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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 02:28
Je t'ai laissé sur un roman bancaire où l'orage menaçant se fait sentir au loin.
C'est tellement en décallage avec ce qui se prépare maintenant que j'ai un peu de mal à me remettre la tête au travail.
Au travail en entreprise j'entends.
Pour faire patienter ta soif d'aventures, je te propose un petit raffraichissement personnel.
A part ça, ça commence dans 8 jours. Pas de pression, pas de pression...


J'aime :

manger quand j'ai faim
dormir quand j'ai sommeil
l'esprit Canal
me sentir comme un prince quand on me conduit en voiture ou en scooter dans Paris
les indiens
mon licenciement
m'extasier de Paris
les framboises
les sourires en général
le sourire des filles en particulier
voir le verre à moitié plein
les montées d'adrénaline
me lever sans réveil
argumenter pour "prouver" que j'ai raison et pas toi
les tampons sur mon passeport
les jeux de mots foireux
les références cinématico-musico-télévisuelles
enflammer le dancefloor tout seul chez oim" avec des watts
rencontrer un visage familier par hasard
suçoter une violette sans sucre
trouver le bon cadeau pour la bonne personne
avoir la force de rentrer à pieds, en musique, quand il n'y plus de métros
ouvrir la bouche et bien la ramener quand je fais une partie de quoi que ce soit
le rhum arrangé
garder la tête haute même sous la pluie
doubler les voitures à vélo
secouer les gens
les soirées avec "coin cuisine"
le dahut
le passage à l'heure d'été
faire des ronds de fumée
me souvenir de mes rêves
la France, le soir de la finale de la coupe du monde 1998
défier les gens de manger 3 petits beurres en 1 minutes
laisser des messages répondeurs aussi longs que mes articles
poser plein de questions
tutoyer tout un chacun
être parmi les derniers à quitter une soirée
le 30 septembre 2008




J'aime pas :

la tarte aux courgettes
me brûler la langue sur du piment
le front national
le tandem chaussettes + sandales
me mordre la joue
quand je ne me souviens pas du prénom de la personne qui se souvient de mon prénom
parler du temps qu'il fait
avoir le nez bouché
découvrir que j'ai perdu mes clés en arrivant devant l'immeuble au milieu de la nuit
fermer la porte de chez moi en sortant et découvrir que les clés sont sur la serrure de l'autre côté
avoir envie de fumer dans un bar/tabac non-fumeur
les klaxons et les pots d'échappement
Michel Sardou et Jean-Pierre Pernaud
les émission de TF1 et M6
acheter des chaussettes sans regarder la taille et voir que c'est du 36 une fois rentré
les cowboys
les licenciements
porter ou même m'imaginer en uniforme
ne pas monter les marches sur un escalator
dire "non"
être un boulet
porter un pantalon étroit
attendre au feu rouge à vélo
le passage à l'heure d'hiver
faire des moulages au platre de mon visage pas rasé
entendre un moustique fort comme un avion qui passe près de mon oreille quand je dors
la tournure musicale dans les années 80
ne pas savoir jouer d'un instrument de musique
ne pas me souvenir de ce que j'étais en train de dire quand il est tard
béguailler au téléphone
avoir à répondre à la question "quoi de neuf?"
la tête des gens dans le métro à toute heure
les interlocuteurs qui racontent leur vie sans discontinuer
les fois où mes oreilles en viennent à entendre "malgré que"
me sentir obligé d'allumer une cigarette pour compenser le retard de quelqu'un ou du bus
quand des Proches proches déménagent plus loin
écrire des cartes postales
les filles qui portent des bottes fourrées
les "mon chéri"
regarder les films en VF
me replonger dans le travail à 8 jours du départ


On va essayer quand même, il en va du fait que je me souviendrais plus de grand chose dans quelques mois.
A très vite pour la suite!
Tellement vite d'ailleurs qu'il te suffit de tourner la page pour la voir, la suite.
J'ai pas chaumé et tu peux te rendre utile, feignant!!

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 01:14
La grisaille a recouvert villes et campagnes,
On rentre en hâte les enfants qui jouent dans la rue,
Seule, au loin, l'enseigne du saloon se fait entendre, grinçante, ballottée dans un vent glacial,
Moi, j'ai froid dans mon T-shirt d'aoûtien,
C'est le monde du travail.

Tu sais, souviens-toi, l'espèce de passe-temps en vogue que tu as peut-être quitté à regrets cette été pour partir en satanées vacances quelques semaines.
Le truc dont on te dit que ça te fait manger, en omettant de te dire que ce qui te fait vraiment manger c'est du soleil, de la pluie, une graine et un peu de terre.
Ah bon j'idéalise; mais mettez-vous à ma place : Le monde tu travail et moi, on vient de rompre!
Et comme toute rupture, j'en ai gros sur la tomate.
D'autant qu'une relation comme celle-là, ça ne se remplace pas en un coup de tampon.
Même en deux cents coups de tampons, tu peux y aller, dans mon business, on a de l'entraînement pour ces choses là.
Enfin, je dis « mon business »...
Ouuiiiiiinnnnnnnn!! (pleurs.)
Qu'est-ce que je vais faire de mon corps maintenant? Dans quel état j'erre?
Quoi pour rythmer mon quotidien si finement réglé qu'on pouvait l'anticiper à 99% plusieurs jours à l'avance? Qui pour me dire quand il est midi pile pour aller déjeuner?
A quoi bon attendre 17h20, heure de la sortie des bureaux, maintenant que la rupture est consommée?

Je suis déboussolé...

Chaque matin, par instinct, je continue machinalement à me réveiller à 8h, prendre une douche, me raser les dents, mettre mes souliers vernis et ma chemise repassée la veille et quand, sur le pas de la porte, je me rend compte de mon erreur, les sanglots m'emmènent si loin dans l'Emotion qu'il m'est physiquement impossible de me recoucher.
Ca commence à être fatiguant à la longue tous les matins pendant deux semaines...
C'est comme ça, je vis dans le déni.
Le midi, comme je suis pressé d'aller dormir pour une sieste salutaire puisque m'étant tué à la tache toute la matinée et qu'aucun Sodexho du quartier n'accepte de me nourrir, je tombe du sommeil du juste, dans une sieste calibrée au millimètre, le réveil toujours à portée pour être super d‘attaque à 13h.
Je ne me rends en général compte de ma méprise que lorsque je suis réveillé par la boulangère d'à côté, entre les croissants et les quiches lorraines. Et merde... Tu ne travailles plus, c'est vrai...
L'après-midi, rien n'a changé.
Je prends des feuilles de papier que j'agrafe avec frénésie, frustré de ne pas avoir avec moi une armée de tampons encreurs, je gomme, je souligne, je passe des coups de téléphone à mes collègues imaginaires pour avoir les cours du jour. J'ai consommé quatre boites de trombones en quinze jours.
 Et lorsque sonne 17h20, je dis au revoir à tout ce petit monde...
Juqu'au lendemain...
Jusqu'à ce que la nostalgie reviennent au galop, sans pitié pour mon état dépressifo-pas-dans-mon-assiette, ne laissant de moi, au petit matin, qu'un corps vidé de larmes.

C'est que notre relation a durée sept longues années.

Sept ans de joies, de peines, un couple à durée indéterminée en somme.

Les premiers contacts eurent cours au mois d'août 2001, mois où le Braïce est parfaitement épanoui, et où en confiance, il est aussi à la merci du danger...
Chaperonné par l'ANPE entremetteuse, le premier rendez-vous ne fut que politesse et courtoisie...
Mr Bredoncin, Directeur des ressources humaines, a besoin de quelqu'un comme moi.
Expérimenté, positif, actif.

En petits caractères invisibles en bas du contrat, ça donne :
Inexpérimenté, docile, si tu peux voir la vie avec des œillères c'est un plus.

Quoi qu'il en soit, je ne me suis pas méfié que l'entretien n'ait pas lieu à une terrasse ou dans un square, que nous étions dans une petite pièce lugubre si elle n'était pas éclairée par un régiment complet de longs néons blancs émettant une lumière probablement déconseillée aux rétines d'enfants de moins de huit ans.
Me comportant tel le gendre idéal, Mr Bredoncin, tout en demande qu'il était n'a pu se détourner de cette chair fraîche qui s'offrait là.
Une poignée de main molle scellait ainsi notre union.
L'idylle pouvait commencer.
Les bases étaient saines, l'ambiance, studieuse et bon enfant.

Encadré, recadré par Gérurd, je découvre : les temps forts et les temps faibles.
Les deux premiers jours, il me laisse le droit de compter de l'argent. Quoi d'autre pendant deux jours?
Rien j'vous dis! Deux jours!!!!
Les œillères, vite, les œillères!!!
Ou alors, une pause, une rapide, il suffit de suivre le flot des buveurs de café.
Le premier jour, j'y rencontre un nouveau collège, Mr Qautier, qui dans un tutoiement pas systématique avec les autres collègues entreprend de me dire, « mais qu'est-ce que tu fais là, t'as dû te gourer parce qu'ici c'est pas possible; moi je me barre le plus tôt possible ».
Force est de constater qu'il est parvenu à ses fins puisque licencié peu après.

Cela dit, l'ambiance dans l'open-espace est assez décontracté.
De nombreux jeunes libres dans leur tête ont été embauchés à la même époque, donc les déjeuners s'organisent dans les parcs alentours. Les sandwichs se grignotent, le soleil est fréquent et nous, on rit.
On rit notamment avec Rico, on rit tellement qu'on part, rejoints de l'ami Ridfon au Brésil puis, deux ans après, en Argentine notre sac à dos, bah sur le dos...
Rico qui s'est récemment fait attaqué par une cigogne, je sais pas si c'est avec des roses ou avec des chous; Rico qui comme Mr Qautier est parti bien vite (NDLR : bien trop tôt!!) rejoindre d'autres cieux, licencié des familles, conscient lui aussi de la vacuité du travail bancaire.
En ces temps anciens, même la « partie » travail est plaisante.
Mme Hénuin, quinquagénaire japonaise fan de rock des années 70, gère la boutique.
Juste en dessous, un autre Gérurd grommelle à son bureau en permanence.
Force est de constaté encore que lui aussi est parti, à la retraite, au Brésil... Tu comprends mieux le grommèlement quand il est à son bureau.
Farie-Mrance colmate les brèches.
Son hymne personnel résonne encore à mes oreilles; de plus en plus fréquemment au fil des ans et à juste titre :
« J'ai jamais vu ça », concernant l'organisation en général ET en particulier de la vie au sein de cette mère nourricière qu'incarne la Banque.
Tout le monde a donc ses griefs mais la situation est sous contrôle.
Je vais au travail avec un aussi grand plaisir que faire se peut, j'apprends des choses tous les jours enfin presque. J'apprend tellement et suis si efficace et souriant la plupart du temps que je suis officiellement moi aussi un colmateur de brèches. Mme Hénuin prononce mon prénom une cinquantaine de fois par jour avec à chaque fois ou presque une tache différente à accomplir.
Elle ne fatigue jamais; moi, parfois.
Mais, après tout, c'est pas trop grave, on sort à 17h20, c'est encore assez tôt pour que la journée commence.

Les mois passent, les années s'enfilent comme des perles.
L'été, le printemps, l'automne, l'hiver; plusieurs fois comme ça.
Les déserteurs auront tôt fait de foutre le camp, pour la motivation, un peu de patience ça vient...


Si tu as hâte d'avoir affaire à des récit de voyage, dits-toi bien que moi aussi.
En attendant, j'fais avec c'que j'ai!

Pour ce qui est des préparatifs, tu veux en savoir plus, sers-toi de la patience mentionnée plus haut.


PS : Toute ressemblance avec des personnes existantes est bien sûr synonyme de coïncidence fortuite. De toute façon, si tu t'appelles Gérurd...







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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 20:07
Une éclipse de soleil salue l'été le temps d'une révolution.
Les juilletistes arborent des corps dorés dessus-dessous.
Les Aoutiens prennent leur place en écoutant Julien Doré.
Et vous vous êtes toujours là, l'oeil rieur.
Prose quand tu nous tiens...

Le corps fourbu par dix mois passées dans les geoles de tante Marianne (version française de l'oncle Sam), je rentre de Picardie transformé en homme.
La survie n'a plus de secret pour moi.
Ma voix a mué.
Je peux éteindre une cigarette d'une balle de fusil si je tiens la cigarette dans ma main gauche et la balle dans ma main droite.
On a fait de moi une machine de guerre et lorsque je suis enfin près, on me libère.
C'est comme préparer ses playmobiles pendant quatre heures pour s'entendre dire qu'il faut "ranger ta chambre".
Je suis un bête sauvage donc, et il faut que je range ma chambre.
En effet, je rentre chez Maman.
2000 c'est fini, et l'armée?
aussi.
Retour au milieu de gens cohérents, civilisés, à la limite de la bienveillance.
Après presque un an, je ne savais pas si les gens, mes proches allaient me reconnaître; si je n'allais pas leur sauter dessus pour les empêcher de nuire dès qu'ils m'auraient tourné le dos, conditionné que j'étais aux méthodes commandos.

Eh bien, force est de constater que non.
Je n'ai sauté sur personne.
Tout le monde a été très accueillant, et personne ne semblait craindre quelque rechute barbare que ce soit.
Il faut dire que j'ai dû être abreuvé un certain nombre de fois pour me contraindre à oublier le régiment.
La persuasion made in litron qu'ils auraient pû dire là-bas.

La vie a donc repris son cours, dans le 5ème, à Paris.
C'est très vivable comme quartier.
Tellement vivable que quelques mois sont plus que bienvenus dans l'attente d'un nouvel appel :

Celui du Monde Du Travail.

Comme pour l'armée, cet appel ne se décline pas si on a la chance d'être en bonne santé.
Et pas de bol, je suis en bonne santé! (NDLR : pas besoin de préciser l'ironie ici, le lectorat bien au fait saura de lui-même)

Le Monde Du Travail possède quand même un grand avantage en comparaison, c'est qu'il se pratique en autonomie complète pourvu qu'on ait le bagage, le bagout ou les deux.
Coté bagage, je voyage léger.
Bachelier à 19 ans, cursus inachevé en sciences sociales et en géographie dans la poche.
Coté bagout, c'est en cours d'évaluation.

Toujours est-il que je m'inscris à l'ANPE au printemps, les oiseaux chantent et paradent.
Et comme je ne suis pas exactement fixé sur la réponse à donner à la question chère à Jacques Martin :"et qu'est ce que tu veux faire quand tu seras grand?", l'ANPE propose en retour un bilan de compétences.
Vaste programme.
Peu de résultats.
Au final, une évaluation en forme d'astrologie façon signe chinois :
Je n'aime pas la solitude.
J'apprécie les agréments de la conversation et je sais prendre des initiatives dans ce domaine, surtout si je vois que mes interlocuteurs sont tentés, sympatiquement de "me renvoyer la balle" (sic).
Etant plutot enclin à échanger mes nombreuses idées, il m'arrive vraisemblablement d'entraîner mes auditeurs, par mon aisance et mon attitude volubile, à dépasser les limites de temps qu'ils avaient fixées à notre rencontre.
(J'invente rien, c'est écrit noir sur blanc, lol)
J'excelle certainement plus dans le développement d'idées brillantes que dans les travaux demandant de l'acharnement.
Je ressents un besoin profond d'être entouré quand je travaille et, si je ne pouvais pas m'exprimer dans un climat de cordialité, ma motivation pourrait s'en trouver affectée, jusqu'à la lassitude, si les choses se prolongeaient trop.
Dans la conversation, je sais défendre mes options en restant agréable (lol).
Je me montre attentif à l'intéret général, pensant qu'un esprit de solidarité doit toujours présider à la vie d'un groupe.
Il est difficile de m'envisager collaborant avec un supérieur hiérarchique imbu de secret, ou gardant ses distances.
Les mauvaises surprises me perturbent.
Mes capacités de réaction sont grandes, mais peut-être vont elles parfois très  loin, au risque d'aggraver éventuellement une situation.
Je ne voudrais pas évoluer au milieu de gens intrépides, car je n'ai pas le moins du monde le gout du risque ou du hasard.
Je recherche, au contraire, un environnement où les évènements ont un caractère prévisible, qui garantit chacun des déconvenues.
L'enthousiasme ne fait pas partie des registres sur lesquels j'aime beaucoup jouer.

Comme je vous le disais, il y a à boire et à manger.
Pour ce qui est de l'enthousiasme...

L'ANPE, quant à elle, s'est enthousiasmée aussi des résultats et s'est ausitôt empressée de me cataloguer "employé de banque" pour que je puisses rentrer dans au moins une case; parce que il faut bien pouvoir rentrer dans une case de nos jours.
Il faut dire que j'avais oeuvré de nombreux mois de juillet à la BNP parentale pour être à mon tour financièrement en mesure d'être un aoutien oisif. J'y avais fait bon nombre de services différents allant jusqu'à être en quelque sorte polyvalent.
Ces expériences estivales seront donc mon sésame pour ma vie d'après : Employé de Banque.


Ca fait frémir dans les grandes cités dortoires et on a raison d'avoir peur.


En plus, si j'arrête ici, il y a du suspense.

Dingue!!!


Si t'es pas encore sevré, que t'es increvable, que t'en veux encore, j'ai rajouté du contenu dans "c'était ça l'an 2000",
Si après ça, t'en veux encore, j'ai envie de te dire sans te froisser, de revenir plus tard.
Si t'es pas inscrit à la newsletter, il est pas trop tôt.
Si ça t'a plu, fais tourner
Si ça t'a superplu, laisse un commentaire
Si ça t'as pas plu, les juges et les lois, ça m'fais pas peur, c'est mon fils ma bataille...

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 01:56
Salut mes p'tits sédentaires, ou plutôt si vous avez de la chance, devrais-je vous appeler mes p'tits vacanciers.

En effet, le mois de juillet est déjà bien avancé, et aout, le meilleur mois pour rester à Paris, souvent synonyme d'exode massif doublé d'une chasse au spot pour poser sa serviette sur le sable chaud dans des senteurs de chichis, se profile à l'horizon.
L'été est donc là, vos fesses sont délicatement installées sur la plage, des naïades ou des maitres-nageurs (selon les gouts) s'ébrouent aux alentours, les caleçons sont longs et les strings rentrants, chaque pore de votre peau s'ennivre de ce parfum de vacances dès qu'il peut respirer entre deux applications de crème solaire.
Vous aviez tout préparé, vous êtes bien...

Manque juste une chose.

Non ce n'est pas la glacière de cent litres dont votre voisin déjà imbibé de rosé ( pas la pellicule d'eau au petit matin, ici c'est plutot la barrique de vin sous le soleil de midi ) se sert pour se faire un bain de pieds et mycoses. Ce n'est pas non plus le paravent aux couleurs de Winnie l'ourson servant à protéger la famille Bittenbois de la brise marine obstruant du même coup tout point de vue sur la mer. Et ce n'est pas non plus la stéréo que d'autres utilisent à toute pompe pour partager leur amour de la Tektonik et des tubes de l'été.

Ce qu'il vous manque, c'est un beau roman, c'est une belle histoire, c'est une romance d'aujourd'hui.

Le seul hic est que vous êtes là, lunettes de soleil de rigueur en attendant La vague, le corps enduit tel le pacha, la mer à quelques mètres mais votre bouquin est resté à Paname entre le guéridon et la bonnetière.
C'est la tuile qui fait équipe avec l'ennui, et à 2 contre 1, c'est sans espoirs.
Je m'en vais donc vous compter une histoire car je ne peux décemment pas vous laisser dans un tel état de désoeuvrement alors que la béatitude estivale était à deux pas de vous toucher du doigt. Ce serait limite non-assistance à personne enserviettées. C'est un risque que je ne suis pas près à prendre...
Je ne peux d'autant pas vous laisser sans histoire que je compte sur vous, lorsque ce sera mon tour d'être avec ma glacière, ma serviette, mon paravent, mon guettoblaster, pour me raconter ce qui se passe de votre côté du globe.

L'(in)action de notre feuilleton de l'été démarre au début de ce siècle, les estomacs sont gonflés d'huitres, foies gras et autres chapons, on entend encore résonner au loin les derniers échos d'un feu d'artifice synonyme de passage à l'an 2000. L'atmosphère est électrique et le bug tant redouté reviendra nous hanter dans mille ans, enfin j'imagine.
Tout le monde a donc le coeur léger.

Tout le monde? Non.

Un irréductible gaulois à la silouhette gracile et dont les mains trahissent une méconnaissance coupable du travail de la terre et du bricolage est dans ses pensées.
Au menu de la réflexion, le service militaire en Picardie fait office de plat de résistance.
Et de l'avis de tous, ce n'est pas une recette dont notre héros est particulièrement friand. Risque de vomissement voire d'allergie élévé.
Mais comme le mélodieux appel du clairon n'a pû être esquivé, le brave s'y est résigné, le départ pour Noyon "Ville Lumière" est programmé au 1er février.
Février, quelle meilleure période pour découvrir les bienfaits de la marche à allure forcée avec plus que le poids de son corps sur le dos, un fusil-mitrailleur en bandoulière et des rangers en lieu et place de vos tongs?
N'est-il pas préférable si on doit rester eveillé une nuit durant dans un trou creusé dans la foret picarde, de le faire par -8°C ?
N'est-il pas?

Si on ajoute à cela les réveils à six heures du matin à coup de néons dans le museau à même la rétine,                                     les j-ai-trois-minutes-pour-me-laver-brosser-les-dents-raser-faire-mes-besoins-                                                               et-mon-lit-au-carré-sans-couette,
                                   les saluts militaires adressés plein de dignité à des spécimens à deux neurones et à deux                                            grammes dans le sang,
                                   les il-faut-que-je-fasses-la-vaisselle-pour-six-cents-gusses au bas mot,
                                   les la-route-n-est-pas-sûre-entre-la-gare-et-le-régiment à tel point que des militaires se font                                          passer à tabac par la jeunesse noyonaise et autres gens du voyage organisés à la sortie de                                     la ville, puis expédition vengeresse dans les trois jours et ainsi de suite sur la route de la                                     muerte,
                                   les on-est-dans-un-rapport-de-cent-bidasses-pour-une-fille,
tu fais le calcul, et tu remarques que le Brice va s'y sentir comme un coq en pâte (de velours), dans un gant de fer avec des pointes dessus.

En plus, dix mois c'est même pas long et pis on s'y fait des couilles en or; imitation or en fait, plaqué-toc avec des reflets kakis, c'est très très chic.
Bibi part donc à la guerre, une guerre psychologique sans pitié où seuls ceux qui veulent survivre survivent et ce, sans séquelles en principe .
Je dis en principe parce que Bibi porte déjà le poids d'une séquelle, une grosse, celle de l'exemption ratée.
Car Bibi, débrouillard comme pas deux, comptait bien pour son service militaire commencer par une leçon d'esquive du moins en ce qui concerne le domaine militaire.
En fait cela se présente sous la forme d'un piston généralissime, avec les étoiles de concert.
Le genre de piston qui vous fait penser que vous dormirez souvent dans votre lit, que ça va être intéressant, que la guerre c'est les autres. En plus, la présentation étoilée donnait plus dans l'aspect boisé du domaine et dans la qualité du centre équestre que dans le grand écart facial à effectuer pour y vivre dix mois.
J'y partais donc un peu la fleur au fusil, remerciant à tout va mon parrain militaire, jusqu'à me rendre compte que j'étais, à Noyon, juste assez loin pour ne pas pouvoir rentrer quotidiennement, j'insiste là-dessus mais ça fait une grosse différence!

Une grosse différence car au régiment, les conditions de vie sont celles-ci :

Quand on se réveille, on met son treillis.

Quand on travaille dans un bureau, on met ses rangers.

Quand on veut se libérer l'esprit à l'aide de quelques notes de musique, on écoute FUGUE F.M (for real), la radio musicale des jeunes picards.

Quand on trouve que dormir dans une piaule de quatre personnes c'est encore trop de confort, on a raison car on est dans un dortoir avec 13 autres conscrits qui puent qui pètent qui prennent leur cul pour des trompettes.

Quand on a soif avant neuf heures du matin, autant prendre de l'avance, l'apéro n'est plus très loin.
- "Gégé, une pinte!!"
- "et une pinte, une!"

Quand on a prévu de rentrer comme tous les week-ends chez soi, que vendredi matin est bien entamé, et qu'en plus lundi c'est férié, finalement on monte la garde dans un chenil pendant trois jours.

Quand un militaire de carrière ne s'embarrasse pas de connaitre ou de lire ton nom sur ton vert poitraille, il t'appelle par le premier truc qui lui passe par la tête, en l'occurence "Eh lunettes!!" ; là tu inspires à fond pour ne pas lui sauter dessus et donc te faire casser la gueule. Tu prends ta plus belle voix de fosset et tu lui réponds sobrement "A vos ordres sergent!" .

Quand tu as fini ta pinte de huit heures trente et que tu réalises que tu as encore soif, si tu veux être un vrai militaire, recommandes-en deux tout de suite, là-bas ça s'appelle l'esprit d'initiative. La cohésion, c'est la tournée du patron.

Quand il est lundi soir et que ton doudou te manque déjà, et bien tu auras la patience d'attendre quatre jours de plus pour dormir dans ton plumart.

Quand tu veux regarder la télé pendant le déjeuner dans le réfectoire, ne change surtout pas la chaîne, si tous tes petits camarades sont devant "La Petite Maison Dans La Prairie" il doit bien y avoir une raison.

Quand tu prends le petit déjeuner, tu as encore la tête dans le scrotum, et qu'il te prend de vouloir te rallonger dans le calme pour quelques minutes, respecte tes colocataires qui regardent feu-le-morning-live à fond les ballons.
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la version sous acide de "Thé ou Café".


Luxe, calme, et volupté, tels ne sont donc pas les piliers sur lesquels ont été fondée cette institution révolue que l'on appelait  jadis le service militaire (NDLR : attention le service militaire ne s'appelle en aucun cas jadis, on y comprendrait rien) dont je vous parle ici avec une nostalgie feinte, ce qui ne veut pas dire non plus que votre serviteur ne s'y est débrouillé pour améliorer son quotidien.

Le pratique de la conduite automobile ne m'est plus si étrangère désormais. J'ai la carte rose!!! Celle qui permet à tous de rouler dans une voiture à 300km/h si on a l'argent, la voiture, l'intention d'aller en prison.
Moi pour éviter la police de la route, j'ai une méthode infaillible : je ne conduis pas.
En effet, grace à mes amis kakis, j'ai le DROIT de conduire mais il faut me rappeler la place des pédales avant que j'enclenche. Merci à eux en tout cas, j'ai la carte rose!! et convertie en permis internationale pour les besoins du voyage en plus. Même pas peur.
Vous peut-être...
Rassurez-vous quand même, ils ne m'ont pas fait passer le permis poids lourd, le brevet de pilote, le certificat de sous-marinier ou de parachutiste.
Ahh si. Parachutiste, ça oui.

Volontaire pour passer une petite semaine sur une base aérienne, accompagné de quelques appelés (3) et une compagnie de jeune engagés célébrant la fin de leurs classes.
Pendant cette semaine on peut dire que la vie était bien douce au contraire de tous les engagés qui ne fétaient pas leurs classes dans la joie mais plutôt dans la souffrance, les corvées et le reste. Eux en plus, n'étaient pas volontaires pour sauter en parachute.
Je vous le rappelle, moi oui.
Résultat, sept sauts en trois jours.
Je vous passe les détails, peut-être y aura-t-il de nouvelles expériences pendant le voyage et le mieux qu'on puisse en dire est qu'il faut le dire à chaud.
L'adrénaline aidant, les sensations sont plus palpables et c'est plus facile à raconter si on vient juste de sauter.
Pour le peu que je m'en rappelle : WHAOWWWW!!!
La réunion d'avant premier saut
Le principe du parachute ventral en cas de problème avec le parachute principal (NDLR : mais vous êtes des malades!!!! )
Le pliage sans fin du parachute
Que chaque cordelette soit bien allignée avec sa voisine
Qu'il n'y ait pas de faux plis (si, ici c'est important)
La tension monte
On attend son tour, l'avion décolle avec 5-6 personnes à bord
Les premiers sauteurs partent et reviennent archi-contents pour certains, superflippés pour d'autres
La tension monte encore
C'est votre tour et l'avion qui vient d'atterrir vient en fait vous chercher
On vous appelle
Les places dans l'avion sont déterminées avant de monter, y'a pas d'hotesses,pas de casse-croute, pas d'alcool
Quand tu montes dans l'avion tu sais que tu vas pas ressortir comme une fleur, en posant délicatement le pied sur la passerelle d'usage
La tension fait de l'escalade
L'avion reprend sa route sur la piste pour le décollage
Il accélère
Personne n'a fermé la grande porte latérale de l'avion
La tension fait du trampoline
je comprends ou on m'explique que c'est fait exprès
L'avion décolle
Il monte rapidement
A un mètre de moi, un trou béant donnant sur le sol qui s'éloigne
Tout est normal, tout est normal
Faire bonne figure
La tension m'étrangle, je ne suis attaché à rien
Quand la surface est assez loin au gout de l'instructeur (largement assez), il vous intime l'ordre de vous attacher
Peux pas faire machine arrière
Pas envie de toute façon
Je clippe un mousqueton sur une barre de fer, ce mousqueton est relié au haut (oh, oh!) de mon parachute, doit tirer une corde quand je saute et doit permettre d'ouvrir automatiquement le parachute principal après trois bonnes heures de chute libre
L'instructeur me prie de me mettre en position
Là, il faut se mettre face au trou béant
Debout
En se tenant à une main dans un avion qui bouge
D'abord debout donc puis assis sur le rebord
Opération surnaturelle, en tant que passager occasionnel d'avion ligne, c'est pas banal
Les jambes ne flottent pas dans le vide, elles sont happées vers l'arrière de l'appareil du fait de la vitesse
Le bruit est infernal
Un rapide coup d'oeil vers mes pieds, pour eux c'est l'éclate totale
Je mets mes mains sur le rebord de l'avion de part et d'autres de mes fesses
Un rapide coup d'oeil vers l'instructeur qui me lance un signe de la tête
Il faut synchroniser ses bras, ses jambes pour se lancer et essayer de sortir le corps parallèle à l'avion dans le sens du-dit avion
En fait c'est la première fois, tu es tout seul, il faut penser à tous ces paramètres, mais en prenant en compte la masse d'émotions instantanées plus celles accumulées durant les quelques minutes précédentes, tu laisses tomber faisant confiance au système d'ouverture automatique
Même l'éventualité d'avoir recours au parachute bis s'est envolé
Il y a trop à vivre
Les sens sont sans dessus dessous
Les yeux grand ouvert, je dévalle une immensité, aucun autre corps solide à 1km en contrebas
Tout  n'est que vue et vent, c'est comme être porter par un courant d'air
Après trois secondes de ce manèges, la corde, de son coté, finit de se tendre
Le parachute s'ouvre en très peu de temps et comme il sors de mon sac à dos, c'est pas très discret
Ma chute est comme stoppée
Elle est ralentie
Le vacarme a laissé la place au silence
Je suis soudé à mon "sac à dos" et c'est tant mieux
Cette fois-ci, les jambes flottent dans le vide
Le sentiment d'inquiétude refait rapidement un passage
En levant la tête, on n'a d'yeux que pour le parachute généreusement gonflé et pour les poignées de guidage qui vous tendent les bras
A moi de tendre les miens, je saisis les poignées
En tirant à gauche, ça tourne à gauche
En tirant à droite, ça tourne à droite
Plus on tire, plus on tourne
Plus on tire, plus le parachute descend à côté de soi plutôt qu'au dessus
On profite de ces trois minutes de liberté totale au milieu de dix mois de soumission
Le paysage en dessous à beau être grisonnant, c'est le plus beau paysage du monde
Et je tourne
Et je tourne encore
Le sol se rapproche
J'oriente mon attérrissage en fonction du vent
Un dernier petit virage
Je tire sur les cordes pour assurer un contact en douceur
3,  2,  1,  Terre!
Le parachute atterrit à son tour
On se retourne sur le ciel, lieu du crime, crime de bonheur
On attend de croiser un premier regard pour partager ce moment
C'est un bidasse...
C'est pas grave, on peut quand même bien partager un Whaooo, Yeahhh ou autre onomatopée de circonstance
Quand est-ce qu'on recommence?
Dans quatre heures?
Quatre heures pour m'en remettre, c'est déjà ça
Que je plie mon parachute?
J'en ai bien pour quatre heures, et merde...
Mais WHAOUUUU!!!!!

Tellement Whaouu que si vous pensiez vous en tirez en quelques lignes vous vous êtes mis le doigt dans l'oeil.
Heureusement que j'ai omis les détails...
Je vous épargne les six autres sauts, j'ai pas envie de vous perdre en route même s'il y avait matière à développement. Je sais, vous êtes pas des bêtes.

Vous voyez donc qu'on peut concilier dévotion à la nation et plaisir égoiste.

Enfin égoiste, c'était avant parce que maintenant je pense que vous êtes au courant!!
Je ne pouvais pas cacher toute cette bravitude.
Tellement plein de bravitude qu'on m'a fait défiler (moi, entres autres...) en costume kaki d'apparat me privant d'un autre week-end pour la fête nationale.
Imaginez donc la fierté qui vous habite lorsqu'on défile le 14 juillet dans le centre-ville de Beauvais toutes breloques dehors, la foule au balcon envoyant des fleurs sur nos corps d'éphèbes.
Le maire de Beauvais nous a même remerciés d'être venus.

Je ne connaissait pas Beauvais, c'est très joli, un centre historique de carte postale, mais vue mon expérience, laissez-moi vous dire que découvrir Beauvais, ça développe le gout du voyage!
D'ailleurs ça vous dirait si je faisais le tour de Beauvais en deux ans plutôt que le tour du monde?

Vous n'y perdriez pas beaucoup au change; à Beauvais il y a presque tout sur place, presque la mer, presque la montagne, presque la campagne.

Et on pourrait renommer le blog afleurdebiere.over-blog.com.






Fin du chapitre 1 / 3165.

Merci de l'attention.
Si t'as encore des forces, laisse un commentaire.
Si t'as plus de force, tu m'feras 50 pompes, et après corvée de ch...
Qu'est ce qu'on dit?
a vo ordr sengen...
J'ai rien entendu!!
A VOS ORDRES SERGENT!!!!
Mieux soldat!

Si tu habites Beauvais ou Noyon, wesh represent'.
Si tu kiffes le 30 septembre, wesh represent'.
Si tu vas à Rio, Dario represent'.




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