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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 16:58

Après 10 jours de mer rouge, une semaine sur le Nil et une autre à siroter le temps au rythme du désert qui avance à Siwa,

Le temps est enfin venu de découvrir le Caire.

2 jours au milieu d'un barnum de plus de 20 millions d'habitants.

2 jours qui vont être déterminés par la forme du moment.

Retour sur le Bus de Siwa.



Quand tu quittes une oasis de douceur pour aller vers une ville torride, tu ne te doutes certainement pas que, après avoir passé près d'un mois dans le pays, il va faire un temps d'esquimau dans les transports.

A la limite, tu peux te dire que tu auras bien besoin d'un esquimau pour faire baisser ta température mais pas que tu auras besoin d'un esquimau pour t'apprendre à vivre et particulièrement à dormir sur la banquise.

La banquise en question, c'est le siège n°24 de mon bus.

Je m'y installe en T-shirt au moment du départ, inconscient de la tournure des évènements. La température intérieure est clémente.

Une heure après, c'est la Sibérie qui s'invite à mon itinéraire. J'avais pourtant fait gaffe à l'en exclure, mais à croire que ferme la porte, elle rentre par la clim'!!!

3 heures de grelots de mes dents jusqu'à l'arrêt providentiel où je peux attraper des affaires dans la soute.

Je me rend compte alors qu'il fait le même temps à l'intérieur du bus, qu'à l'extérieur. Tous le monde frissonne qu'il soit dans le bus ou non, l'Egypte répond au réchauffement climatique en ouvrant en grand la porte du congélateur, il est vraiment temps pour moi de faire mes valises.

Il manquerait plus qu'il pleuve... Mais non, je te vois venir, il faut quand même pas exagérer. Laissons au moins une chance à Paris de me faire redécouvrir un temps tout pourri!!!

Si on conjuge, en plus, le froid du bus avec le fait que j'ai l'espace que j'aurais en partageant une voiture de golf avec une poignée d'hippopotames, tu en déduis fort logiquement que j'arrive au Caire dans des dispositions boiteuses.


Seul réconfort, l'hotel n'a à disposition qu'une chambre quadruple à m'octroyer, ce qu'ils font au prix d'une chambre simple...

Trois lits dont un king-size, quatre mètres sous plafond, un balcon qui du cinquième étage domine toute la rue, c'est Beverly Hills pour le Tom Sawyer que je suis.

Le temps de m'installer, il ne faut pas que je traînasse. Le Caire est la capitale du monde arabe, ça regorge de visites potentielles et je sais déjà qu'en une journée et demi, je suis déjà en retard...

Pour aujourd'hui (dimanche 30), il est déjà 14h, et le programme envisagé murement me fera faire la visite du souk ainsi que de toutes les mosquées qui l'entourent. Ca devrait déjà me tenir occupé un petit moment.


Je pars de l'hotel bien décidé à tenir mon emploi du temps.

Je remonte tranquillement la rue quand j'arrive à un premier carrefour. La rue que je dois traverser est à sens unique, c'est à dire que les voitures ne sont autorisées à aller que dans un seul sens, de ma droite vers ma gauche. Je regarde donc si un véhicule arrive à droite, et comme personne ne vient, je traverse sans sourciller.

La seconde qui suit passe alors comme une heure.

Du côté gauche, une moto qui n'avait rien à faire là est en train de remonter la rue en sens interdit.

En descendant du trottoir, je me présente sa roue avant. Le chauffeur pile des quatre fers et parvient à stopper l'engin juste assez tôt pour ne pas me toucher la jambe mais juste assez tard pour me toucher le pantalon.

il s'en est fallu d'un cheveux pour la moto et moi nous emboitions. Et quand je dis un cheveux, c'est un de MES cheveux, pas un de ceux de Francis Lalanne!!!!

Qu'est ce c'est que cette ville où chacun conduit comme bon lui semble?!?


Je n'ai pas dormi dans un lit depuis 2 nuits. La dernière n'a duré que de 3 à 4 heures. Je ne suis pas près à subir ce traitement-là!!!!

C'est malheureux mais la meilleure solution qui me vient à l'esprit est encore de retourner à l'hotel et de m'y cloitrer de peur que même au 5ème étage, je me fasse attaquer par un camion fou!!!

Tachons déjà de reprendre des forces pour le lendemain. On sait déjà qu'il fera jour, autant que ce soit avec moi et en pleine forme!!


Couché tôt, lever tôt, voilà ce qui aurait dû se passer.

Mais pour le premier, pas de bol, je finis la journée à l'hotel à parler à un couple d'espagnol dont le sourire de la muchacha est un tue-le-sommeil.

Et pas de bol pour le second, je ne mets pas le réveil et sors du lit à 11h. Du matin, quand même...


Ca coupe une jambe au programme de la journée qui voyait enchaîner le musée égyptien avec Toutankhamon et ses potes, et les pyramides avec Chéops et ses potes.

Il va falloir faire un choix et celui-ci va se faire de lui-même.

C'est ta dernière journée en Egypte, est-ce que tu préfères la passer dans un musée aussi intéressant soit-il ou à visiter les monuments les plus vieux du monde sachant qu'en plus c'est surement la chose la plus emblématique et la plus colossale du pays? Réponse?



On prend le métro pour arriver jusqu'à environ 10km des pyramides. Ensuite un taxi pour parcourir le reste.

Sur l'autoroute, on peut voir à des kilomètres à la ronde la silouhette des pyramides découper l'horizon. Qu'il y ait un immeuble devant nous ou non, c'est toujours ça qui dépasse du reste, surnaturel!!!


A l'arrivée, notre chauffeur doit se dire qu'il peut gagner une commission en nous déposant (moi, 'Toine & 'Totophe, deux frangins français rencontrés au petit dèj) dans le quatier des écuries. Dès que la voiture s'arrête, c'est l'Egypte dans toute sa démesure, ils sont une demi-douzaine autour de nous à proposer des tours en chameaux, à cheval, à âne. Que nenni messieurs. Malgré près d'1/4 heure de harcèlement, rien n'y fera, les pyramides c'est à pied et pas autrement!!!


On arrive sur le sîte, c'est un brin peuplé, doux euphémisme.

C'est noir de monde, réalité douce-amère.


Cela dit, plus on s'éloigne de l'entrée, plus la foule se clarsème. On laisse le sphinx, gardien des pyramides et qui parait tout petit à côté de celles-ci, pour se rendre directement au coeur du sujet.

Trois pyramides principales plus une nuée de petites autres, c'est pharaonique et c'est pas peu dire!!! Le spectacle est vraiment à la hauteur de sa réputation et ça fait plaisir.


On restera sur place tout l'après-midi, le temps de faire le tour du propriétaire et d'aller visiter l'intérieur de la pyramide de Képhren.

Pour ce passage en particulier, le gardien nous signale qu'il faut s'acquitter d'un droit d'entrée à l'entrée principale qui est alors à un kilomètre. Le temps de nous voir repartir, il me rappelle et me fait un petit clin d'oeil discret en m'indiquant de m'assoir près de lui.

Au final, le type se mettra dans la poche la somme qu'il nous demande et qui est inférieur à l'entrée en théorie. Comme quoi, tout est possible en Egypte pour peu que l'on mette de l'argent dans la poche de la bonne personne.


A 16h les gardiens font évacuer le sîte, il faut partir.

Retour au Caire par le même moyen qu'à l'aller.

Dernier restaurant en Egypte avant le retour le lendemain matin vers Paris, je me fais fort d'éviter le boeuf cairote et à l'issue, dis au revoir à mes compagnons d'un jour qui prennent le train de nuit vers Louxor.

Je rentre à l'hotel sans me faire écraser, il est temps de refaire mes bagages.


Le lendemain, un taxi est prévu à 6h30, pas question de lambiner. Le programme sur place "risque" d'être chargé en obligations (Assedics) et en émotions (tout le reste), autant garder la forme.

Le temps de skyper un peu pour un retour sans bobos et d'écrire pour ne pas prendre plus de retard que je n'en ai déjà, je m'endors avant que l'horloge ne sonne les douzes coups de minuit.

Quand au lendemain, c'est une autre dimension, une autre planète, plein les yeux, plein la tête.



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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 16:55

Je deviens un spécialiste des transports routiers et ferrovières.

C'est un long apprentissage...

D'ailleurs, j'en apprends encore un peu plus chaque jour...



Comme je vous le disais précédemment, aller à Siwa, c'est pas une sinécure d'où qu'on parte.

Siwa est quasiment à la frontière libyenne, perdue au nord-est de cette fantastique étendue qu'on appelle communément le Sahara et au nord-ouest de l'Egypte. D'ailleurs chose étonnante, sahara en arabe signifie désert, donc si on parle la langue du prophète, on peut désigner l'Antarctique comme étant un sahara. Ils sont fous ces arabes...

Fin de la parenthèse.


Nous, avec Dominica, on est à Louxor. Il est 17h30 quand on monte dans le train qui devrait arriver si tout roule à Alexandrie en tout début de matinée.

En Egypte, le train est un petit peu la Rolls des transports en commun. On sait quand ils partent, on sait quand ils arrivent, quand tu es dedans, tu n'es pas obligé de manger tes genous par manque de place, tu n'es pas arrêter tous les 20km par un barrage de police, etc.

Dans notre rame, nous sommes les seuls au moment du départ. Toute la place du monde!

Toutes les rangées de sièges pivotent sur elles-mêmes pour pouvoir se faire face si on voyage à plus que deux ou si on a envie de poser ses pieds déchaussés sur la banquette d'en face. C'est une chouette innovation et la nuit n'en sera que plus confortablement douce.

J'aimerais dire qu'elle n'en sera que plus longue mais à 6h, nous voilà arrivé à Alexandrie, 600km plus au nord de notre point de départ au bord de la Méditerranée.

A descendre sur le quai depuis notre wagon, seulement trois personnes. Trois misérables personnes pour un wagon entier!! Espérons que la SNCF n'entende pas ça, sinon ils seraient bien fichus de réclamer par réflexe à la SNCF égyptienne de fermer la ligne pour cause de non-rentabilité!!

Seule chose à déclarer sur Alexandrie un 24 novembre à 6h du matin, il fait super froid pour nous qui sommes honteusements habitués à ne pas voir la grenouille baromètre enfiler un tricot de peau thermolactile pour lutter contre les frimas de l'hiver qui approche à grands pas... Je grelote, mes dents jouent des claquettes sur un rythme stromboscopique. Sympa comme réveil... Vivement que le soleil se lève, et ne fasse de cet épisode qu'un lointain souvenir.


Rendez-vous ensuite à la gare routière. Non contents des douze heures de bus qui viennent de s'écouler, on est encore qu'à la moitié du chemin.

Le bus ne part finalement qu'à 8h, juste assez longtemps pour attraper une pneumonie. Heureusement pour moi, un p'tit gars s'est donné pour mission d'abreuver toute la gare routière de thé brulant. Je lui laisse un bakshish équivalent à une caraffe, il n'en revient pas, moi si, il me sauve la vie ou presque...


On grimpe dans le bus, bien conscient que ça va pas être une partie de plaisir. Celui-ci part à l'heure, c'est déjà ça de pris, espérons maintenant que le soleil vient de se lever qu'on arrive à destination avant son coucher!!!!

On a quand même du bol dans notre exode, on est assis au premier rang et on va pouvoir regarder la route défiler sous nos yeux quand on ne trouvera pas le sommeil.

Les 4 premières heures de route, on longe la méditerranée qui nous fait des clins d'oeil tintés de bleu et de vert. L'eau a l'air magnifique mais t'imagines pas qu'on va prendre le temps d'aller faire trempette!

Ensuite, on la laisse derrière nous pour s'enfoncer plus au sud. Le bus roule en permanence soit au milieu de la route soit sur la voie des voitures qui devraient un moment ou à un autre arriver en face. Seulement il n'y a personne. Sur les 250km entre la mer et Siwa, en plus de croiser le bus qui fait le chemin inverse, en 5 heures de temps on doit ne croiser que 3 autres voitures ou camions. La route ne va qu'à Siwa mais quand même, c'est vraiment que c'est reculé comme coin!!!

Sur cette portion de 250km, le paysage est d'une monotonie affligeante à la longue, c'est rocailleux comme la voix de Gérard Darmon et plus plat qu'un discours prononcé par Ségolène R. (polémique!!!!!!)  En plus, pas la moindre végétation, pas un oiseau, pas un chameau, pas un choiseau, rien.

Je m'impatiente, il est 16h, voilà 23 heures qu'on est parti, ça commence à faire!


A 16h04, miracle des miracles, une cahute!

Une minute plus tard, une deuxième cahute avec un arbre autour, c'est plus un miracle, c'est l'immaculée conception!!!!

Et dans les kilomètres qui suivent, au détour d'une colline, la verdure fait son retour et pas en catimini! Les palmiers luttent avec les oliviers pour savoir lesquels ont ma préférence.

On est arrivé! C'est pas dommage!! Enfin!!!!

Le bus nous lache en lisière de village, charge à nous de retrouver le centre-ville. Des gamins sont postés là avec des ânes tirant des carioles sur lesquels il est écrit "taxi 4x4" et comme Dominica est une feignasse, c'est donc le carrosse qui l'emporte!


On décide de partager une chambre double chez Youssef hotel qui ne peut pas être plus central en terme d'emplacement, il donne sur la place du marché, laquelle est précisemment au centre de l'oasis. Qui plus est, encore une fois, l'étage supérieur de l'hotel est une terrasse où il fait bon se prélasser avec sous ses yeux, le spectacle de tout le village qui s'agite, de la citadelle détruite qui ne s'agite plus, avec partout au delà, une mer de palmiers avant un océan de sable.


Nouvelle parenthèse cocasse et instructive pour te parler de la citadelle médiévale. Elle a été construite en un amalgame de terre sèchée et a résisté aux envahisseurs pendant de nombreux siècles. Et bien, il a fallu qu'il pleuve 3 jours consécutifs autour de 1820 pour que la forteresse s'écroule sur elle-même. Si quelqu'un avait dit aux barbares qui voulaient prendre la ville qu'il suffirait qu'ils s'équipent d'un canadair ou d'un arrosoir géant pour qu'ils parviennent à leurs fins, je suis sûr qu'ils l'auraient montré du doigt et auraient ri de lui!


Dans l'oasis, l'Egypte semble bien loin.

Tous les habitants semblent se désintéresser de nous, personne ne poursuit personne pour vendre une écharpe ou un tapis. Seule une personne sur dix nous dit "bonjour", ça fait du bien de faire un break.

Il est impossible ou presque de trouver à acheter un paquet de cigarettes. Sur la quinzaine de supérettes que compte le village, seule une a pris son parti de les vendre. Les autres jugent qu'ils sont de trop bons musulmans pour se compromettre à les vendre et se fiche bien de l'argent que ça pourrait leur rapporter. Bien joué les gars, sauf que j'ai mis deux jours pour faire le plein!! Je savais pas!!  

Dans l'oasis, il y a plus de carioles tirés par des ânes que de voitures polluantes. Plus ça va, plus je préfère l'odeur du purin à l'odeur des pots d'échappement, je me demande à quoi va ressembler ma tête en débarquant au Caire...


A Siwa, Il n'y a que peu à faire, quelques sources chaudes gisent à quelques kilomètres, après c'est le désert. Pas un Mc Do, pas un cinéma, pas une galerie marchande, pas un bowling...

Je vais donc insérer au milieu des 5 jours où je profite des lieux, 24 heures d'immersion au milieu des dunes et m'occuper le reste du temps à pédaler dans le coin pour faire l'inventaire des sources.


L'équipée dans la grande mer de sable se passe en catimini avec seulement Dominica et Ahmed, notre guide, chauffeur, cuisinier, pourvoyeur de délices en tous genres.

La première journée nous fait slalomer entre les dunes en s'arrêtant pour plonger avec délice d'abord dans un petit lac à l'eau fraiche.

Un petit lac au milieu des dunes? Je veux mon n'veu; 20 mètres de long pas plus avec des joncs qui poussent sur le pourtour. Féerique comme emplacement pour une baignade dans une eau limpide à 18°. C'est le seul bémol, 18° d'habitude, je n'y plante que les chevilles mais ici c'est plaisir d'autant que le soir même, Ahmed nous promet qu'on s'arrêtera dans une source à 38°. C'est mieux au niveau du choc thermique!!!


La suite des évènements nous conduit en haut d'une dune (pouet-pouet) plus haute que les autres. Le simple fait de se garer à mi-hauteur et de rejoindre le sommet est éreintant, le sable est fin et léger, et chaque fois qu'on fait un pas, on a l'impression de reculer d'autant. Ahmed en profite pour sortir la planche de snowboard qu'il gardait bien au chaud dans le coffre, c'est la minute sportive.

Dominica me laisse passer le premier. Ahmed a beau me dire qu'assis sur la planche, c'est bien plus aisé, je n'écoute que mon inconscience et m'attache les pieds. La descente se fera debout ou ne se fera pas.

Après 10 mètres, la descente s'accélère. Dans le sable, pas de possibilité de tourner ou de freiner. La seule option, c'est d'aller tout droit et de rester debout le plus longtemps possible.

Pour ma pomme, le plus longtemps, c'est environ 15 mètres, je tombe sur les fesses et devrais envisager la pose d'un nouveau cocsis (cokcisse? Coque 6?). La douleur est violente pour du sable fin, je ravale ma fierté et finis assis sur la planche comme indiqué plus tôt par Ahmed. Effectivement, il avait raison, c'est beaucoup plus stable et je ne tomberais plus de la journée...

Seulement, j'en ai pas fini avec la douleur. C'est bien beau de dévaler les dunes à 1000 à l'heure (minimum!!), le plus dur est encore de remonter. Moins d'une minute pour arriver en bas, près de quinze dans l'autre sens!! Ni tire-fesses ni télésièges, la prochaine fois, il faudra que je pense à dresser un chameau!


Dominica descend à son tour, assise comme il se doit, et file comme une flèche. Pareil pour elle, en revenant au point de départ, elle suffoque de l'effort fourni et la transpiration est en mode Karcher.


On refera l'expérience une petite fois seulement, ça a beau être un bon entrainement pour le Népal, je ne suis pas une mule ni ne suis équipé de pieds palmés, bien utiles j'imagine pour ne pas s'enfoncer dans le sable lors de l'ascension.


Après l'effort, le réconfort; au coucher du soleil, un bain dans la source chaude, on touche au nirvana.

Elle est "construite" en cercle, et à la manière d'un jacuzzi, les bulles remontant du centre de la terre nous massent de la voute plantaire à la tête en passant par mes fesses meurtries d'avoir fait le kakou.

Partout autour, c'est le sable qui nous jauge du haut des dunes, avec une mention spéciale pour le retour des moustiques pour qui aussi, c'est une oasis dans le désert...


A la nuit tombée, un camp de fortune est dressé, le dîner est englouti, et les étoiles par milliers...

Je demande à Ahmed de me réveiller pour le lever du soleil, tout le monde s'endort autour du feu de camp, emmitoufflé dans un sac de couchage. La température tombe tout comme Dominica et Ahmed qui vont se coucher, je m'équipe de mon MP3 pour un hommage dansant à cette journée et à cette nuit étoilée. Seules les étoiles filantes viendront m'interrompre dans ondulements de bassin. A minuit, extinction des feux et endormissement sans problèmes.



Il est 5h45 quand Ahmed me sort du sommeil (27 novembre). Il n'est plus question de danser : j'ai le cerveau dans le formol et la goutte au nez. Il ne fait qu'une dizaine de degrés, la faute à un petit vent qui aurait pû s'abstenir. Mais il en faudrait bien plus pour me détourner du bonheur, j'aggripe mon duvet et grimpe la dune la plus haute à proximité. Dominica et Ahmed choisissent de se recoucher, chacun son camp.

Il fait super froid, il fait presque nuit, je suis seul à affronter le vent mais le spectacle est enchanteur. 30 minutes avant que le soleil se dresse de ton son rond dans le ciel. Une demi-heure pour que le mercure reprenne le chemin de la turgescence.

Bien qu'on soit dans le désert, la rosée est bien là comme l'indique mon nez qui coule...

Au retour d'expédition solitaire, je réveille mes accolytes le sourire aux lèvres de l'expérience vécue. Un thé chaud tonifiant plus tard, on est sur le chemin du retour.

A 10 heures, on est à Siwa.


Dominica est partie ce soir-là rejoindre sa potesse au Caire car un avion l'emporte vers l'Allemagne pour la suite de son odyssée.

La mienne fait un break, l'oasis en général y est pour beaucoup et une source en particulier.


A l'ouest du village s'étire un grand lac. Au milieu de celui-ci émerge une île que l'on peut rejoindre par un chemin qui traverse le lac et fait que l'on peut faire la demi-traversée jusqu'à l'île en vélo en ce qui me concerne.

Sur cette île se tient donc une source où il fait bon vivre et se baigner mais également un petit bar qui se tient sur l'extrémité ouest de l'île. Si tu es familier avec le cycle du soleil, tu en déduiras que c'est l'endroit idéal pour vivre le plus beau coucher de soleil d'Egypte.

Sous mes pieds, du sable.

Au dessus de ma tête, les palmiers d'où pendent des dattes fraîches.

Au premier plan, le lac à l'eau calme réfléchissant le ciel.

Au deuxième plan, de petites montagnes aux flancs à pics.

Au troisième et dernier plan, du sable, du sable et encore du sable sur des milliers de kilomètres.


Avant de rejoindre Le Caire et sa frénésie, rien de tel que ce hâvre de paix n'aillant rien à voir avec Le Havre tout court dont j'attends vos commentaires si vous y avez vu le coucher de soleil!


Poser mes valises à Siwa le temps d'une semaine n'aura été en rien une erreur même si pour y aller et en revenir, la semaine se retrouve circoncise de 2 jours de transport. Je quitte ce paradis du palmier le samedi 29 au soir avec dans un coin de la tête le fait que 3 jours après, c'est le retour temporaire et pas tempéré à Paris.

Je me réjouis de ce qui vient, mais là tout de suite c'est 9h de car et 2 jours au Caire.





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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 20:42
Voilà près de 2 mois que j'ai quitté le territoire national comme on dit quand on est ministre de l'intérieur j'imagine.
Déjà les souvenirs se bousculent, les prénoms appris se multiplient, tout comme le nombre de fois où j'ai écrit les mots bus ou gare routière dans mon récit.
Et comme rien ne ressemble plus à une gare routière qu'une autre gare routière, j'ai déjà oublié ce à quoi ressemble celle de Louxor.
Pour dire la vérité, j'ai même oublié à quelle heure je m'y suis rendu en chemin depuis Assouan. La seule chose que je sais, c'est que c'était le vendredi 21 et c'est déjà pas mal!!

Ca y est, je met un insert car la mémoire me revient 15 minutes après avoir écrit le 1er paragraphe. La seule raison pour laquelle j'ai oublié à quoi ressemble la gare routière de Louxor est que je n'y ai jamais mis les pieds, pas même un bout d'orteil.
J'ai fait le trajet entre Assouan et Louxor en train, en 2ème classe. C'était très confortable et j'étais à nouveau le seul gringo des environs. J'étais en plus ravi car je pouvais enfin monter dans autre chose qu'un bus.

(retour au texte)

Disons, pour faire simple, que je suis arrivée à Louxor à la mi-journée, je n'ai rien fait depuis l'avant-veille et il me tarde d'arpenter à nouveau le pavé.
Je n'ai pas eu trop de travail à faire pour trouver mon nouvel hotel. J'y ai rendez-vous 2 jours plus tard pour le petit déjeuner avec Dominica qui en aura alors fini avec Assouan et sera elle aussi sur la route du nord. Elle m'a donné toutes les indications pour que je ne sois pas perdu en arrivant en ville.
A l'hotel, la première chose que je fais après avoir choisi ma chambre est d'aller découvrir la terrasse. Elle domine la ville et bien qu'on soit à trois patés d'immeuble du Nil, je peux voir celui-ci sur toute sa longueur, enfin presque.
Sur la terrasse parresse Adam, il est anglais et on voit tout de suite que c'est un voyageur au long cours.
On discute de tout et de rien jusqu'à se qu'il me décrive son itinéraire jusque là. Traversée de l'europe en stop, Turquie, IRAK, Iran, Syrie, Jordanie et Egypte jusqu'à présent.
Il me montre son passeport authentifiant le fait qu'il est allé en Irak, je reste sur le cul...
Et dire qu'il y en a qui s'inquiète de mon sort! Après il va au Soudan et en Somalie, rien que ça...
Le garçon n'est pas très rock n'roll mais au moins son itinéraire l'est pour lui.
On reste perché là-haut pendant pas loin de deux heures. Pour moi, c'en est déjà trop, il faut que je me dégourdisses les jambonneaux.

J'ai deux jours devant moi amputés d'une partie de ce vendredi. A Louxor, 2 choses sont incontournables pour le visiteur : sur la rive Est (celle sur laquelle se situe l'hotel ainsi que la majeure partie de la ville), le temple de Karnak, sur la rive ouest, la vallée des rois, des reines et tout le tremblement qui fait de Louxor la capitale touristique de l'Egypte.
Le temple sera pour aujourd'hui et j'espère pouvoir faire le tour du reste sur la journée de demain. On verra bien...
Comme Adam est aussi nouveau que moi en ville, on fait la paire pour rejoindre Karnak. Il suffit de suivre le Nil, impossible de se perdre, même pour moi!!
En chemin, on est constamment alpagués, suivis, limite harcelés par tout un tas de gens qui ont tous une boutique, une fellouque, une chariole tiré par un âne à vendre ou à louer. Impossible de s'arrêter pour tous, c'est à en devenir dingo. Même pour moi qui n'arrive pourtant jamais à détourner la tête pour esquiver quelqu'un qui m'interpelle, je suis saoulé et dès que quelqu'un autour prononce les mots "vendre" ou "pour toi, bon marché", j'accélère le pas et passe la surmultipliée.
Je n'envisage même pas de sortir des cartons jaunes ou rouges car les types seraient bien capables de me dire qu'ils en ont des moins chers en magasin.
 
On arrive au temple de Karnak après 1/2 heure d'esquive rotative. En arrivant, on comprend tout. Sur le parking sont garés des cars par dizaines. C'est bien simple, on se croirait chez le consessionnaire. Et s'ils sont là, c'est qu'ils ont déjà dû déverser leurs occupants, ça risque d'être noir de monde.
En effet, passés la guérite où on vend les tickets, c'est une marée humaine qui nous attend.
Le temple a beau être impressionnant, impossible de s'ôter de l'esprit que les sandales+chaussettes sont partout. Je suis entouré de colonnes dont il faudrait une dizaine de personnes main dans la main pour en faire le tour, les obélisques se dressent jusque haut dans le ciel, le mur du temple est plus épais que mon appartement était grand, et pourtant ça grouille à un point qu'une partie du plaisir s'est déjà suicidée.
Avec Adam, on aura beau se dire que les gens finiront par partir, chaque fois qu'un équipage s'en va, c'est comme si une nouvelle paire arrivait. La partie est perdue d'avance, tout le monde s'aglutine pour le coucher de soleil.
Lessivés de bruit et de poussière, on rentre finalement avant tout le monde. On part de Karnak sans gloire vers 16h. Et alors qu'on retourne dans le centre-ville par la corniche, on est doublé par une ribambelle de calèche.
Mais c'est pas possible, ils font tout en convoi, même les calèches!!!!

Le soleil se couche sur le Nil, on rentre à l'hotel.
Sur le chemin, on passe devant un "liqueur shop". Je vous écris pas ce que vend le type, c'est comme le porc-salut, c'est écrit dessus.
Adam, en bon anglais qu'il est, achète 6 grandes canettes de bière locale, je n'en achète QUE 4, c'est déjà ça, ça fait tout de même 2 litres de liquide à ingurgiter. La beuverie, ma première depuis bien longtemps, s'organise sur la terrasse. On se sent vite comme à la maison, l'euphorie et le ciel étoilé en prime. Adam liquide son stock en 2 heures et file se coucher. Il m'en faudra une de plus, en ce qui concerne la bière, je suis un petit joueur.
Sur le chemin de ma chambre, je m'arrête par l'ordinateur mis à disposition des clients de l'hotel. 5 minutes après m'y être installé, quelqu'un sort de la chambre juste derrière moi.

-Brice, it's unbelievable!!!
-Jamal, my man, what the F... are you doing here?

C'est Jamal avec qui j'ai marché en compagnie de Marte à Petra. La soirée qui paraissait s'arrêter ici n'en fut que plus longue et festive. Et comme Jamal ne boit pas une goutte d'alcool, je l'accompagnait sur le chemin de la sobriété. L'extinction des feux vint finalement vers 2 heures. Moi qui prévoyais de me lever aux aurores, il va falloir repenser tout ça...


Le son du clairon retentit le lendemain juste avant 10h pour profiter du petit dèj' inclus dans le prix de la chambre. A cette heure, Jamal dort encore comme à son habitude. De toute façon, il a déjà foulé la rive ouest du fleuve avec un tour organisé la veille. Adam est tout ramolli.  Je vais donc la jouer en solo.
Pour le Braïce cependant, pas de tour organisé, j'ai déjà vu ce que cela donne pour la journée à Abou Simbel, et à partir de maintenant c'est "merci c'est gentil mais non merci".
Pour traverser le Nil, la solution la plus économique consiste à prendre les transports locaux, un bon vieux bac fait la traversée pour moins de 20 centimes d'euro. En m'y rendant, je n'aurais de cesse de le répéter à tous les vendeurs à la sauvette qui veulent me proposer une fellouque ou un tour en voiture en empruntant un pont à plusieurs kilomètres de la ville. Certains font mine de ne pas comprendre, carton jaune, certains me suivent pendant plusieurs dizaines de mètres, carton rouge.
Au bout d'un moment, je suis tellement saoulé que je mets mes écouteurs. C'est pas quelque chose que je fais avec plaisir, mais à Louxor, il n'y a pas de règles pas de lois.
Le ferry est là malgré ce que m'ont dit plusieurs personnes en chemin ("mais non il n'y a pas de ferry" ou "mais le ferry il a brûlé"), je traverse sans problèmes.

Sur la rive ouest, le sport continue. "Tu cherches un taxi?", "J'ai une boutique où on loue des vélos.", "Tu cherches un taxi pour trouver un vélo?", "J'ai un âne à deux pas qui n'est pas cher et qui court à 200 à l'heure." J'en passe et des pires...
La meilleure solution est de grimper dans un pick-up qui fait la navette avec le bureau qui vend les tickets d'entrée pour la majorité des sîtes. J'y arrive encore une fois sans peine malgré ce qu'on peut entendre : "mais le pick-up il a brulé" ou "mais le pick-up c'est 200$".
2 livres, soit 0,30 euros, voilà ce que ça coute...
J'arrive au guichet général à midi, le tenancier propose une dizaine de tickets correspondant à une dizaine de sîtes différents, le plus souvent des tombes. Chaque ticket coute entre 5 et 12 euros, il va s'agir de choisir judicieusement, le gouvernement égyptien étant très enclin à me dépouiller de mes sesterces.
Premier choix, le temple d'Habu, sur la carte ça a l'air d'être plus grand que grand et à pieds ça n'a pas l'air bien loin.
En m'y rendant, je tombe sur des enfants qui joue à Tarzan, non pas avec une liane mais avec un fil électrique qui pend de son poteau. On dirait qu'ils savent ce qu'ils font mais ça fout quand même les chocottes.

J'arrive au temple d'Habu en un seul morceau. Les touristes n'y sont pas légions, profitons-en. Le temple n'est pas loin d'avoir les mêmes dimensions que celui de Karnak. Une fois de plus, les gravures succèdent aux colonnes qui succèdent aux hyéroglyphes. C'est beau, c'est grand ET c'est tranquille.
Seul un gardien tente de m'extorquer un bakshish en me montrant une gravure illustrant des singes que j'aurais fini par apercevoir, carton jaune.
Je reste chez Habu pas loin d'une heure mais "the show must go on", je retourne au vendeur de billets.

2ème choix : Deir Al-Medina. C'est encore pas loin de l'office, 20 minutes de marche tout au plus.
Ici, les vestiges d'une ville morte s'étalent. Il y a aussi deux tombes que l'on peut visiter et un petit temple. Les tombes sont creusées dans le sol. On y pénètre par un large trou d'où descendent des escaliers. En bas, la température est 10° plus chaude qu'à l'extérieur, on se croirait dans un sauna. Les murs de la scépulture sont couverts de bas-reliefs qui ont, à l'inverse de tout ce qu'on peut trouver à l'extérieur, conservés toutes leurs couleurs. Du rouge au bleu en pasant par le vert, tout l'arc-en-ciel y passe.
Ca donne un supplément d'âme au tout, si j'ose dire (dans une tombe)...

Pas loin de 14h30 à ma montre, pas le temps de lambiner. Sur le chemin du retour, un chauffeur de taxi se met à ma hauteur. Je l'ai déjà vu plusieurs fois aujourd'hui mais n'ai jamais daigné m'arrêter. Cette fois-ci, de mon oreille attendrie je l'écoute. Il dit qu'il a huit enfants à nourrir, que ce soir ils devaient manger du poulet, mais que comme il n'a pas eu un client de la journée, ils risquent de n'avoir à dîner que des flageolets.
Humain comme je suis, je suis désemparé. Je lui demande son prix pour me conduire le reste de l'après-midi, et voilà que le type me prend pour la poule aux oeufs d'or. Il me sort un prix qui ferait même bondir un américain! Je trace ma route, il en a les larmes aux yeux. Bref après moultes turpitudes, il descend son prix à un niveau acceptable, j'ai maintenant un chauffeur.

En route donc vers la vallée des reines!!
Nouveau droit d'entrée à s'acquitter. Ca commence à faire ch(i)er!
J'entre dans la vallée des reines comme on fait un pèlerinage, dans le recueuillement et la modestie. L'entrée passée, de chaque côté du chemin sont creusés de larges trous béants. il n'y a rien à y voir, ça devait être un galop d'essai pour les chercheurs. Un peu plus loin, les trous sont toujours là mais on peut pénètrer dans deux d'entre eux. Ce sont les tombeaux de reines aux noms imprononçables à l'exception de Titi.
A l'intérieur, un large couloir d'où partent plusieurs salles. Tout est scuplté, peint de toutes les couleurs.
Seulement, n'étant pas particulièrement connaisseur en la matière, à la manière des vestiges romains vus en Turquie, quand on a vu une tombe, plus ça va et plus j'ai l'impression qu'on les a toutes vues! Le pèlerin se transforme en profane!!!
J'achève rapidement le tour du propriétaire et me met à la recherche de la tombe de Néfertari, femme de Ramsès II, dont on dit que c'est la plus belle et la plus chargée des tombes de la vallée des reines.
Et bien, pas de bol, cette tombe là est fermée au public depuis un bail et j'ai déjà fait le tour de ce qui était à voir ici! Je reste sur ma faim... Et ça creuse...

15h45, je n'ai plus que le temps de faire des concessions dans mon emploi du temps. Compte tenu de ce que j'ai vu (ou de ce que je n'ai pas vu) à la vallée des reines, je décide purement et simplement de tirer un trait sur la vallée des rois. RE-profane. Un sentiment de culpabilité me fait dire qu'on ne vient pas à Louxor sans voir la vallée des rois; et bien si!! La preuve!! En sueur et en os!!! Je suis désolé pour Ramsès III, V, VI, et IX, Amenhotep II et les autres mais ce sera pour une autre fois in sha' Allah!!
A la place, je ne veux pas rater le temple d'Hatshepsut (le premier qui dit "à tes souhaits", c'est carton jaune). C'est un monument construit en terrasse sur 3 niveaux. Ca peut sembler bizarre comme choix mais ça l'est tout de suite moins quand je te dis que la terrasse fait la taille d'un terrain de football.
Qui plus est, le batiment est lové en contrebas d'un à-pic d'au moins trente mètres, le long de la montagne sur laquelle sont disséminés tous les sîtes de la rive ouest de Louxor. L'impression de grandeur qui se dégage des lieux n'est pas qu'une impression, on se sent tout petit devant tant de démesure.
Surtout, qui a déjà entendu parler d'Hatshepsut? Vous pourrez voir les photos qui devraient être en ligne en même temps que cet article, ça sent la grosse tête ou je m'y connais pas!! Ca devait pas être le genre modeste, Hatshepsut!
Je reste pas loin d'une heure à vaquer dans cette merveille architecturale, juste assez longtemps pour croiser la meute qui vient à nouveau s'abreuver du coucher de soleil.
Il est temps de hisser les voiles. Le chauffeur m'attend, son poulet va refroidir... Il trouve même le moyen de me dire que je suis en retard et que j'ai pris trop de temps... Bref, Louxor...

Il est temps de retourner sur l'autre rive, c'est comme si le bac n'attendait que moi.
Pendant la traversée, le orange se bat avec le rouge pour savoir de quelle couleur le soleil se couche, c'est beauuuuuu.

Au retour à l'hotel, Jamal et Adam sont sur la terrasse, fatigués de n'avoir rien fait de leur journée. Je les envie un peu mais demain est un autre jour et peut-être sera-t-il temps pour moi de ne rien faire à mon tour. Je sais juste que j'ai rencart avec Dominica pour le petit déjeuner. D'ici là, on dîne à trois dans un restaurant classieux où je commande mon premier couscous du voyage. Divin. Délicieux. Je pourrais revenir en Egypte juste pour remanger la même chose!
Je souhaîte une bonne nuit à mes camarades sur ses appréciations culinaires, l'écriture n'attend pas. Disons plutôt pour être honnète qu'elle a déjà trop attendu, voire qu'elle prend un sérieux retard... Bordel!!


Dimanche matin (23 novembre), le réveil sonne les 9h15. On dirait que j'ai plus de dimanches!!!
Dominica est à l'heure au rendez-vous, il va s'agir de savoir où s'occuper la semaine qui vient. On est tous les deux d'accord pour aller voir du côté des oasis, c'est ce qui était prévu.
Il y a deux choix possibles :
- 4 oasis différentes qui s'étalent à des kilomètres les unes des autres autour des déserts blancs et noirs,
- l'oasis de Siwa qui est la porte vers la grande mer de sable.
Comment choisir? C'est un affreux dilemne. J'ai toujours voulu aller voir le désert blanc, les rares images que j'ai en tête sont tout simplement magiques. Seulement avec le temps dont on dispose, impossible financièrement de passer 5 jours dans le désert. Ca a beau être le désert, c'est cher de louer un 4X4, conduit par un guide, qui s'arrange pour te nourrir 3 fois par jour pendant 5 jours. On pourrait aussi bien n'y passer qu'une journée et se la couler douce dans les oasis mais tout le monde dit, y compris le LP, que Siwa est la plus belle des oasis et que quite à passer 5 jours à lézarder, autant aller lézarder là-bas. En plus et de toutes façons, la grande mer de sable, ça doit pas être dégueux comme paysage (sic).
Le seul bémol, c'est que rejoindre Siwa depuis Louxor, c'est comme aller de Strasbourg à Marseille, en passant par Biarritz!!!!
Il faut prendre le train de nuit de Louxor à Alexandrie pendant un peu plus de douze heures puis enchaîner avec neuf heures de bus jusqu'à Siwa. Faîtes le calcul vous-même, ce genre de mathématiques me file le bourdon.
Mais bon de toutes façons, ça y est, on s'est fait une raison, on a rien sans rien. Ca se mérite du temps à rien faire!
En plus pour ne rien faire, on a déjà toute la journée devant nous puisque le train est un train de nuit, qu'on est que le matin et que Louxor et la terrasse de l'hotel nous appartiennent.
On profite donc de ces quelques heures pour aller une dernière fois sur internet, pour révasser, pour boire un coup...
Le moment venu, on prend nos affaires, Adam n'est pas là et je dis "à bientôt" à Jamal, on se sait jamais... Dominica et moi quittons Louxor lourds des 24 heures qui nous attendent. Juste le temps de saluer le Nil et on est parti.
Quant à la vallée des rois...
 


PS : Paris, j'arrive!! Ce soir c'est au Caire que ça se passe, demain c'est à Paname, le nombril de mon monde! Gare à vous et rendez-vous au "dindon en laisse" jeudi soir pour un pot de bonjour-au-revoir qui promet sur l'échelle de richter!
Nul doute que vous verrez les photos si elles sont chargeables sur un blog de bonne tenue comme le mien.
Au plaisir de vous y voir nombreux!!
(Je devrais dire "enchantement" mais "à l'enchantement de vous y voir nombreux" chante moins bien.)

 


   
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 16:07

Quand t'es dans le désert, depuis trop longtemps, t'as un paquet de travail en retard. Je sais plus qui a écrit cette chanson mais c'est follement approprié.

J'ai eu ouie dire que l'hiver avait gagné la France, que les routes sont bloquées, que novembre a refermé son gris manteau sur tes épaules fragiles. Et bien j'arrive à la rescousse avec des bouquets de soleil : 2 articles, 3 albums photos dont un sous l'eau et pas la mer du Nord. Tu vas pouvoir bronzer rien qu'en regardant ton écran!!

J'en ai rêvé, le Braïce l'a fait; même pas peur.


Comme d'habitude, qui dit deux articles, dit recule d'une page et reviens sur celle-ci après si tu veux suivre les évènements dans l'ordre. Pas besoin de te faire un dessin mais des bises pleines de sable.


Il y a des fois où tu te réveilles en retard et c'est grave, t'es à la bourre.
Il y a des fois où tu te réveilles tard, bien trop tard pour que ta journée soit constructive et c'est ennuyeux.
Mais il y a d'autres fois où tout ce qui importe c'est de dormir longtemps, longtemps, longtemps; rien d'autre n'est important.

J'ouvre les yeux sur ce mardi 18 à l'heure où l'on finit de déjeuner. Rien n'est planifié.
Un coup d'oeil au LP pour se rendre compte qu'Assouan est construit le long du Nil. Ca peut paraître évident mais ce qui l'est moins c'est qu'une seule rive est peuplée.
La rive Ouest regroupe en son sein toute la ville.
La rive Est est vide d'habitants, de routes, de batiments.
Entre les deux baignent une petite dizaine d'îles aux noms exotiques.

Je choisis donc d'aller déambuler le long du fleuve, la fleur au fusil, en quête de nourriture et d'aventures.
En arrivant le long des quais, impossible de ne pas voir deux grosses taches. Sur l'île principale en face de la ville se dressent deux hotels. Le premier est un 4 étoiles construit comme une barre HLM sur la quelle on aurait eu l'idée débile d'édifier un tour de contrôle d'aéroport. J'imagine que le point de vue depuis là-haut est à tuer, mais quitte à tuer quelqu'un on ferait mieux de s'en prendre à l'architecte qui a pondu cette chose.
Le deuxième hotel ne s'est jamais vu attribuer la moindre étoile pour la simple et bonne raison que celui-ci n'a jamais été fini. Il occupe un terrain immense sur la pointe nord de l'île et n'est en fait composé que des fondations bétonneuses et maintenant noirâtres de ce qui aurait dû être un autre hotel 4 étoiles.
Ce cocktail de bonnes idées d'aménagement des îles sur le Nil s'est arrêté à ce stade, espérons que ça n'aille pas plus loin dans la démesure et la dégradation du paysage.
Derrière ces deux points noirs s'élève une large dune de sable qui réussit l'exploit de malgré tout, donner à la vue des airs majestueux et relaxants.

La marche le long du fleuve est plus que plaisante. Les fleurs s'épanouissent de partout, le bruit des voitures est couvert par celui des oiseaux qui gazouillent, les fellouques naviguent à la voile, je mange du poisson, un gros, grillé au barbecue.
A l'issue de ce plaisir culinaire, j'ai le peau du ventre gonflée de plaisir, mais je n'en poursuit pas moins la marche. Sur les rives à Assouan, le seul truc un tantinet dérangeant est que tous les 30 mètres quelqu'un vous demande si vous voulez prendre une fellouque. Je sais bien que ça part d'un bon sentiment mais tous les 30 mètres, à la longue, c'est usant. Donc, comment faire d'une chose négative une chose positive? C'est simple, il suffit de céder à la tentation!!
Après avoir déjà bien arpenté le pavé, après m'être alourdi d'un petit kilo de nourriture, rien de tel que de continuer à avancer lmais sans se fatiguer ne serait-ce que le petit doigt. Je cède donc à l'appel d'un p'tit bonhomme qui me propose un tour de bateau. Les négociations vont bon train, je parviens à ce que je pense être un bon deal : 15 euros pour 3 heures de navigation autour des îles jusqu'au coucher du soleil, en plus je suis tout seul sur le bateau.
Ne vous arrachez pas les cheveux d'angoisse, pas d'inquiétude à avoir, quand je dis tout seul, c'est sans compter sur la compagnie du capitaine (environ 20 ans) et du mousse (environ 13 ans). T'imaginais pas que j'allais conduire un bateau de 15 mètres de long, sans moteur, au milieu de dizaines d'autres embarcations. Je sais déjà pas remplir un constat en français alors tu penses bien qu'en arabe...

La navigation s'effectue à cadence très modérée, le vent ne souffle qu'à peine et c'est très bien comme ça. Pas besoin de se mettre en mode régate pour me combler. De toute manière, les fellouque ne sont pas équipées de moteurs, espérons simplement ne pas avoir à pagayer quand il sera temps de remonter le courant, bien calme lui aussi. Des oiseaux de toutes tailles vollètent tout autour, la vie sur le fleuve est quasi exubérante en comparaison du désert qui s'étale à quelques kilomètres.
A bord, le service est au poil, le thé coule à flot et le capitaine sait mettre son passager à l'aise grace à des herbes médicinales, si j'ose dire...
Le coucher du soleil est divin comme le reste et on rentre à bon port à la nuit tombée.
Le temps de dire merci au personnel naviguant par le biais d'un bakshish légitimement versé, me voilà de retour à l'hotel sur la terrasse que je découvre et qui domine la ville et le Nil. Je te passe le fait que j'écris pendant des heures une fois de plus; à 1h il est temps d'aller dormir. J'ai réservé pour le lendemain l'excursion qui va au temple d'Abou Simbel, le réveil sonnera à 3h du matin.

De part ma grande expérience des nuits sans sommeil, je sais qu'il est souvent préférable de ne pas dormir plutôt que de le faire pour seulement une heure ou deux, le réveil est souvent meilleur s'il n'y a pas de réveil du tout. Je paresse donc devant un film jusqu'à l'heure fatidique à laquelle il faudra que je me mettes en route.
A 2h55 quand même, je ferme les yeux et m'endors.
Si tu as tout bien suivi, tu auras compris que 5 minutes plus tard, quelqu'un de l'hotel vient frapper à ma porte pour me signifier qu'il est temps de lever le camp.
5 minutes de sommeil, c'est pas le Pérou. Ca tire de partout au moment de se mettre en branle et d'aller prendre le petit déjeuner.
Dans le restaurant de l'hotel, un autre bougre est réveillé, il est néherlandais et a dormi au moins six heures depuis la veille au soir. Je l'envie un peu...
A 4h, le minibus est là, on est parti vers Abou Simbel pour plus de trois heures de conduite, temps pendant lequel j'espère bien combler mon retard de sommeil. Hors en montant dans le minibus, on se rend vite compte que celui-ci a déjà fait le tour des hotels du coin, qu'il est bourré de monde et que les seules places qui restent sont les pires c'est à dire les strapontins bancals sur lesquels personne n'ose s'assoir.
Excuse ma grossièreté mais j'ai envie de dire merde.
Le dossier ne me monte qu'au milieu du dos et dès qu'on démarre, j'ai la tête qui valdingue dans tous les sens n'ayant pas non plus d'accoudoir(s).

Sur les trois heures de route, gromeler est plus aisé que dormir. C'est donc ce à quoi je m'active durant tout le trajet! Une chose est sure, tout le monde ici a payé à peu près le même prix et on ne m'y reprendra pas quand viendra l'heure du retour, j'aurais un siège et pas un tape-cul!!

Autre chose, sur la route, nous ne sommes pas les seuls, on fait encore parti du convoi. Seulement celui-là à la différence de l'avant-veille fait des kilomètres et des kilomètres. On ne compte plus les autocars, les minibus, les camping-cars et les voitures. Il va falloir la jouer serré pour être dans les premiers à s'engouffrer sur le chemin des temples.

A 7h10 du matin, on arrive. Le chauffeur nous signale qu'il nous attend à 8h50 pour repartir et qu'il n'attendra pas les retardataires. C'est donc ce à quoi on s'expose quand on fait parti du troupeau, on ne m'y reprendra pas, ça c'est sûr!
Accompagné de mon ami du jour, on court pour rejoindre le guichet où sont vendues les précieux sésames qui permettent d'entrer. Mais, chaque fois qu'on dépasse quelqu'un, c'est le double de monde qu'il nous semble avoir à dépasser. Au guichet, la foule est compacte, l'attente interminable et mes yeux lourds.
Il est 7h45 quand on parvient enfin à nos fins. Ne reste plus qu'à entrer.
Seulement là encore, tous ceux qui nous précédaient dans la queue précédente nous précèdent encore et encore, et comme pour rentrer il faut montrer patte blanche en mettant son sac à dos dans un détecteur à rayons X comme dans un aéroport, l'attente n'en est que plus longue encore...
A 8h05 enfin, on est "libre" de suivre le flot des visiteurs.

Sur le chemin devant nous se trouve une large colline que nous contournons. Ce faisant, on aperçoit d'un coup ce pourquoi nous sommes venus : Ramsès II nous toise.
Dans le sens de la longueur de la colline, celle-ci a été creusée puis sculptée, découvrant un fronton colossale et le mot n'est pas trop fort.
Sur celui-ci, 4 statues du pharaon sont édifiées en plus de nombreuses autres plus petites. La vue est en tout point saisissante malgré les gens qui s'agglutinent à sa base. Tous les murs sont couverts de bas-reliefs, de hyéroglyphes; on ne sait pas trop où poser le regard tant il y en a!
Au centre de la structure, une entrée est creusés d'où partent des couloirs et des salles dont chaque centimètre carré est un délice pour les yeux. La somme de détails est à couper le souffle comme les nouvelles statues gigantesques qui ouvrent le passage. Seule ombre au tableau, je ne suis pas tout seul et c'est rien de le dire!! On se croirait dans les grands magasins le week-end précédent Noël!!!
Au bout d'un moment, j'en ai tellement marre de la bousculade que je ressors, il y a tant de monde que même les cartons rouges sont à laisser dans la poche!

A l'extérieur, il a beau n'être que 8h du matin, la chaleur est suffocante. Abou simbel n'est qu'à quelques kilomètres de la frontière soudanaise et est donc le point le plus au sud de l'Egypte, j'ai jamais eu aussi chaud depuis le départ de Paris!! Même le lac Nasser qui étend ses eaux jusqu'ici ne parvient pas à tempérer tout ça.
Petite leçon d'histoire qui te permettra d'en savoir un peu plus, le lac Nasser est un lac artificiel qui a vu le jour suite à la construction du grand barrage d'Assouan. L'eau retenue a crée le lac qui a submergé des terres sur 400km le long du fleuve.
Le temple d'Abou Simbel dont le destin était scellé du fait de la montée des eaux a dû être déplacé plus haut pour ne pas être submergé, sacré travail!!!!

20 minutes m'ont suffi à voir la première façade et ses entrailles, reste maintenant à découvrir le reste.
Une deuxième colline se tient derrière la première, et bien ça a été l'occasion pour Ramsès de construire un deuxième temple!
Nouvelle façade grandiose, nouvelles statues grandes à se faire mal au cou, nouvelles bousculades.

A 8h45, j'en ai plein les pattes de la chaleur, de la poussière, de la foule, d'avoir dormi aussi longtemps qu'une sieste à la BTM, je lève le camp. Vous me direz, de toutes façons, j'ai pas trop le choix, 5 minutes après le minibus lève le camp.
En retournant donc au minibus, j'accélère tel le fourbe que je suis. Il doit bien y avoir quelques uns de mes voisins qui ne sont pas encore dedans. Siège confortable, sommeil réparateur, me voilà!! Je crois d'ailleurs pas si bien dire, je suis le premier!!! Je m'installe comme un pacha. Le véhicule n'est pas encore parti que je dors déjà.
Je suis tiré de mon sommeil peu avant midi. Le chauffeur nous informe que si on veut, on peut aller faire un tour sur le grand barrage qui nous tend les bras.
Pourquoi pas?
Un nouveau droit d'entrée payable en une fois plus tard, nous y sommes. Nous y sommes mais cantonnés sur une vingtaine de mètres, le reste est zone sensible et réservée aux militaires. C'est pas bézef' mais ça nous donne quand même l'occasion de jeter un oeil à l'édifice et d'avoir un nouveau point de vue sur le Lac Nasser.
10 minutes montre en main après, de toute façon, on est déjà reparti, tu parles d'une étape!!

Il est donc midi passé, la journée pourait ne commencer que maintenant mais non, on a déjà fait plus de 600 bornes et visité deux des monumentes les plus emblématiques d'Egypte!! Tu parles d'un train d'enfer!! Et ça ne s'arrête pas là!
20 minutes de route plus loin, le minibus s'arrête à nouveau.
On a droit à une nouvelle visite éclair : le temple de Philae.
Celui-ci a été également reconstruit sur une île pour éviter sa noyade dans les eaux du lac. On prend donc un bateau pour s'y rendre.
Un nouveau droit d'entrée plus tard, nous y sommes. La chaleur est à son paroxisme, l'ombre bienvenue (NDLR : évitez de venir en Egypte en été si vous ne voulez pas fondre comme neige au soleil).
Je déambule encore et encore. Sur le sîte, je croise des écoliers égyptiens. Ils n'en ont rien à faire du temple et tout ce qui les intéresse c'est de prendre des photos avec moi. En 30 minutes, une cinquantaine de clichés avec chacun d'entre eux, j'en ai plein la tête et ai vraiment besoin de calme.
A 13h de toute façon, c'est le retour au bateau, le minibus repart à 13h15. Emballé c'est pesé, 3 visites à la vitesse d'un cheval au galop, on repart vers Assouan qui n'est plus qu'à quelques kilomètres.
Avant d'y arriver, le chauffeur propose une dernière étape, mais tout le monde est claqué, et notamment par le rythme infernal auxquelles les livres egyptiennes ont quitté les porte-monnaies durant cette palpitante escapade.

On retourne en ville sur les coups de 14h, je ne marche pas droit.
Le reste de la journée ne sera que sieste en rêvant aux pharaons et comme je suis vraiment à la bourre dans l'écriture, je décide de rester ici 24h de plus. Ce qu'il faut pas faire pour vous contenter...

Le lendemain en effet, j'ai beau avoir la patate d'une nuit de plus de quinze heures; après être retourné sur les bords du Nil pour profiter un peu de l'ambiance, je m'enferme dans le Mac Donald, mon premier depuis Paris, pour bénéficier du Wifi le plus efficace des environs.
C'est grace à cette journée des moins palpitantes que tu auras pû gouter aux clichés syriens et jordaniens. Grâce soit donc ici rendue au roi du hamburger!
Cela dit, la journée n'est pas complètement perdue, je tombe par hasard sur Dominica et Emma, les 2 australiennes avec qui j'avais passé quelques temps à Nuweiba et sur le ferry pour s'y rendre. Elles viennent d'arriver à Assouan alors que je m'en vais.
On synchronisera quand même nos montres pour nous retrouver à Louxor trois jours plus tard afin de peut-être partager de nouvelles aventures.
On se quitte là-dessus ce jour là car j'ai pas fini mon travail (sic).
Je pars du Mc Do à 22h avec des pixels plein la tête.
Le lendemain, je vais à Louxor... J'adore...


PS : est-ce que c'est la faute du désert et qu'un mirage trouble mes sens ou est-ce que Dangléant s'est inscrit à la newsletter?Montre la voie mon gars!!!


PPS : toujours pas de relecture de ma part, c'est du craché-collé, désolé pour les fautes!



Merci à tous d'être toujours au rendez-vous!!
 
 


 

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 16:01
Il en va des voyages comme de la vie,
Parfois on file comme une comète, parfois tout semble souffrir d'un frein à main.

Je savais les transports égyptiens à la limite du déraisonnable mais là, on flole la correctionnelle.
On avait ri avec Samer du fait que parfois les transports, on ne sait pas quand ils arrivent mais pas non plus quand ils partent. Il m'avait bien raconté l'anecdote du chauffeur qui doit conduire un bus quotidien de Marsa Alam à Assouan mais qui prétend un soir qu'il fait trop froid pour prendre la route afin de mieux passer la soirée sur son canapé pour peu qu'il en possède un. Je me souviens encore de cette histoire même si au moment de l'entendre pour la première fois, ça n'avait fait que m'effleurer la conscience.

Ce soir, dimanche 16 novembre, je sais que je dois prendre ce même bus.
La seule chose à peu près tangible est que le bus doit passer par Marsa Alam entre minuit et 1h du matin pour arriver à Assouan aux aurores le lundi.
Samer convit donc son chauffeur (il ne possède pas de voiture, un taxi ravitaille l'hotel, dépose les clients...) à 23h30 pour me conduire à la gare routière. Le gars arrive, tout va bien. En peu de temps, on arrive au village. La voiture s'arrête à une parodie de station service : une pompe, un type qui vend trois chips sur deux trétaux, un lampadaire pour s'assurer qu'on est pas dans l'obscurité totale.
Mon chauffeur me dit que c'est là que je descends, c'est la dîte gare routière...
Je prends mes affaires à l'arrière du pick-up qui n'attend pas la suite des évènements pour foutre le camp.
Le vendeur aux chips m'interpelle. Je vous retranscrits pelle-melle :

-Salut, qu'est ce que tu fais là? Et tu vas où comme ça?
-Je vais à Assouan avec le bus de nuit.
-Ah mais il n'y a pas de bus cette nuit, tu t'es gourré mon p'tit gars.
-Quoi?!? Mais on m'a pourtant dit que...
-On t'a dit des bétises, il n'y a pas de bus, point à la ligne.
-Qu'est ce que je vais devenir? A quelle heure est le suivant?
-A minuit demain soir. Pas avant.
-Il y a pas un autre moyen d'aller à Assouan? C'est qu'il faut que j'avance moi!!
-Y'a bien un moyen, il doit y avoir un minibus qui t'arrêtera à Edfu c'est à dire à mi-chemin et qui devrait partir bientôt.
-Bientôt quand?
-Bientôt quand il sera plein.
-Et on est combien pour l'instant?
-T'es le premier!!

Je suis le premier, Victoire!! J'ai gagné le droit d'attendre le plus longtemps! Tu parles d'une médaille d'or...
Pas question de reprendre un taxi pour me ramener au camp, comme ailleurs ils sont organisés en guilde et réclament pas moins d'une douzaine d'euros pour 10km. Je m'assois donc sur un banc fait de cartons posés les uns à côté des autres et commence à patienter. Le vent souffle de fraîches rafales, ramenant la température extérieure autour des 10°. J'ai froid et commence à empiler les couches de vêtements.
A 1h deux personnes arrivent. Ils sont médailles de bronze et d'argent. La belle affaire...
On échange quelques phrases, l'attente se poursuit.
A 3h, rien n'a changé, on est toujours que trois. D'autres bus ont beau passé par là, c'est jamais celui d'Assouan ou d'Edfu.
Autour de 4h, je tombe de sommeil sur mon banc de fortune. Je vous laisse imaginer la qualité du sommeil.
A 8h, enfin, je suis tiré de ce qu'on appèlera généreusement ma nuit par le bruit d'un moteur qui tourne à 50cm de ma tête qui ne comprend rien à ce qui lui arrive. Le minibus est là, gorgé de monde, ne reste qu'une place pour le Braïce dans le brouillard.

Huit heures de patience, voilà ce qu'il en coute de voyager avec les moyens du bord. Mais pour paraphraser "La guerre des boutons", si j'aurais su, j'aurais venu quand même, mais à 8h...
Dans le minibus pour Edfu, ça cri, ça fume, ça secoue. Les hommes sont assis à l'avant du véhicule, on n'entend qu'eux. Les femmes sont à l'arrière avec les enfants, pas un mot ne sera prononcé par elles.
La route est on ne peut plus monotone et plate, c'est un désert plat et rocailleux qui s'étale de part et d'autre. Seulement à l'approche d'Edfu, j'ai l'impression d'halluciner, j'ouvre les yeux et quelque chose cloche mais je ne sais pas quoi. Quelques secondes de concentration sont bien nécessaires pour finalement me rendre à l'évidence, le Nil doit être à portée de tir, les teintes sablonneuses du paysage ont laissé la place à du vert. C'est pour ainsi dire la première fois depuis deux semaines que les arbres sont plus nombreux que les cailloux!! Je n'avais pas fait particulièrement attention à ça en apprenant que mon minibus allait à Edfu, mais cette petite ville est perchée sur le plus long des fleuves du monde. D'ailleurs avant d'aboutir à la nouvelle gare routière (si tant est que ça en soit une), on longe le large ruban d'eau.
Ce faisant, on peut bien se rendre compte de l'importance vitale de la rivière. Ses rives sont couvertes de cannes à sucre, d'oliviers, de palmiers, de champs de coton. Parfois la largeur de la bande verte couvre plusieurs kilomètres, mais à d'autres endroits, la végétation ne s'étend que sur une dizaine de mètres avant que le désert ne reprenne ses droits. En tout cas, mon plaisir de revoir pousser arbres et fleurs est non feint malgré la fatigue d'une journée à rallonge.

Le minibus parvient enfin à Edfu autour de midi, ne reste plus qu'à dénicher un nouveau minibus pour boucler la boucle et rejoindre Assouan avant la nuit.
A la gare routière, pas l'ombre d'un touriste, je suis encore l'aiguille dans cette botte de foin. Je demande à gauche à droite où je peux trouver le bon minibus. Tous les chauffeurs refusent de me prendre. Il y a bien un type qui me propose de monter avec lui mais je serais mieux dans un transport collectif, j'ai dormi quatre heures et j'ai pas envie de faire la conversation. Je cherche encore. Rien. Nada. Que dalle. Pas un minibus ne souhaite me voir à son bord. Voilà qui est bien curieux...
Finalement, le bonhomme évoqué plus haut est toujours là. Je monte avec lui.
Pas bien loin en fait; on fait pas 1km qu'il me dépose à un poste de police. Je descends du véhicule et suis alors pris en charge par les képis.
Ceux-ci ont également arrêté un camping-van dont la plaque d'immatriculation est française. Echange d'informations.

Le camping-car est conduit par Jean-Pierre et Sandrine qui sont partis de France il y a pas loin de 2 mois.
Quand, en Egypte, on conduit un véhicule particulier et qu'on est occidental, on doit voyager en convoi pour aller de ville en ville. Le convoi part à heure fixe chaque jour et permet au voyageur de bénéficier si besoin est d'une escorte policière. Et bien en fait, Jean-Pierre et Sandrine ont perdu le convoi et sa cohorte de véhicules.

On attend tous ensemble quelques minutes avant de voir le convoi surgir au détour d'un virage. Jean-Pierre a, sans s'en rendre compte, devancer la file indienne qu'il convient maintenant de rejoindre. Plus besoin de trouver un minibus, je suis embarqué avec plaisir par mes deux français qui ont la même destination que moi en vue.
La route longe le Nil et c'est pas pour me déplaire. L'eau de la rivière est d'un bleu profond qui tranche avec la verdure environnante.
En chemin, le convoi s'arrête à un temple, celui de Sobek à Kom Ombo, mon tout premier.
Ca faisait un moment que j'ai pas re-croisé les colonnes et les frontons sculptés, le plaisir est au rendez-vous, d'autant qu'à partir de maintenant les temples sont couverts de hyéroglyphes et autres bas-reliefs représentants les rois de naguère de profil comme il convient au pays des Pharaons.
La visite est rapide autant que le convoi qui avale les kilomètres à plus de 100km/h.

Vers 15h, Assouan se profile et avec lui une chambre d'hotel que j'espère calme et reposante.
Jean-Pierre et Sandrine me dépose en ville. La température est suffocante pour un mois de novembre, jamais ces habitants voient-ils un hiver?
En ce qui me concerne, avec tous mes kilos sur le dos, en deux minutes je ruissèle. J'ai repéré un charmant hotel dans le LP que je trouve rapidement en demandant mon chemin à ,grosso modo, chaque personne que je croise.
En arrivant, je m'écroule dans un fauteuil confortable du salon commun. Il faudra bien un treuil pour m'en extraire. Plusieurs thés plus tard quand même, je sors de ma torpeur et suis sur le point de rejoindre ma chambre.
Et bien t'y voilà que à peine relevé, une voix familière sonne à mon oreille. Je me retourne et tombe sur Graham que j'avais laissé en Cappadoce un mois plus tôt. Je sais pas si ça vaut la peine d'écrire que je n'ai pas rejoint ma chambre tout de suite et que la sieste, elle repassera...
On achèvera de passer la journée ensemble jusqu'au soir. Lui repart le lendemain vers de nouvelles aventures, pour moi le lendemain se fera sans aucun doute sur des bruits de ronflements légers.
Il est 23h quand je rejoins ma chambre pour la première fois.
Et c'est effectivement comme si j'avais un lit pour la première fois.
ZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzz...   

 
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 14:39
D'habitude, j'ai rien contre le fait de descendre une bouteille.
Cette fois-ci, tout amateur d'alcool sera deçu d'apprendre que la bouteille est pleine d'air.
Et c'est exprès!!

L'Emy Camp à Marsa Alam est tenu par une famille adorable.
Samer est libanais, a fait carrière comme chanteur avant de s'installer ici pour développer cet hotel.
Sarah, sa femme, est néo-zélandaise. Son visage fleure bon l'influence maorie. Elle fait une tête de plus que Samer et est douce comme de la soie.
Nadia, leur fille, essaye de prononcer son premier mot.

Dès les premières minutes, ils me font me sentir comme à la maison. Je suis pour ainsi dire le seul client et très enclin à discuter de tout et de rien.
On dîne tous ensemble avant que je me rendes avec Samer au centre de plongée pour prendre la température. Je suis tellement bien accueuilli que je m'engage à dîner tous les soirs au camp avec mes hôtes.
Concernant la plongée, il sera convenu que je plonge 10 fois pendant les 5 prochains jours sur 5 sîtes différents.

Le premier jour consiste en une remise à niveau. Je suis pris en charge toute la journée par un intructeur mis à mon unique disposition.
On part avec le reste des plongeurs au petit matin dans le bateau lourdement chargé de bouteilles, combinaisons et autres accessoires. Après 1 heure de navigation, on jette l'ancre et on s'équipe.
Tout arnaché, je passe de 62 kilos à environ 85. Sacré attelage!!
La combinaison me moule comme un préservatif et il est très difficile d'effectuer de larges mouvements tant elle est près du corps.
Une fois dans l'eau, le poids de mon matériel n'est plus qu'un affreux souvenir, je flotte comme un bouchon.
3, 2, 1, c'est parti. Je vide l'air contenu dans mon gilet et la descente commence. Sous l'eau, le corail fleurit de partout, et tout autour des dizaines de poissons nagent sans prêter attention à ma présence. Je n'entends rien d'autre que ma respiration saccadée, c'est le monde du silence.

De la première à la dernière plongée, le plaisir est chaque fois renouvelé.
Les sites sont magnifiques même si peu fréquentés en gros poissons.
Clou de spectacle : Deux tortues de plus d'un mètre de large se prélassent et dévorent tout ce qui dépasse de salade marine.

Les photos réalisées à l'aide de mon caisson étanche chéri parleront d'elles-mêmes.
De tout façon, je commence à prendre trop de retard dans le récit de mes aventures et mes chers amis ont déserté la toile. Si tu fais partie de ceux-là, tu peux toujours botter le cul de tous les autres pour moi, et je pèse mes mots.


Je vais simplement finir en remerciant grassement Samer et Sarah qui ont toujours été aux petits soins pour moi.
Si vous passez par Marsa Alam, n'hésitez pas à vous y arrêter pour un jour, une semaine, ou un an.

Je t'embrasse, toi fidèle lecteur et espère être plus prolixe la prochaine fois si le coeur y est.



La prochaine fois sera dans près d'une semaine car je pars aujourd'hui dans le désert egyptien et ses oasis et, qui dit désert, dit désert. Pas d'internet, pas de frustrations, juste ma tronche au milieu des palmiers, des sources naturelles, ou sous les étoiles à la nuit tombée entouré de dunes de sable rougeoyant.
D'ici là, porte toi bien et fais-moi savoir que t'existes.

PS : merci 'tite Nélise pour ton message, ça fait du bien par où ça passe, direct au coeur.

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 18:43
J'ai quitté la côte couleur farniente,
Je me suis farci des kilomètres comme on enfile des perles sur un fil long de 800 bornes,
Maintenant, le soleil se lève à nouveau sur la côte mais couleur plongée.
Le maillot de bain se porte toujours mais étouffé dans une combinaison intégrale.
Après avoir été l'homme qui se préserve, je suis l'homme préservatif.

Enfin, j'espère.

Nous sommes un lundi (10/11), je suis H.S de mes 48 dernières heures, si j'avais 3 poumons je pourrais espérer plongée, mais non...
Il est pas encore 8h et quelqu'un frappe déjà à la porte... Il y a jamais de panneau "interdiction formelle de déranger" à scotcher aux poignées de portes dans les hotels à bas cout, c'est bien dommage.
A l'extérieur, la voix dont la main frappe à la porte se ose un
-"Breakfast!!!"
De mon côté, la voix rauque et pas franchement enjoué, je rétorque un
-"I'm coming!!!!! Grrr."
C'est bien ma veine, je découvre que dans le camp tout le monde prend son petit déjeuner à heure fixe. Le camp étant destiné aux plongeurs, ceci explique cela.
Seulement moi, aujourd'hui, j'ai juste envie de récupérer pas de respirer 20 mètres sous mer. Le p'tit cuistot ne savait pas, allez passons.

Autour de la table, je rencontre mes voisins de hutte. ils sont 5 au total, tous allemands et parlent bien entendu tous allemands lorsqu'ils s'adressent l'un à l'autre. Ca va pas être facile de s'intégrer.
On échange quelques civilités d'usage, et les voilà partis pour deux sessions de plongée. Je compte bien en profiter pour remettre la viande dans le torchon.
De retour au bungalow, en une minute, je suis de retour à la case horizontale. Avant de fermer les yeux, un dernier effort pour vérifier un truc d'un coup d'oeil : il y a vraiment beaucoup de mouches sous mon toit! Ca me revient aussi, il m'a bien semblé qu'il y avait beaucoup de mouches sous la tente du petit déjeuner.
Noooooooon!!! C'est reparti! Finis les moustiques, retour des mouches.
Dans ma chambrée, j'ai dû toutes les réveiller à entrer et sortir, parce que c'est un festival. Dès que j'essaye de dormir 3 secondes, il y en a plusieurs qui me courent dessus, ou qui essaye de rentrer dans mon nez!! Pas besoin d'avoir testé vous-même pour vous rendre compte que c'est très très très irritant (restons polis)!!!
Même si j'ai deux de tension, que je pourrais s'assoupir dans le tambour d'une moissonneuse-batteuse, là c'est trop! Je crois que ça va pas être possible.

L'avantage quand on est chasseur de mouches par rapport au chasseur de moustiques, c'est que ça se passe de jour et que les mouches sont assez grosses pour qu'on les repère entre mille. Autre avantage et pas des moindres, la mouche vulgaire ne pique pas. il ne manquerait plus que çà!!
Il est l'heure d'enfiler mon nouveau costume, de sélectionner une arme, un t-shirt sale, et de génocider.
Dès que j'abats un adversaire, un nouveau se présente. Eux non plus n'ont pas compris que lorsque tous tes congénères se font atomiser par une puissance supérieure, la moindre des choses est de ne pas pavoiser comme si c'était le printemps.
La guerre dure près de 2h pendant lesquelles, je dois approcher la centaine de victimes. Je fly-proof le bungallow du sol au plafond.
Satisfait, même si désolé du résultat, je me rendors enfin.

Pas pour longtemps.
1 heure après, la même voix que précédemment s'égosille à nouveau :
-"lunch!!"
Mais c'est pas possible, il faut en appeler au président pour pouvoir dormir dans ce pays?!?
Rebelote :
-"I'm coming!!! Again!!!!"

Je sors en prenant bien garde que rien de vivant ne pénètre dans mes murs. Et dorénavant, toujours comme ça.

A 15h, les allemands reviennent de la plongée. Je reviens de nulle part. J'ai bien eu envie de nager un peu mais c'est pas possible depuis l'hotel car la configuration de la côte ne s'y prête pas.
J'essaye de discuter avec les autres mais ça vient pas.
Il n'y a pas d'électricité avant 18h.
Il y a guère que le combat contre les mouches à mener. Je m'ennuie.

Selon la devise de mon voyage, si j'adore un endroit particulièrement, j'y pose mes valises et oublie le calendrier, si je m'ennuie, je prends mes clics et mes clacs et je m'en vais comme un prince.

Donc pas d'autre alternative, le lendemain, il sera temps d'aller voir ailleurs. En tout cas un autre centre de plongée car il n'y a en plus ici qu'un seul instructeur et je vais avoir besoin d'en réquisitionner un pour moi tout seul pour me remettre les idées en place.
La soirée file tranquillement; de toute façon il ne peut ici pas en être autrement. Je me dis que je n'ai pas fait la fête depuis mon départ et que la prochaine fois qu'il va m'être proposé de bouger mon corps sur des rythmes cadencés, je vais retourner l'endroit bien comme il faut...

Le matin suivant (mardi 11), j'ai commandé un taxi à 8h pour m'emmener visiter un centre de plongée un peu plus conséquent et professionnel que celui du big Safari.
J'ai retrouvé tous mes moyens physiques, il est temps de se jeter à l'eau.
A 8h30, on passe l'entrée d'une résidence regroupant quatre resorts 5 étoiles différents. Tout autour sent le décor de cinéma, mur en contreplaqué, fontaine en fausse pierres de taille, c'est le royaume du faux-semblant monnayant des factures en euros à 4 chiffres. Je m'y sens comme un poisson dans un désert de sable...
Au moins, le centre de plongée est à la hauteur des prix pratiqués ici, le matériel sent le neuf, le personnel est compétent, je suis bien entouré.
Je le serais encore plus cependant si j'étais arrivé une heure plus tôt, en effet, tous les groupes de plongeurs sont partis depuis 8h, plus moyen pour moi de respirer ailleurs qu'à l'air libre pour cette journée qui est perdue concernant son programme original. Et merde...

Essayons malgré tout de profiter des commodités offertes par les resorts.
Je m'installe sur un chaise longue devant ma mer. Quelques minutes après, des enceintes crachent une musique de tous les diables, c'est l'heure de l'aquagym!! Pas moyen d'être tranquille, je suis cerné par les corps huilés et gras des morses qui se trémoussent de beau matin. Quand je dis "beau", tu sais ce que j'en penses...
Je comptais faire un peu plus tard une session de snorkeling (palmes+masque+tuba). Un peu plus tard se transforme donc en tout de suite. Si dans l'eau est le seul endroit où je peux avoir un poil de tranquilité et bien c'est là que je vais.
J'emprunte le matériel au centre de plongée et en route.
La plage partout devant les hotels est cernée de corail, le seul moyen de barboter sans risque de nuire à quoi que ce soit de vivant est de partir du bout d'une jetée qui enjambe la barrière.
Sur la jetée, on a un bon aperçu de ce à quoi ressemble la rive égyptienne de la Mer Rouge. Sur tout son long serpente le corail, une barrière longue de plusieurs centaines de kilomètres sur lesquels les couleurs du bleu au vert égrainent tout la palette.
Lorsque je suis face aux hotels, j'ai mon petit déjeuner qui remonte.
Lorsque je fais face à la mer, j'ai tellement faim de voir que je m'interdis de cligner des yeux.

Arrivée à la jetée, je m'équipe et nage. La visibilité est de plusieurs dizaines de mètres, la couleur de l'eau partage sa magnificence avec le corail multicolore. Les poissons qui sont tout sauf noir et blanc participent à la fête. Pour un coup dans l'eau, c'est un coup de maître.
Voilà qui me conforte dans mes envies de respirer sous l'eau, vivement demain si je me débrouille un peu mieux dans l'organisation et dans le réveil...
Je reste dans l'eau pas loin d'une heure, suffisant pour avoir chaud au coeur et froid au corps.
Je m'installe ensuite le long d'une piscine surplombant la mer, l'épiderme sous le soleil. J'achète une canette : 2,20 euros, on ne m'y reprendra pas.
J'ai pas besoin de plus, je déjeune sur ma chaise longue en engouffrant les biscuits pas chers achetés des journées avants. Ca fait un peu romano pour les hotels 4 étoiles, mais de toute manière, JE suis un peu romano pour ces hotels 4 étoiles! En plus, si tu crois que ça me dérange, tu ferais aussi bien d'aller consulter en chirurgie du cerveau.

Au bout d'un moment et comme je pouvais le craindre, je m'ennuie de nouveau. Je retourne au centre de plongée et parle avec tout le monde et notamment Hani qui m'avait accueuilli le matin même. Les conversations sont plaisantes pour tout le monde, mes interlocuteurs n'étants pas tellements habitués à rencontrer des visiteurs se satisfaisants pleinement d'une après-midi à bavarder avec eux. Les autres ne savent pas se qu'ils perdent.
Je suis tellement à mon aise que je m'occupe pendant un quart d'heure de l'accueuil du public, les autres étants occupés à d'autres taches.
Au cours de cette journée finalement pas si désagréable, je réfléchis avec Hani à la meilleure façon de conjuguer hébergement bon marché et plongée de qualité.
De dormir sur la plage à trouver une compagnonne dans une boite de nuit pour partager sa couche, tout y passe.
Hani passe une 1/2 douzaine de coups de fil pour s'enquérir des disponibilités dans le coin.
Finalement, sa dernière idée sera la bonne. Il connait un camp pas cher de l'autre côté de Marsa Alam où les centres de plongée fleurissent à 2 pas de là.
Il se creuse la tête pour se souvenir du nom du camp. Soudain, c'est l'illumination, c'est l' Emy camp.
Retour deux jours en arrière!!!!!
Hani appelle le tenancier, il y a de la place pour 10 euros par jour avec le petit déj'. J'avais vu juste.

Le taxi revient me prendre à 17h.
A l'arrivée au Big Safari, je refais mon sac, paye la note et repars comme un ouragan cinq minutes après être revenu.
A la nuit tombée, j'arrive à l'Emy Camp.
Le temps de négocier avec le taxi un tarif qui me fait même après rabais froid dans le dos, je suis à la maison.


Après 2 jours d'errance, c'est pas dommage, je retrouve le chemin de mon planning.
Merci Hani au Pionneer Diving Center de m'avoir remis sur les rails.
Je fais chauffer le maillot de bain, le caisson étanche pour l'appareil photo, la serviette. Etre plus prêt que moi en l'instant, c'est juste pas possible!


Je te laisse sur l'impatience qui me tord.
Ne t'en fais pas, tout va bien, même si le tord tue, c'est mieux si on voit des tortues.
J'ai hâte!!!


Quant à ton impatience de découvrir quelques clichés, elle a déjà été mise à l'épreuve avec la mise en ligne hier de TOUTES les photos de Syrie.
J'espère la rassasier avec le 2ème effet kiss-cool du jour, la mise en ligne de TOUTES² les photos de Jordanie jusqu'à Petra-la-belle. Autant dire qu'il y en a qui sont gâtés et je ne parle même pas de moi.


Dernière chose pour aujourd'hui, j'y reviens mais ça me tient vraiment à coeur, les commentaires.
Je suis aux anges de tous ceux que je reçois il va sans dire.
Seulement pour 90% d'entre eux, ces commentaires viennent de mes parents ou de ma famille.
Pour ce qui est de mes copains, mes amis, mes potes, c'est proche du néant.
Il serait bon d'équilibrer un peu la balance!
Prenez garde à votre cul, vous savez que je reviens 2 jours à Paris les 3 et 4 décembre prochains, ça sent la distribution de cartons jaunes et rouges à plein nez.
Que vous laissiez des commentaires ou pas, pour l'instant, contentez-vous de réserver votre soirée du 4 décembre.
ET n'allez pas me dire que c'est un jeudi et que c'est pas pratique!
D'ailleurs non! Je reformule. Maintenant laissez un commentaire sur le texte de votre choix et EN PLUS réservez votre soirée du 4 décembre!!
Prévenez nounous, collègues et Cie, il n'y aura pas de séance de rattrapage. Le lendemain, l'avion m'emmène au Népal et loin de chez vous pour les 22 mois qui viennent si tout va bien. Donc toute absence sera préjudiciable à ma santé morale en générale et à mon entrain en particulier.
Rappelez-vous que ce n'est pas parce que je suis loin que vous n'êtes pas avec moi.
Après, si vous ne voulez pas écrire et si je ne vous arrache pas une larme ou deux...

En attendant les bises sur vos joues roses, recevez celles-ci sur vos écrans prêts à découvrir de visu la Jordanie et ses trésors.
Bisesssss


PS : peut-être as-tu remarqué que j'ai tenu compte de la demande de l'Amicale des Ophtalmologistes en augmentant la taille des caractères. T'as vu comme je prends soin de toi...



   



 
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 15:38
Le soleil vient de se lever,
Encore une belle journée,
L'ami du petit déjeuner,
C'est Dédé le chauffeur de bus, et ça fait pas plaisir.


Pas assez d'énergie pour voir sa tête, je m'endors dans le premier kilomètre. Le bus est confortable comme un trois étoiles.
Au "r-éveil" qui ne porte en l'occurence pas bien son nom, Nuweiba n'est qu'un lointain souvenir. Le brouillard se lève sur Suez, charmante gare routière, ça mérite le coup d'oeil, ou pas. Il est 14h.
Vivement que je monte dans le 2ème bus du jour pour replonger quelques temps. 1/2 heure d'attente plus tard, c'est un excellent chiffre, il arrive.
-Non, c'est pas possible! C'est pas dans ça que je vais passer les 5 prochaines heures!
Le truc roulant qui arrive a dans les 40 ans, est décapotable côté moteur, est couvert d'une couche de crasse datant des origines de l'homme, ne tient pas debout même pas couché.
Et si, ce rebus de Satan est mon bus.
Je grimpe dedans, trouve une place tranquille à l'arrière côté fenêtre.
La vitre est quasi opaque, je peux seulement voir le soleil à travers comme on le verrait à travers des rideaux épais. Monsieur Propre a démissionné, changé de métier dégouté par la masse de travail à accomplir pour ravoir la transparence originale.
Le bus démarre, il accélère et parfois il freine. Et quand il freine, tout mon siège freine avec lui.
Le siège est comme dans tous les bus en 2 parties, un dossier et l'endroit où poser mes fesses. Et bien ce dernier, il est désoudé du reste du corbillard collectif. Il faut donc bien se caler pour ne pas faire du manège sachant que moi, en ce jour, les manèges, c'est non merci sans façons...
Impossible de somnoler dans ces conditions, les minutes se transforment en heures.

Tant mal que encore plus mal, on arrive à Hurghada, 2ème ville étape.
Hurghada était il y a 20 ans de cela une bourgade tranquille les pieds baignants dans les eaux chaudes de la Mer Rouge. Aujourd'hui, 100.000 personnes y vivent, les hotels et autres resorts (prononcer rizortse) ont bétonné le front de mer sur des dizaines de kilomètres. C'est d'après le LP ,"pour faire court, s'il existe un enfer touristique, c'est ici qu'il a posé ses valises". "Si vous visitez Hughada c'est à vos risques et périls, si vous pouvez, évitez-là".
C'est vachement engageant comme description.
Aussi engageant que la gare routière d'ailleurs. Exigüe, noir de fumée de (mini)bus, un seul guichetier pour toute la gare, une file d'attente qui n'existe que dans les contes pour enfants, tous mes kilos avec moi, s'il existe un enfer des gares routières, c'est aussi à Hurghada qu'on le trouve.
En plus, la nuit est tombée, il y a 3 lampadaires pour toute la gare, ça rajoute à la dramaturgie!
Il est 20h et la journée semble encore plus longue que mon article sur Nuweiba...
Le seul renseignement que j'arrive à glaner au prix d'une percée longue de 20 minutes, c'est que mon 3ème et dernier bus n'est pas là. Tu parles d'une info!!
Je retourne m'assoir par terre sur le trottoir. Dans la gare routière d'Hurghada, il y a 3 bancs qui sont les uns à côté des autres, derrière les pots d'échappement fumants des bus stationnés. C'est pour ça, sur le trottoir, c'est mieux.

Finalement, peu avant 21h, le bus me prend au passage. C'est surpeuplé mais au moins on est de retour dans la catégories des 3 étoiles. Comme très souvent depuis mon tout premier bus au départ d'Istanbul, je suis le seul blanc-bec à remplir l'autocar. Pas facile de passer inaperçu d'autant plus que la soute à bagages est pleine et que je grimpe dans la cabine avec mon sac de 80 litres plus celui de 20 litres.
Vous avez dit chargé?

Ce tronçon s'effectue quand même de la meilleure des manières : le périple d'une journée se termine comme il a commencé, je dors jusqu'à l'arrêt complet de l'appareil. Heure locale il est 2h15 du matin. La température extérieure est de 23°. Le commandant et tout son équipage me souhaitent bon courage pour trouver un hotel.

Et il a raison.
Marsa Alam est un gros village où tout le monde dors après 20 heures. Pendant ce temps, les resorts font le plein de danseurs émèchés dans leur discothèque sur des dizaines de kilomètres au nord et au sud le long de la mer. Comme tous les transports de touristes de la région se font en tours organisés, genre séjour plongée, Marsa Alam n'a même pas de gare routière. Une station service sans enseigne ni rien d'autre qu'une pompe tient ce rôle.
Le LP n'indique qu'un hotel où le premier prix est 88 dollars US.
Pour cette raison, j'avais été glaner sur hostelworld, un autre endroit moins cher, le Emy Camp.
Revenons à nos moutons.
C'est pas la foule des taxis à Marsa Alam à 2h du matin. Y'a bien un type qui conduit un pick-up, il m'interpelle et propose de me conduire. Où ça?
Et bien, j'ai beau lui dire où, il ne comprend rien à ce que je raconte et l'inverse aussi. Je dis Emy camp avec toutes les prononciations possibles et inimaginables, mais y'a rien à faire... Le chauffeur comprend quand même que je suis un touriste à 2 ronds, que si je prends les tranports publics, c'est que j'ai la rage, et que j'ai pas les moyens de m'offrir un 4 étoiles. Il comprend aussi que je suis ici pour faire de la plongée et que près de la mer, c'est mieux.

Au milieu de la nuit éclairée par la lune qui va croissante, on quitte le village.
Un barrage de police plus loin, il m'arrête au big safari camp. Ca a l'air pile dans mes cordes. Une quinzaine de huttes juxtaposées à quelques mètres de la mer, un centre de plongée, pas d'électricité à cette heure hors du temps.

Je vais me coucher pour des siècles et des siècles, amen, à 3h du matin au terme d'une looooongue journée.

Une longue journée vite racontée d'ailleurs aussi, ça change.
Ca change tellement que cerise sur le gateau, framboise sur la Charlotte, 3 heures 1/2 dans un Mc Do, de nouvelles photos ont été mises en ligne!!!!
Alleluia, toute la Syrie de bibi au programme!
Réjouissons-nous et célébrons sur place ou à emporter.

Bibi te bise du bus. Prends bien du plaisir!

    

    
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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 21:46
Le moral est variable.
Ces trois derniers jours, j'ai alterné l'exceptionnel à Petra et au Wadi Rum avec le nettement moins exceptionnel sur la journée de bateau pour quitter la Jordanie.
Le climat est inchangé.
Que l'on soit d'un côté ou de l'autre de la mer rouge, c'est soleil à tous les étages, avec un bon vent au grenier.

Seulement pour l'instant il fait nuit. Le ferry vient d'accoster et il me faut franchir à nouveau des barrières douanières pour enfin penser à des jours meilleurs qui ne commenceraient pas avant 6h du matin.
Je ne suis pas en possession de mon passeport, tout va donc consister à remettre la main dessus. Pas d'inquiétude cependant, il est tenu en lieu sûr par les douaniers égyptiens comme ceux des autres touristes ayant pris le bateau. Le jeu va donc être de le retrouver dans la zone portuaire de Nuweiba. L'endroit est assez grand et les entrepots succèdent ici et là aux bureaux de police.
En premier, comme ailleurs, il faut que je trouve l'endroit où on délivre les timbres fiscaux qui serviront dans un 2ème lieu et temps (respire) à garnir mon passeport jamais rassasié.
En tournant un peu,  j'arrive à une petite cahute sans prétention. A l'intérieur, le préposé m'informe du tarif en dollars (américains, les dollars). Qu'est que c'est que ce binz? Pourquoi veux-tu que je me trimballe une monnaie d'un pays situé à plus de 10.000 km de là? Le guichetier me regarde avec des yeux hébétés de merlans fris...
Déjà échaudé par toute cette journée d'attente maintenant longue de 11 heures, j'insiste et lui montre mes euros en disant que je n'ai que ça. C'est alors que notre brave monsieur au monopole incroyable me fait le pire cours de l'histoire des échanges mondiaux : 1 euro = 1 US dollar. Je ne sais pas si vous êtes au courant mais ça doit faire au moins 6-7 ans que l'euro n'a pas atteint une telle cotte. Au dernière nouvelle, on était plutôt à 1 euro = 1,3 dollars. D'ailleurs depuis plusieurs semaines, l'euro a tendance à se casser la figure, il va falloir m'aider les français et les françaises, et faire remonter tout ça!!
Le petit monsieur derrière son bureau est sûr de son fait et m'entube comme un grand monsieur. C'est pas la bonne personne ni le bon endroit pour faire un scandale et sortir un carton rouge! Cette gentille magouille passée, direction le bureau des douanes qui n'ont plus qu'à coller le timbre douloureusement acquis et tamponner par dessus.
Et bien je sais pas ce qu'ils boivent les douaniers du coin mais le douanier d'ici me colle tout ça en avant-dernière page! Quel sens de la logique imparable!
Déjà en Jordanie, ils m'avaient fait le coup en sautant environ 10 pages mais là, ils ont sauté le passeport entier!!!
Je récupère quand même mon bien, il est GRAND temps de partir. Il est 19h30, et j'ai mis 12 heures pour faire 50 km en bateau rapide!!

Au début, tous les touristes à sacs-à-dos rencontrés dans le ferry (et pas sur le ferry, damned!!!!), avaient prévu d'aller directement à Dahab, une station balnéaire à 45 minutes de Nuweiba. Ca semblait un bon plan pour eux sans exception mais pas pour le Braïce. Dahab a tout l'air d'être un supermarché touristique, de taille réduite certes, mais supermarché quand même, je vois déjà le coup où une échoppe sur deux vend des souvenirs ou de la crème solaire. Qui plus est, le LP indique qu'à Nuweiba-village "se trouve le meilleur camp de tout le Sinaï dont le propriétaire tente et réussi à recréer un coin de paradis perdu". Impossible de passer à côté d'autant que le camp en question a les pieds dans l'eau.
Mais vu l'heure qu'il est, tout le monde décide que cette idée est excellente et qu'il est trop tard pour rejoindre Dahab en voiture, sachant en plus qu'un taxi commandé de nuit est forcément plus cher que de jour. Quand en plus on connait les taxis... je sens que j'ai pas fini d'en parler sur le blog. Si j'avais le temps peut-être serait-il même bon de faire un chapitre entier "tous les trucs négatifs qui me sont arrivés en 2 ans avec les taxis", avec ça je suis sûr de pouvoir faire des pages, et des pages. Et des pages. Et des pages. Et des pages...
Point positif, je vais pouvoir profiter de toute cette soudaine affluence pour partager les frais du taxi qui m'amènera à l'hotel.
En fin de compte, on est 5 dans le taxi qui est une fourgonette. Grace à une des 2 australiennes qui négocie les prix comme on entre dans l'arène, on obtient pour sûr un excellent tarif vue la racaille qui négocie en face.

A 20h, on arrive au camp, enfin...

Camp n'est pas un joli mot mais si on ajoute "Soft Beach" devant, c'est tout de suite beaucoup mieux.

Théoriquement, je pense que je vais rester ici environ 3 jours. Plus si il est possible de faire des bonnes plongées, on verra bien quand il fait jour.

Pour l'instant, concentrons-nous sur le camp et ses environs immédiats. Passant l'entrée jusqu'à la réception, sur le côté s'étendent plein de petites huttes de bois à l'allure modeste mais robuste. Elles sont les pieds dans le sable, un sable pas aussi fin que ceui du Wadi Rum mais confortable à souhait quand même, si on veut on doit pouvoir passer la journée pieds nus. Que demande le peuple? Et bien, pile çà!!!
Devant nous l'entrée vers la réception est une des entrées de l'espace principal et commun. Une lumière tamisée, des coussins installés autour de tables basses où les gens mangent ou se prélassent, des objets de déco divers et variés répartis sous un toit en palmes traissés, un chat qui dort, rien ne manque.
On a pas encore vu la plage mais ça sent déjà bon le bord de mer avec une ambiance relax et un climat chaud indiquant que la température de l'eau n'est pas celle de la Bretagne (NDLR : Quoi, Qu'est qu'il y a les bretons?).
On est gracieusement accueilli avec un jus de fruit maison. Dixit le manager : "C'est pour moi, remettez-vous de votre longue journée et ensuite je vous montre vos huttes et je vous donne les tarifs". Et bien puisque c'est comme ça, je vais prendre un jus de fruit s'il vous plait! Les minutes qui suivent se gouleillent lentement, le temps d'apprécier pour la première fois les lieux qui sont calmes et reposés comme nous. Il doit y avoir une douzaine d'autres voyageurs, aucun stress, tous respirent l'herbe fraîchement coupée.
On lève très provisoirement le camp pour reprendre nos sacs obèses, direction : les bungalows.
Très sommaires : un matelas, des draps propres, un oreiller, une moutisquaire, une ampoule pour la lumière et le tour est joué.
Le prix traduit : 5 euros / jour avec le petit déjeuner, de l'eau chaude dans les douche; Où est-ce que je signe?
Seul bémol : pas d'internet, ça va faire 4 semaines sans wifi donc sans photos et le reste pour ton esprit versatil, et sans Skype en permanence pour être sûr de tomber sur les Rousseau dont le foyer s'est sans doute déjà multiplié par 2. Faudra trouver une solution.

Retour au restocamp. Je m'installe et comme d'hab, j'ai les canines qui transpire.
Seulement pour la première fois du voyage, je suis dans un endroit où, de par sa situation, on sais y faire questions fruits de mer et poissons grillés. Plaisir des papilles, je jette mon dévolu sur un plat de crevettes en sauce. A 5 euros le plat, elles vont prendre cher les crevettes et je parle pas que de ce soir!
L'assiette est cuisinée avec amour et est garnie avec une pelle (ou une grosse louche). Je sens que je vais aimer donner de l'argent à ces gentils hoteliers cordons bleus.
Le repas fini, rejoins par une partie de la bande du soir, je file sur la plage pour tremper mes orteils et avoir un aperçu nocturne de l'agencement.
La plage commence dès qu'on pose le pied en dehors du restocamp en direction de la mer qui fait valoir ses fines vaguelettes à 30 mètres de là. Sur le chemin de l'eau, sont disposés, Ô merveille, différents endroits où on peut d'une façon ou d'une autre se détendre à toutes heures du jour ou de la nuit. Hamacs, petits toits de bois montés sur tronc et protègeants coussins et bougies, chaises longues ou courtes de bois itou recouvertes d'encore plus de coussins, il y en a pour tous les gouts pourvu qu'on aime les coussins. A part un fakir, je vois pas qui pourrait avoir quelque chose à redire...
Moi, sur le moment, j'ai pas à me plaindre sauf que je vais pas illico m'affaler comme c'est pas permis, j'enlève mes flipflops et vais plonger mes arpions dans la mer rouge pour la 1ère fois. L'eau est tiède limite froide. Je me rendrais compte que je deviens difficile en apprenant le lendemain qu'elle est à 25°! En tout cas dans la minute, je vais pas me baigner plus profond que les chevilles, elle est froide!
Je ressors, reste pieds nus dans le sable jusqu'au restocamp (NDLR : on va rester sur restocamp pour décrire le "lieu commun où on lézarde, mange, boit, branche ses appareils électriques genre laptop pour t'écrire ma vie". C'est plus simple même si ça sort comme souvent de nulle part). Le temps de ne faire qu'un avec une bière fraîche et minuit sonne. Je baille aux corneilles de m'être levé à l'aube.
Un brossage de dents plus tard, je m'endors sans descendre la moustiquaire. Vous avez dit erreur?

Cette même nuit, vers 3h du matin, un vrombissement comme un réacteur d'avion en plus aïgu dans mon oreille. Le pire son possible pour le Braïce d'autant plus quand il dors depuis plusieurs heures : le moustique qui vole à 2cm de mon tympan. Dans la millisecondes, je suis tiré de ma béatitude, tous mes poils hérissés, me débattant tel un épouvantail articulé pour faire reculer l'assaillant. En plus n'étant pas prévenu à l'avance, j'ai pas ma lampe près de moi, je sais plus où est l'interrupteur. Comme si la guerre du sang ne suffisait pas, c'est aussi une guerre des nerfs.
Ayant retrouvé toute ma lucidité, une autre surprise, ça me gratte déjà de partout, j'ai déjà été le plat de résistance de quelques uns de ses cannibals. Cerise sur le gateau, j'ai sur le front 3 piqures parfaitements symétriques, une à gauche, une au milieu, une à droite. Espérons que ça s'estompe avant le matin car ça gratte et, si j'avais eû la lumière et un miroir, j'aurais pû dire que c'est ridicule.
Seule solution pour que la situation n'empire pas : descendre la moustiquaire et en faire un camp retranché impénétrable pour l'ennemi ailé. Tant bien que mal j'y parviens et me rendors jusqu'à une heure avancée de la matinée si tant est que 9h45 est une heure tardive pour un réveil à la plage. Pendant ce temps, les chacals doivent voler au dessus de ma tête et chercher l'ouverture mais c'est pas cette fois que ça se reproduira.
Pour demain (jeudi 6/11) en tout cas, je suis prévenu...


Le matin du jeudi, réveil du corps, réveil des papilles, même combat. Le petit déjeuner inclus dans ma nuit à 5 euros est un buffet à volonté. Des salades, du pain, de la confiture, du miel, un jus de fruit, du thé, de quoi voir venir. Quoi? La plage!

Nouvellement arrivé à Nuweiba, cette sortie matinale est aussi l'occasion de se rendre compte du paysage immédiat.
Lorsqu'on est dos à la mer, qu'on regarde vers l'Egypte, une barrière montagneuse sombre s'élève juste derrière l'hotel.
Lorsqu'on est dos à l'hotel, qu'on regarde vers la mer, le récif de corail énumère toute la palette des bleus. La mer ne faisant en face de Nuweiba que 20km de large, on voit aussi derrière l'étendue bleue, l'Arabie Saoudite dont on apprécie ici également des montagnes mais aux couleurs claires et tranchantes.
Au nord, on distingue également Eilat en Israël et Aqaba en Jordanie.
Toutes ces perspectives donnent à la vue depuis le camp des airs uniques, l'endroit est un hâvre de tranquilité et l'horizon le lui rend bien.

La tranquilité est telle qu'ici, le temps n'a plus cours. Les vacanciers se découvrent tous à rester plus longtemps que prévu.

D'ailleurs le premier jour et pour la première fois, je fénéante, je paresse, je me dors la pilule. Des hamacs aux chaises longues, dix pas à faire. Des chaises longues à la mer, dix autres pas. De la mer au restocamp, 30 mètres, un effort suffisant pour vous creuser l'appétit ou la soif.
Le soir tombé, je n'ai pas fait grand chose d'autre que ce doux manège et c'est très bien comme ça. Reste une responsabilité, trouver une connection internet pour avoir des nouvelles de notre douce France. 1/2 heure de recherche plus tard + 10 minutes pour que la charette veuille bien avancer un peu, me voilà sur la toile pour la première fois depuis une semaine, c'est l'heure d'aller à la pêche aux nouvelles.
Et bien, un flash spécial m'attend. Ou plutôt LE flash spécial m'attend. Ca doit faire la une des journeaux chez vous mais le 4 novembre est passé par là et a accouché d'Elodie et Morgane. 9 mois qu'on avait les genoux qui tremblent, le coeur qui palpite, les poils dressés.
Obama n'a qu'à bien se tenir, il n'aura droit qu'à une brève en quatrième de couverture... Félicitations puissance des millions. Attendez donc que je vous fasse des bises les Rousseau, ça risque d'être tellement intense que vous allez être couverts de suçons!!

Comparé à cette info brûlante, tout le reste n'est que broutilles, pas la peine de s'éterniser sur internet sachant qu'en plus le réseau est aussi inconsistant qu'un discours du front national...

Retour à mes foyers. La nuit me tend ses bras grands ouverts. Quelques discussions rapides plus lojn, je retrouve mon chez-moi.
La moustiquaire est prête à être descendue, la guerre du sang reprend son souffle. La lumière est éteinte, je me glisse furtivement dans mon abri anti-aérien. Tout est OK.
Je m'endors lourdement de tous les efforts consentis dans la journée. Soudain, incroyable, il doit y avoir une brêche dans la défense, les attaquants d'en face tournoient autour de mon visage incrédule de m'être laissé envahir. En plus, comme la veille, ça me gratte déjà de partout, c'est déjà le deuxième round!
Eclair de lucidité, accès de colère, prise de conscience aussi informative que vaine : Les salauds d'en face étaient déjà dans la moustiquaire dès la première minute. Ils sont drolement fortiches les enfoirés volants!! Y'a donc rien à faire dans le coin pour dormir du sommeil du juste! Parce que là, c'est juste l'apocalypse dans ma tête. Pas de produit anti-moustiques, je ne pensais voir les moustiques qu'en arrivant en Thailande. Pas de patience, mais alors pas du tout. Rien d'autre pour répondre à l'assault des voltigeurs qu'une rage contre cette foudre qui s'abat sur moi et qui me démange dans tous les sens du terme.
Finalement je décide de me couvrir de la tête aux pieds. J'emmitoufle chaque pore de ma peau sous tout ce que je trouve de tissus. Les pieds dans des chaussettes. Les mains dans des chaussettes. Le tronc dans un T-shirt à manches longues. La tête dans un T-shirt à manches courtes. Les fesses dans mon jeans. Et le tout enveloppé dans mon sac à viande. J'ai perdu une bataille mais la guerre est loin d'être finie... En tout cas, enrobé comme un bonbon, je vois pas comment ils peuvent maintenant parvenir à leur fin de substanter leur faim.
Et pour cause, le petit matin arrive, le mur contre les moustiques a tenu bon. Pendant ce temps, j'ai chaud pire qu'aux bains turques. J'aurais sans doute dû aller dormir sur la plage, mais dans ces cas-là, on ne réfléchit pas rond mais en gribouillis, c'est beaucoup moins bien structuré!

Le réveil sonne l'heure du petit déjeuner. J'ai la désagréable impression d'avoir dormi moins longtemps qu'un éphémère. La première chose, mettre mes lunettes de soleil, elles ne me quitteront pas de la journée pour des raisons autres que la lumière aveuglante du soleil; une allumette allumée suffirait à m'écorcher la rétine.
La bataille a laissé des traces que la pratique d'aucune activité physique servira à effacer. Petit effort quand même des neurones, j'écris du début de l'après-midi jusqu'aux environs de 22h au restocamp affalé sur une dizaine de coussins que je réquisitionne pour l'occasion.
J'y suis donc lorsque le soleil se couche. Vous allez dire que je fais une fixation, mais la lumière de l'écran d'ordinateur agit comme un aimant sur qui vous savez. En quatre heures de temps passées à écrire de nuit, je deviens expert dans l'art de démoustiquer. Je claque des mains à tout va passant d'une moyenne de un moustique tous les 3 clapements à un record de 3 moustiques en 1 seul clapement.
Seulement ces imbéciles d'insectes ne comprennent pas au fur et à mesure que je suis une bête sauvage et que partout autour de moi ça sent la mort; ils continuent à se présenter comme on participe à un concours de mangeage de flancs. ils n'en ont jamais assez, moi oui.
Je demande avant d'aller me mettre sous mes draps à tous les personnes présentes au restocamp de me sortir leur répulsif. 5 bouteilles et sprays tombent du ciel, j'en fais un joyeux cocktail ne laissant rien au hasard, je sens les produits chimiques à des kilomètres mais au moins, je vais bien dormir.
En effet, aucune trace des combattants ce soir-là, je dois vraiment sentir un truc qui leur convient pas.

Enfin je fais une nuit de plus de 8 heures qui ne précède pas une journée commençant à 6h du matin.
Je suis frais comme un gardon et ça se voit. Comme je suis au camp depuis 3 jours, je suis non seulement familier des lieux mais également de ses occupants sans restrictions. Tout le monde commence à connaître le Braïce, son caractère et son prénom. Je commence à comprendre les gens qui s'éternisent ici... Personnellement, j'ai trop à voir en Egypte pour prendre le temps de m'éterniser ici, sachant qu'en plus j'ai coûte que coûte envie de passer plus de temps au bord de la mer Rouge pour plonger voir nos amis poissons et coraux multicolores. Pas possible de le faire à Nuweiba, vous allez comprendre...

Au cours de la journée, je décide d'accompagner une petite new-yorkaise pour un tour de village, quoi y'a pas de mal?
Je quitte pour la première fois le camp autrement que pour chercher internet.
L'itinéraire suit la mer à l'aller pour revenir par l'unique route du village qui le traverse de part en part ( par en par? par emparre? pahrahnpar?).
La plage nettoyée quotidiennement du Soft Beach n'a rien à voir avec ce qui suit. La marée chariant tous les déchets possibles et inimaginables, toutes les plages hormi la nôtre sont assaillies de bouteilles, sacs plastiques, j'en passe et des pires... Pas de clients dans les hotels, personne pour s'occuper de la plage. Ce spectacle se prolonge tristement jusqu'à la fin de la baie. On poursuit un peu pour se poser sur le sable voire même piquer une tête et là on tombe sur 2 campings-cars stationnés sur la plage déserte. Une famille déjeune devant l'un d'eux. Ils sont français, ont fait tout le chemin depuis Nantes depuis 4 mois. Ils voyagent à 6!!!! 2 parents, 3 enfants d'ages supérieurs à 6 ans, et 1 chien grand comme un poney! Leur destination finale, Le Cap en Afrique du Sud, prévu pour dans 6 mois. Et là je dis chapeau!!!!

Ca me rappelle que dans la journée ferry pour rejoindre L'Egypte, j'avais croisé également une famille de 3 enfants en camping car dont les enfants étaient agés de 13 mois, 3 et 5 ans!!!! Ils sont partis d'Allemagne il y a 5 mois, ce qui fait que le plus jeune avait 8 mois à ce moment là. Re-chapeau!!!!

La plage sur laquelle sont stationnés les français, n'est pas beaucoup plus propre que les autres, le meilleur endroit pour nager est encore au camp, retour par la "rue principale". Dans le village, deux mini-marchés, trois boutiques de souvenirs et d'artisanat local se battent pour capter l'attention des passants. Et pour cause, on ne croise pour ainsi dire personne. Tout le long de la baie longue de 2km se succèdent les hotels bons marchés et les restaurants de plage, mais on y voit pas l'ombre d'un client ou vraiment à peine. Certains des hotels ont les toits qui s'effondrent, ça fout la frousse et donne un aspect de ville fantome.
On apprend en discutant avec un vieux bougre que le village était à l'origine conçu pour accueillir les touristes israëliens, d'autant plus nombreux que leur pays se trouve à quelques kilomètres. Seulement avec le climat de tension perpétuel, le gouvernement israëlien a conseillé à ses ressortissants de ne plus passer la frontière avec l'Egypte. Et bien on peut dire qu'ils appliquent plus qu'à la lettre les consignes et ce, au grand damne des habitants de Nuweiba qui seraient ravis de revoir fleurir les kippas (qui pas? qu'ipah?).
Voilà donc l'histoire triste du jour...

Pour noyer mon chagrin, rien de tel que de piquer une tête et de boire quelques larmes de mousse.
Ca passe d'autant mieux que je me retrouve aussi invité sur le sable à voir si il y a du monde sur la corde à linge en compagnie notamment d'un guitariste chanteur qui blues de plaisir.
L'après-midi avance bon train. Je suis en mode "veille" mais toujours pas rassasié. Loin de là. Il faut profiter de chaque minute.
Avec un norvégien végétarien, fan d'escalade, affuté comme un rasoir, iI avait été question dans la matinée de grimper sur une des montagnes derrière l'hotel pour savourer le coucher de soleil. C'est d'autant plus indispensable que chaque crépuscule a jusqu'à présent été plus beau que le précédent. Le soleil se cache derrière cette barre vers 15h45 et l'obscurité n'est totale que 2 heures plus tard, ça laisse du temps aux couleurs de se diversifier et à la lumière de se photogéniser(?!?).
A 15h15, je vois mon sportif dormir comme un phoque sur la plage. Moi qui suis déjà bien calmé, on peut dire que lui, il ne fait qu'un avec le marchand de sable. D'ailleurs il dort sur tout son stock. J'ai des doutes sur nos capacités d'arriver à quoi que ce soit dans ces conditions...
Malgré tout, je vais le réveiller, le tenter, le retenir, l'encourager, le freiner, semer le doute.
A 15h25, croyez-le ou pas (de toute façon vous verrez un jour ou l'autre les photos, ne perdez pas patience), on est sur le chemin du départ.
En quittant la plage pour prendre mes affaires, je tente d'ouvrir le bungalow se situant juste avant le mien, ça ne s'ouvre pas, c'est sans doute pour ça.
On attaque la montagne à proprement parler à 15h35. 10 minutes après, comme le veut la logique, le soleil se cache derrière. On a pris nos lampes au cas où... Mais il ne ferait définitivement pas bon rentrer à la nuit noire car la pente n'est qu'un amas grossier de pierrailles coupantes.
On monte; au début c'est pénible et le norvégien a vite retrouvé ses habitudes sportives. Une sauterelle n'irait pas plus vite. Si c'était un cartoon, on ne verrait même plus ses jambes. Faut pas faire attendre, tentons de suivre la cadence. Le robinet de sueur déverse à grandes eaux, et pourtant je suis le randonneur le plus chic du monde. Adidas blanches ou presque, et chemise en soie blanche immaculée presque réfléchissante à n'utiliser qu'en cas de lessive du reste des T-shirts et c'est le cas.
La pente continue du début se termine quelques centaines de mètres devant nous, après c'est un mur tirant sur la verticalité, j'exagère à peine. Cette même différence d'inclinaison et de nature de promenade re-descent jusque sur notre gauche et sur notre droite. On est cerné de flancs asserrés. Trois options, s'arrêter là et en profiter malgré tout, faire demi tour vu qu'on arrive à rien, biffurquer sur un des côtés et tenter coûte que coûte.
Et bien?
Of course, réponse 3!!!!!
Le norvégien ne compte forcément pas s'arrêter là! Comme dans pareille situation, on ne se sépare pas. J'ai encore choisi le bon cheval...
La ballade tient maintenant plus de l'escalade, il faut assurer ses prises et si tu tombes, au mieux tu te fais mal. Manque de bol supplémentaire, la montagne malgré ses airs massifs est un géant aux pieds d'argile, très souvent si on y prend pas gare, les blocs et les arrêtes auxquels on s'agrippe se détache d'eux même. Je vous cache pas, que si je continue à avancer, c'est parce que le norvégien est 30 mètres devant, et qu'à chaque fois qu'il se retourne et me voit pire qu'en galère, il me répète sans cesse pour me rassurer : "jusqu'ici tout va bien..." (on connait la suite : "mais l'important c'est pas la chute mais l'atterrissage..."), "après c'est mieux". Moi, j'espère juste que c'est moins pire...
Alors que je lutte, tremblotant, je vois mon viking aux bottes de 7 lieues sur le sommet visé, les bras en l'air en signe de victoire. Je suis à vue d'oeil 10 minutes derrière, la lumière tombe, pas question de faiblir. Pas question non plus de faire demi-tour, l'escalade dans le sens de la descente, personne ne pratique plus depuis la semaine dernière... (sic)
Petit à petit le visage souriant presque moqueur de la sauterelle nordique se rapproche. Je montre les dents, pousse dans un dernier effort, fais attention à ce que ça ne s'écroule pas sous mes pieds, et j'y suis.
Notre sommet fait moins d'1/2 m², autour ça tombe vite. On prend les photos de rigueur. Pour que mon équipier ait sa photo avec le ciel coloré derrière, il faut qu'on se contourne. Lui virevolte, moi j'ai les chevilles qui flagèlent.
Pour redescendre, il faut passer sur l'autre versant un peu moins abrupte mais pas plus réjouissant. Je suis toujours plus souvent à quatre pattes à m'accrocher où je peux. Toujours à gauche ou à droite, ça penche trop pour ne pas dévaler pendant de longues secondes potentielles en cas de vautrage. Parfois on ne peut plus avancer car partout devant ça tombe. Le jeu consiste à suivre la crête ou à prendre les profonds sillons creusés entre les pierres. Le sillon se transforme en petit canyon haut de deux fois ma taille, c'est trop étroit pour qu'on puisse voir ce qu'il y a après chaque virage, d'ailleurs on en rigole. En tout cas, on descend et c'est le plus important. Le demi-tube se poursuit, on y est presque, je suis (du verbe suivre ,surtout pas être) l'homme qui valait 3 milliards quand une dernière fois il s'arrête. Dernière trouille, la voie se termine par un trou de plusieurs étages, on a bien fait d'en rire!
il suffira de remonter un peu et de faire le tour pour se sortir de là et retrouver la première pente du début, quand il faisait soleil.
Maintenant, on voit encore clair, le ciel, la lumière est sublime. Les montagnes d'Arabie Saoudite sont encore éclairées, ça me rappelle la sensation au Wadi Rum où on peu prendre mille et une photos sans qu'une seule ne soit à jeter. En plus, on a vaincu en partie la montagne, et j'ai dératisé en totalité les fourmis qui jadis étaient dans mes jambes. Je suis cuit. Ai besoin d'une bière et d'un repas chaud. Ca tombe bien, au Soft Beach Camp, on boit et on mange à toute heure.
On s'installe sous les yeux écarquillés des personnes que j'avais laissées sur la plage.
La nuit tombe.

Ce soir là je suis comme à la maison, privilège de celui qui connait déjà bien les murs.
Je passe de tables en tables, de lampées de bière en lampées de bière, euphorique de cette journée déjà bien remplie. Et malgré l'ambiance, le jour suivant, je pars c'est déjà décidé, je peux pas faire mieux que cette journée, rien ne sert de tenter le diable pour essayer de faire encore mieux le lendemain.
Le lendemain en question, ça ne pourra être que pire, j'ai trois bus différents à attraper, 17 heures en perspective si le LP a raison et si j'arrive à enchaîner les bus les uns après les autres, 900km de patience à l'évidence et d'inconfort en théorie.
Le départ est pour 6h du matin à la sortie du camp, douleur pupillaire au programme...
L'arrivée du dernier bus de la nuit suivante sera à Marsa Alam, petite bourgade perdue le long des côtes de la Mer Rouge. Si tout va bien dans 2-3 jours, je replonge dans le grand bain des fonds coraliens.

Avant d'y être, pensons déjà à dire au revoir à mes hôtes et à mes compagnons.
Je vais sur le chemin du lit à 0h30 alors que la très grande majorité des voyageurs est déjà partie se coucher. Un brossage de dents suivant, alors que je suis à 10 secondes de ma hutte,  je croise Ally et Helen, soeurs britaniques, et leur ami Momen, égyptien de nature.
-Ah bon, tu pars demain, c'est trop bête... Et vu que tu n'es pas encore parti, on était juste en train d'aller se baigner, tu voudrais pas nous rejoindre? Allez!!
-Non, là, franchement je suis nase, elle est froide, et j'ai pas envie de reprendre une douche après. C'est gentil mais non merci, c'est pas raisonnable.
-Allez!!! Vis un peu!
La petite effrontée a mis le doigt là où ça fait mal, a trouvé l'argument ultime. La journée avait beau être riche, c'est jamais assez.
-Vous êtes sûr que c'est absolument indispensable? Pfffff... bon ben je vais chercher mon maillot...
1/2 heure dans l'eau à faire les marsouins, voilà ce qu'il s'en suit. Ca paraît pas, mais c'est vachement long. Et crevant. J'ai besoin d'une bouée.
Les derniers "salut, à plus, profite bien", la douche, le remplissage des sacs avec mon maillot de bain et serviette trempés qui devraient sentir le bon chacal séché en rouvrant le sac plus tard, le temps de se dire ensuite que je n'ai rien perdu ni rien oublié, le réveil est branché à 5h dans l'espoir d'ouvrir un oeil pour partir en ayant profité en partie du lever de soleil. (NDLR : jamais écrit une phrase aussi longuement alambiquée, désolé)
Je m'endors sous ma moustiquaire de combat à 2h30, pourvu que je ne sois pas dérangé!!!!!!!!

Et bien non, je ne suis dérangé par rien d'autre dans mon sommeil que par le réveil MP3 qui hurle AC/DC pour bien me faire comprendre que maintenant c'est l'heure d'en mettre un coup.
Dans la minute de ténèbres qui s'en suit, je finis de boucler mes affaires, héroïque au milieu de la nuit, personne pour fêter ça. A 5h05, je suis sur la plage avec ma maison portable. Une chaison longue, non, trop risquée. Une chaise courte, parfait. La lumière apparaît derrière la mer, c'est joli.
A 5h50, je suis parti sans que cette ordure de soleil ne soit encore sorti de sa tannière derrière les montagnes. Mais, déjà bien content d'en être arrivé à ce point sans me rendormir sur moi, il est temps.


Temps de prendre le bus mais aussi d'arrêter d'écrire. Je pensais rattraper le temps perdu dans le récit en te narrant "Quelques jours à la plage parmi les moins intéressants pour toi depuis le début du voyage", et bien caramba, c'est encore raté. Juste pour que tu aies une idée, j'ai encore une semaine de retard...
Tu n'as pas en plus les photos depuis la Cappadoce soit environ 5 semaines de retard de plus. Et pour les vidéos, c'est le même topo.
Et là, je te vois déjà brandir un carton jaune de colère, mais saches que sans un bon cheval, le meilleur turfiste, et bien il peut pas gagner le tiercé. Si j'ai pas le débit adéquat, le transfert, c'est juste pas possible...
En tout cas, je salive d'avance pour toi qui n'a encore rien vu de tous ces endroits syriens, jordaniens et maintenant egyptiens voires sous-marins.


Mes biens chers frères, mes biens chères soeurs, c'est pas que je m'ennuies mais j'ai 3 bus à prendre!!!
J'vous tamponne de mes baisers.


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Published by simplybrice - dans Où En Egypte
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