'aurait pas posé problème, mais là, je n'ai aucune idée de quand on arrive donc ma patience s'effrite...
La gamine pleure de re-chef. Je suis saoulé.
Je commence à me dire qu'on va arrivé à Izmir au milieu de la nuit et que je vais y dormir dans la gare routière pour m'épargner un trajet en taxi et une nuit d'hotel puisque je n'ai rien d'autre à y faire que de prendre un autre bus.
Maigre consolation finalement, on arrive pas au milieu de la nuit, il est minuit sonnante et trébuchante quand le bus s'arrête à bon port. La sirène (l'alarme pas la naïade) avait pourtant fini par s'assoupir enfin. Après 12 heures de bus, une nouvelle collation s'impose. A l'issue de celle-ci, je me trouverais bien un petit coin à l'abri pour planter ma tente (c'est une image, j'ai tout sauf une tente!!!)
Mais en chemin, tous les guichets des voyagistes "bus" sont ouverts, je découvre que le tourniquet des transports routiers ne s'arrête jamais. Ca peut toujours servir de monter dans un bus à 1h du mat' pour faire cent bornes, la preuve : je déniche facilement ma correspondance, mon nouveau bus partira en effet à 1h pétante.
Après avoir déjà passé douze heures sur quatre roues, j'en redemande encore.
La nuit à la gare routière attendra une prochaine fois.
A 1h, on part comme prévu et cette fois, pas d'entourloupes, la distance est vite avalée, je fais cependant attention à ne pas m'endormir pour ne pas risquer de me réveiller le lendemain matin à l'autre bout du pays!

Il est donc 2h quand j'arrive enfin à destination, quatorze heures après être parti d'Istanbul qui me semble maintenant à des années lumières.
Selçuk est endormie, et une citadelle médiévale digne de Carcasonne veille sur elle depuis le haut d'une colline toute proche. La forteresse est illuminée, ça valait bien d'arriver la nuit, encore que...
Comme le soleil est couché depuis bien longtemps déjà, il n'y a pas une âme à qui m'adresser pour me repérer.
Heureusement, Selçuk n'est qu'un gentil bourg de quelques milliers de selçukois; et le LP a eu la bonne idée de glisser une carte de la ville, reste plus qu'à repérer le nord et à repérer l'endroit où je me trouve sur le plan.
C'est finalement assez prestement que je me repère et que je me mets en recherche d'un hotel où poser mes gaules. Et comme Selçuk est un haut lieu touristique, une boutique sur deux est un hotel, merci mon dieu!!
Je réveille un gardien de nuit qui me dévisage comme si j'étais un épouvantail, on peut le comprendre, ne manque qu'un grondement de tonnerre pour ajouter à la dramaturgie. Mais je vous calme tout de suite, le ciel est dégagé, je vais me coucher au sec, na!!

Je trouverai enfin le sommeil vers 3h, après une looooongue journée; Selçuk a intéret à en valoir la peine!!

Le réveil du lendemain est fixé de la même manière qu'à Istanbul, le petit dèj' finissant à 10h30, je suis sur le pont dans ces eaux là, signifiant que le moindre rayon de lumière me piétine la rétine, je suis explosé car j'arrive toujours pas à faire une nuit de 8 heures. Peut-être vais-je retourner m'allonger à l'issue, en tout cas cette perspective me fait bien saliver.
Durant ce petit encas, je rencontre Neill, un irlandais de passage comme moi. Sauf que lui est reposé, le salaud!!!
Après lui avoir bien fait comprendre que j'étais trop précaire pour visiter Ephèse aujourd'hui, on convient malgré tout de faire un tour ensemble dans les rues de Selçuk; et comme on passe devant une location de vélo, il nous vient, surtout à lui, l'envie de tenter l'expérience cycliste.
Moi qui étais juste descendu prendre le petit déjeuner en claquettes, nous voilà partis sur les chemins, à bicycletteuuuux.
Une fois de plus, toujours pas de long fleuve tranquille pour le Braïce.

NOS deux vélos pèsent aussi lourd que trois Vélibs, MON vélo est rose, le nom du modèle écrit en blanc est "Mademoiselle", et la selle m'arrive au niveau des genous et un petit panier très seillant devance le guidon. Ca va pas être une partie de plaisir au niveau de l'effort à consentir. Pour arranger le tout, la région est valonnée au possible.

Mais avant de partir, on s'équipe d'eau fraiche et comme on passe devant une banque (damned) j'entreprends de changer de l'argent ne pouvant plus rien retirer depuis mes aventures stambouliotes pendant encore au moins 48 heures. Neill s'occupe de la boisson, je m'occupe du change.
Je rentre dans la banque à 12h25 et après cinq minutes nécessaires pour comprendre le fonctionnement de la machine-à-donner-un-ticket-pour-attendre-son-tour, il est 12h30 pile, et la banque doit fermer pour que les employés puissent aller déjeuner, c'est pas encore trop grave pour moi mais des dizaines de quidams attendaient leur tour à l'intérieur et devront revenir une heure plus tard. (C'est une méthode commerciale un peu particulière, la Bank of Tokyo aurait-elle pû s'en inspirer pour garantir à mes siestes leur durée optimale)

J'ai pas de livres turques mais j'en ai pas besoin, au pire j'ai des euros. En selle cavaliers!!!!!

On décide en premier lieu de monter voir la citadelle de plus près pour se rendre la tache moins tranquille. Même sur le plat, je n'avance pas.
Moi qui ai l'habitude de doubler les voitures dans le tout-Paris sur feu-mon destrier tout terrain (merci la RATP!!!), je dois dire que ça fait drole.
Je finirais par pousser mon vélo à pieds à chaque côte rencontrée, c'est pas moins crevant mais c'est beaucoup plus simple!!!
Pour atteindre le chateau, il faut en plus rentré dans un autre endroit, lui aussi fortifié où trone un nouveau guichet, l'entrée est payante. Mais mon accolyte a une idée, en faisant le tour, trouvera-t-on peut-être une brêche dans le dispositif. Effectivement en contournant l'entrée de quelques pas, le mur d'enceinte de l'édifice se fait plus bas. La courte échelle suffit à nous faire entrée gratis même si c'est pas évident, vu que je suis toujours en claquettes...
On tourne un petit peu à l'intérieur, tout n'est que ruines reconstituées à partir de morceaux tombés lors des nombreux tremblements de terre qui secouent violemment la région depuis toujours. De nombreuses colonnes sont élevées mais seulement quelques unes d'entres elles sont d'un seul tenant. Les autres ont été redressées comme si on avait commencé là un puzzle géant et qu'on l'avait ensuite laissé en plan. Des morceaux s'emboitent les uns les autres, tiens ça fait une colonnne, ou tiens ça fait un mur, etc...
Sur ce site, on tombe sur une tombe plus grande que les autres, une plaque indique son propriétaire : "Saint Jean in Mezari - the tomb of Saint John".
C'est donc là qu'est enterré Saint Jean, et ben il s'ennuie pas, il doit avoir au moins 3 hectares de terre à lui tout seul. Minute de recueillement, mais comme on est pas de là, il faut avancer, mais pas trop vite car on est sous le cagnart, et ça cogne méchamment.
On ressort par là où on est rentré, et on re-chevauche.


J'en profite pour faire une petite parenthèse pour t'expliquer comment sont les tombes ici, pas celle de St Jean mais en général.
On enterre le corps, on recouvre d'une pierre tombale horizontale, rien d'exceptionnel jusque là.
Sur la pierre rectangulaire, à gauche et à droite sur celle-ci, deux autres pierres sont dressées verticalement; et entre ces 2 pierres, au centre de la pierre tombale se trouve une cavité remplie de terre dans laquelle pousse le plus souvent un rosier. Je ne sais pas si tu arrives à visualiser, mais c'est comme si la fleur à venir était le prolongement logique de la dépouille du défunt. C'est très beau comme symbole, et il fallait bien que j'en parle avant que ça fasse "pffft" dans ma tête.

Retour au vélo.
Au gré du parcours, des panneaux routiers renseignent les endroits valant quelques minutes de pédales douloureuses.

Au premier lieu desquels le temple d'Artemis, déjà évoqué plus haut. A l'époque de sa grandeur, le temple construit sur un modèle proche de l'Acropole d'Athènes faisait quatre fois la taille de ce dernier, c'est un chiffre qui donne le vertige si on y réfléchit bien.
Seulement, 2000 ans de guerres et de tremblements de terre plus tard, le temple d'Artemis a bien changé. Il ne reste plus rien que des tas de pierres taillées dans le marbre et laissées là par mère nature.
Circulez, y'a rien à voir!!
Seule une colonne trone encore au milieu du champ de cailloux, et cette colonne est la plus bancale du monde. Elle est remontée de bric et de broc avec des morceaux qui ne coincident même pas les uns les autres. C'est un peu triste mais pas le temps de pleurer, de toute façon il fait tellement chaud que mes larmes s'évaporeraient instantanément, pas besoin de se donner tant de mal, d'autant que question "mal", j'ai encore des bornes à faire sur le boulet qui me sert de vélo!!

La route continue jusqu'à une supposée grotte des 7 vierges, mais là encore même pas une vierge n'est encore présente pour nous accueillir.
On peut reconnaître les vestiges d'une ancienne salle voutée, mais là encore, l'activité tellurique a eu raison de l'architecture.
J'espère qu'au moins à Ephèse il y a un truc qui tient debout. Parce que jusque là, c'est comme si mes cadeaux de noël m'avaient été offerts en morceaux non-échangeables.
Mais Ephèse c'est pour le lendemain, je suis toujours pas pressé, si ce n'est de rendre ce satané vélo!!!!
D'ailleurs en quittant la grotte, je quitte aussi Neill qui en veut encore. Moi, je suis rincé, je pense déjà au chemin retour, reproduire en sens inverse tous les coups de pédales déjà effectués à l'aller.
J'ai d'ailleurs pas précisé avant que l'hotel dans lequel j'aimerais aller dormir, mon hotel, se gausse d'avoir une piscine dans ses environs immédiats.

Je dis donc au revoir à Neill en lui promettant de lui dire si l'eau est bonne lorsque qu'on se reverrait autour d'une bière fraiche.
Mais première mission, rendre le vélo, et pour se faire, il faut d'abord retrouver l'endroit où est son propriétaire parce que c'est bien beau de dire que tu vas rendre ton vélo mais encore faut-il te souvenir comment y aller sachant qu'il était dans une petite rue contrairement à mon hotel que j'ai retrouvé sans soucis autre que les jambes qui brulent.
J'ai donc refais le tour du bled et en ai profité pour aller faire mon change.
Dis comme ça, ça parait simple. Mais encore une fois et pourtant...

J'avais compris le matin même comment faire la queue. J'arrive donc tranquille, il doit être 15h. Différence avec le matin cependant, je ruisselle. C'est pas du meilleur effet mais au moins dans la banque, il y a la clim' qui, bien que les portes de l'agence restent en permanence grandes ouvertes, fait son effet.
Pas une place assise dans l'bordel, des tas de gens font déjà le pied de grue les yeux frénétiquement rivés sur le panneau indiquant le numéro appelé.
Mon numéro est le 221. Une dame m'offre même un autre coupon car elle en a fini, l'autre coupon est le 508, bizarre...
D'ailleurs j'ai toujours pas compris mais l'ordre des numéros appelés donnait quelque chose comme :
873, 539, 047, 689, 168, 196.
C'est à n'y rien comprendre, d'ailleurs j'ai rien compris!!!
Rien de logique dans ce bordel. C'est à vous choper mal à la tête en prime donc mieux ne pas y réfléchir et attendre en pensant à des moments meilleurs.
Un truc logique cependant est que comme de nombreuses personnes sont arrivées avant moi, mon numéro n'est pas arrivé tout de suite tout de suite.
1 heure d'attente pour les tenir enfin mes livres turques. On ne m'y reprendra plus, c'est sûr. Ou pas d'ailleurs...

Je repris donc mon vélo-boulet, retrouva l'hotel, y chercha mon LP pour remettre les yeux sur le plan de la ville.
En 2 temps 3 mouvements, j'ai alors compris que j'avais cherché la location des vélos de l'autre côté du bled, ça m'a au moins servi à visiter un peu même si c'était vraiment pas le but.
Une autre conséquense est qu'en se perdant et en retrouvant finalement mon chemin, je connais dorénavant les axes principaux et les moins principaux et que je peux donc finalement me repérer sans mal. Il fallait passer par là, c'est fait.

Reste la piscine de l'hotel; après être rentré pour la deuxième fois de rendre mon vélo, je demande bien gentiment : "Et la piscine, elle est où?"
Ce à quoi mon hôte me répond : "on a eu 10 jours de pluie il y a quelques temps, on a dû la vider".
J'ai encore une fois pas cherché à comprendre par quel miracle quand il pleut il faut vider une piscine, je suis monté dans ma chambre et ai pris une douche vengeresse d'une demi-heure alternant l'eau chaude - tiède - et froide selon que j'avais trop chaud ou trop froid.
J'ai retrouvé Neill plus tard ce soir là mais lui ai vite dis bonne nuit (il devait être 19h, il a pas compris non plus).
J'ai dîner à la fraîche au calme dans un endroit à promiximité pour ne pas multiplier les déplacements, ce serait dommage.
Je suis vite remonté dans ma chambre et ai fini par écrire l'article du blog que tu as lu précédemment.
Et comme d'habitude, il a fallu que je développe, je me suis encore couché vers 2h, exténué.
Ephèse est au programme du lendemain, et une chose est sure, pas moyen de m'y faire aller à vélo. Pour sur!!!!!!

Et comme d'hab', je finis mon nouvel article à pas d'heure.
Je dois aimer les réveils douloureux, c'est pas possible autrement...



PS : Ca ressemble à une suite d'embrouilles façon "after hours", mais ne t'y trompe pas, c'est le bonheur!!!

PPS : Mr Retailleau avait demandé un article par jour, le voilà servi! Profites-en bien parce que comme pour Pliz, "je ferais pas ça tous les jours"!!!!! Et en plus, j'ai rêglé le problème des commentaires, du moins il m'semble. Elle est pas belle la vie?

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Published by simplybrice - dans Où En Turquie
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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 00:18
La dernière fois, j'en avais plein les pompes, la faute aux kilomètres parcourus.
J'en avais plein la tête, la faute au mélange alcool + filles faciles pas faciles.
J'en avais aussi moins dans les poches, la faute à cet "entremetteur" de barman.

Il fallait donc réagir, que je m'occupe un peu de moi, que j'arrête de me disperser parce que ça partait dans tous les sens.
En plus, j'ai pas d'énergie illimitée, d'où la nécessité de ménager sa monture en un sens...

Le réveil a été plus tardif que d'habitude. Plus tardif que d'habitude en voyage car j'ai laissé les réveils parisiens standarts de 14h à Paris pour le bien du voyage comme pour celui du récit. Le réveil tardif mais douloureux car finalement assez tôt a eu lieu vers 10h15, j'ai pas choisi, c'est qu'après 10h30, y'a plus de petit déjeuner.
Donc une paupière, aïe.
Deux Paupières, aïe².
L'efficacité doit primer sinon je retourne me pieuter. Heureusement, la veille comme l'avant veille, j'avais tourné autour du Grand Bazaar sans avoir réussi à mettre le nez dessus, ça fait donc un objectif valable pour commencer la journée. Je prépare mon itinéraire et comme ma connaissance de la ville s'accroit avec le temps qui passe, je décide d'y aller en tramway. En plus, c'est que des avantages, c'est pas cher, il y a la clim', et je n'ai qu'a descendre à l'arret opportun, ce que je parviens à faire sans problème.
Pour confirmer de toute façon que je ne m'égare pas, je continue de demander mon chemin et si le moindre doute subsiste, je re-demande à quelqu'un d'autre quelques mètres plus loin.
Sur le chemin, comme souvent, le Muezzin se fait entendre, c'est l'heure de la prière, et comme il y a une mosquée à quelques pas, je vais y faire un saut pour profiter de l'ambiance. Tous les hommes sont là, en rang sur des tapis, leurs pieds déchaussés, tour-à-tour debouts, baissés, à genous, jusqu'à être presque à plat ventre. La chorégraphie est règlée au millimètre, quand un se baisse, y'en a pas un qui n'est pas en rythme. A tel point que si on se met en bout de fil, on a l'impression que le type qui est là est tout seul puisque masquant les autres qui effectuent les même mouvements.
Les femmes elles sont en retrait puisque ne participant pas à cette prière collective. Me demandez pas pourquoi, c'est comme ça.
Après quelques minutes de ce ballet, la prière s'interrompt jusqu'à la suivante quelques heures plus tard. Tous les hommes se rechaussent et reprennent leur activité quotidienne. Les "au revoir, à plus" sont sous la forme de joyeuses embrassades.
Et comme on est à deux pas du bazaar, il suffit de suivre le flot des fidèles qui retournent travailler pour le trouver, le bazaar.
Enfin!! Je suis devant!! Je me rend compte alors que je ne l'avais pas trouvé la veille, non pas à cause de mon sens de la désorientation, mais à cause de la masse de gens qui y transite. La foule est tellement impressionnante que même une des entrées principales hautes de plusieurs mètres s'y dissimule aisément.
Moi, qui voulait y aller tranquille aujourd'hui, c'est raté, ça grouille littéralement. Moi qui avait comme référence en matière de densité de passants la rue de Rivoli ou la station Chatelet, je devine qu'il faut que je revois mon échelle de valeur.
Si tu parviens à faire quelques pas, c'est parce que les centaines de personnes autour ont aussi fait un pas. Résultat, c'est un joyeux bordel, sans compter les gens qui transportent des dizaines de kilos de marchandises sur des diables qu'il convient de ne pas faire attendre vu qu'ils déplacent un fardeau plus lourd et plus encombrant que votre serviteur pas lourd et pas encombrant.
Une fois "porté" à l'intérieur, c'est bienvenue chez Ali Baba. Les petites échoppes font au maximum 5 pas de long et toutes entassent des marchandises jusqu'à ce que ça déborde sur le passage supposé piéton, je me demande même comment font certains boutiquiers pour fermer le soir tellement c'est tassé, ils doivent avoir un chausse-pieds géant, c'est pas possible autrement. Cela dit, ça a beau semblé anarchique mais pour que tout tiennent dans le bazaar, et pour que personne ne se perde, tout est organisé selon un schéma très précis. Le bazaar est divisé en section selon le type de marchandises vendues : l'or, les tapis, les jeans, le cuir, les antiquités, les souvenirs, tout sauf la nourriture, il y a d'autres marchés pour ça.
J'ai donc tourné là-dedans jusqu'à plus soif ou plutôt l'inverse, la faim aussi, sachant que si tu n'as jamais ni faim ni soif ni sommeil, et que tu regardes chaque objet mis en vente, une vie n'y suffirait probablement pas.
Le mal aux jambes m'a aussi rattrappé, et il est sans vergogne celui-là.
Petite pause syndicale pour profiter d'une assiette anglaise turque.
Les forces reviennent, mais tout ce barouf a fini par m'avoir, il est temps de sortir s'oxygéner, d'autant plus que le bazaar est un endroit fumeur comme presque partout en Turquie.

Après l'effervescence, un peu de volupté ferait du bien (rien à voir avec le bar de la veille, j'ai dis volupté pas luxure).
Une des choses incontournables à faire quand on est ici, c'est le bain turc. On appelle aussi cela le hammam.
Mais pas n'importe quel hammam, autant que ça ait de la gueule, j'ai pas prévu de tourner en rond à Istanbul pendant 2 ans. Le Lonelyplanet (LP) indique deux endroits hors du commun assez similaires au niveau de la charge historique.
Le choix est cornélien mais un prospectus aperçu à l'hotel un peu plus tôt me fait me décider. Une journaliste du NY times a listé les 1000 endroits à voir avant de mourrir idiot, par exemple dans sa liste elle évoque un survol en mongolfière du Masaï Mara, ça fait rêver même si c'est pas près d'arriver.
Ce qui est près d'arriver en revanche est que dans sa liste se trouve un bain turc d'Istanbul.
 
(J'avais prévu d'écrire ce texte d'une traite et comme de par hasard, l'irlandais avec qui je traine à Selcuk est venu me chercher pour boire une bière rapide, résultat il est minuit et un litre et un narguile plus tard, je suis de retour, en voyage les journées ne font pas 30h et c'est dommage, demain c'est tête dans l'derrière vu qu'il faut que je finisse pour tes yeux avides et ma mémoire poreuse)

L'endroit est vieux de plus de 400 ans, c'est ce qu'on appelle une institution sauf que c'est pas donné pour le turc ou le parisien moyen vu que l'endroit de part son architecture est magnifique. Tout à l'intérieur est en marbre, ça semble même taillé dans un même bloc se qui est d'autant plus impressionnant que ça fait au moins 100 fois la taille de feu mon appart' à Faidherbe. Cameron Diaz y a ses habitudes quand elle passe sur Istanbul, pourquoi pas moi?
Je prends la formule massage + exfoliation + shampoing + lavage + rinçage, un luxe pour tout voyageur à sac à dos.
Le luxe c'est surtout que c'est pas moi qui vais me shampoïner, exfolier...
C'est un monsieur moustachu, bien trapu, avec des épaules dignes des déménageurs bretons.
Après une quinzaine de minutes que je passe à suer allongé sur une "table" en marbre (la table elle-même est plus grande que feu mon appart'), le moustachu arrive.
Et c'est parti pour un massage vigoureux, rien à voir avec Gérard Jugnot dans Les Bronzés mais quand même, je suis une brindille à côté de lui.
Sur le ventre, sur le dos, j'ai rien sous ma serviette détrampée, ça fait gloups quand il passe pas loin...
Le massage terminé, notre gaillard attrape un gant qui n'a rien du gant de toilette habituel. C'est tout sauf doux, ça arrache la peau, le poil, la moelle épinière...
Frotte donc toi avec de la paille de fer pour voir!
Toutes mes peaux mortes se font la malle.
Reste ensuite à notre moustachu à me donner un shampoing et à se saisir d'un gant plus doux pour un lavage mousseux.
En quelques secondes, je ne suis plus moi-même, je suis un bloc de mousse qui ne calcule plus rien jusqu'au rinçage qui s'effectue à grands renforts de seaux d'eau.
On y verrait presque plus clair après si mes lunettes avait l'option "enlevage de buée". Mais non, je suis propre comme un sou neuf mais je ne vois pas distinctement plus loin que mes pieds qui sont maladroitement fixés sur des tongs en bois pour éviter la glissade.
Ma "moustache" me fait alors comprendre que l'option presque-sultan est terminée et que je peux rester me prendre pour Cameron Diaz le temps que je veux. Cela dit après une heure de sudation intense et maintenant que je suis propre, je vais pas pourrir son travail en me re-crassant. Donc après m'être aspergé à loisir, il est temps d'y aller. Un thé pour se remettre d'aplomb, un bakchish pour la moustache et me voilà reparti.
Et j'ai beau être tout propre, je suis pas reposé du tout.
Tu comprendras alors aisément que j'ai pas fait long feu ce soir là. (pas comme ce soir...)
Direction l'hotel en repassant nécessairement devant Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue, pas parce que c'est joli mais parce que c'est le chemin.
Et en plus, c'est joli, que demande le peuple?!!!!

En rentrant, nouvelle assiette de kebaberie et la volonté de me coucher tôt. Mais caramba, encore raté, j'ai aussi décidé d'écrire pour alimenter ce qui va devenir dans quelques lignes l'avant dernier article (comment je me suis disputé). Seulement comme chaque fois que j'écris, je ne sais pas faire court et qu'il y a toujours quelqu'un pour croire que je suis là depuis des mois et que je suis un guide de bonne compagnie potentiel, ça prend encore des proportions pas possible.
Alors que j'écrivais peinard au bar de l'hotel, une gamine turque d'une treizaine d'années s'assoit en face et crois pendant deux bonnes heures que je parles couramment la langue d'Ataturk. Elle tente en vain de me faire la conversation pendant près de 2 heures tandis que ses parents boivent des bières à 4 tables de là.
Et comme il a fallu que je finisse mon article pour tes beaux yeux, j'ai dû aller dormir vers 2h du mat'.
C'est mort pour la journée du lendemain, vu qu'il faut que je me lève avant 10h30, je sais d'avance que ça va être dur et qu'il va falloir que j'adapte le programme en conséquense.

D'après le LP, et ce qu'il décrit comme incoutournable ici, ne reste plus à faire que la croisière de quelques heures sur le Bosphore.
C'est effectivement ce qui c'est passé, le réveil a sonné sans difficultés à 10h15, et j'ai eu toutes les peines du monde à émerger.
Mais j'ai fait la croisière pendant laquelle j'étais assis à côté d'un couple d'irakiens en vacances dans le coin. Il faut dire que pour moi Istanbul est pas très reposant, mais pour eux, au moins ils ont la paix.
On papotte devant les monuments qui défilent au gré du courant, c'est sympathique d'autant que je suis français pas américain. Les américains que notre ami irakien voit rester dans son pays pendant au moins les 50 prochaines années. Ca promet...
Au cours de la ballade, on navigue d'abord sur le versant européen pour revenir par le versant asiatique, c'est pas tant que ça fait une différence question paysage, mais la symbolique est là, surtout pour le Braïce qui laissera Istanbul le lendemain pour s'aventurer enfin plus au-delà.
Mais c'est une toute autre histoire.



Je suis désolé s'il y a des fautes, ça va pas aller en s'arrangeant, j'ai pas parler français depuis une semaine.
Désolé aussi si le récit est confus, j'écris comme ça vient, sans relire car ça prend déjà des proportions temporelles à la limite du believable.
Si lire t'es devenu insupportable, t'as qu'à te rabattre sur les photos, l'album "Istanbul" est on line et is finished.
Et depuis peu, je t'invite à danser une valse frénétique, dans la boite "pages" à la rubrique "vidéos".
Enfin, merci pour les commentaires, ça fait chaud au coeur, d'autant que quand j'écris, il fait nuit, et quand il fait nuit ici, il fait frisquet.

PS : si tu écris un commentaire avec un pseudo difficilement identifiable (Roberto44), j'ai du mal à remettre, je m'en excuse platement, c'est d'autant plus bête que tu m'appelles "mon Braïce" et que ton commentaire me fais plié en deux, donc précise ton nom ou mets en pièce jointe ton arbre généalogique ou ta carte grise ou ta carte vitale, ou ta déclaration d'impot, enfin quelque chose quoi!!

PPS : S'il te plait de ralier des gens à la cause d'à fleur de terre, c'est pas moi que ça va gêner!!

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 21:17
Salut à toi, jeune sédentaire!

Je t'avais laissé sur une "rooftop terrasse" il y a 3 jours entouré de coussins accueuillants et bien nous-y revoilà aujourd'hui pour ce qui doit-être mon dernier soir à Istanbul.
Depuis la dernière fois, mon tour de cuisse a déjà pris 2 centimètres, la faute à des heures de promenade ensoleillée mon petit sac sur le dos du matin au soir.
Si, si, j'ai bien dis "matin".

Après cinq jours sur les rives du Bosphore, la mer de Marmara à l'horizon, je connais la ville presque comme ma poche. Il faut dire que pour déambuler, j'ai déambulé.
Jeudi, j'ai enchaîner quelques-uns des sites les plus emblématiques d'Istanbul. Et pour avoir le temps de faire le tour, il faut se lever de bonne heure.
Il faut dire qu'Istanbul, c'est 16 millions de stambouliotes et qu'ils sont quelques autres à être passer par là depuis 2000 ans.
Je suis donc parti de ma p'tite pension direction la mosquée Sainte-Sophie qui fut jadis une basilique (je ne vais pas développer l'histoire de tous les sites visités car tu finirais par avoir la gueule de bois, et moi avec des crampes dans les doigts).
Sainte-Sophie, donc.
C'est grand, massif, un rien décrépi en comparaison avec la mosquée bleue, l'entrée est payante comme dans la plupart des lieux de cette envergure.
A l'intérieur, mon petit doigt me dit qu'on doit pouvoir y caser Notre-Dame sans problème, et justement le souci avec ce genre de démesure c'est que à nettoyer, c'est carrément la chianlie. Et comme le batiment a quelques années d'existence derrière lui, il est temps de mettre la main à la pate question rénovation. A l'intérieur, l'échaffaudage est donc haut à se faire mal à la nuque, et là où il n'y a pas d'échaffaudage, c'est qu'il va y en avoir un bientôt.
En tout cas, à l'intérieur, plus un fidèle, l'endroit est réservé aux touristes et à leurs appareils photos. Ca y va bon train malgré les travaux, c'est difficile de marcher à l'intérieur sanspasser dans le champ d'un photographe amateur. D'ailleurs à l'intérieur, le photographe amateur a une tel frénésie qu'il prend en photo les posters illustrants ce qu'il y a derrière les échaffaudages; peu importe les reflets, peu importe les turpitudes, c'est un peu marche ou crève version prise de vue.
Trop de queue à l'extérieur, trop de monde à l'intérieur, je pensais que tous les visiteurs anonymes du monde s'étaient donnés rendez-vous là. J'avais tort...
Je m'extirpe donc de la mosquée, remets mes lunettes de soleil en profitant de la fraicheur offerte par l'ombre de l'édifice, et donc retour au soleil.
30°, c'est juste bien pour ne pas transpirer à chaque pas.
D'ailleurs, d'autres pas m'attendent, je bouge. Adios les groupes de 40 personnes qui suivent leur guide le bras levé tenant n'importe quel truc de couleur pour être bien reconnaissable du troupeau. En plus, des troupeaux, il y en a partout. Si le guide n'a pas d'étendart, tout le monde au régime "badge gigantesque sur la poitrine". Ca fait un poil froid dans le dos, heureusement que le climat est au beau fixe; pour l'instant...

Je pars donc, et me mets en direction du Palais de Topkapi où la foule de la veille m'avais fait reculer. Mais pas aujourd'hui, j'ai du feu dans les jambes et partout où mes yeux se posent, c'est un grand n'importe quoi de bonheur hallucinatoire. Les groupes sont toujours là mais j'ai la Foi.
Topkapi, c'est le chateau de Versailles local. C'était la résidence des sultans et aussi le palais des plaisirs de celui-ci. Je m'explique : en plus des très nombreuses batisses composants Topkapi, le palais abritait un harem anciennement géré par les eunuques pour ne pas concurencer notre bon monarque. C'est forcémént magnifique, il y a des sulptures-mosaïques, peintures partout. Du marbre aussi, mais le marbre est tellement omniprésent dans la ville qu'on y fait même plus attention. Pourri, gaté, qu'on se sent. La visite peut durer de quelques heures à plusieurs jours si on fait partie d'un troupeau pressé ou non.
Mon troupeau individuel, très mobile et très flexible, effectue celà en 2-3 heures, juste assez pour en avoir pleins les pattes. J'ai donc fini par me trouver un endroit à l'ombre pour reprendre des forces devant le Bosphore encore une fois. Ca peut paraître répétitif dit comme ça, mais à chaque fois c'est pareil, on se fait avoir, ça grouille de bateaux en tous genres et on a forcément une vue sur l'autre côté qui n'est pas dégarni question vestiges à la taille pharaonique. A propos des bateaux, ça va du minuscule bateau de pêcheur local (sans S à pêcheur, j'vous l'ai dit le bateau est minuscule) au pétrolier long comme un terrain de football avec à côté des bateaux de croisières logeant des milliers de têtes de pipe sur une dizaine de ponts.

Après ce squat bien reposant, il est temps de voir plus loin et de sortir peu à peu du centre historique là où est situé mon hostel.
Direction prévue : le Grand Bazaar, pas d'itinéraire précis juste une vague idée de la où ça se trouve, comme si j'avais une boussole sauf que j'en ai pas. Forcément, je me paume, mais c'est bien. Rien de tel pour humer l'ambiance et la vie stambouliote.
En chemin, je tombe sur une mosquée (1 parmi des centaines), sauf que celle-ci est la plus grande de la ville, et qu'elle abrite aussi en son sein la tombe de Suleymane le Magnifique, sultan parmi les sultans. C'est un peu comme le tombeau de Napoléon sauf que ça n'a rien à voir. J'ai donc du bol dans ma perte d'orientation, pourvu que ça dure!!
Ensuite, je passe devant l'université historique de la ville, elle est entourée d'un mur d'enceinte de disons 3 mètres de large et une dizaine de mètres de hauteur. Même en saut à la perche, c'est pas la peine d'y penser. Sans doute voulaient-ils protéger les livres des envahisseurs, j'en sais rien moi... Toujours est-il que l'université couvre un espace gigantesque encore une fois, et que cette semaine, ces feignants d'étudiants sont en vacances.
Pas possible de rentrer, en plus, j'suis pas étudiant...
Un regard rapide sur la carte pas très détaillée du lonelyPlanet (LP) m'indique que finalement j'ai contourné le bazaar et que je suis plus près du Bosphore que du-dit bazaar.
Donc, après un court moment de lucidité comme il m'arrive d'en avoir, j'abandonne l'idée du marché couvert pour me rendre sur les rives du fleuve qui n'en est pas un.
Chaque fois que je croise un passant à l'air responsable je lui demande finalement ma destination pour être sûr de ne pas mutiplier les kilomètres inutiles; et comme chaque mot turque fait 3 fois la longueur d'un mot français, le LP n'est jamais loin. Essayez de mémoriser Galatta koprusu pour voir, c'est le nom d'un pont...
Le pont qui m'amènera sur l'autre rive en l'occurence, il est temps d'élargir le périmètre de mes connaissances stambouliotes.

A cet endroit du Bosphore, c'est un peu le bordel même si c'est pas le Bazaar.
Les voitures sont partout, et quand ce sont pas des voitures, ce sont des camions ou des bus, y'en a partout.
Les mètres carrés restant sont pour les piétons qui se bousculent et sont encore plus nombreux que les voitures! Seulement ici, pas un touriste, c'est la Turquie et ça fait du bien!! En étant schématique, les voitures et le tram sont au milieu de la route, ensuite viennent les piétons, et sur le bord, c'est la place des pêcheurs. Pour chaque mètres qui longent le Bosphore, il y a au moins deux pêcheurs et quatre cannes à pêche. A chaque fois qu'ils lancent leurs lignes à l'eau, les piétons doivent interrompre le flux pour ne pas se faire hammeçoner. C'est bien folklo'!!!
Il doit être dans les 5h quand j'arrive de l'autre côté, je suis bien rincer et me fais une bouffe de poisson sur la rive. Impossible de dire quelle espèce de poisson, le menu est en turc, mais c'est bon et les vitamines me regagnent.
Le soleil descend,et comme la veille, il est temps de trouver le bon spot pour profiter des couleurs. Justement, une immense tour de pierre dépasse des immeubles, ça va le faire.
10 minutes d'ascension pour atteindre de la bas de la tour, 10 minutes d'attente, et zou, on monte.
A l'intérieur de cette tour multi-centenaire, des ascenseurs permettent d'atteindre le sommet pour profiter du panorama, bizarre. Au passage, les murs de la tour font aussi plusieurs mètres d'épaisseurs, on peut dire que les maçons des maisons Merlin ont vraiment un poil dans la main en comparaison de ce qu'on faisait ici il y a 600 ans.
Au sommet, un petit tour de ronde de moins d'un mètre de large doit permettre d'accueuillir tous ceux qui sont là, et je suis pas tout seul!! C'est la grande bousculade à 60m du sol. Doucement les enfants...
Le coucher de soleil est à la hauteur du lieu, on surplombe toute la ville qui rougeoit. Moi en tout cas, car je me suis frayé un passage pour avoir en face de moi Sainte-Sophie, Topkapi, la Mosquée Bleue et consorts, et maintenant que je suis là, j'ai beau être dans le champ des appareils photos, il est pas né celui qui me fera partir à moins de me pousser dans le vide!
Finalement, quand la lumière ne fut plus, je suis parti croisant au passage tous ceux qui faisaient encore la queue pour voir le coucher de soleil. Chienne de vie!!
 
Mais la journée n'est pas finie pour autant, peut-^etre serait-il temps que tu fasses une pause.

Il fait nuit et j'ai encore du feu dans les jambes, incroyable, finalement peut-être que le Trek au Népal ne sera qu'une partie de plaisir.
Bref, en quittant ma tour de Bab-El-Oued, je savais que pas loin une grande artère animée était là. Re-demande d'itinéraire, j'ai fini de me perdre.
Après être passé par pleins de petites rues pavées et piétonnes, je débouche sur la rue de Rivoli locale sauf qu'elle aussi est piétonne. Ca gouille de partout, nombres de turcs sont en vacances depuis la fin du Ramadan et ça se voit. Je suis obligé de marcher au rythme de la foule qui d'ailleurs à n'importe quelle heure de la journée marche doucement. Et c'est pas le parisien qui parle, juste le type qui a des fourmis dans les jambes malgré les kilomètres.
Dans cette fameuse rue, que des boutiques; mais à chaque carrefour, les rues perpendiculaires regorgent de bars et de bouis-bouis en tout genre, c'est plus que festif, tant mieux.
Seulement, alors que je déambule, un type me demande l'heure, il s'appelle Samet et vient d'Izmir, plus au sud, il est en vacances, seul et lui auusi a envie de boire un p'tit coup voire deux. Nos violons s'accordent en 2 temps 3 mouvements, on va faire un bout de soirée ensemble. Le type a l'air blindé aux as, il dit loger à l'hotel 5 étoiles pas loin de mon hotel 1 étoile. En passant, il me demande si j'aime les filles et si j'ai envie de fêter ça. Il doit être libéré d'être en vacances sans sa femme, je suis pas là pour juger et le type est sympathique.
Notre énergumène connait un endroit, je le suis. C'est un club : le Jetset, tout un programme...
On entre, le club est vide, il est 20h. Le type me dit que ça va se remplir vite fait et qu'un premier verre nous fera patienter. On s'execute, moi aussi...
En effet, quelques secondes plus tard deux filles rentrent. Elles sont juste magnifiques, déjà que beaucoup de filles turques sont belles, là c'est le pompon!!
Elles s'assoient à 2 mètres et dès qu'elles ont leur verres, viennent s'assoir à côté de nous, à notre table; pourquoi pas, ça ne me dérange pas d'être en galante compagnie voire plus si affinitées...
Elles sifflent leur verre en 2-2, impressionnant.
Puis, alors que la conversation est bien engagée, le barman arrive et nous demande à Samet et à moi si on veut bien leur payer une conso. Je me suis pas méfié, c'est con...
On dit oui comme de vulgaires hétérosexuels, elles commandent ce qui s'avère être du "champagne turc", j'ai beau leur dire que c'est pas du champagne, rien à faire.
La discussion se poursuit et comme Samet est très porté sur la chose, la discussion biffurque aussi vite que les filles recommandent des boissons mais sans demander notre consentement. c'est pas que c'est nécessaire mais comme elles avaient demandé une tournée la fois précédente, je me méfie comme l'eau sur le feu.
Un deuxième verre, vite fait pour voir la suite des évènements, seulement la suite des évènements ne diffèrent pas de ce qui s'est passé précédemment.
Les filles boivent comme des trous, ce champagne a l'air de se boire comme de l'eau minérale.
En tout cas, le patron du club, très à son affaire vient nous voir régulièrement pour prendre la température et nous demander à chaque fois si on veut autre chose.
Très peu pour moi, ça sent le renfermé comme situation, voire le moisi.
La prochaine fois qu'il revient, l'addition et pronto.
Si les filles veulent poursuivre les hostilités ailleurs, va mos, autrement c'est goodbye!!
Quand l'addition arrive, la facture est astronomique. Pas seulement pour Istanbul, pour tout le monde civilisé!!! La conversion faite : 600 euros!!
OH MY GOD!!!! Mon sang ne fait qu'un tour et je me transforme en bête sauvage. Pas du tout compréhensif le Braïce!!
Je paye MES verres plus un à la rigueur pour la brunette, c'est pas une addition, c'est une embuscade!!!
Je ne dis alors que des phrases ponctuées de "motherfuckers" que tout le monde comprendra, y compris ici, et si je doit prendre une droite, j'en enverrais une le premier,
c'est assez rare pour être signalé mais je suis hors de moi d'autant plus que j'ai les idées claires car sur 600 euros mes verres et ceux de Samet s'élévent à une centaine d'euros.
En fait, les verres bus par les garçons coutent 4 fois moins chers que les verres féminins quel que soit le liquide servi, de toute façon j'ai pas assez quoi qu'il arrive car je ne me promène pas avec un portefeuille de millionnaire.
Enfin, après avoir tenté de prouver ma bonne foi, le patron, Samet, mais pas les filles m'accompagnent au distributeur le plus proche, et comme mon plafond est presque atteint, je finis de tirer tout ce que je peux (environ 20 euros) en 3 fois (bonjour les commissions).
Je suis une pile électrique; non pas électrique, NUCLEAIRE!!
Samet paiera le taxi du retour, j'ai plus ni l'envie ni les jambes de marcher et j'ai plus une thune sur moi. Je m'en sortirais aussi avec une bière gratos offerte par mon ami d'un soir.
On promettra de se revoir le lendemain comme on dit "appelle-moi" à quelqu'un qui n'a pas mon numéro.


C'est le récit d'une journée bien remplie comme tu peux le constater, je suis en retard de deux jours dans mon récit, mais après ça se calme. Presque...
Le truc, c'est que chaque fois que j'écris, des dizaines de gens viennent me faire la conversation.
Turcs, turques, espagnols, italiens, australiens et autres...
Je quitte Istanbul demain je te raconterais plus tard...

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Bizzzz

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Published by simplybrice - dans Où En Turquie
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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 22:04
non je déconne...



Te vexe pas et tourne la page
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Published by simplybrice - dans Où En Turquie
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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 21:58
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
FREEDOM!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un cri de guerre comme une délivrance!
Un cri de joie soulignant l'adrénaline avec qui je commence une relation haute en couleurs!
Un cri de révolte pour rappeler que les voyages ne sont pas remboursés par la sécurité sociale, pourtant ça devrait, j'ai déjà commencé à rajeunir!!

Enfin, on tient une ébauche de quelque chose. Le voisinnage ne ressemble plus à Faidherbe Chaligny si ce n'est les vendeurs de kebabs.
Après être passé à deux doigts de la démission, après m'être fait renvoyer comme un mâle propre de la banque nourricière, après avoir préparer dans les moindres détails flous de mon parcours initiatique, ça y est, je le touche du doigt, de la main, du bras, jusqu'au super calin.
(Le Muezzin entreprend l'appel à la prière de 20h15 comme fond sonore, pas désagréable et franchement wiwifiant; j'ai dit "le" mais ils doivent être une dizaine à 1km à la ronde à chanter de façon désynchronisée )
Il faut dire que depuis le 15 aout, période depuis laquelle je suis sans activités, j'ai tout fait sauf chomer. Encore que, il m'est arrivé aussi de me lever tard, mais on est pas des boeufs, non? Et puis renier sa nature c'est pas bon pour le Karma. Et puis on peut ne pas chomer en se levant tard, c'est pas incompatible.
Bref, entre les impots, la sécu, la banque, la nouvelle banque, l'EDF, le déménagement, la visite des plombiers, les changements d'adresses, les résiliations en tous genres, les billets d'avion, la souscription d'une assurance, l'enduit, la peinture, les sacs de truc dont il faut se débarrasser, les coquillettes, yahourts, bouteilles dont on gave les amis car autrement c'est perdu, trouver preneurs pour mes objets de qualité (d'ailleurs, ça fonctionne?), la bank of Tokyo, les visas & autres stupideries administratives, l'itinéraire, l'inventaire du sac, les aux-revoirs, ça fait du monde au balcon et je suis sûr que j'en oublie.
Enfin bon, c'est derrière nous tout ça, il y a que les Asssedics qui résistent, Damned!

Le 30 septembre a donc fini par être la date d'hier, ça fait chaud au coeur même si c'était quand même un peu couru d'avance que l'échéance allait finir par arriver.
Pas de faille spatio-temporelle, les années bissextiles ne se montrent qu'en février.

Le sac était donc prêt.
La gueule de bois de la veille était là aussi comme les jours précédents, un peu comme vous j'imagine. Le rhum avait rendu ses dernières gouttes et les bouteilles se champagne s'entassaient dans le local à poubelles.
L'appart' était vide, les trousseaux de clés prêts à être remis en main propre.
Le sol bien cracra a été nettoyé à fond de train lors du réveil brumeux.
Tout clean qu'était l'appartement, tout clean ou presque qu'était Bibi.

Il restait plus qu'à partir la gorge serrée, prise dans un trac comme avant de faire Bercy ou l'Olympia.
Pas moyen de manger, plus la place de boire. Gloups!!
N'ai même pas réussi à manger une tartellette aux abricots en entier à l'aéroport.
A l'aéroport donc avec Papa, le saint-Bernard salvateur, aussi tendu que moi qui ne l'avait pas vu venir, mais rassurez-vous, ça va mieux.

Le grand oiseau blanc a quitté le sol parisien en retard mais pas de panique, la correspondance à London était aussi en retard.
J'ai donc quitté les premières gouttes et températures automnales qui se sont comme prévu calibrées au jour près.
Pour mémoire, 28 septembre, franc soleil, 34° relevés à 14 heures, si si c'est vrai.
29 septembre, ça se couvre, une vingtaine de degrés parviennent à percer la voute nuageuse.
30 septembre, crachin et goutte au nez, c'était juste...

Escale à Londres non-fumeuse, même pas un Burger king pour se substanter. C'est pas que c'est important mais j'ai salivé sur un double-whopper-cheese-&-bacon depuis Paris et après avoir pris peur de ne pas avoir le temps de le boulotter pour cause de retard d'avion, après avoir appris que finalement j'avais encore une heure d'escale devant moi, il m'est passé sous le nez comme l'automne.
Arrivée donc à Istanbul après minuit, les douaniers n'attendent plus que nous pour aller se coucher.
Je fais du mieux possible pour m'extraire de l'avion rapidement, mon sac est le premier à sortir du tourniquet magique post-atterrissage.
Résultat, sortie de l'aéroport en deux minutes, pas d'expérience "Midnight Express" à vous raconter.
Cigarette de rigueur, plus d'envie de whopper, l'honneur est sauf.
Seulement,plus de bus, reste le taxi.
Pas n'importe quel taxi en revanche, un taxi d'aéroport, bien charlatan sur les bords.
Son prix converti : 50 euros pour 15 minutes, mon oeil, 20 euros c'est déjà beaucoup, je sais bien qu'il fait nuit et tout et tout, mais c'est mon max.
Premier marchandage réussi, à tel point qu'on boucle les quelques kilomètres en trombe, moi m'accrochant à la poignée prévue à cet effet, le chauffeur ne prenant la peine de ralentir que pour engueuler les rares voitures qui se mettent en travers de notre route.
Je suis son dernier client, il ira se coucher tôt, les turques sont en vacances depuis la veille correspondant à la fin du Ramadan.
Je me suis gourré dans mon calendrier musulman, moi qui croyais que c'était le lendemain... Zob.
Les rues sont désertes et quasiment tout est fermé.

Ayant repéré par avance un hotel pas cher pour Istanbul (13 euros/nuit), le taxi Loeb m'y dépose prestement, on paye, on se dit au revoir, il s'en va.

Mais pas de bol, le taxi parti, l'hotel est plein.
Il faut partir en quête d'une couche à une heure du mat', avec mes 18 kilos de frêt.
Y'a quelqu'un?
Un deuxième hotel se profile, plein aussi. Je sens venir le fait que j'aurais dû prendre mon hamac...
Au cours de ma ballade, je longe la Mosquée Bleu toute illuminée de jaune.
J'ai toujours aimé les métissages, c'est très choli.
Quelques mètres plus loin, un veilleur de nuit m'aperçoit, sors de sa hutte et me dis qu'il a de la place, une chambre single.
Manque de pot, c'est plus cher (40 euros). J'y ferais qu'une nuit, j'ai pas envie de me faire traire.

On pose les sacs, direction une bière fraiche en T-shirt même s'il ne doit faire que 18°, le coeur y est.  
Un bar à touriste plus loin, je rentre chez moi après avoir vaguement parler allemand pour la première fois en dix ans.
Au niveau du turque, j'en suis tout juste à "Bonjour", c'est assez compliqué, tous les mots font au moins quatre syllabes.

Réveil commandé pour 9h, je me rendors jusqu'à 9h30 faute de mieux.
Petit dèj' sur la terrasse qui donne directement sur le Bosphore et la Mosquée bleue, lunettes de soleil pas pour faire style, juste parce que le soleil immaculé brûle mes noeils, il doit faire 25°, juste bien en somme...
je me mets ensuite en quête d'une piaule meilleur marché (c'est français comme phrase?), retourne à l'hotel complet de la veille, il y a de la place, une chambre de 6 mais propre et lumineuse.
J'apprendrais ensuite que le type de la veille au soir n'avais pas voulu s'encombrer de mon p'tit corps même si en fait il y avait de la place.
Je ne leur en tiendrais pas rigueur, ils ont aussi une terrasse ensoleillée sur le toit.
Tous les batiments ont en fait une terrasse sur le toit, c'est pas la ville aux 3000 clochers, c'est la ville aux 100.000 terrasses.
Bonheur sur terre quand tu nous tiens...

Mais on ne s'attarde pas, pas comme cet article d'ailleurs...
La matinée avance, je m'équipe et zou!!!!
Au programme des déambulations, mosquées, parcs, encas et re-mosquée.
Ca peut paraitre répétitif, mais Whaooooouuu, je suis défigurer d'émerveillement.
La ville est une coulée verte, des arbres partout, des fruits inconnus au bataillon y pendent non-chalament.
Le quartier dans lequel j'ai les yeux écarquillés est un musée à ciel ouvert.
Mosquée bleue, whaouuuu!
Mosquée Sainte-Sophie, un peu moins raffraichie mais whaouu quand même.
Un immense parc longeant le palais de Topkapi m'accueuille.
Du soleil, de l'ombre, les transitions sont pas dégueues.
Les stanbouliotes profitent des vacances et se ballade allègrement.
Partout des couples de tous ages s'étreignent sans pudeur. Pour ceux qui sont plus religieux, des petites cabanes de bois parsèment le parc pour se bécotter à l'abri des regards indiscrets.
En sortant du parc, j'aperçois un panneau discret indiquant l'entrée d'une "chapelle systercienne", je m'y rend ne m'attendant à rien de spécial; et pourtant.

L'entrée est payante, la curiosité s'aiguise d'autant que rien à l'extérieur ne transpire le monument.
En effet, la "chapelle" est souterraine. Ah bon? si si!
D'ailleurs, en fin de compte c'est même pas une chapelle.
On descend un escalier sombre qui nous amène au coeur de la Moria (cf Lord of the Rings).
Une cave souterraine, longue de près de 200 mètres (réfléchis : c'est grand!), voutée de partout, et soutenue par des centaines de piliers de marbre.
Le chemin est tout tracé et il faut le suivre sinon on tombe dans l'eau. La chapelle est en fait un immense réservoir bati pour boire en cas d'invasion barbare.
Toutes les sources de lumières se reflètent dans l'eau, c'est à tuer de beauté.
D'autant que l'endroit resté fermé des centaines d'années est remis "à neuf" depuis une vingtaine d'année, j'ai la machoire qui tombe par terre.

J'ai aussi les jambes qui chancèlent, donc pause dans la promenade. Direction la terrasse.
L'ameublement : quelques tables of course mais point de chaises, oh que non! Pour s'assoir, des coussins plus épais et plus grands que moi, la vue est toujours là, le soleil est comme Félicie.
Petit assoupissement imprévu uniquement interrompu par le soleil qui se couche, il est temps de mettre une petite laine et d'aller en profiter.
Les re-prises de photos se mutiplient, j'y suis j'y reste, et si c'est pas ici, ce sera ailleurs!
D'ailleurs, un rapide passage par les rives du Bosphore c'est pas de refus.
Un diner köfte plus tard, le sourire est toujours là et le trac n'a pas laissé de trace.

Prosper youpla boum, c'est pas le roi du pain d'épice, c'est que moi, Brice, avec une banane qui m'empêche de passer les portes de front tellement elle est longue.

Possible qu'il n'y aura d'autre mail demain, j'ai bien mérité des vacances.
Au programme, grand Bazaar, Topkapi & consort.
A tout de suite!



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Published by simplybrice - dans Où En Turquie
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