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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 14:51

Je quitte la rocaille et le sable.

Je dis provisoirement au revoir à l'air pur de ces contrées presque vierges.

La civilisation contemporaine m'appelle à grand renfort d'embouteillages et de klaxons, c'est le retour de la ville.

 

Le premier bus quittant Palmyre pour rejoindre Damas est à 9h, heure ridiculement tardive pour moi qui suis prêt à tout. A 8H30, je suis réveillé et opérationel. A 8h35, je suis les fesses dans un taxi.

Pas le temps de "goodbye" à mes compagnons de ces 2 derniers jours, de toute manière tout ce petit monde ambulant prend au moins la route de la Jordanie et je reverrais à coup sûr la majorité d'entre eux dans la semaine qui nous conduiera jusqu'à Petra. J'en salive à l'avance...

A 9h, ponctualité quand tu nous tiens, le car démarre.

A 9h10, bercé par une musique douce, je m'endors comme un bébé. De toute façon, le paysage est plat et monotone, rien de tel pour me faire fermer les yeux.

Je suis réveillé peu de temps après par le personnel de la compagnie qui me force presque à accepter le gobelet qu'il me tend et pour lequel le fait de me réveiller lui paraissait absolument indispensable. Soit. Je bois son eau fraiche et me rendors.

Deux heures plus tard, le même brave gars me réveille à nouveau pour me demander s'il peut ramasser mon verre en plastique donc vide depuis deux heures... Re-soit.

Quoi qu'il en (re)soit, vu l'heure qui approche les midi, on ne devrait plus tarder à traverser les premiers faubourgs de la ville, il est largement temps d'émerger.

Le gusse finit son même manège auprès des autres passagers et, alors qu'il a fini et a mis toute sa récolte de détritus dans un joli sac poubelle, le bus stoppe, la porte s'ouvre et le gars jette tout sur le bord de la route au milieu de nulle-part.

J'hallucine, hurle de rage à l'intérieur de mon moi et comprend alors mieux pourquoi les bas-côtés des routes syriennes ressemblent plus à une décharge quà un joli paysage champêtre.

Aucuns scrupules le gars... Désolant...

 

On arrive à La gare routière de Damas peu de temps après.

Pour y parvenir, on se rend compte que la ville est situé sur une grande plaine seulement rompue à la périphérie par de petites collines où les logements précaires faisant passer nos bons vieux HLM pour des palaces deauvillois, s'entassent du bas vers le sommet, des habitations les moins récentes vers les plus récentes.

Je me dis que le problème de ceux qui ce sont installés les premiers, c'est qu'ils doivent maintenant recevoir sur la tête les déchets de tous ceux qui ont construit après eux, c'est à dire en amont de la colline. Délicieux...

 

A la gare routière, la solution de facilité pour moi qui ne maîtrise pas la langue, c'est de monter dans le premier taxi qui se présente et de lui indiquer le nom d'un hotel décrit dans le LP. En 2 minutes, on est en route.

Chose curieuse et inédite pour moi en Syrie, le taxi est équipé d'un compteur. Pas besoin donc de fixer un prix à l'avance, je suis en terrain conquis, du moins je le pense... A l'arrivée dans l'environnement immédiat de l'hotel, alors que le taxi s'arrête, le compteur indique 62,50 soit à peu près 1 euro pour 10 minutes de conduite zigzagante entre les autres voitures. Bonne affaire, bonne affaire!

Mais, alors que je donne 75 livres au chauffeur, celui-ci me mime 200 livres, grosse différence. L'incompréhension est totale et le ton monte. Le taxi-man n'en démord pas une seconde, le prix est 200 et c'est tout. C'est plus qu'il n'en fallait pour qu'il se voit désigné le premier carton rouge du voyage (Je voyage avec toujours en poche un carton jaune et un carton rouge, dans tous les pays c'est un signal qui se comprend). Je lui paye malgré tout ses 200 livres et pars en claquant la portière.

 

J'apprendrais par la suite que la station de bus se trouvant hors des limites administratives de la ville, le prix classique était bien 200 livres. C'était bien la peine de s'énerver...

 

Mon nouvel hotel est un poil plus cher que d'habitude mais le fait d'être dans la capitale y est pour beaucoup. Eux n'ont pas battu Marseille 4-2 à l'extérieur mais il n'en demeure pas moins que c'est la capitale.

L'hotel est organisé avec au centre une grande cour intérieure, au centre de celle-ci une fontaine toute mignonne, les chambres étants réparties autour au rez-de-chaussée et au premier étage. C'est super joli, je suis conquis. J'y suis même tellement bien qu'avant de penser à quoi que ce soit d'autre, je commande un thé et un narguilé.

La dégustation s'éternise mais c'est l'extase.

 

En début d'après-midi, je pars affronter le flot des voitures et des piétons. Je dis "affronter" et le mot n'est pas trop fort.

Par exemple pour traverser la route, il faut faire comme "frog", la grenouille qui doit slalommer entre les voitures pour ne pas y rester. Les conducteurs ont l'habitude de ne pas freiner pour laisser passer les piétons, heureusement que l'expérience parisienne m'a endurci à ce niveau là car autrement je serais encore en train d'attendre mon tour pour traverser. Le but de la marche d'aujourd'hui est d'atteindre la vieille ville, prétenduement le plus beau quartier du Moyen-Orient d'après le LP.

D'un pas ferme et décidé, je franchis les carrefours les uns après les autres et, au détour d'une rue, je croise un type que j'avais déjà croisé à Palmyre. Un genevois anciennement avocat qui a subitement décidé de tout quitter pour s'installer à Damas pour y apprendre l'arabe.

Le type qui connait bien les lieux m'informe que je suis parti dans la direction opposée à la vieille ville et que ça fait un moment que ça dure car je me suis déjà éloigné de près de 2km de ma destination initiale. Oups!!! Merci mon gars, vraiment!!!!

Et comme en plus on est plutôt contents et étonnés d'être tombés l'un sur l'autre dans cette ville surpeuplée, on va boire quelques tisanes car la bière est toujours fannie au bar. Pendant ce laps de temps, le temps vire au gris et l'orage se fait entendre, il est temps de se dire au revoir et peut-être à plus tard car la température du fait des nuages a subitement perdu une dizaine de degrés. Juste le temps pour lui de me ré-indiquer quand même où se trouve la vieille ville et où se trouve mon hotel, on se sait jamais, et me voilà déjà sur la route du retour.

Je découvre alors mes voisins de dortoirs : un australien en voyage depuis 18 mois dont le prénom m'échappe, Sarah, une américaine sur le point d'emménager à Damas pour 3 mois dans le but d'apprendre elle aussi la langue, et Faisal, un belgo-marocain dans la région pour plusieurs semaines.

L'ambiance est bonne à ce point que la décision de rester en leur compagnie fait son chemin. De toute façon, je serais encore là le lendemain et aurais toute la journée pour trouver ce satané centre historique sachant que le reste de la ville n'est pas aussi avenante que le vieux Damas d'après ce qu'en dit le LP.

 

La fin de journée file comme une comète et il est 22h quand je quitte tout ce petit monde pour rentrer à l'hotel le premier t'écrire au sujet de Palmyre.

Une heure plus tard, les autres reviennent à leur tour.

Ils s'endormirons vers minuit alors que je continuerais à taper jusqu'à 2h30, suffisamment longtemps donc pour en avoir plein les yeux de l'écran, à la limite de la crise d'épilepsie.

 

 

Au réveil du lendemain (mardi), tout le monde a déjà quitté la chambre, je suis le dernier à trainasser au lit. Ca n'était pas arrivé depuis plusieurs semaines donc à ce moment là, je fructifie en tournant sans relache sous mes couvertures jusqu'à 11h, le luxe!!!!

je me paye aussi le luxe de prendre le petit déjeuner optionnel de l'hotel, cher par rapport aux gargottes du quartier, mais au milieu de notre cour dont j'ai oublié de préciser qu'elle avait un toit végétale comme du lière, sympa.

Une brosse à douche et en route!! Encore!!!

Cette fois, pas d'erreurs, j'ai en tête l'endroit où je me suis fourvoyer à l'envers la veille; j'y passe un sourire en coin.

En moins de 2, me voici devant l'entrée de la vieille ville dont je réalise qu'il est très difficile de la rater parce qu'à ce coin-là trone la citadelle et ses murs fortifiés hauts de plusieurs mètres. Je devais vraiment avoir une poutre dans l'oeil pour avoir manqué ça, bref...

En entrant par un porte colossale, on pénètre dans le souk par une allée très large et haute de 12 mètres sous plafond vouté.

La voute est faîte de vitre et les rayons du soleil la traverse par faisceaux, ça a de la gueule comme on dit. La taille du batiment y est pour beaucoup.

Les boutiques sont assez banales et vendent principalement du prêt-à-porter. Quelques-unes assez rares diversifient l'offre et vendent des narguilés. En se qui concerne les épices, les antiquités ou les bijous, faudra s'adresser ailleurs.

Le passage principal est long d'un bon kilomètre et au bout on débouche sur la mosquée Umayyad, la plus grande mosquée de Damas en passant sous un arc de triomphe n'ayant pas grand chose à envier à ceux aperçus en Turquie ou ailleurs en Syrie sauf qu'ici c'est en plein centre-ville!

Nouvelle mosquée, nouveau déchaussage. A l'intérieur, le silence.

Tout le tour de la place centrale de la mosquée est paré de mosaïques et le sol est brillant au point de m'éblouir en réfléchissant la lumière du soleil. On sent que cette mosquée tient une place historique importante dans la ville, tout semble pas neuf mais très ancien, et comme c'est merveilleusement conservé on dira comme neuf.

Une vidéo, quelques photos, on avance.

De l'autre côté, la ville prend de nouvelles dimensions : tout est exigu, les immeubles sont le plus souvent en pierre et de nombreuses rues sont couvertes de lierre sans doute pour protéger les habitants de la chaleur estival.

Moi, j'ai pas chaud mais j'ai encore faim, donc direction la sandwisherie locale et ses "shawarmas" divins. Un puis deux, ça suffira ou bientôt je ne pourrais plus voir mes pieds!

Le chemin continue en longeant de mur d'enceinte de la vieille ville qui me permettra de ne pas partir pas des chemins approximatifs, je rejoins le quartier chrétien puis le quartier juif.

Dans le quartier juif, beaucoup sont partis, mais hospitalité locale incroyable oblige, même si les familles juives ont émigré en catastrophe il y a plus de 20 ans, aucune de leur demeure n'a été squattée ou vandalisée. Les maisons ou les commerces attendent juste le retour au pays de leurs propriétaires d'origine. Respect oblige.

Chapeau bas les syriens!!

 

En bouclant la boucle pour retourner à mon point d'entrée dans la ville historique, je passe enfin par les étales d'épices, de café, de cuir.

Les odeurs se mélangent pour le plus grand bonheur du visiteur qui se comblera d'autant plus que les patisseries orientales sont aussi de la partie. J'ai beau être déjà plein comme une outre, 2 baklavas sauront me régaler. Les connaisseurs (hein mon Bast') apprécieront...

 

La promenade ici est bouclée en quelques 3 heures, et effectivement c'est vraiment plein de charme, rien à voir avec le bruit et l'odeur de l'autre côté dans la ville nouvelle où tout est le plus souvent gris clair voire gris foncé.

L'air n'y sent plus la cannelle mais le monoxyde de carbone.

Je retourne dans mon havre de paix de cour intérieur où ma chambrée n'est pas loin. Mon ventre va exploser mais c'est pour la bonne cause ou presque : cette cause c'est la mienne!!

 

Je préfèrerais ensuite rester sur ce sentiment de bien-être trouvé dans la ville fortifiée et me garderais de sortir trop loin ce soir là pour ne pas avoir à affronter les affres d'une urbanisation anarchique.

De toute façon, niveau urbanisation anarchique, demain (mercredi) je pars pour Amman, la capitale jordanienne. Et à en juger par le plan de la ville, c'est pire qu'un labyrinthe. Aucune chance de retrouver son chemin, j'en salive à l'avance.

Mais demain est comme d'habitude un autre jour.

Sauf qu'en plus cette fois, demain est un autre pays.

Mon passeport fait le beau comme un chiot qui attend un su-sucre, et il me plait de le satisfaire.

 

Grosses bises de ce côté-ci de la frontière en attendant plus... toujours plus... insatiable...

 

 

En attendant, comme je l'avais fait pour la Turquie, je vais vous faire un petit récapitulatif sur la Syrie.

 

La Syrie n'est pas un pays très évident pour un voyageur inexpérimenté. Je sais bien qu'on ne peut pas tout avoir mais très peu de syriens parle anglais et c'est un peu plus difficile qu'ailleurs d'avoir une conversation avec des locaux.

Toute les villes que j'ai faites ont un quartier historique chargé de charme, mais le reste du temps, le pays étant assez pauvre, l'architecture locale ne rend pas grace à la culture arabe telle qu'on se l'imagine. Même en centre ville la couleur prédominante est le gris parpaint et l'air est souvent chargé en pollution due au fait que les pots catalytiques ne sont pas encore majoritaires ici.

Hors des villes, le pays est principalement plat et à mesure que l'on s'aventure à l'est, le désert prend ses droits. Un désert rocailleux mélangé de sable ou de rares oliviers ont vraiment du mal à se faire une place.

 

La nourriture est très proche de se qu'on trouve en Turquie et je pense que dans toute la zone, les influences sont les même hormi le fait qu'en Syrie, on trouve des plats berbères à base de riz, de yahourt et d'amandes. Ca fait un bon compromis si on a envie de manger autre chose.

 

Les Syriens quant à eux sont en grande majorité des gens délicieux. L'hospitalité est une chose qui veut vraiment dire quelque chose ici. Même si on refuse d'acheter quoi que ce soit, et même si eux n'ont pas énormément de moyens, on sent que l'argent n'est pas la chose qui compte le plus au monde. Je me suis même vu retourné plusieurs fois le bakshish que je voulais laissé. Il est également coutume pour eux apparemment d'offrir le thé à tour de bras et croyez-moi que quand on vient de Paris, c'est tout sauf banal et on en redemanderait presque si on était pas gêné par tant de générosité.

Je ne sais pas contre pas quoi dire sur les syriennes car je ne me souviens même pas avoir parlé à une femme durant mon séjour. La religion tient une place très importante et on se félicite parfois de pouvoir ne serait-ce que voir les cheveux d'une femme. Je me souviens qu'à Aleppo, on est déjà content quand on voit son visage...

 

Enfin le cout de la vie est ici dérisoire en comparaison de la turquie et donc d'autant plus en comparaison de l'Europe. Mise à part qu'à Damas tout est 2 fois plus cher que partout ailleurs dans le pays, ça reste extrèmement abordable.

A Damas, le dortoir de 4 lits revenait à 10 euros alors qu'en province, ça tournait plus autour de 5 euros. Pour la nourriture, les transports, l'entrée sur les sites, tout est à l'échelle, on aurait presque envie de leur dire d'augmenter les prix pour les touristes.

 

Je ne sais pas si je retournerais un jour en Syrie, mais en tout cas ça vaut largement le déplacement.

Choukran les gars!!

A une autre fois les filles!

 

 

 

 

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Published by simplybrice - dans Ou En Syrie
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 19:39

Encore une fois, 2 textes pour le prix d'1. Toujours pareil, pour suivre la chronologie, remonte d'un article et reviens sur celui-la ensuite (t'as note que j'ai pas mis d'accent a "la", la crise couve!!!)

Un grand merci quand meme aux fideles parmi les fideles mais pensez a prevenir parents, enfants, boulangers, coiffeurs, fleuristes, nounous, nounours, copains, copines, ex-copains, ex-copines, docteurs, collegues, patrons, voisins ou toute autre personne que ca pourrait interesser que je sus sang et eau pour vous, que j'ai de la corne sur le bout des doigts, que j'ai mal a ma frequentation...

 

 

Quelle tristesse de comparer mon expérience Palmyresque avec les photos des ruines aperçues depuis que je sais que je vais y fouler le sol!

Dans toute la Syrie, Palmyre est considérée comme la crème de la crème, la cerise sur le gateau; et, chaque fois qu'on peut en voir un cliché, la lumière est parfaite, bien loin de ce qui m'a été donné d'apercevoir en plissant les yeux à travers une épaisse brume.

Tous les syriens auxquels on pose la question sont ravis de la pluie qui tombe.

Moi qui viens d'un pays comptant en son sein la Bretagne, on sait ce que c'est que la pluie fine qui vous balaye le visage, donc j'attendais pas moins que le retour hypothétique et tonitruand du soleil dès le lendemain lundi.

En plus en syrie, ils ne vendent même pas le célèbre ciret jaune.

 

Le pari est donc tenu avec le ciel sur un changement complet de physionomie du ciel.

Le réveil sonne à 5h55, et pas question de refaire la même erreur que la veille et de re-sombrer comme une épave.

5h57, je suis habillé, j'ai décroté la commissure de mes yeux et suis fin près pour vérifier si le pari est gagné.

En fermant la porte de la chambre derrière moi, la porte en face s'ouvre, Mélanie est aussi réveillée et fin prête.

 

J'ai rencontré Mélanie la veille, elle est américaine, du Kentucky.

Son histoire est pas banale : elle est la gagnante d'un concours organisé par "youth hostel", les auberges de jeunesse. Le concours lui donne le droit de voyager pendant 18 mois. Mais pour remporter le concours, Mélanie a dû répondre à la question "pourquoi vous plutôt qu'un autre?" "Quel est votre but si vous remportez la timbale?"

Et bien Mélanie, qui n'a plus 8 ans, a répondu qu'elle aimerait gagner pour pouvoir gouter à tous les bonbons, friandises et autres saloperies dentaires de la planète; et bingo, sa lettre plut au comité de désignation du gagnant, et elle est sur la route depuis déjà 9 mois.

Son seul impératif, renvoyer de façon plus ou moins régulière des comptes-rendus de ses visites d'usine de fabrication et autres dégustations dans les pays qu'elle visite.

J'avais jamais rien entendu de semblable, ils sont fous ces américains!

 

Retour au présent, on sort de l'hotel et miracle, le ciel est une tache d'encre noire sur laquelle s'affiche des étoiles par dizaines.

Au loin, les premières lumières tentent de se faire une place au soleil, il ne faut pas lambiner si on veut atteindre notre but : le lever du soleil sur les ruines millénaires.

On marche les 5 minutes nous séparant du lieu du spectacle et alors que la lumière se fait plus pressante, on remarque que les courageux à s'être extirpés du lit ce matin-là ne sont pas légions.

On a grosso-modo tout le site grand de plusieurs hectares pour nous. Seul entorce à un contentement total, le vent frais du matin charrie avec lui des températures proches ou inférieures à 10° ce qui n'est pas mal mais quand on n'a pas prévu de s'habiller en circonstance peut vite s'avérer glacial.

En quelques minutes, le soleil fait surface. Rien entre lui et nous pour boucher la vue, le spectacle est grandiose.

Il est d'autant plus grandiose que la nature a pensé à tout, il est possible de regarder le soleil dans les yeux sans avoir à se griller les rétines pendant la première heure suivant sa sortie. Comme au coucher, c'est une grosse boule de lumière pas plus intense qu'une ampoule moyenne.

Parallèlement, comme la lumière n'est pas très intense, le thermomètre ne se muscle pas. Et alors que de l'appareil photo lutte contre le froid a mesure que je multiplie les clichés, moi je ne fais que faire fonctionner mon index droit pour appuyer sur le déclencheur donc même si je suis dans le désert et que la température de l'après-midi atteindra propablement les 28° au soleil, pour l'instant j'ai froid et j'ai toute la journée pour profiter de l'astre solaire revenu.

 

Après donc une heure de prises de vue, il faut que je retourne me mettre au chaud et mon lit fera surement l'affaire.

Le contraire serait étonnant, il n'est que 7h30 du matin et je n'aurais aucuns problèmes pour démarrer une nouvelle nuit la tête dans un oreiller accueillant et confortable.

De toutes façons, dans ma chambre sans fenêtre, qu'il fasse jour ou nuit ne fait aucune différence.

Alors arrivé à l'hotel, le scénario se mis en scène comme écrit à l'origine; je retomba pendant plusieurs heures jusqu'à me réveiller en pleine possession de mes moyens sur les coups de midi.

Ne manque qu'une chose pour que je sois d'attaque, une bonne aubeerge servant une bonne souplette.

Je retourne chez les bédoins de la veille chez qui l'accueil avait été digne d'un parent proche; ils se souviennent de ma petite personne et en sont d'autant plus accueillant à nouveau. Le narguilé à la pomme sans additifs hallucinogène est offert par mes hôtes que je remercie en gribouillant de plus belle le livre d'or à la disposition des clients.

A 13h30, je sors le ventre gonflé de victuailles.

Un changement de programme temporaire est voté : je ne vais pas sur le champ sur les ruines mais parresse au soleil sur le toit-terrasse de l'hotel pendant 2 bonnes heures où lecture, thé, bain de soleil torse nu seront mes meilleurs alliés.

 

Au passage j'en profite pour dire que depuis que l'odyssée a débutée, pas une fois je ne me suis barbouillé de lotion solaire de quelque sorte ou de biafine pour remédier à des problèmes de coups de soleil. On dirait que ma peau a compris que j'étais passé en mode voyage et s'acclimate de tout au rythme de mes périgrinations.

Pas non plus d'épisode de peau qui pelle, mon épiderme doit produire sa propre oil of Olaz. Youpi!!!!

 

Du haut de mon toit panoramique, j'entends un vacarme remplir la route quittant Palmyre-village et menant à Palmyre-ruines. Un coup d'oeil rapide par dessus de parapet me fait voir les voitures de collection aperçues la veille.

Toutes sont en train de quitter leur parking et se rendent en direction du site antique. Il n'en fallait pas plus pour me faire sortir de ma torpeur. Je les y accompagne.

Arrivant devant l'arc de triomphe signifiant l'entrée dans la ville détruite, elles sont toutes là rutilantes sous le soleil.

Je ne suis pas habituellement fan de mécanique mais là, le spectacle de ces bolides du début ou du milieu du siècle dernier posants devant le monument le plus visité de Syrie fait que l'association des deux est un régal pour les yeux d'enfants que je me prends à avoir à ce moment-là.

Un siècle d'histoire automobile devant deux millénaires d'histoire du monde méditerranéen.

Inutile de vous dire que l'appareil photo a repris du service. Je mitraille pendant 1/2 heure et ne vais pas immédiatement plus en profondeur entre les colonnades car il n'est que 15H30 et le coucher de soleil est encore loin.

 

C'est bon de n'avoir que 5-10 minutes à marcher pour passer du désert à mon hotel. Je reprends ma place encore chaude sur la terrasse et avale encore quelques chapitres.

Le moment venu, je refais le même itinéraire dans l'autre sens pour retrouver ma place sur la colline de la veille lorsque j'attendais que le ciel veuille enfin se dégager.

Seulement hier, journée nuageuse et bouchée, j'étais tout seul à avoir cette idée brillante. Aujourd'hui, le temps est sur un mode lumineux et une dizaine d'autres grimpeurs sont déjà sur les lieux. J'ai comme une impression égoïste que des gens se sont invités chez moi sans avoir y été invité.

Monde cruel!!! Il faudra donc partager la place et me préparer à avoir du parasitage sur la nouvelle vidéo du "tour du Brice" que je m'apprête à filmer.

Cela dit rapidement, en faisant la part des choses, le moment est divin et le partage sympathique.

Je retrouve notamment Mélanie et un autre français présent au dîner précedent.

Nous seront les derniers à partir de la montagne sacrée, terminant notre chemin dans l'obscurité la plus totale.

 

Y'a pas à dire, Palmyre vaut largement la réputation qu'on lui impute.

La lumière du soleil levant ou couchant ajoutant encore une touche colorée à tout ça.

Cela dit, le fait de l'avoir également contemplée dans la poussière augmente encore d'autant le panel des émotions ressenties.

Ces 2 jours auront été à la mesure des attentes, mais maintenant les sites romains, ils ont intéret à être exceptionnel pour suciter chez moi la curiosité. Il faut dire que depuis un mois, j'en aurais vu des amphithéâtre, des agoras et des colonnes.

Il va vraiment être temps de passer à autre chose.

 

Demain (mardi), le bus me prendra pour rejoindre Damas, capitale du pays riche de 5 millions d'habitants et une des villes au monde à être continuellement habité depuis le plus longtemps. espérons seulement que la transition désert / ville ne soit pas trop pénible.

Il fera beau, il fera doux, un nouveau jour se lèvera sur le Braïce, avide de contentement de ses sens.

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 19:37

Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas croisé de sites antiques, 24h au moins...

La veille, c'était côté croisés.

Aujourd'hui c'est un retour aux influences greco-romaines à grand renfort de colonnades.

J'avais pas rien vu de tel depuis la Turquie, c'est donc un retour aux sources.

 

Le réveil a sonné pour ne pas se retrouver aux alentours de midi avec la moitié de la journée déjà écoulée.

L'habitude fait de toute façon que les réveils après-midi ne sont plus qu'un lointain souvenir. Je pourrais même faire une petite scéance de gymnastique style réveil musculaire mais vraiment faut pas exagérer. Je veux bien me réveiller en forme mais c'est pas une raison pour se claquer une paupière ou le plexus solaire.

Dès l'ouverture des yeux, je suis déjà à 100%; une douche, un coton tige, une brosse à dents remplassent idéalement les haltères.

Mais pas ce matin-là, quand le réveil doit sonner le tocsin ce dimanche, il est 5h50. Le bus du jour part à 6h45.

J'ai rendez-vous avec le couple de polonais rencontrés la veille sur l'excursion du Crac. On va au même endroit. Comme tous les touristes qui passent par la Syrie, un séjour est Palmyre est à peu près obligatoire.

J'en avait assez des colonnes mais là, il semblerait que ce soit une sorte de panacée, le site antique de référence. L'heure à laquelle sonne le réveil n'a donc pas d'importance, la récompense promet d'être à la hauteur.

Quant au fait que l'on soit dimanche, je suis déjà paumé de 24h de toute façon donc le jour du seigneur n'a plus la saveur toute particulière des levers d'après-midi des temps pas si anciens. En ce temps là, j'aurais sans doute été encore debout à 5h et des brouettes.

5h50 donc. Le réveil sonne, je l'éteins.

Le rendez-vous est fixé à 6h10 à la réception pour un taxi communautaire permettant à tout le monde de partager les frais pour se rendre à la gare routière, trop lointaine pour être atteinte à pieds surtout si l'on considère l'heure qu'il est.

J'ai encore 20 minutes pour sauter dans mon froc, tout le temps du monde.

D'ailleurs si Dieu a crée le monde en 6 jours, le fait d'avoir 20 minutes pour s'habiller peut me permettre de me repaître dans une mince couche de sommeil. Le sommeil ne fut pas long à intégrer de nouveau tout mon être sans même avoit besoin de frapper à la porte. Comme une pierre, je replonge.

L'heure du réveil n'a pas été modifié, que croyez-vous qu'il arriva?

L'aura le bus, ou l'aura pas?

 

La réponse prendra des formes de sortie de secours. Mon horloge interne affutée on ne sait comment prend le dessus.

Il est 6h12 quand la panique me prend et me tire d'une sieste plus proche d'une poursuite de nuit classique. Je suis en retard mais pas question de poirauter jusqu'à midi, heure du bus suivant. Je suis prêt à partir en 2 minutes montre en main depuis la seconde où la stupeur est apparut en moi.

A 6h14, je suis à la réception déserte.

Je ne peux même pas sortir de l'hotel, toutes les issues sont vérouillées. Seule solution : faire un raffut de tous les diables suffisament fort pour que l'hotelier sorte aussi de son lit pour me délivrer.

Une quinte de toux exagérément forte fera l'affaire. La course contre la montre se poursuit.

Dehors, toute la ville d'ordinaire bruyante et grouillante de taxis est déserte. Seule option : commencer à pieds.

Heureusement quand même, après quelques pas, un véhicule jaune sort de la nuit, aucun doute, il est pour moi. Le temps de se mettre d'accord sur le prix de la course, chose indispensable dans un pays où le compteur kilométrique est tabou, on est parti sur un rythme endiablé.

Enfin quand même, la bulle de lumière dégagée par la gare routière se donne à voir alors qu'il me reste 10 minutes avant le départ encore incertain.

Je n'ai pas de billet, espérons qu'il reste de la place et que je n'ai pas fait tout ça pour rien, parce que là ce serait trop dur. Surtout pour un dimanche!!!!!

 

Je retrouve mes amis polonais en serrant le poing, victoire!!! 3 euros pour faire 250km, c'est le tarif légal et j'aurais été prêt à mettre bien plus ce matin-là pour parvenir à mes fins. Le car est désert, toute la place du monde pour déstresser et faire baisser un rythme cardiaque bien trop anarchique pour un réveil.

Pas moyen de redormir, cette course m'a mis à cran.

 

Après une heure de route, le bus s'arrête pour son seul arrêt avant Palmyre. A Homs.

Ici, une foule compacte nous attend. Fini le temps du confort d'une banquette double pour moi tout seul, c'est sûr. Ne reste plus qu'à découvrir qui fera la route à mes côtés. Les gens montent, un jeune homme s'approche, un jeune syrien à l'air d'autant plus fier qu'il porte une veste militaire transformant ici la fierté initiale en arrogance certaine. Alors que je salue courtoisement mon nouveau voisin, pas un regard, pas un mot de sa part. C'est gai...

Je n'ai alors plus rien d'autre à faire que de tenir en place pour les 2 heures qui restent. Et comme souvent dans ces cas-là, les baillements précèdent un marchand de sable dont je savais de toute façon qu'il n'attendrait que la première occasion pour se manifester.

En 2 temps 3 mouvements, je suis calé, je replonge dans le sommeil abandonné violemment voilà maintenant 90 minutes.

 

Un peu plus tard, lors d'un coup de klaxon plus marqué que les autres de notre chauffeur, je refais surface.

Quelque chose m'appuie continuellement sur l'épaule mais j'ignore encore quoi. Je tourne la tête et là, qui dors comme un agneau la tête posée sur moi comme si j'étais sa femme : notre bon vieux arrogant de service s'était tranformé en doux agneau presque au point de me baver sur le T-shirt.

Comme quoi, il y a des jours où on ferais mieux de dire bonjour plutôt que de jeter des regards dédaigneux.

La situation est très confortable pour lui qui en écrase une grosse, moins pour moi qui reste sur ma première impression du bonhomme. Un léger coup d'épaule de ma part lui fera reprendre une position plus verticale, la situation se reproduisant ainsi 2-3 fois jusqu'à notre arrivée à Palmyre, le type ne se réveillant jamais tout à fait.

 

Un dernier détail concernant le voyage routier mais d'ordre plus paysager celui-là.

Au réveil, alors que nous nous enfonçons dans l'est de la Syrie, tout autour est plat, blanchâtre et aride. Rien ou presque ne pousse ici, c'est le désert. Un désert mélange de caillasses et de sable à perte de vue, l'horizon seulement obstrué par endroits de maigres collines romptant la monotonie d'un espace sans montées ni descentes.

Le ciel est en plus complètement bouché par un cocktail de nuages et de poussière rendant extrèmement difficile le discernement de la limite entre ciel et terre.

C'est une impression lunaire qui se dégage des environs où seuls de maigres troupeaux de moutons sillonent dirigés par des bergers aux keffiers noirs et blancs à la Yasser.

 

 

A l'arrivée à Palmyre, il est 10h, le temps est presque froid mais tout le monde a maintenant son compte de sommeil.

Le LP indique que la gare routière locale est à 3km du centre du village. Prenant notre courage à 6 mains, Anoushka, David son compagnon et moi décidons de faire le trajet à pieds malgré les kilos à porter comme des mules.

Durant ces 3km, de nombreux taxis tenteront bien de nous faire changer d'avis en nous proposant une course motorisé mais rien n'y fera, coute que coute on marchera, c'est bon pour les gambettes et, à titre personnel, je pense au Népal qui se profile et à ces treks autrement plus difficiles.

En 1/2 heure, l'affaire est dans le sac et les sacs entassés dans un dortoir d'un hotel choisi dans le LP.

L'hotel se nomme le "Sun Hotel", et malgré ce nom ensoleillé, notre dortoir de 4 lits se trouve au sous-sol sans aucune fenêtre, charmant. Le prix rattrapera malgré tout cette bizarrerie puisque le lit s'y négocie autour de 3 euros. De plus, notre hébergement se situe à seulement 5 minutes à pieds de l'entrée des ruines ce qui n'est rien sachant que ces 5 minutes se feront sans tous les bagages sur le dos.

 

David et Anoushka ne restant qu'une journée sur place choisiront de se rendre sur le champ voir le site. Quant à moi, pas pressé que je suis, je paresse un peu en espérant que le soleil finira par percé un ciel bouché de chez bouché.

Une douche chaude et un déjeuner frugal achèveront cette torpeur passagère, il est temps de voir pourquoi l'office du tourisme syrien ne jure que par cet endroit.

A 13h, je m'équipe et lève le camp. En 5 minutes montre en main, des dizaines voires des centaines de colonnes se dégagent de la brume sur la droite, et sur la gauche, un temple imposant en fait de même.

La nappe est telle qu'il est impossible d'en voir le bout, la ville désormais morte est à perte de vue littéralement.

On entre dans les lieux en passant sous un arc de triomphe préalable à ce que j'imagine les Champs-elysées de l'époque. Une avenue longue de plus d'un kilomètre, entourée d'arche majestueuses ety de colonnades impressionnantes.

Même pour moi qui pensait être blasé des monuments de ce type, c'est une bonne claque à mes idées reçues, j'imagine en plus ce que ça doit être quand le ciel est dégagé et qu'on peu d'un coup d'oeil voir l'ensemble des lieux. L'ensemble des lieux étant effectivement sur une large plaine, rien sauf aujourd'hui ne doit entraver la vue d'où qu'on ce trouve sur le site.

En pénétrant plus à l'intérieur de l'endroit, une colline nous fait face. A son sommet, on distingue une nouvelle citadelle, arabe celle-là mais sans que cela ne fasse de différence architecturale majeure. Seulement là, si on fait l'additition "dépouilles d'une ville de 2000 ans + chateau-fort en arrière plan", ça vaut largement son pesant de cacahuètes. En plus, l'entrée ici est gratuite.

Autre chose ajoutant à la beauté des lieux, des chameliers à la recherche des touristes amateurs de promenades à dos d'animal arpentent ici et là l'endroit, exotisme quand tu nous tiens...

 

je parcourerais en long en large et en travers les lieux tout l'après-midi, découvrant au passage en retrait une autre attraction locale, de hautes tours de pierre errigées derrière la ville romaine. Ce sont des tombes.

Pour schématiser, si on se trouve au centre des ruines, devant on voit si possible vu le temps un temple grandiose, en tournant à 120° on a une douzaine de grandes tours de pierres se détachant à l'horizon, et en tournant encore à 120°, une citadelle imprenable dominant le tout. sachant que au centre donc se place les vestiges de cette ancienne métropole. C'est très impressionnant et encore aujourd'hui tout n'est pas visible en même temps du fait des trop grandes distances par rapport à un air chargé de poussière et un ciel chargé de nuages.

A 16h, je pense avoir fait le tour quand j'aperçois entre la citadelle et Palmyre proprement dîte une petite colline déserte. Je décide de m'y rendre avec l'espoir que tout finira inexorablement par se dégager un petit peu. Véritable havre de paix, je n'y suis dérangé par rien. Pas un touriste, pas un chameau, juste la ville à mes pieds.

Seulement le ciel restera de craie et l'espoir de voir à 1km s'amenuisera avec la nuit qui tombe.

Je retourne à l'hotel en espérant que demain soit un jour meilleur, climatologiquement parlant bien sûr, car pour le reste WHAOUUU mais tu connais la chanson.

 

Au retour à la Palmyre nouvelle, une chose étrange : des dizaines de voitures des années 30 à 50 se succèdent côte à côte.

Pour les amateurs, il y a là des Bugatti, des Delage, des Bentley, des Jaguars type-E (ça c'est pour papa), etc.

Un vrai salon de l'auto de collection au milieu du désert.

Le soir en déambulant, je discute avec 2 types portants des canottiers bien de chez nous. Ils sont les organisateurs d'un rally venu de France par bateau pour parcourir les routes syriennes pendant 2 semaines.

Et bien j'aurais beau faire des pieds et des mains pour leurs faire revoir leur règlement de ne prendre aucun autostoppeur, il n'accepteront pas de me prendre jusqu'à Damas même à la place d'une roue de secours, quels muffles!!!!

 

Le dîner du soir ce fait à la mode berbère, sous une tente; en compagnie de 5 autres backpackers incluants mes 2 polonais. L'ambiance et bonne et sans alcool, Syrie oblige. Le sommeil vient vers minuit après une nouvelle journée bien remplie.

Seul ombre au tableau, le manque de soleil; espérons un lendemain qui chante, j'espère juste que c'est pas trop demander d'autant que quelques gouttes de pluies tombent au sol sur le chemin du retour définitif à l'hotel.

"Sun hotel"? Il est temps de prouver pourquoi, et vite!!!!!

 

Dans l'utopie d'un retour rapide du soleil, rendez-vous est quand même pris à 6h du matin à la réception de l'hotel pour un éventuel lever de soleil si évidemment le temps le permet.

Et là vous vous dîtes 6h du matin deux matins de suite!?!

On est des fous nous, et on en redemande!!!!

A demain. Jai l'impression que cette journée de dimanche a été plus longue à écrire qu'à vivre; c'est dire!!!!

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Published by simplybrice - dans Ou En Syrie
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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 17:17

{Je viens de poster 3 pages d"un coup pour compenser le fait que la Syrie et Internet, ca fait pas 2. Si tu veux suivre la chronologie retourne en arriere de 2 pages...}


Je suis vraiment loin de faire une pause que ce soit dans le récit comme dans l'action.

Aleppo a été vite retournée, et il est temps pour Hama de se faire belle pour ma venue...

 

C'est vendredi, le week-end se fait sentir!

C'est pas trop tôt, les 35 heures sont déjà loins et je fais les trois huits.

Les syriens eux, comme leurs voisins musulmans et leurs cousins juifs n'attendent pas le samedi pour se mettre au repos. Le vendredi est un jour chaumé et il n'y a que peu d'exeptions à la règle.

Mon réveil se fait en fanfare, le compte des heures dormies est largement bénéficiaire. L'heure est à reboucler mon sac pour, devinez quoi, remonter dans un bus.

2 heures de routes maximum, on est pas des sauvages, c'est pas encore le week-end pour le Braïce mais je me soigne.

Pas le temps d'une bouchée de petit dèj', j'ai des envies d'autre ville. Aleppo est très peuplée, preque trop pour moi qui sort d'une semaine en milieu campagnard.

Mais aujourd'hui vendredi, c'est étrangement calme, comme un dimanche dans le centre-ville de Noyon. Seuls quelques "restaurants" restent ouverts pour ne pas laisser mourir de faim les gens dans mon genre. Cela dit, ils ont beau être ouverts, je n'en ai que faire, je trimballe ma maison sur mon dos et il en faudrait beaucoup plus pour m'arrêter.

Pour rejoindre la gare routière, 2 options : la bonne et la mauvaise.

Un taxi bon marché qui m'offrira de bon gré un bon prix et une cigarette ou une marche de 10km sous le cagnard.

Inutile de dire que la mauvaise solution me fait bien marrer et que même si j'ai de l'énergie à revendre, faut pas pousser mamie dans les orties comme on dit.

J'arrive à la gare routière en milieu de matinée, et alors que j'ai à peine pénétré le lieu d'un pas, un type me demande "Hama, Hama?"

Ca doit être écrit sur mon visage, en tout cas le type responsable local d'une compagnie de bus a attrappé une proie soumise qui même n'en demandait pas tant.

Je suis encore sur des rails, le temps de m'acquiter d'une facture dérisoire, de croquer la pomme au sens propre, me voilà sur la route sur un fauteuil en cuir.

Inclinaison du fauteuil : idéale, le bus est quasi-désert.

Comme toujours dans les transports routiers, une collation biscuits + thé est offert, et comme si cela ne suffisait pas on a même droit à une serviette raffraichissante.

Tout cela est en plus combiné avec une musique funky dans les oreilles, je ne risque qu'une chose, pêter le feu en arrivant à Hama.

 

La durée du transport collant à la minute avec le temps escompté, ça n'a pas manqué : je suis en super-forme.

Reste plus qu'à conclure le rituel du déplacement de ville en ville en trouvant mon hotel bon marché.

En sortant de la gare routière à pieds, je vois cependant bien que je ne suis pas rendu en centre-ville et qu'un nouveau taxi sera bien aise de déplacer mon scéant scéance tenante.

Pas le temps de dire ouf que je suis dans une nouvelle voiture jaune comme tous les taxis rencontrés depuis Istanbul. Le chauffeur est hyper chaleureux et un prix de 100 pounds (1,40 euros) est annoncé. C'est moins qu'il m'en fallait, en voiture Simone!!

Le temps d'arriver comme chaque fois, une ébauche de conversation s'entreprend, c'est d'autant plus engageant que comme chaque fois également, je suis assis non pas à l'arrière mais à côté du conducteur.

D'ailleurs amuse-toi à faire ça à Paris et RATP (Rentre Avec Tes Pieds) à la place!!!!

Le déplacement est en fait assez court et alors que je suis littéralement déposé devant la porte de ma pension et alors que je tend les 100 pounds promis au chauffeur, celui-ci part dans un grand éclat de rire et me dit que finalement il ne veut que 50.

Incroyable mais vrai!!

Sans doute n'avait-il finalement pas envie de m'entuber par une si belle comme c'est la coutume chez les taxi-men du monde entier.

Tente également l'expérience avec un très cher taxi parisien et tu comprendras ta douloureuse au moment où elle t'arrivera à travers la figure!

 

L'hotel est coquet, une place dans un dortoir de 4 lits est disponible.

Partagent avec moi la chambre trois coréennes à l'anglais approximatif. Comme c'est pas aujourd'hui que je vais me mettre au coréen, l'entente est d'emblée courtoise mais lointaine.

Seule chose qu'elles partagent, le bordel qu'elles ont mis dans la chambre. Il y en a partout, de la bouffe, du maquillage, des vêtements sales ou propres, une vrai roulotte notre chambre!

Je me fait ma place et leur dit "à plus tard".

C'est pas que j'ai pas besoin de mascara mais je préfère aller arpenter les alentours.

 

Hama est plus petite qu'Aleppo mais fait quand même 1,5 millions d'habitants.

La couleur dominante, comme à Aleppo, est le gris sous toutes ces formes. La plupart des maisons sont un inbriquement de parpaints dont la beauté m'échappe.

Mais je ne suis pas là pour râler, le principale attrait d'Hama est sa rivière ponctuée de grandes roues à aubes servants anciennement à remonter l'eau du cours d'eau pour la déverser dans des rigoles construites sur des murs de pierres de grande hauteur à la façon des acqueducs et ainsi pourvoir en eau toute la ville.

Je sais ça fait beaucoup d'eau mais ça se calme après.

Ca se calme en réalité tellement que la rivière est à sec.

On peut voir le fond sans aucuns problèmes, pas parce que l'eau est claire mais parce qu'il n'y en a pas.

A la place, un tapis d'ordure envoie des effluves parfumées sur la rive toute proche.

Les roues, bien qu'impressionnantes, ne tournent pas. J'ai pas de chance sur ce coup-là.

Je ferais quand bien même une petite ballade, m'efforçant de suivre au plus près la privière assoiffée. Tous les gens croisés sont sympathiques et ma présence les amuse largement plus qu'elle ne les dérange.

Je passe par le coeur de la vieille ville où les rues sont comme à Aleppo très étroites, pavées de bonne intentions, enchaînant les voutes surplombant le passage.

C'est très charmant et ça fait du bien. Les voitures n'y sont pas non plus et ça fait un bien fou.

 

Seulement, étant donné que dès que je m'approche de près de la rivière, mes narines s'emplissent d'odeurs plus que suspectes et que la vue n'y est pas terrible non plus, je suis un peu déçu et à l'issue d'un repas envoyé vite fait bien fait, je suis bien vite à l'hotel.

Il est 15 heures et je retourne t'écrire à toi fidèle parmi les fidèles. Je prendrais d'abord 3 heures de temps pour ça avant de m'octroyer une pause et de retourner vaquer en ville. Sur mon chemin, un cybercafé me ralenti d'autant plus que la connection va à la vitesse d'un cheval attaché à l'écurie.

Toujours pas de facebook disponible, liberté d'expression quand tu nous tiens...

Après un rapide coup d'oeil au site d'overblog pour vérifier que la fréquentation de mon blog décroit encore, je rentre à moitié énervé de ne pas satisfaire mon audience malgré la volonté de plus que bien faire.

Je passerais malgré ça encore quelques heures à écrire en maugréant au passage.

Et comme en Syrie, c'est pas la fête du slip une fois le soleil couché, j'en resterais là-dessus pour finir la journée.

Un peu de musique me fera quand même bien décoller sur la terrasse panoramique de l'hotel sur laquelle personne ne va jamais sauf Bibi-les-bons-tuyaux.

Il est 22h quand je mets définitivement la viande dans le torchon pour aujourd'hui, le programme du samedi (Week-end!!!!) commence de bonne heure avec un tour qui m'emmenera jusqu'au "Crac des Chevaliers", plus belle exemple restant d'une forteresse construite du temps des croisades.

 

Je ferais de beaux rêves cette nuit-là, mais pas assez iconoclastes pour prendre le temps de développer dans la nouvelle rubrique du blog.

 

Comme le départ de l'excursion est dans mon souvenir à 8h du matin (super-samedi!!), je suis sur le pied de guerre à 7h.

Peine perdue, j'ai dû mal comprendre, c'est à 9h quon décolle, je retourne me coucher.

Une heure plus tard, re-sur le pied de guerre, c'est la bonne cette fois.

 

On est que 4 personnes à faire le tour : un couple de jeunes polonais et un quinqua' néherlandais.

Pas besoin de minibus, pas besoin de guide avec sifflet ou drapeau de couleur pour être bien reconnaissable, on prend simplement un taxi jaune qui nous balladera toute la journée pour un peu plus de 10 euros chacun.

Une étape avant le Crac, une autre forteresse, partiellement détruite celle-là nous retiendra une petite heure pendant laquelle notre chauffeur nous attend la pédale de l'accélérateur prête à être enclenchée.

C'est ma 2ème citadelle en 3 jours et comme ne plus elle est moins spectaculaire que celle d'Aleppo, j'attends le Crac des chevaliers pour vraiment me réjouir.

Ce sera donc la 3ème en 3 jours (tu suis?), et je pense qu'après les forteresses j'en aurais pas mal ma claque.

Trop blasé le gars!!

 

Avant d'atteindre le Crac, un arrêt optionnel proposé par Abdul le chauffeur-pilote, l'église de Saint Georges.

Rien de particulier à signaler si ce n'est qu'il n'y a aucune trace de saint Georges ni du dragon qu'il est sensé avoir terrassé. Ben voyons... Un dragon... Voilà aut' chose...

 

Depuis l'église qui est maintenant un monastère très réputé dans le monde méconnu des moines, un batiment interpelle à l'horizon et se déploit de tout son long au sommet d'une large colline.

Enfin quand même me direz-vous, le Crac des chevaliers, en personne, himself.

A mesure que l'on s'en approche, la forme massive grandit, c'est du très bel ouvrage.

Abdul nous y laisse devant l'entrée précisant aussi qu'on a tout notre temps ce qui n'est pas un mal. Mieux vaut ça que "magnez-vous, j'ai pas que ça à faire!!".

On pénètre dans le chateau aux pieds du rempart haut comme trois mille pommes et épais comme deux cents.

Les plafonds voutés se succèdent à des hauteurs vertigineuses. Le chateau n'ayant jamais été pris de force, tout est là, pas la peine de s'imaginer à quoi ça ressemblait à l'époque, ça saute aux yeux.

On passe d'une petite écurie (potentiel : 150 chevaux) à une grande écurie (potentiel : 250 chevaux).

Tout le reste sera à l'échelle, une échelle de pierre imprenable et incassable.

Le mur d'enceinte fait face au corps à proprement parler de l'édifice, on retourne en enfance à l'age où on joue au playmobile (pas de marques!!), aux cowboys contre les indiens, etc, etc...

Autant la première citadelle du jour nous aura occupés 50 minutes, autant ici, on y passe largement 2 heures.

C'est grand comme l'imaginaire, intéressant jusqu'à en avoir pleins les bottes, car quand même ça finit inévitablement par arriver!

 

On retrouvera Abdul, toujours sur le pied de guerre mais à la cool, le genre chauffeur-pilote, warrior-gentleman, tranquillement pressé.

Le retour en voiture passera aussi vite que les paupières se sont closes, on est à Hama avant 16h.

C'est justement l'heure idéale pour un déjeu-dîner. Je quitte là mes compagnons de routes après avoir joyeusement noirci le livre d'or d'Abdul et son tonnerre mécanique, direction : la satisfaction de mon estomac. En plus, on n'est plus vendredi, toute la Syrie a repris le chemin du travail et tous les cuisiniers locaux aussi.

Enfilage d'une entrée et de 2 plats consécutifs, retour des vitamines. Et comme je ne vais pas m'attarder beaucoup plus longtemps à Hama, il est juste temps de retourner près de la rivière pour me replonger dans mon bouquin que je n'avais pas encore évoqué jusque-là mais dont je dévore les pages les unes après les autres depuis le départ.

"Sur la Route" de John Kerouac, bon choix Papa!

Le temps de rejoindre la rive, un grincement lourd et lancinant remplit le silence lorsque les voitures arrêtent leur manège.

Qu'est ce qui se passe? La première roue (qu'on appelle aussi au passage une "Noria") tourne, et pas dans le vide!!!!

Damned, il n'a pas plu une goutte et la rivière est 2 mètres au dessus de son niveau à sec de la veille. C'est sorcellerie ou quoi?

Toujours est-il que cette fois, les oiseaux chantent comme la veille mais ça sent bon comme un printemps fleuri. J'aurais pas pû arriver un jour plus tard pour éviter les odeurs d'égoutier et éviter de t'en décrire le spectacle.

C'est trop tard maintenant de toute façon mais ça fait du bien de voir qu'aujourd'hui, c'est joli.

Je me trouve donc un banc le long du canal près du vrombissement de la roue qui s'active et me plonge dans les histoires de Mr Kerouac.

 

Je suis réconcilié avec Hama. Tout baigne, même des canards.

Jusqu'à la nuit, j'enchaine les pages avant de m'en retourner dans mon hotel. Là, arrive à l'instant de nouveaux touristes aux sacs à dos bien lourds comme le mien.

Je les trouve engageant et les engage comme nouveaux copains pour un jour.

Moi, dans le bled depuis 48h, serait le guide du soir. retour dans une cantine sans prétentions pour un dîner imprévu. A 1 euros le dîner de toutes façons...

Tout le monde est claqué à l'issue de ça, par un bus pour les uns, par 2 citadelles pour ma pomme, il est temps de rentrer et de coucher tout ça sur écran avant de soi-même se coucher.

De toute façon en Syrie, j'ai pas trouvé autre chose à faire pour occuper les douces soirées d'automne.

 

Mais c'est pas non plus une raison pour que tu te la coule douce.

Si tu lis ceci, tu as encore au moins 2 pages et une driatribe de retard.

Je suis pas sûr de l'orthographe de diatribe mais crois-moi le coeur y est.

Pour voir ma complainte, rendez-vous sur les journées d'Aleppo.

 

Et nom d'un chien, vas-y voir car la grêve des accents n'est pas loin!!!

 

 

Demain est un autre jour, et le soleil tout comme moi se couchera sur Palmyre.

Pas de passage à l'heure d'hiver en Syrie, c'est tous les jours le printemps.

Bises.

 

 

PS : Pas de skype non plus en Syrie, il me tarde de vous entendre!

       On y verra peut-être plus clair en Jordanie en milieu de semaine prochaine.

   

PPS : Si tu travailles à la BTM et que tu lis ceci, s'il te plait, enquierts-toi de savoir si mon chèque est parti.

          Et si tu parviens à avoir une info, laisse un commentaire.

          C'est pas que j'ai froid au porte-monnaie mais pas loin!!!!

 

 PPPS : De toute façon, que tu travailles à la BTM ou ailleurs, laisse un commentaire, c'est comme ça que ça marche.

             Et traîne pas des pieds, non mais!!!

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 17:08

La turquie est le premier pays du périple que je dois regarder vers l'arrière.

Ces 3 premières semaines ont filé drolements vites,

Faut dire qu'à pas rester en place,

Les fourmis ont colonisé mes jambes.

 

Le dernier jour en Cappadoce n'a servi qu'à une dernière impégnation des lieux, chaque regard porté sur le paysage et sur les gens devant être les derniers, c'est avec une certaine nostalgie que je me préparais à quitter la Turquie.

Ici, comme ailleurs je l'espère, je n'aurais pas eû à me plaindre comme un bon français.

Tout a concouru à ce que mon itinéraire ne me laisse pas le temps de paresser, en tout cas juste assez pour que je ne sois pas aussi fatigué que lorsque mon emploi du temps était dicté par la sacrosainte trilogie "métro-boulot-dodo". Mon rythme s'est adapté aux exigences hyper-contraignantes du voyage et je ne m'en porte étonnemment pas plus mal.

Pour vous donner une idée, hier soir (jeudi), je me suis couché à 21h30 et sans me plaindre!! Tout fout le camp, j'vous jure...

 

Récapitulons point par point pour peut-être vous donner quelques clés si l'envie vous prend de traverser le Bosphore.

Le cout de la vie est moins cher que l'Europe de l'ouest mais reste tout de même relativement élevé par rapport à mes expérience précédentes. Mon lit, qu'il soit en chambre individuelle ou en dortoire, m'a couté entre 8 et 15 euros par nuit. Les repas tournent autour de 5-8 euros tout compris et les visites souvent payantes à hauteur de 10 euros (Sainte-Sophie, Topkapi, Pamukkale, Ephèse et autres...)

La bière Ephes est le raffraichissement nationale et une bouteille d'1/2 litre vous en coutera environ 2 euros.

Dernière chose, le prix de l'essence explique le cout de la vie relativement élevé ici, le prix d'1 litre de super revient à plus d'1,5 euros. Je ne suis pas un spécialiste d'auto-moto mais il me semble que c'est encore plus cher que chez nous! Un conseil donc, si vous viendez ici, prendez pas la voiture mais le bus.

 

Dans un autre registre, question nourriture, c'est délicieux. Je n'ai jamais que rarement eû des certitudes sur ce que je commandais, et pourtant je n'ai jamais rechigné à finir mon assiette voire même à re-commander un 2ème plat tant c'est bon. Ca déborde de légumes, d'herbes, de parfums. En plus, les desserts sont à la hauteur de leur réputation.

Pas moyen de quitter la table sans être rassasié. Que demande le peuple?

 

Au niveau des gens rencontrés, les stambouliotes sont des gens plutôt sereins et tranquilles malgré le fait qu'ils partagent une ville de 15 millions de personnes et qu'ils se serrent du matin au soir dans les tramways, sur les ponts, dans les rues, partout!

Ensuite, à mesure que l'on s'éloigne de l'Europe, le folklorique (pour moi, le parigo) pèse un peu plus. Tout est plus mora-mora (tranquille-tranquille) comme disent les malgaches. Pas besoin de se presser de toute façon, ça ne fera pas avancer le chmilblick plus vite.

Les turcs sont des gens hauts en couleurs, contents de vivre et fiers de leur pays.

 

Les paysages, quant à eux, sont très tourmentés. La montagne enserre le pays souvent secoué par les tremblements de terre.

Temoins de cette activité, les sites antiques rappellent que les romains non plus ne savaient pas ranger leur chambre!

La Capadocce est, elle,  grimpée sur un haut plateau (1200m) et est à l'inverse plutôt plate ce qui permet souvent de pouvoir voir à une centaine de kilomètre à la ronde.

Manque peut-être quelques plages de sable fin, mais ce n'est pas l'essentiel tant la diversité est criante et seul le plus blasé des blasés pourrait revenir là-dessus.

 

 

Le soleil s'est donc couché sur ma présence ici, le bus de 20h30 m'arrache à Göreme. Au petit matin, je suis à Antakya dans le brouillard. C'est pas qu'il fait gris mais les nuits dans le bus réservent toujours des réveils au radar. Ne reste alors plus qu'à changer de bus pour traverser la frontière d'avec la Syrie jusqu'à Aleppo, 2ème ville du pays.

Je n'ai plus en poche que 1,90 YTL ou un peu moins d'1 euro de mes devises turcs. J'ai eû le compas dans l'oeil et n'aurais pas à rechanger l'argent retiré en Turquie.

Bon calcul mon gars!!

Sur la lancée de mon bus nocturne, à peine monté dans le nouveau, Morphée repasse dans les parages ne laissant de moi qu'un tas de viande fraiche mais sans vie.

Je suis tiré de là par l'agitation dans les rangs passagers du fait de la frontière toute proche.

Les alentours sont légèrement valonnés et la végétation peine à se faire une place au soleil au milieu des cailloux qui pululent.

Alors que le poste frontière apparaît au loin, le bord de la route se peuple d'une faune iconoclaste : des dizaines de voitures couchées, retournées depuis des années attendent là que la fourrière veule bien d'elles. C'est assez perturbant au réveil, espérons que la traversée se fasse sans peine au contraire de ceux qui ont dûs laisser leur véhicule ici. Dieu seul sait d'ailleurs ce qu'ils sont devenus...

Un policier monte dans le car et se saisit des passeports de tous les passagers.

Je n'aime pas trop me séparer de mon passeport mais admettons... C'est pas le moment de la ramener!

De toute façon, j'ai pris la précaution de faire faire mon visa syrien à Paris, ce qui était de loin la meilleure des solutions.

Dans le bus, un touriste polonais avec lequel je discute n'a pas pris cette initiative et le pauvre stresse un p'tit peu...

Quelques minutes de patience m'auront finalement suffi à récupérer mon bien. Au final, pas de fouille personnelle, pas de fouille de sacs, aucunes questions sur le pourquoi du comment de ma présence. Les doigts dans le nez en quelque sorte.

 

Pour le polonais, les choses seront toutes différentes. Le bus partira sans lui qui a dû se démener pour faire valoir ce à quoi il n'a pas droit puisque sans visa au préalable.

C'est triste pour lui qui a peut-être dû rebrousser chemin, mais la vie continue, et ma route aussi.

 

Dès la frontière passée, le bus s'arrête pour faire le plein, l'essence de ce côté là, on pourrait la donner tant elle semble bon marché. Depuis ma place, je vois le compteur défilé : 1 litre toutes les 5 secondes soi le débit d'un robinet moyen.

Mais peu importe le débit pourvu qu'on ait l'essence pas chère et rien qu'à voir l'empressement du chauffeur pour quitter la route et s'arrêter ici...

La route justement est toute différente que l'on soit d'un côté ou d'un autre de la frontière.

En Turquie, elle est régulièrement lisse. En syrie, le goudron est raffistolé ci et là pour qu'il soit le plus plat possible. C'est un bel effort mais ça secoue quand même en ligne droite.

De part et d'autres de la route tout est très caillouteux. Seuls quelques oliviers ont réussi à faire leur trou dans cet environnement pas facile quand on est un arbre.

En fait, dès qu'il y a un espace libre, les paysans font pousser les zitounes et selon là où se pose le regard c'est cailloux-land ou olive-city.

Autre chose frappe également le regard, c'est la masse des déchêts où que ce soit, amassés de façon anarchique.

Les sacs plastiques rencontrent les bouteilles vides qui jaugent les cartons du regard qui défient les autres détritus en tous genres.

C'est très sale et ça n'est sans doute pas la première préoccupation des gens du coin voire de ceux qui passent là une fois dans leur vie et qui doivent déverser tout ce qui leur appartient de déchets par les fenêtres de leur voiture. Le recyclage a encore du chemin à faire et les mentalités aussi...

Je n'avais rien remarqué de tel en Turquie, c'est un petit choc visuel pour mes yeux d'occidental embourgeoisé.

C'est sûr en tout cas que si je fréquentais plus les lieux, je prendrait ma fourche pour piquer le cul des pollueurs de tout poil et commencerait à regrouper les immondices parce qu'à ce rythme, force est de constater que dans quelques années, il y en aura vraiment partout!

 

D'ailleurs, c'est intéressant de constater que les déchets ne sont plus là dès qu'on entre en ville, à croire que les campagnes sont la décharge des citadins.

Aleppo est peuplée de 4 millions de personnes, les habitations du pourtour sont le plus souvent un empilement de parpeints.

Dans le centre, même si un peu plus joli, tout porte à croire que Mr Leroy Merlin n'est pas de la région.

Les immeubles sont le plus souvent noirs de la circulation sans pots catalytiques qui m'encombre les narines à ma sortie du bus.

C'est pas que c'est la première fois pour moi, mais la différence avec la Cappadoce et Göreme (2000 habitants - 400 véhicules) est criante de contraste charbonné.

 

M'y voilà donc en compagnie d'une japonaise avec laquelle je cherche mon chemin dans les rues de cette ville inconnue.

Je suis avec mon LP en main et dès que j'y jette un oeil, c'est comme si toute la ville s'interrogeait de ma destination.

"where are you going?", "Speak english?".

Il ne faudra pas 5 minutes pour comprendre que les syriens sont très sensibles au sort d'autrui. On ne peut pas se tromper, même si les gens savent ne pas parler l'anglais et donc parler avec nous (la japonaise Moto et moi), ils feront tout leur possible pour nous faire leur description gestuelle de notre chemin. C'est bon de savoir ça pour la suite en tout cas, moi qui ai toujours tendance à me perdre...

Le fait de marcher en compagnie de Moto me "dévoile" aussi autre chose, les syriens (hommes) n'ont d'yeux que pour elle, ne perdant pas une miette de cette jeune femme se promenant pourtant habillée comme si elle était nue. Il faut dire qu'Aleppo est une ville assez concervatrice et que plus de la moitié des femmes locales y marchent voilées.

De nombreuses d'entre elles sont couvertes des pieds à la tête, certaines ayant également un voile recouvrant les yeux.

Pour moi qui entends tant voir, tant sentir, tant ressentir dans les mois et les années qui viennent, c'est assez troublant mais soit.

 

Je finis par dénicher mon hotel après 30 minutes de marche avec mes 16-18 kilos sur le dos, j'ai chaud.

Celui-ci comme tous les hotels bon marché de la ville se trouve dans le même quartier. Dans ma rue, situation bizarre, les enseignes sont soit des hotels soit des vendeurs de pneus, et ce, sans exceptions.

Mais bon, tant que ma chambre ne sent pas le caoutchouc brûlé, c'est tout bon.

Au moment de conclure l'affaire avec mon nouvel hôte, j'en viens à une nouvelle évidence, la Syrie est un pays où on DOIT marchander.

Le prix initial est (en convertissant) de 25 euros, j'arriverais au final à le faire descendre à moins de 10!!!! C'est une bonne leçon merci de la retenir!

 

Il est 14h passées, juste le temps de prendre le temps de rien faire avant d'affronter la ville et sa circulation.

A 15h30, assez trainé, en route! Equipement léger, ballade au rythme tonique.

 

je m'engouffre dans le flot des piétons et commence ma tournée papale, du genre de celles où on dit bonjour en levant la main ou en se frappant le coeur tous les 2 mètres. "Salaam Aleykum" par ci, "merhaba" par là. Et merde, je ne suis plus en Turquie, le 2ème exemple n'est plus valable...

Moi qui m'étais fait fort de développer mon turc, on peut dire que ça vaut pas lourd en Syrie. Nouvelle leçon : Développer mon arabe.

Et pour ça, les vitamines ne feront pas de mal, rendez-vous donc pour un chicken kebab à emporter qui sciera à ravir à mes babines affamées.

Prix avec une boisson : 0,50 centimes d'euros, qui dit mieux?

Je fais mon tour du jour dans le quartier chrétien de la ville décrit dans le LP comme étant le plus agréable.

Les rues sont pavées, étroites, entourées de boutiques de mode locale. C'est le sentier version Aleppo!

Le parcours des rues étant le même depuis des siècles, de nombreux chemins perpandiculaires où une voiture n'aurait pas la place de circuler passent sous des arches tenus par des murs aux pierres apparentes où des portes mystérieuses sont fermées cachant on se sait quel secret.

Le LP avait raison, c'est comme marcher dans une cité médiévale sauf qu'ici, à l'inverse de la Turquie, tout est debout et respire l'activité.

De vieilles églises ponctuent également le chemin de belle manière.

Sur le chemin du retour, cherchant autre chose qu'un plat composé de pain, je me fis fort de dénicher une petite auberge locale servant un fameux couscous, mon premier, un régal!

La nuit est tombée, je rentre par la grande rue commerçante locale, illuminée d'enseignes colorées, c'est piéton et plaisant. Il fait autour de 20°, une petite laine n'est même pas nécessaire, encore un grand écart à faire par rapport à la Capadocce dont j'ai encore oublié le nombre de P et de C!!!!

 

Je rentrerais à l'hotel avant 21h30 et me garderais juste assez de temps pour me mettre plein de son dans les oreilles.

Ici le dépaysement est garanti d'une facture peu onéreuse.

Et comme je n'écoute pas mon baladeur lorsque je suis à l'extérieur pour mieux m'imprégner de tout, le fait de m'en équiper quand je rentre n'est que régénération à grandre échelle.

Le sommeil viendra de lui-même avant minuit, j'ai du mal à me reconnaître...

 

 

Seulement, coucher de bon heure, réveil à fond la forme!

A 9h je suis debout, devançant l'appel du réveil pourtant bienveillamment programmé avec "Sly & the Family Stone".

Pas de petit dèj' à l'hotel, c'est en option; on verra bien en route!

Il faut qu'aujourd'hui (jeudi), je bouffe Aleppo par les 2 bouts. Je vais sans doute continuer à descendre vers le sud dès le lendemain, grand besoin est donc de forcer l'allure. Pour ce faire, j'emprunte une route diamétralement opposée à celle de la veille; le but : la citadelle et le souk (classé à l'Unesco).

En quelques centaines de mètres, je suis déjà paumé. Mais vaille que vaille, pas question aujourd'hui de faire demi-tour, je vais bien au moins à un moment apercevoir la citadelle qui trone sur une grande colline au centre de la ville.

Et j'avais raison, après 15 minutes au hasard, j'aperçoit au loin la fière batisse, mais elle est pas dans la direction empruntée, résultat j'ai bien fait de la voir sans quoi j'aurais fini à Bab-El-Oued!

Virage à 90°, je ne suis plus perdu.

Sur la route, la grande mosquée m'accueuille. Un enlèvement de chaussures plus tard, je suis à l'intérieur, on n'entend plus le vacarme du traffic, juste le mysticisme qui s'élève de ce lieu.

Mais la route est encore longue, retour dans le vacarme. Au loin la citadelle. Une nouvelle recette pour un nouveau kebab me redonne de l'allant et alors que j'y arrive, c'est comme si tous les enfants d'Aleppo s'étaient donnés rendez-vous pour m'accueuillir. Ils ne veulent rien d'autre que rigoler et passer du bon temps, comme moi en somme!

Je resterais là pas loin d'une heure à essayer de baragouiner des mots d'arabe appris sur le pouce.

Ca ne va pas très loin mais eux sont tous éclatés de rire; et plus je baragouine plus ils rigolent! Bon public!!

Pour finir, une petite émeute lorsque je sors l'appareil photo, tous les enfants veulent être dans le cadre mais ils sont tellement nombreux que c'est impossible.

Résultat, je prendrais 15 minutes de plus pour prendre des clichés de tout le monde par groupe d'une dizaine de petites têtes blondes, ou pas d'ailleurs.

 

Extraction de cette masse itinérante à mes côtés en douceur, tout le monde en a eu pour sa joie, je m'attaque à la forteresse.

C'est assez bien conservé, assez grand pour à nouveau ne plus entendre le bruit des voitures, et de là-haut, on surplombe toute la ville.

A l'intérieur également, d'autres enfants qui chantent, dirigés par leur professeur. Ils doivent être plus de 100 et leurs cris résonnent comme un virage de supporters, en plus aigû quand même... Ca frappe des mains, ça rit, ça se chamaille, comme des enfants.

La visite de la citadelle durera le temps d'en voir le maximum et alors que je commence à en avoir plein les pompes, il est temps d'y aller.

Le souk ne risque pas d'être reposant alors il convient de ne pas user toute son énergie dans un chateau inhabité depuis des siècles, parce le bazaar, lui, est habité et pas qu'un peu.

 

Tout le souk est couvert. En comparaison avec celui d'Istanbul, c'est beaucoup moins clinquant et beaucoup moins haut de plafond, mais l'âme est bien là.

C'est aussi beaucoup plus rustique, par exemple de nombreux bouchers y vendent leur viande, à commencer par des têtes de chèvres qui trônent devant les étales.

Végétarien, passe ton chemin. Carnivore, essaye encore. Mais plus tard alors, bien plus tard...

Dans ce maelstrom de boutiques, on est sollicité de toute part. "Vous êtes français? Bienvenue mon ami! Tu n'achètes pas, c'est pas grave mon ami"

Comme je suis bien luné, je m'arrête dès qu'on m'adresse la parole. La traversée prend des heures, je me perds encore et encore mais là encore, le coeur y est.

Je m'arrête dans plusieurs mosquées, boit le thé avec les tenanciers des boutiques, touche le tissus, humme les parfums, évite les porteurs de marchandises.

Le lieu a comme une vie propre, une ville dans la ville.

Une ville qui aura eû le talent de me vider de toute mon énergie. Après 2,5 heures dans le bordel, je suis vidé, méconnaissable.

De toute façon, le soleil va se coucher et je risque de l'y accompagner de bon coeur.

 

Une dernière chose quand même car on est pas des bêtes, un nouveau couscous des familles accompagné d'une bière sans alcool.

Le retour à l'hotel se fera vers 18h plein les jambes, plein le gosier, plein les narines, plein partout.

Je m'écroule à 21h30, je sais déjà que demain est un autre jour et que j'aurais encore de la route à faire.

Les astres m'emmèneront sur la route d'Hama, à moins que ça ne soit encore un bus, 150km plus au sud.

Quelque chose me dit que j'aurais dû demander dans le souk s'ils ne vendaient pas un tapis volant, ça serait pas de refus.

 

 

Le début du voyage ressemblait à un prolongement de l'Europe, mêmes chiffres, même alphabet.

Ici le dépaysement est garanti et c'est exactement selon j'avais envie.

C'était même le plan original avec un départ de Turquie, porte vers le Moyen-orient et vers l'Asie, pour pousser toujours plus à l'est.

Pour l'est on verra plus tard, c'est le sud qui nous intéresse ici.

La Syrie devrait me retenir de ses petits bras musclés une grosse semaine, viendra ensuite le tour de la Jordanie.

Ca n'est d'ailleurs pas impossible que tu n'ai de mes nouvelles que d'ici là car je n'ai pas encore trouver de liaison internet WIFI pour faire circuler mon récit.

J'ai tout de même été dans un cybercafé pour me rendre compte du réseau local.

A titre d'exemple, c'est impossible de se connecter à Facebook que ce soit à Aleppo ou à Hama.

Je peux quand même me connecter à over-blog, mon cher hébergeur, mais le service n'est pas assez rapide pour que je te fasse profiter de tout, un peu de patience donc...

 

Un peu de patience et un peu de ferveur aussi, la fréquentation plafonne voire DECROIT en ce moment et ce, depuis une bonne semaine malgré les heures passées sur mon écran pour te faire vivre avec un maximum de complétition la complexitude du monde dans lequel tu as la chance de vivre.

J'ai fait le calcul, et depuis 3 semaines, j'ai passé plus de 30 heures sur mon ordi'; fais la conversion par jour de ton côté, ça donne le vertige. Dis-toi que j'ai pas que ça à faire et que si j'ai pas un minimum de retours, je vais vite me lasser.

Commentaires plus qu'appréciés, prosélitisme encouragé.

Prochaine étape si ça continue sur ce rythme : grève des accents.

Etape suivante : grève de la ponctuation.

Etape ultime : grève des voyelles!!!!

Méfie-toi, Bachar El-Assad, nouvel ami de notre cher président est de mon côté et on est pas content.

 

Dis-toi que pendant des années j'ai écouté tes histoires, bu dans ton verre, regardé tes photos de vacances, partagé tes matchs de foot, regardé tes enfants grandir, compté tes conquêtes sexuelles, fais dans tes cabinets; et bien maintenant c'est à toi de faire dans MES cabinets et de regarder grandir mon enfant, mon blog.

Gouzi-gouzi appréciés.

Ou gare aux accents...

In Sha'Allah.

 

 

Mais ne te méprends pas quand même, comme dirait Plastic : ça plane pour moi!

 

 

 

PS : Alors les Rousseau, elles sont où les cigognes?

       J'achète des choux ou des roses? ou les deux?

       J'ai tellement hâte que j'y pense plus souvent que je passe de temps à écrire, c'est dire!

       Et les prénoms? Bastien Jr ou Bastien 2ème du nom ou Bastienne ou Clémentin, tiens c'est pas mal ça, Clémentin!

 

PPS : Et chez les Snaider, on doit plus être très loin non plus!

 
PPPS : Les resseguiers ont pris de l'avance et remettent avant tout le monde le prénom Bastien à la mode. Bienvenue à lui, qui sera bien aise de recevoir mes bisous secs en échange de ses "glabeuh" baveux.

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Published by simplybrice - dans Ou En Syrie
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