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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 10:19
C'est l'heure des retrouvailles,
Le moment de fourrer la dinde de marrons chauds,
Le temps des rêves où la fée serait devenue un vieux monsieur barbu et ventru qui hurle à qui veut l'entendre qu'il voyage avec des rennes qui volent et qu'il est le meilleur ami des lutins.
Non mais des fois, j'vous jure...
Joyeux Noël à tous, dans vos têtes, dans vos corps et dans vos coeurs.
J'me permets même de glisser un petit article par la cheminée, en espérant que pour vous tous, ces fêtes soient l'occasion de vivre de réjouissances.
Je pense bien à vous depuis Kathmandou où je célébre le réveillon au pieds d'un ficus de Noël.
Il faut dire que Noël au Népal c'est plus ou moins Haloween au Congo, ça leur passe par dessus la tête.  


Et oui parce que maintenant je suis au Népal. L'Asie se dresse comme une fière tentatrice.
J'ai déjà plein d'images en tête, pleins de couleurs, de paysages, d'odeurs.
Et la porte d'entrée de tout ça, c'est Kathmandou, et question odeurs, on peut dire qu'ils pourraient aérer de temps en temps.
C'est la seule chose dont je peux parler pour l'instant, je suis arrivé de nuit, en toute fin d'après-midi pour être précis.
Il y a bien eu le siège près du hublot gauche (c'est important) dans l'avion pour permettre une vue du ciel sur une "petite" moitié de l'Himalaya, mais dès la sortie, il fait nuit et on grimpe dans un taxi.
En quittant l'aéroport, on est déjà en ville et partout il fait nuit. Trois lumières qui se battent dans un champs de maisonnettes. Tout est éclairé à la lumière des phares des voitures qui parcourent la ville en klaxonnant en permanence pour éviter tout le cortège de véhicules avec ou sans phares, piétons, vendeurs, animaux qu'on croise sur la route.
Sur le bas-côté, les habitants brulent leurs déchets ce qui a le mérite de les réchauffer mais donne à l'air ce petit je ne sais quoi de difficilement respirable.
D'ailleurs le faiceau des phares de voiture souligne bien que la particule poussièreuse est ici chez elle.
Pour en finir là-dessus, c'est tout l'inverse du Caire. Autant là-bas, on n'y traverse que des autoroutes bordés de grands immeubles, autant ici, on ne circule que dans des rues à une voie mais à deux voies et sans trottoir, c'est tassé, plein de détails, ça promet!
 
Le fait est aussi qu'il fait noir partout car tout le pays y compris Kathmandou est sujet à des coupures de courant qui interviennent plusieurs fois par jour et parfois pendant plusieurs heures. Le pays ne produit pas assez d'électricité pour contenter tout le monde tout le temps alors ils tournent. Le vendeur de bougies n'a pas de soucis à se faire!

Ma soirée est vite enfilée, je reste sur le souvenir de l'épopée francilienne, et ça met du temps à digérer . Rien à voir avec la gueule de bois, pas grand chose en tout cas.

Première journée, je déambule comme je sais si bien faire.
Les gens croisés sont amicaux, souriants, pas insistants, c'est que du bonheur!
Cela dit, je ne déambule pas longtemps car j'ai un peu pioncer jusqu'à pas d'heure et s'il fait nuit et que je suis encore dans ce bazar, je me considère comme définitivement perdu.
Sans doute que j'ai dû écrire encore...

Le lendemain, j'ai soif, soif d'aventures. J'ai bien aussi déjà envie d'aller faire un tour au vert sans forcément partir pour quinze jours.
Et bien, il y a un truc qui colle parfaitement, ça s'appelle le Lost Resort, c'est un endroit où on s'arrange pour que vous n'oubliez jamais votre passage en ses murs.
Ses murs, ce sont des montagnes qui tombent quasi à pic jusqu'à se rejoindre en formant un torrent tonitruand, endroit parfait pour se jeter, et c'est pas une image!

Je choisis d'y passer 3 jours de tranquillité et d'extrème.

La tranquilité c'est de l'exxxcellente nourriture, des hamacs, de grandes tentes perdues dans la foret en guise de hutte, et aussi une fois de plus, décidemment, j'arrive la 1ère semaine de la basse saison, y'a pas grand monde et l'ambiance n'en est que meilleure.

L'extrème, ça commence dès que tu quittes le bus qui t'a amené de Kathmandou. A ce moment, tu es sur un flanc de montagne. L'hotel, lui, est de l'autre côté, sur la montagne d'en face, normal.
Donc, si tu ne veux pas passer ta journée dans un bus à regarder les autres s'amuser de l'autre côté d'une vallée, il faut que tu traverses sur un pont solide mais qui bouge beaucoup avec le torrent qui déferle 160 mètres plus bas.
C'est d'après ce bon vieux LP, le pont le plus haut du monde dévolu à la pratique du saut à l'élastique, même pas peur.

Euh... Si quand même...

Mais pour l'instant, un autre programme m'attend en guise d'apéritif, la matinée est consacrée au canyoning.
Ca a l'air de rien mais c'est déjà beaucoup!!
Le but est de descendre le plus souvent en rappel la montagne en suivant un ruisseau qui s'écoule de cascade en cascades. La plus longue cascade fait 45 mètres.
Déjà se donner de quoi s'inquiéter un peu.
Mais on s'inquiète pas longtemps car ça s'apprend vite, et on est souvent aussi concerné par les cris des gens qui déjà sautent du pont ne faisant pas la descente en rappel. Parfois on en voit un se jeter et on ne peux pas se détacher le regard de voir ces cris qui chutent. On sait qu'on est sur la liste et personne n'arrive à faire comme si de rien n'était.
Le canyoning se termine par la remontée de la montagne en suivant un chemin qui remonte la pente perpendiculairement. Ils sont fous ces népalais et moi je suis crevé!

Un déjeuner plus tard, il est temps de se préparer, psychologiquement j'entends.

Au Lost Resort, on a le choix entre 2 façons de sauter, la première est la façon classique attaché par les pieds a un élastique qui tient grace à un velcro (vaile-kro? velleqro?) épais comme une cuisse. La seconde s'appelle la balançoire, on est attaché grace à un harnais au niveau de la taille et relié à un point qui se trouve plusieurs dizaines de mètres devant. La chute n'en est que plus longue et on a le mérite de ne pas rester la tête en bas.
Comme en plus, je pétoche un peu de me jeter la tête la première, c'est l'option que je choisis pour mon 1er saut depuis le pont.

Sur le pont, l'attente est interminable. C'est surtout dû au fait que ça n'a rien de naturel de se trouver suspendu au dessus d'un gouffre. On a beau vouloir s'acclimater de la distance avec le sol, c'est mission impossible.
Lorsque mon tour vient, on m'installe le harnais, on me prodigue les derniers conseils et je dois avancer jusqu'à la mini-passerelle qui n'est fermée par aucune barrière. C'est le temps des dernières prières, le temps où on oublie de penser à quoi que ce soit pour mieux accepter cette minute paranormale.
J'avance sur la plateforme, chacun de mes pas n'est pas plus grand qu'un orteil.
Un membre du staff me retient en arrière car le lien qui file devant moi me tire vers le gouffre.
Il tente de me rassurer sur l'inrassurable, entame un compte à rebours.
3, 2, 1...

Géronimo!!!!!!!!

Un saut de quelques millimètres suffit à me mettre sur orbite.
Au début, je tombe immobile. Puis, mes jambes détectants l'absence de sol pour les porter commencent à entamer un ballet incontrolable à la recherche, vaine, d'une surface plane. C'est peine perdue. Whaouuuuuuu (je pourrais multiplier les "u" sur des dizaines de pages mais je m'abstiens même si ça les vaut).

Comme c'est noël, et comme une vidéo vaut mieux que tous les discours du monde, je laisse en bonus exceptionnel le film qu'un type a fait de mon premier saut. Si a la fin de la vidéo, on ne me voit plus, c'est normal, j'ai changé de dimension, et suis entré dans la twilight zone.


Je crie tout ce que je peux pendant la chute et encore après.
C'est un petit pas pour l'homme mais un clash géant pour tous mes neurones qui en redemandent.
L'expérience ultime s'achève par la même remontée de la montagne que celle empruntée le matin même après le canyoning. Au final, je suis plus éprouvé par la montée que par la descente. Qu'est ce que ça va bien pouvoir donner lorsque je serais en montagne en portant mon paquetage et en affrontant des pentes identiques autrement que pendant 30 minutes à vide?

Pour ce jour, un saut est bien suffisant. Je suis le seul parmi tous les gens transportés depuis Kathmandou à rester sur place. Il sera temps de remettre le couvert 2 jours plus tard lorsque un nouveau convoi sera organisé.
En attendant, je profite des lieux en m'essayant au tilleul local.
Je passe également un long moment sur le pont qui n'est pour l'occasion rien qu'à moi et aux népalais qui l'empruntent pour rentrer chez eux. Je suis sûr qu'ils sont ravis que le pont soit là car gravir la montagne est un défi d'autant plus quand tu reviens de faire les courses et que tu portes ton poids sur ton dos.
Cerise sur le gateau, je découvre que les flancs de la montagne, couverts de végétation dense, sont habités par des dizaines de singes craintifs mais bien présents. On est plus dans Indiana Jones mais dans le Livre de la Jungle. Du bonheur à tous les étages avec du vide en dessous.

Je retrouve le vide le lendemain (10 décembre) alors que de nouveaux sauteurs se présentent.
Aujourd'hui le défi est de faire deux nouveaux sauts.
Le premier à l'élastique, le second pour une nouvelle balançoire.

Ca fait 2 jours que je me prépare à sauter la tête la première et je n'arrive toujours pas à m'y faire.
Mais il faut bien se rendre à l'évidence, c'est ton tour coco.
Cette fois-ci, pas de harnais, rien qu'un scratch qui m'enserre les chevilles.
J'ai la sensation de n'être tenu par rien et pourtant il faut y aller et faire confiance.
Je reprends le chemin de la plateforme comme un condamné à mort sur un bateau de pirates à qui on piquerait le dos pour qu'il se jète dans une mer infestée de requins. La chorégraphie est on ne peut plus simple, il suffit d'écarter les bras tel un oisillon qui se prépare pour son 1er vol et sauter la tête la première dans l'inconnu en espérant que ça tienne ou qu'on est pas la victime d'un poisson d'avril du genre :
- "Surprise!! On t'a mis du fil de pêche à la place de l'élastique!!"

J'ai beau pétocher à mort, il faut y aller. Une micro-impulsion s'enlève du pont. J'ai pas l'impression de voler mais plutôt celle que je vais m'écraser comme une vieille crotte.
Et pourtant, non, l'élastique se tend, je repars vers le haut et hurle comme deux jours plus tôt à cracher mes cordes vocales à l'extérieur. Je sens le sang me descendre à la tête et hurle de re-chef.
Heureusement on ne reste pas longtemps la tête en bas, on descend l'élastique jusqu'à ce que je rejoignes les bords du torrent. Pendant ce temps, je continue de hurler à tue-tête.
On note d'ailleurs deux catégories de sauteurs, ceux qui gardent tout à l'intérieur et ceux qui extériorisent à s'en faire péter les veines des tempes. Moi, j'ai beau essayer de faire gaffe, j'y arrive pas, il faut que ça sorte et que le singe à deux vallées de là soit aussi au courant.
Du coup, il faut que je récupère au niveau des cordes vocales, à croire que la remontée crevante sert à ça... Quelques secondes pour descendre, 30 minutes pour remonter, on a déjà vu meilleur équilibre...
Mais peu importe, je suis surexcité, ce manège est ennivrant et à l'issue, on en redemande!

Ca tombe bien, la balançoire cloturera l'après-midi.
De plus, j'ai réfléchi à mon coup depuis la veille et ai bricolé un système pour filmer ma trombine durant la chute (à venir dans "le tour du Braïce").
Je suis maintenant en confiance, c'est plus que du plaisir matiné de hurlements. Vous en serez témoins.

Cerise sur le gateau, lorsqu'on effectue trois sauts, le quatrième est gratuit, et comme il est trop tard pour l'effectuer ce jour, en voilà déjà une excellllente raison de revenir au Népal.

Je quitte le Lost resort en étant quasiment sur de revenir. Dans le bus vers Kathmandou, je me repasse en boucle les vidéos du délit de plaisir.
Pour retrouver quelque chose d'aussi puissant il va vraiment falloir faire très fort!!!!
Peut-être un trek fera-t-il l'affaire, c'est tout ce que je me souhaite.
Joyeux Noël à tous. 

 
 


 
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Published by simplybrice - dans Où Au Népal
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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 11:22
Bien le bonjour a tous,
Pour le bien-etre mental de certains d'entre vous, je tiens a vous tenir au courant du fait que s'il n'y a pas de nouveaux articles ces deux prochaines semaines, c'est normal ou presque : Je pars pour un trek de 12 jours jusqu'au camp de base de l'Annapurna.
Profitez en si vous avez le temps pour rattraper le temps perdu et vous egarer dans les meandres tortueux de ce qui a deja ete compile jusqu'ici.

Autre precision, je ne fais pas la greve des accents, c'est juste qu'au Nepal, circonflexe ne fait entre autre pas partie du vocabulaire. 

Je serais de retour pour Noel ce qui me permet deja de vous souhaiter un magnifique reveillon.

A bientot en ligne

Le yeti et moi vous embrassons bien fort
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Published by simplybrice
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 17:00

A nouveau, livraison speciale avec trois articles dedans. Tu connais la musique, recule de deux pages et reviens en arriere. Enfin, si tu veux quoi...



Paris, ville de lumière, dans la chaleur de notre coeur,

te revoir est un océan de bonheur,

marcher dans tes rues, une symphonie de couleur.


Une symphonie de couleur? Il a fumé c'est pas possible!! Grisaille, pluie et Cie, voilà plutôt ce qui était au programme!

D'accord, on peut le voir comme ça aussi...


Débarquer à Roissy après deux mois d'absence, voilà une sensation pas banale.

On peut en rajouter une couche s'il se trouve qu'en arrivant dans sa ville natale, on se retrouve sans domicile fixe.

Pas de clés, pas de téléphone, c'est la devise de mon voyage et ça parait en complet décallage quand on revient sur ces terres.

Je vous parle même pas du fait que c'est la dernière fois que je pose les pieds en terre sainte pour les deux prochaines années! C'est plus du décallage horaire, c'est du décallage annuel!!!

Mais pas le temps de s'apeusentir, le programme promet d'être dense en revoyures et en obligations administratives. N'oublions pas que le mobile de ce retour plus que passagé est une préinscription aux Assedics me permettant à moi, pauvre licencier, de toucher une petite rente quand mes économies auront fondu et qu'il sera temps de se remettre le pied à l'étrier question travail.


Le premier soir, retour à la maison paternelle. Les heures s'enchainent comme les anecdotes. Le téléphone sonne une ribambelle de bonjours, c'est bon d'être à la maison.


A l'heure de l'apéritif, Papa se sert un excellent whisky et me gratifie d'un excellent rhum as well.

Au moment de porter mon verre à ma bouche, c'est le réveil des papilles, endormies depuis 2 mois de pénitence en terre musulmane.


- Hummmm, vraiment pas dégueux ce p'tit rhum, ça sent le soleil à plein nez!


Papa saisit son verre et boit.


- Mais, c'est pas du rhum, c'est mon whisky que tu bois!!!


Bonjour la honte au pays des Retailleau. J'ai plus l'habitude, il faut que je me rachète un palais. C'est l'hilarité générale d'un côté et trop la honte de l'autre.

Nouveau plaisir à l'heure de passer à table, ça fait deux mois que question viande, c'est poulet à tous les étages. Donc rattrapage de temps perdu, un steack de la taille d'un boeuf atterrit comme par enchantement dans mon auge. Merci Papa, merci Pepette, merci tradition carnivore à la française!


Le matin suivant, c'est déjà l'heure des aux-revoirs.

Et quand je dis matin, c'est pas parce qu'on est en France que je suis dans le rythme du Braïce de Faidherbe ou de Jussieu, je suis tiré du lit à l'heure où le coq hésite encore à s'époumoner. Dans le train qui m'amène vers Paris Saint Lazare, comme avant au Moyen-Orient, je suis le seul touriste! Vous avez dit bizarre?

Avec mon paquetage sur le dos, j'ai l'impression de faire encore plus tache qu'en attendant le bus à Marsa Alam. On peut lire sur le visage des gens l'épanouissement que sussite un trajet en train de banlieue alors qu'il fait encore nuit noire et qu'au dehors, il bruine un crachin hivernal matiné d'une température à ne pas mettre un bédouin dehors.

C'est la joie.


C'est presque autant la joie lorsque je réveille toute la famille Choisy-Perrigot en toquant à la porte. Le soleil est toujours au lit et eux aussi.

L'ami Reno, frais comme un gardon mort, sort des vappes pour me laisser entrer. Dans le rôle du Saint-Bernard hospitalier, on peut rêver meilleur accueuil. (Oh le lourd...)

L'haleine est fétide (ou pas), la voix enrouée et le corps à moitié nu. Ca fait rêver dans les chaumières et on a raison!

Farandole de viénoiseries, éveil des sens avec treuil intégré pour les paupières, arrivée du soleil derrière une chappe de nuages. Le lever de soleil est mi-gris clair, mi-gris foncé, pas la peine que je sortes mon appareil photo si ce n'est pour mettre en boite Reno qui porte l'afro' de bon matin. Mais non.


A 10h30, j'arrive aux assedics avec appréhension. Si le plan se passe mal, ça peut être la cata'.

Peut-être ne voudront-ils pas m'écouter leur narrer l'histoire du voyageur débonnaire qui vient prétendre toucher ses chèques de fin de périple.

Peut-être faudra-t-il que je les saoule pendant trois jours consécutifs pour arriver à leur faire entendre ma cause.

Peut-être, chance infime, cela va se passer comme sur des roulettes graissées pour aller encore plus vite.


Le fait est que de toute façon, mon histoire est véridique, je n'ai pas besoin de perdre en explications foireuses.

En plus, je ne veux pas d'argent tout de suite, il ne manquerait plus que ça!!!


Je pénètre donc dans l'antre du gardien du trésor.

Je commence à raconter ma triste situation. Ca dure cinq minutes. Pendant ce temps là, la très gentille et très patiente dame de l'accueuil tape mes coordonnées sur son ordinateur officiel.

Elle m'interrompt.


- Mais Mr Retailleau, vous avez rendez-vous le 5 décembre à 11h30. N'étiez-vous pas au courant?


Et bien non. Je tombe des nues!! L'orchestre symphonique compressé dans ma tête entonne l'Halleluia d'Haendel, c'est du concentré de plaisir à l'état pur!!! Je flotte trois mètres au dessus du sol dans l'officine éclairée aux néons. J'offre d'embrasser ma bienfaitrice qui refuse pour des raisons déontologiques. Si seulement j'avais eu un carton vert!! Ou des fleurs!! Ou des fleurs vertes!! Ou un carton vert avec des fleurs vertes dessus!!!

J'ai bien fait de m'inscrire sur internet depuis Assouan; si je l'avais fait depuis Louxor le jour suivant, je pouvais pleurer sur mon billet d'avion pour Kathmandou puisqu'au final, le rendez-vous est le même jour que mon vol vers les terres himalayennes qui me prendra le soir venu.

Je quitte sur ce les lieux et marchant (dansant) dans les rues, je souris à tous les passants comme on tire des rafales.

Rarement je n'ai été aussi radieux. Peut-être la dernière fois remonte à quelques semaines en arrière lorsque j'ai descendu les marches de la Bank de Tokyo pour la dernière fois. (NDLR : Essayez vous aussi!! C'est très simple, ça se passe rue Sainte Anne, il suffit de monter quelques marches, de se retourner et de les redescendre en se disant que c'est la dernière fois. Effet boeuf garanti sur facture!!!)


J'ai donc finalement 3 jours pleins devant moi. Le stress a quitté mon monde, il sera temps qu'il refasse quand même un bref passage à l'heure du rendez-vous.


Je rejoins mon Reno d'hébergeur, tout le monde est réveillé, les oiseaux chantent presque. Pour un peu, ils ne feraient pas cui-cui mais bri-brice.


C'est le moment de reprendre les bonnes vieilles habitudes.

Après avoir déjeuner avec Le Ren' et Le Zaz', qui vient d'ailleurs d'apprendre 2 jours plus tôt qu'il était renvoyé lui aussi (Damned, t'as un passeport?), je retourne dans mon quartier, mon antre, ma paroisse.

C'est le moment où jamais de refaire un passage chez les commerçants du quartier, qui hallucinent les uns après les autres. Le G20, le 8 à 8, le teinturier, le bureau de tabac, tous y passent. Je suis en pèlerinage et je ne vais pas me priver de hurler l'Hymne à la Joie.


En parlant d'Hymne à la Joie, je poursuis les effusions de bonheur le soir même en allant dans la maison des Rousseau dont j'ai déjà mentionné le double heureux évènement dans ces pages. Les bras chargés de bébés, c'est pas pratique pour qu'on se sert dans les bras mais le coeur y est tellement que c'est possible!! Le teint hallé d'élever deux bambines d'un mois, ils respirent le talc et la nivéa, c'est si bon!!!


Retour chez les Choisy à pas d'heure, personne n'est couché à tel point que Mr Choisy travaille à domicile jusqu'à 3h du matin. Vous avez dit dévotion?



Le lendemain (jeudi 4 décembre), c'est la journée la plus chargée, on va tenter de faire court (j'ai dit "tenter").


Je commence avec de nouvelles effusions de bonjour et pas des moindres puisqu'en la personne de ma douce Môman et ma tendre Tata de passage à Paris comme une douce coïncidence. Tout le monde remarque que le moral est bon, comment pourrait-il en être autrement?


Je passe une nouvelle fois le reste de l'après-midi à m'abreuver de Paris de manière très abstraite avant de retrouver toute la joyeuse bande de mes très chers amis (sauf ceux qui ne laissent pas de commentaires, Grrrrr) pour m'abreuver de manière très concrète le soir venu.

Et comme tout le monde est là ou presque (pas de procès d'intention), mon coeur bat la chamade de tant de retrouvailles à la fois.

Je ne vais citer personne en particulier, mais que nous soyons "cul et chemise" ou juste "chemise", votre présence ce soir-là fut un orgasme permanent qui va m'accompagner durant de très très nombreuses lunes.


Je le redis encore, si tu entreprends de croiser ma route pour un jour, une semaine ou plus, je ne peux que m'en délecter à l'avance et c'est pas peu dire.


Pour revenir à la soirée du jeudi et pour mettre au courant ceux qui sont partis avant l'apocalyse, apocalyse il y eut.

Je suis désolé pour ceux qui sont resté jusqu'au bout et qui n'ont pas eu droit à des aux-revoirs d'ampleur internationale, mais j'ai cessé d'exister vers 1h du matin.

Bien présent qu'il était le Braïce, mais bien avachi pour ne pas dire plus qu'il était aussi!!

Pas ou peu d'alcool pendant deux mois = pas de mélange pendant deux mois = absence prolongée la tête sur une table jusqu'à la fermeture du Dindon, du moins je crois. C'est pas que je me souviens pas, je me souviens de tout mais ma tête était vraiment trop lourde pour que je regarde aux alentours...


Le retour à la maison Choisy ne fut que titubations.

Reno me ramène au plumard à grand renfort d'aspirine, merci. Rideau.


Le vendredi matin, je suis sur le pont pour mon rencart aux Assedics.

Je suis rasé de la veille ce qui sauve les apparences. Reno n'est pas rasé mais n'a pas rendez-vous. En 1 heure, je suis inscrit, j'ai la permission induite de voyager sans souci particulier et je ne vais pas me priver.

Je retourne chez mes hotes l'esprit léger d'avoir fait le casse du siècle, mais l'esprit lourd de la cuite de la veille. Le rhum vanille du père Michel a un effet qui dure, dur...

La fin de journée se passe à deux à l'heure pour tout le monde.

A 16h, il est finalement temps de reprendre l'itinérance.


Pas la peine de décrire à quel point ça fait bizarre.

Pas la peine de hurler à quel point je remercie Reno et Nathalie d'avoir été aux petits oignons.

Pas la peine de déclamer comme ça m'a fait chaud au coeur de serrer dans mes bras tous ceux qui auront pus déplacer leur scéant en cette merveilleuse soirée de la veille.


A l'aéroport, Papa est le dernier fidèle parmi les fidèles à me dire au revoir.

Les coeurs sont lourds et l'avion à l'heure.

On se quitte sur ce. J'arrive en salle d'embarquement et me rend compte que j'ai encore avec moi tous les documents des assedics que j'ai glanés le matin même. Panique dans l'aéroport, pas question que je garde un oeil dessus pour les deux ans qui viennent!! Je vais avoir autre chose à penser!

Dans la queue vers la douane, je hurle à qui veux l'entendre :


- Quelqu'un aurait-il un téléphone? Je voyage pendant longtemps et en suis dépourvu. A l'aide bordel!!!!!


Je reprends à l'envers et en courant le couloir roulant qui mène à l'embarquement. C'est la panique. Papa revient peu après. Il était moins une, l'avion est parti 20 minutes après...

Comme toujours, c'est pile-poil!



Je quitte là-dessus le cocon parigot, les roues de l'avion quitte le sol, j'avale ma salive dans un "gloups" fait d'inattendu.



Merci pour tout à tous.

Je ne sens plus ma bouche tellement je vous embrasse.











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Published by simplybrice - dans Ou En france
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 16:58

Après 10 jours de mer rouge, une semaine sur le Nil et une autre à siroter le temps au rythme du désert qui avance à Siwa,

Le temps est enfin venu de découvrir le Caire.

2 jours au milieu d'un barnum de plus de 20 millions d'habitants.

2 jours qui vont être déterminés par la forme du moment.

Retour sur le Bus de Siwa.



Quand tu quittes une oasis de douceur pour aller vers une ville torride, tu ne te doutes certainement pas que, après avoir passé près d'un mois dans le pays, il va faire un temps d'esquimau dans les transports.

A la limite, tu peux te dire que tu auras bien besoin d'un esquimau pour faire baisser ta température mais pas que tu auras besoin d'un esquimau pour t'apprendre à vivre et particulièrement à dormir sur la banquise.

La banquise en question, c'est le siège n°24 de mon bus.

Je m'y installe en T-shirt au moment du départ, inconscient de la tournure des évènements. La température intérieure est clémente.

Une heure après, c'est la Sibérie qui s'invite à mon itinéraire. J'avais pourtant fait gaffe à l'en exclure, mais à croire que ferme la porte, elle rentre par la clim'!!!

3 heures de grelots de mes dents jusqu'à l'arrêt providentiel où je peux attraper des affaires dans la soute.

Je me rend compte alors qu'il fait le même temps à l'intérieur du bus, qu'à l'extérieur. Tous le monde frissonne qu'il soit dans le bus ou non, l'Egypte répond au réchauffement climatique en ouvrant en grand la porte du congélateur, il est vraiment temps pour moi de faire mes valises.

Il manquerait plus qu'il pleuve... Mais non, je te vois venir, il faut quand même pas exagérer. Laissons au moins une chance à Paris de me faire redécouvrir un temps tout pourri!!!

Si on conjuge, en plus, le froid du bus avec le fait que j'ai l'espace que j'aurais en partageant une voiture de golf avec une poignée d'hippopotames, tu en déduis fort logiquement que j'arrive au Caire dans des dispositions boiteuses.


Seul réconfort, l'hotel n'a à disposition qu'une chambre quadruple à m'octroyer, ce qu'ils font au prix d'une chambre simple...

Trois lits dont un king-size, quatre mètres sous plafond, un balcon qui du cinquième étage domine toute la rue, c'est Beverly Hills pour le Tom Sawyer que je suis.

Le temps de m'installer, il ne faut pas que je traînasse. Le Caire est la capitale du monde arabe, ça regorge de visites potentielles et je sais déjà qu'en une journée et demi, je suis déjà en retard...

Pour aujourd'hui (dimanche 30), il est déjà 14h, et le programme envisagé murement me fera faire la visite du souk ainsi que de toutes les mosquées qui l'entourent. Ca devrait déjà me tenir occupé un petit moment.


Je pars de l'hotel bien décidé à tenir mon emploi du temps.

Je remonte tranquillement la rue quand j'arrive à un premier carrefour. La rue que je dois traverser est à sens unique, c'est à dire que les voitures ne sont autorisées à aller que dans un seul sens, de ma droite vers ma gauche. Je regarde donc si un véhicule arrive à droite, et comme personne ne vient, je traverse sans sourciller.

La seconde qui suit passe alors comme une heure.

Du côté gauche, une moto qui n'avait rien à faire là est en train de remonter la rue en sens interdit.

En descendant du trottoir, je me présente sa roue avant. Le chauffeur pile des quatre fers et parvient à stopper l'engin juste assez tôt pour ne pas me toucher la jambe mais juste assez tard pour me toucher le pantalon.

il s'en est fallu d'un cheveux pour la moto et moi nous emboitions. Et quand je dis un cheveux, c'est un de MES cheveux, pas un de ceux de Francis Lalanne!!!!

Qu'est ce c'est que cette ville où chacun conduit comme bon lui semble?!?


Je n'ai pas dormi dans un lit depuis 2 nuits. La dernière n'a duré que de 3 à 4 heures. Je ne suis pas près à subir ce traitement-là!!!!

C'est malheureux mais la meilleure solution qui me vient à l'esprit est encore de retourner à l'hotel et de m'y cloitrer de peur que même au 5ème étage, je me fasse attaquer par un camion fou!!!

Tachons déjà de reprendre des forces pour le lendemain. On sait déjà qu'il fera jour, autant que ce soit avec moi et en pleine forme!!


Couché tôt, lever tôt, voilà ce qui aurait dû se passer.

Mais pour le premier, pas de bol, je finis la journée à l'hotel à parler à un couple d'espagnol dont le sourire de la muchacha est un tue-le-sommeil.

Et pas de bol pour le second, je ne mets pas le réveil et sors du lit à 11h. Du matin, quand même...


Ca coupe une jambe au programme de la journée qui voyait enchaîner le musée égyptien avec Toutankhamon et ses potes, et les pyramides avec Chéops et ses potes.

Il va falloir faire un choix et celui-ci va se faire de lui-même.

C'est ta dernière journée en Egypte, est-ce que tu préfères la passer dans un musée aussi intéressant soit-il ou à visiter les monuments les plus vieux du monde sachant qu'en plus c'est surement la chose la plus emblématique et la plus colossale du pays? Réponse?



On prend le métro pour arriver jusqu'à environ 10km des pyramides. Ensuite un taxi pour parcourir le reste.

Sur l'autoroute, on peut voir à des kilomètres à la ronde la silouhette des pyramides découper l'horizon. Qu'il y ait un immeuble devant nous ou non, c'est toujours ça qui dépasse du reste, surnaturel!!!


A l'arrivée, notre chauffeur doit se dire qu'il peut gagner une commission en nous déposant (moi, 'Toine & 'Totophe, deux frangins français rencontrés au petit dèj) dans le quatier des écuries. Dès que la voiture s'arrête, c'est l'Egypte dans toute sa démesure, ils sont une demi-douzaine autour de nous à proposer des tours en chameaux, à cheval, à âne. Que nenni messieurs. Malgré près d'1/4 heure de harcèlement, rien n'y fera, les pyramides c'est à pied et pas autrement!!!


On arrive sur le sîte, c'est un brin peuplé, doux euphémisme.

C'est noir de monde, réalité douce-amère.


Cela dit, plus on s'éloigne de l'entrée, plus la foule se clarsème. On laisse le sphinx, gardien des pyramides et qui parait tout petit à côté de celles-ci, pour se rendre directement au coeur du sujet.

Trois pyramides principales plus une nuée de petites autres, c'est pharaonique et c'est pas peu dire!!! Le spectacle est vraiment à la hauteur de sa réputation et ça fait plaisir.


On restera sur place tout l'après-midi, le temps de faire le tour du propriétaire et d'aller visiter l'intérieur de la pyramide de Képhren.

Pour ce passage en particulier, le gardien nous signale qu'il faut s'acquitter d'un droit d'entrée à l'entrée principale qui est alors à un kilomètre. Le temps de nous voir repartir, il me rappelle et me fait un petit clin d'oeil discret en m'indiquant de m'assoir près de lui.

Au final, le type se mettra dans la poche la somme qu'il nous demande et qui est inférieur à l'entrée en théorie. Comme quoi, tout est possible en Egypte pour peu que l'on mette de l'argent dans la poche de la bonne personne.


A 16h les gardiens font évacuer le sîte, il faut partir.

Retour au Caire par le même moyen qu'à l'aller.

Dernier restaurant en Egypte avant le retour le lendemain matin vers Paris, je me fais fort d'éviter le boeuf cairote et à l'issue, dis au revoir à mes compagnons d'un jour qui prennent le train de nuit vers Louxor.

Je rentre à l'hotel sans me faire écraser, il est temps de refaire mes bagages.


Le lendemain, un taxi est prévu à 6h30, pas question de lambiner. Le programme sur place "risque" d'être chargé en obligations (Assedics) et en émotions (tout le reste), autant garder la forme.

Le temps de skyper un peu pour un retour sans bobos et d'écrire pour ne pas prendre plus de retard que je n'en ai déjà, je m'endors avant que l'horloge ne sonne les douzes coups de minuit.

Quand au lendemain, c'est une autre dimension, une autre planète, plein les yeux, plein la tête.



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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 16:55

Je deviens un spécialiste des transports routiers et ferrovières.

C'est un long apprentissage...

D'ailleurs, j'en apprends encore un peu plus chaque jour...



Comme je vous le disais précédemment, aller à Siwa, c'est pas une sinécure d'où qu'on parte.

Siwa est quasiment à la frontière libyenne, perdue au nord-est de cette fantastique étendue qu'on appelle communément le Sahara et au nord-ouest de l'Egypte. D'ailleurs chose étonnante, sahara en arabe signifie désert, donc si on parle la langue du prophète, on peut désigner l'Antarctique comme étant un sahara. Ils sont fous ces arabes...

Fin de la parenthèse.


Nous, avec Dominica, on est à Louxor. Il est 17h30 quand on monte dans le train qui devrait arriver si tout roule à Alexandrie en tout début de matinée.

En Egypte, le train est un petit peu la Rolls des transports en commun. On sait quand ils partent, on sait quand ils arrivent, quand tu es dedans, tu n'es pas obligé de manger tes genous par manque de place, tu n'es pas arrêter tous les 20km par un barrage de police, etc.

Dans notre rame, nous sommes les seuls au moment du départ. Toute la place du monde!

Toutes les rangées de sièges pivotent sur elles-mêmes pour pouvoir se faire face si on voyage à plus que deux ou si on a envie de poser ses pieds déchaussés sur la banquette d'en face. C'est une chouette innovation et la nuit n'en sera que plus confortablement douce.

J'aimerais dire qu'elle n'en sera que plus longue mais à 6h, nous voilà arrivé à Alexandrie, 600km plus au nord de notre point de départ au bord de la Méditerranée.

A descendre sur le quai depuis notre wagon, seulement trois personnes. Trois misérables personnes pour un wagon entier!! Espérons que la SNCF n'entende pas ça, sinon ils seraient bien fichus de réclamer par réflexe à la SNCF égyptienne de fermer la ligne pour cause de non-rentabilité!!

Seule chose à déclarer sur Alexandrie un 24 novembre à 6h du matin, il fait super froid pour nous qui sommes honteusements habitués à ne pas voir la grenouille baromètre enfiler un tricot de peau thermolactile pour lutter contre les frimas de l'hiver qui approche à grands pas... Je grelote, mes dents jouent des claquettes sur un rythme stromboscopique. Sympa comme réveil... Vivement que le soleil se lève, et ne fasse de cet épisode qu'un lointain souvenir.


Rendez-vous ensuite à la gare routière. Non contents des douze heures de bus qui viennent de s'écouler, on est encore qu'à la moitié du chemin.

Le bus ne part finalement qu'à 8h, juste assez longtemps pour attraper une pneumonie. Heureusement pour moi, un p'tit gars s'est donné pour mission d'abreuver toute la gare routière de thé brulant. Je lui laisse un bakshish équivalent à une caraffe, il n'en revient pas, moi si, il me sauve la vie ou presque...


On grimpe dans le bus, bien conscient que ça va pas être une partie de plaisir. Celui-ci part à l'heure, c'est déjà ça de pris, espérons maintenant que le soleil vient de se lever qu'on arrive à destination avant son coucher!!!!

On a quand même du bol dans notre exode, on est assis au premier rang et on va pouvoir regarder la route défiler sous nos yeux quand on ne trouvera pas le sommeil.

Les 4 premières heures de route, on longe la méditerranée qui nous fait des clins d'oeil tintés de bleu et de vert. L'eau a l'air magnifique mais t'imagines pas qu'on va prendre le temps d'aller faire trempette!

Ensuite, on la laisse derrière nous pour s'enfoncer plus au sud. Le bus roule en permanence soit au milieu de la route soit sur la voie des voitures qui devraient un moment ou à un autre arriver en face. Seulement il n'y a personne. Sur les 250km entre la mer et Siwa, en plus de croiser le bus qui fait le chemin inverse, en 5 heures de temps on doit ne croiser que 3 autres voitures ou camions. La route ne va qu'à Siwa mais quand même, c'est vraiment que c'est reculé comme coin!!!

Sur cette portion de 250km, le paysage est d'une monotonie affligeante à la longue, c'est rocailleux comme la voix de Gérard Darmon et plus plat qu'un discours prononcé par Ségolène R. (polémique!!!!!!)  En plus, pas la moindre végétation, pas un oiseau, pas un chameau, pas un choiseau, rien.

Je m'impatiente, il est 16h, voilà 23 heures qu'on est parti, ça commence à faire!


A 16h04, miracle des miracles, une cahute!

Une minute plus tard, une deuxième cahute avec un arbre autour, c'est plus un miracle, c'est l'immaculée conception!!!!

Et dans les kilomètres qui suivent, au détour d'une colline, la verdure fait son retour et pas en catimini! Les palmiers luttent avec les oliviers pour savoir lesquels ont ma préférence.

On est arrivé! C'est pas dommage!! Enfin!!!!

Le bus nous lache en lisière de village, charge à nous de retrouver le centre-ville. Des gamins sont postés là avec des ânes tirant des carioles sur lesquels il est écrit "taxi 4x4" et comme Dominica est une feignasse, c'est donc le carrosse qui l'emporte!


On décide de partager une chambre double chez Youssef hotel qui ne peut pas être plus central en terme d'emplacement, il donne sur la place du marché, laquelle est précisemment au centre de l'oasis. Qui plus est, encore une fois, l'étage supérieur de l'hotel est une terrasse où il fait bon se prélasser avec sous ses yeux, le spectacle de tout le village qui s'agite, de la citadelle détruite qui ne s'agite plus, avec partout au delà, une mer de palmiers avant un océan de sable.


Nouvelle parenthèse cocasse et instructive pour te parler de la citadelle médiévale. Elle a été construite en un amalgame de terre sèchée et a résisté aux envahisseurs pendant de nombreux siècles. Et bien, il a fallu qu'il pleuve 3 jours consécutifs autour de 1820 pour que la forteresse s'écroule sur elle-même. Si quelqu'un avait dit aux barbares qui voulaient prendre la ville qu'il suffirait qu'ils s'équipent d'un canadair ou d'un arrosoir géant pour qu'ils parviennent à leurs fins, je suis sûr qu'ils l'auraient montré du doigt et auraient ri de lui!


Dans l'oasis, l'Egypte semble bien loin.

Tous les habitants semblent se désintéresser de nous, personne ne poursuit personne pour vendre une écharpe ou un tapis. Seule une personne sur dix nous dit "bonjour", ça fait du bien de faire un break.

Il est impossible ou presque de trouver à acheter un paquet de cigarettes. Sur la quinzaine de supérettes que compte le village, seule une a pris son parti de les vendre. Les autres jugent qu'ils sont de trop bons musulmans pour se compromettre à les vendre et se fiche bien de l'argent que ça pourrait leur rapporter. Bien joué les gars, sauf que j'ai mis deux jours pour faire le plein!! Je savais pas!!  

Dans l'oasis, il y a plus de carioles tirés par des ânes que de voitures polluantes. Plus ça va, plus je préfère l'odeur du purin à l'odeur des pots d'échappement, je me demande à quoi va ressembler ma tête en débarquant au Caire...


A Siwa, Il n'y a que peu à faire, quelques sources chaudes gisent à quelques kilomètres, après c'est le désert. Pas un Mc Do, pas un cinéma, pas une galerie marchande, pas un bowling...

Je vais donc insérer au milieu des 5 jours où je profite des lieux, 24 heures d'immersion au milieu des dunes et m'occuper le reste du temps à pédaler dans le coin pour faire l'inventaire des sources.


L'équipée dans la grande mer de sable se passe en catimini avec seulement Dominica et Ahmed, notre guide, chauffeur, cuisinier, pourvoyeur de délices en tous genres.

La première journée nous fait slalomer entre les dunes en s'arrêtant pour plonger avec délice d'abord dans un petit lac à l'eau fraiche.

Un petit lac au milieu des dunes? Je veux mon n'veu; 20 mètres de long pas plus avec des joncs qui poussent sur le pourtour. Féerique comme emplacement pour une baignade dans une eau limpide à 18°. C'est le seul bémol, 18° d'habitude, je n'y plante que les chevilles mais ici c'est plaisir d'autant que le soir même, Ahmed nous promet qu'on s'arrêtera dans une source à 38°. C'est mieux au niveau du choc thermique!!!


La suite des évènements nous conduit en haut d'une dune (pouet-pouet) plus haute que les autres. Le simple fait de se garer à mi-hauteur et de rejoindre le sommet est éreintant, le sable est fin et léger, et chaque fois qu'on fait un pas, on a l'impression de reculer d'autant. Ahmed en profite pour sortir la planche de snowboard qu'il gardait bien au chaud dans le coffre, c'est la minute sportive.

Dominica me laisse passer le premier. Ahmed a beau me dire qu'assis sur la planche, c'est bien plus aisé, je n'écoute que mon inconscience et m'attache les pieds. La descente se fera debout ou ne se fera pas.

Après 10 mètres, la descente s'accélère. Dans le sable, pas de possibilité de tourner ou de freiner. La seule option, c'est d'aller tout droit et de rester debout le plus longtemps possible.

Pour ma pomme, le plus longtemps, c'est environ 15 mètres, je tombe sur les fesses et devrais envisager la pose d'un nouveau cocsis (cokcisse? Coque 6?). La douleur est violente pour du sable fin, je ravale ma fierté et finis assis sur la planche comme indiqué plus tôt par Ahmed. Effectivement, il avait raison, c'est beaucoup plus stable et je ne tomberais plus de la journée...

Seulement, j'en ai pas fini avec la douleur. C'est bien beau de dévaler les dunes à 1000 à l'heure (minimum!!), le plus dur est encore de remonter. Moins d'une minute pour arriver en bas, près de quinze dans l'autre sens!! Ni tire-fesses ni télésièges, la prochaine fois, il faudra que je pense à dresser un chameau!


Dominica descend à son tour, assise comme il se doit, et file comme une flèche. Pareil pour elle, en revenant au point de départ, elle suffoque de l'effort fourni et la transpiration est en mode Karcher.


On refera l'expérience une petite fois seulement, ça a beau être un bon entrainement pour le Népal, je ne suis pas une mule ni ne suis équipé de pieds palmés, bien utiles j'imagine pour ne pas s'enfoncer dans le sable lors de l'ascension.


Après l'effort, le réconfort; au coucher du soleil, un bain dans la source chaude, on touche au nirvana.

Elle est "construite" en cercle, et à la manière d'un jacuzzi, les bulles remontant du centre de la terre nous massent de la voute plantaire à la tête en passant par mes fesses meurtries d'avoir fait le kakou.

Partout autour, c'est le sable qui nous jauge du haut des dunes, avec une mention spéciale pour le retour des moustiques pour qui aussi, c'est une oasis dans le désert...


A la nuit tombée, un camp de fortune est dressé, le dîner est englouti, et les étoiles par milliers...

Je demande à Ahmed de me réveiller pour le lever du soleil, tout le monde s'endort autour du feu de camp, emmitoufflé dans un sac de couchage. La température tombe tout comme Dominica et Ahmed qui vont se coucher, je m'équipe de mon MP3 pour un hommage dansant à cette journée et à cette nuit étoilée. Seules les étoiles filantes viendront m'interrompre dans ondulements de bassin. A minuit, extinction des feux et endormissement sans problèmes.



Il est 5h45 quand Ahmed me sort du sommeil (27 novembre). Il n'est plus question de danser : j'ai le cerveau dans le formol et la goutte au nez. Il ne fait qu'une dizaine de degrés, la faute à un petit vent qui aurait pû s'abstenir. Mais il en faudrait bien plus pour me détourner du bonheur, j'aggripe mon duvet et grimpe la dune la plus haute à proximité. Dominica et Ahmed choisissent de se recoucher, chacun son camp.

Il fait super froid, il fait presque nuit, je suis seul à affronter le vent mais le spectacle est enchanteur. 30 minutes avant que le soleil se dresse de ton son rond dans le ciel. Une demi-heure pour que le mercure reprenne le chemin de la turgescence.

Bien qu'on soit dans le désert, la rosée est bien là comme l'indique mon nez qui coule...

Au retour d'expédition solitaire, je réveille mes accolytes le sourire aux lèvres de l'expérience vécue. Un thé chaud tonifiant plus tard, on est sur le chemin du retour.

A 10 heures, on est à Siwa.


Dominica est partie ce soir-là rejoindre sa potesse au Caire car un avion l'emporte vers l'Allemagne pour la suite de son odyssée.

La mienne fait un break, l'oasis en général y est pour beaucoup et une source en particulier.


A l'ouest du village s'étire un grand lac. Au milieu de celui-ci émerge une île que l'on peut rejoindre par un chemin qui traverse le lac et fait que l'on peut faire la demi-traversée jusqu'à l'île en vélo en ce qui me concerne.

Sur cette île se tient donc une source où il fait bon vivre et se baigner mais également un petit bar qui se tient sur l'extrémité ouest de l'île. Si tu es familier avec le cycle du soleil, tu en déduiras que c'est l'endroit idéal pour vivre le plus beau coucher de soleil d'Egypte.

Sous mes pieds, du sable.

Au dessus de ma tête, les palmiers d'où pendent des dattes fraîches.

Au premier plan, le lac à l'eau calme réfléchissant le ciel.

Au deuxième plan, de petites montagnes aux flancs à pics.

Au troisième et dernier plan, du sable, du sable et encore du sable sur des milliers de kilomètres.


Avant de rejoindre Le Caire et sa frénésie, rien de tel que ce hâvre de paix n'aillant rien à voir avec Le Havre tout court dont j'attends vos commentaires si vous y avez vu le coucher de soleil!


Poser mes valises à Siwa le temps d'une semaine n'aura été en rien une erreur même si pour y aller et en revenir, la semaine se retrouve circoncise de 2 jours de transport. Je quitte ce paradis du palmier le samedi 29 au soir avec dans un coin de la tête le fait que 3 jours après, c'est le retour temporaire et pas tempéré à Paris.

Je me réjouis de ce qui vient, mais là tout de suite c'est 9h de car et 2 jours au Caire.





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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 17:06
Lassé des textes, fatigué des photos, soit.
Et bien, j'ai beau être en retard sur toutes ces choses, j'ai quand même pensé à toi en ces jours fous à Paris.
Tu pourras trouver dans le lien adéquat la mise à jour de tous les fichiers vidéos dont il était techniquement impossible que je les mettes en ligne dans les pays précédents.
J'espère que tu y trouveras ton bonheur comme j'y ai trouvé le mien.
Peut-être à ce soir au "Dindon en laisse", rue beautreillis, sinon à bientôt sur ces pages.
Je vous embrasse de quatre bises sur les joues comme on fait ici.
Ahhh, si seulement j'habitais à Moscou, il en serait tout autre!!! (Smack)
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 20:42
Voilà près de 2 mois que j'ai quitté le territoire national comme on dit quand on est ministre de l'intérieur j'imagine.
Déjà les souvenirs se bousculent, les prénoms appris se multiplient, tout comme le nombre de fois où j'ai écrit les mots bus ou gare routière dans mon récit.
Et comme rien ne ressemble plus à une gare routière qu'une autre gare routière, j'ai déjà oublié ce à quoi ressemble celle de Louxor.
Pour dire la vérité, j'ai même oublié à quelle heure je m'y suis rendu en chemin depuis Assouan. La seule chose que je sais, c'est que c'était le vendredi 21 et c'est déjà pas mal!!

Ca y est, je met un insert car la mémoire me revient 15 minutes après avoir écrit le 1er paragraphe. La seule raison pour laquelle j'ai oublié à quoi ressemble la gare routière de Louxor est que je n'y ai jamais mis les pieds, pas même un bout d'orteil.
J'ai fait le trajet entre Assouan et Louxor en train, en 2ème classe. C'était très confortable et j'étais à nouveau le seul gringo des environs. J'étais en plus ravi car je pouvais enfin monter dans autre chose qu'un bus.

(retour au texte)

Disons, pour faire simple, que je suis arrivée à Louxor à la mi-journée, je n'ai rien fait depuis l'avant-veille et il me tarde d'arpenter à nouveau le pavé.
Je n'ai pas eu trop de travail à faire pour trouver mon nouvel hotel. J'y ai rendez-vous 2 jours plus tard pour le petit déjeuner avec Dominica qui en aura alors fini avec Assouan et sera elle aussi sur la route du nord. Elle m'a donné toutes les indications pour que je ne sois pas perdu en arrivant en ville.
A l'hotel, la première chose que je fais après avoir choisi ma chambre est d'aller découvrir la terrasse. Elle domine la ville et bien qu'on soit à trois patés d'immeuble du Nil, je peux voir celui-ci sur toute sa longueur, enfin presque.
Sur la terrasse parresse Adam, il est anglais et on voit tout de suite que c'est un voyageur au long cours.
On discute de tout et de rien jusqu'à se qu'il me décrive son itinéraire jusque là. Traversée de l'europe en stop, Turquie, IRAK, Iran, Syrie, Jordanie et Egypte jusqu'à présent.
Il me montre son passeport authentifiant le fait qu'il est allé en Irak, je reste sur le cul...
Et dire qu'il y en a qui s'inquiète de mon sort! Après il va au Soudan et en Somalie, rien que ça...
Le garçon n'est pas très rock n'roll mais au moins son itinéraire l'est pour lui.
On reste perché là-haut pendant pas loin de deux heures. Pour moi, c'en est déjà trop, il faut que je me dégourdisses les jambonneaux.

J'ai deux jours devant moi amputés d'une partie de ce vendredi. A Louxor, 2 choses sont incontournables pour le visiteur : sur la rive Est (celle sur laquelle se situe l'hotel ainsi que la majeure partie de la ville), le temple de Karnak, sur la rive ouest, la vallée des rois, des reines et tout le tremblement qui fait de Louxor la capitale touristique de l'Egypte.
Le temple sera pour aujourd'hui et j'espère pouvoir faire le tour du reste sur la journée de demain. On verra bien...
Comme Adam est aussi nouveau que moi en ville, on fait la paire pour rejoindre Karnak. Il suffit de suivre le Nil, impossible de se perdre, même pour moi!!
En chemin, on est constamment alpagués, suivis, limite harcelés par tout un tas de gens qui ont tous une boutique, une fellouque, une chariole tiré par un âne à vendre ou à louer. Impossible de s'arrêter pour tous, c'est à en devenir dingo. Même pour moi qui n'arrive pourtant jamais à détourner la tête pour esquiver quelqu'un qui m'interpelle, je suis saoulé et dès que quelqu'un autour prononce les mots "vendre" ou "pour toi, bon marché", j'accélère le pas et passe la surmultipliée.
Je n'envisage même pas de sortir des cartons jaunes ou rouges car les types seraient bien capables de me dire qu'ils en ont des moins chers en magasin.
 
On arrive au temple de Karnak après 1/2 heure d'esquive rotative. En arrivant, on comprend tout. Sur le parking sont garés des cars par dizaines. C'est bien simple, on se croirait chez le consessionnaire. Et s'ils sont là, c'est qu'ils ont déjà dû déverser leurs occupants, ça risque d'être noir de monde.
En effet, passés la guérite où on vend les tickets, c'est une marée humaine qui nous attend.
Le temple a beau être impressionnant, impossible de s'ôter de l'esprit que les sandales+chaussettes sont partout. Je suis entouré de colonnes dont il faudrait une dizaine de personnes main dans la main pour en faire le tour, les obélisques se dressent jusque haut dans le ciel, le mur du temple est plus épais que mon appartement était grand, et pourtant ça grouille à un point qu'une partie du plaisir s'est déjà suicidée.
Avec Adam, on aura beau se dire que les gens finiront par partir, chaque fois qu'un équipage s'en va, c'est comme si une nouvelle paire arrivait. La partie est perdue d'avance, tout le monde s'aglutine pour le coucher de soleil.
Lessivés de bruit et de poussière, on rentre finalement avant tout le monde. On part de Karnak sans gloire vers 16h. Et alors qu'on retourne dans le centre-ville par la corniche, on est doublé par une ribambelle de calèche.
Mais c'est pas possible, ils font tout en convoi, même les calèches!!!!

Le soleil se couche sur le Nil, on rentre à l'hotel.
Sur le chemin, on passe devant un "liqueur shop". Je vous écris pas ce que vend le type, c'est comme le porc-salut, c'est écrit dessus.
Adam, en bon anglais qu'il est, achète 6 grandes canettes de bière locale, je n'en achète QUE 4, c'est déjà ça, ça fait tout de même 2 litres de liquide à ingurgiter. La beuverie, ma première depuis bien longtemps, s'organise sur la terrasse. On se sent vite comme à la maison, l'euphorie et le ciel étoilé en prime. Adam liquide son stock en 2 heures et file se coucher. Il m'en faudra une de plus, en ce qui concerne la bière, je suis un petit joueur.
Sur le chemin de ma chambre, je m'arrête par l'ordinateur mis à disposition des clients de l'hotel. 5 minutes après m'y être installé, quelqu'un sort de la chambre juste derrière moi.

-Brice, it's unbelievable!!!
-Jamal, my man, what the F... are you doing here?

C'est Jamal avec qui j'ai marché en compagnie de Marte à Petra. La soirée qui paraissait s'arrêter ici n'en fut que plus longue et festive. Et comme Jamal ne boit pas une goutte d'alcool, je l'accompagnait sur le chemin de la sobriété. L'extinction des feux vint finalement vers 2 heures. Moi qui prévoyais de me lever aux aurores, il va falloir repenser tout ça...


Le son du clairon retentit le lendemain juste avant 10h pour profiter du petit dèj' inclus dans le prix de la chambre. A cette heure, Jamal dort encore comme à son habitude. De toute façon, il a déjà foulé la rive ouest du fleuve avec un tour organisé la veille. Adam est tout ramolli.  Je vais donc la jouer en solo.
Pour le Braïce cependant, pas de tour organisé, j'ai déjà vu ce que cela donne pour la journée à Abou Simbel, et à partir de maintenant c'est "merci c'est gentil mais non merci".
Pour traverser le Nil, la solution la plus économique consiste à prendre les transports locaux, un bon vieux bac fait la traversée pour moins de 20 centimes d'euro. En m'y rendant, je n'aurais de cesse de le répéter à tous les vendeurs à la sauvette qui veulent me proposer une fellouque ou un tour en voiture en empruntant un pont à plusieurs kilomètres de la ville. Certains font mine de ne pas comprendre, carton jaune, certains me suivent pendant plusieurs dizaines de mètres, carton rouge.
Au bout d'un moment, je suis tellement saoulé que je mets mes écouteurs. C'est pas quelque chose que je fais avec plaisir, mais à Louxor, il n'y a pas de règles pas de lois.
Le ferry est là malgré ce que m'ont dit plusieurs personnes en chemin ("mais non il n'y a pas de ferry" ou "mais le ferry il a brûlé"), je traverse sans problèmes.

Sur la rive ouest, le sport continue. "Tu cherches un taxi?", "J'ai une boutique où on loue des vélos.", "Tu cherches un taxi pour trouver un vélo?", "J'ai un âne à deux pas qui n'est pas cher et qui court à 200 à l'heure." J'en passe et des pires...
La meilleure solution est de grimper dans un pick-up qui fait la navette avec le bureau qui vend les tickets d'entrée pour la majorité des sîtes. J'y arrive encore une fois sans peine malgré ce qu'on peut entendre : "mais le pick-up il a brulé" ou "mais le pick-up c'est 200$".
2 livres, soit 0,30 euros, voilà ce que ça coute...
J'arrive au guichet général à midi, le tenancier propose une dizaine de tickets correspondant à une dizaine de sîtes différents, le plus souvent des tombes. Chaque ticket coute entre 5 et 12 euros, il va s'agir de choisir judicieusement, le gouvernement égyptien étant très enclin à me dépouiller de mes sesterces.
Premier choix, le temple d'Habu, sur la carte ça a l'air d'être plus grand que grand et à pieds ça n'a pas l'air bien loin.
En m'y rendant, je tombe sur des enfants qui joue à Tarzan, non pas avec une liane mais avec un fil électrique qui pend de son poteau. On dirait qu'ils savent ce qu'ils font mais ça fout quand même les chocottes.

J'arrive au temple d'Habu en un seul morceau. Les touristes n'y sont pas légions, profitons-en. Le temple n'est pas loin d'avoir les mêmes dimensions que celui de Karnak. Une fois de plus, les gravures succèdent aux colonnes qui succèdent aux hyéroglyphes. C'est beau, c'est grand ET c'est tranquille.
Seul un gardien tente de m'extorquer un bakshish en me montrant une gravure illustrant des singes que j'aurais fini par apercevoir, carton jaune.
Je reste chez Habu pas loin d'une heure mais "the show must go on", je retourne au vendeur de billets.

2ème choix : Deir Al-Medina. C'est encore pas loin de l'office, 20 minutes de marche tout au plus.
Ici, les vestiges d'une ville morte s'étalent. Il y a aussi deux tombes que l'on peut visiter et un petit temple. Les tombes sont creusées dans le sol. On y pénètre par un large trou d'où descendent des escaliers. En bas, la température est 10° plus chaude qu'à l'extérieur, on se croirait dans un sauna. Les murs de la scépulture sont couverts de bas-reliefs qui ont, à l'inverse de tout ce qu'on peut trouver à l'extérieur, conservés toutes leurs couleurs. Du rouge au bleu en pasant par le vert, tout l'arc-en-ciel y passe.
Ca donne un supplément d'âme au tout, si j'ose dire (dans une tombe)...

Pas loin de 14h30 à ma montre, pas le temps de lambiner. Sur le chemin du retour, un chauffeur de taxi se met à ma hauteur. Je l'ai déjà vu plusieurs fois aujourd'hui mais n'ai jamais daigné m'arrêter. Cette fois-ci, de mon oreille attendrie je l'écoute. Il dit qu'il a huit enfants à nourrir, que ce soir ils devaient manger du poulet, mais que comme il n'a pas eu un client de la journée, ils risquent de n'avoir à dîner que des flageolets.
Humain comme je suis, je suis désemparé. Je lui demande son prix pour me conduire le reste de l'après-midi, et voilà que le type me prend pour la poule aux oeufs d'or. Il me sort un prix qui ferait même bondir un américain! Je trace ma route, il en a les larmes aux yeux. Bref après moultes turpitudes, il descend son prix à un niveau acceptable, j'ai maintenant un chauffeur.

En route donc vers la vallée des reines!!
Nouveau droit d'entrée à s'acquitter. Ca commence à faire ch(i)er!
J'entre dans la vallée des reines comme on fait un pèlerinage, dans le recueuillement et la modestie. L'entrée passée, de chaque côté du chemin sont creusés de larges trous béants. il n'y a rien à y voir, ça devait être un galop d'essai pour les chercheurs. Un peu plus loin, les trous sont toujours là mais on peut pénètrer dans deux d'entre eux. Ce sont les tombeaux de reines aux noms imprononçables à l'exception de Titi.
A l'intérieur, un large couloir d'où partent plusieurs salles. Tout est scuplté, peint de toutes les couleurs.
Seulement, n'étant pas particulièrement connaisseur en la matière, à la manière des vestiges romains vus en Turquie, quand on a vu une tombe, plus ça va et plus j'ai l'impression qu'on les a toutes vues! Le pèlerin se transforme en profane!!!
J'achève rapidement le tour du propriétaire et me met à la recherche de la tombe de Néfertari, femme de Ramsès II, dont on dit que c'est la plus belle et la plus chargée des tombes de la vallée des reines.
Et bien, pas de bol, cette tombe là est fermée au public depuis un bail et j'ai déjà fait le tour de ce qui était à voir ici! Je reste sur ma faim... Et ça creuse...

15h45, je n'ai plus que le temps de faire des concessions dans mon emploi du temps. Compte tenu de ce que j'ai vu (ou de ce que je n'ai pas vu) à la vallée des reines, je décide purement et simplement de tirer un trait sur la vallée des rois. RE-profane. Un sentiment de culpabilité me fait dire qu'on ne vient pas à Louxor sans voir la vallée des rois; et bien si!! La preuve!! En sueur et en os!!! Je suis désolé pour Ramsès III, V, VI, et IX, Amenhotep II et les autres mais ce sera pour une autre fois in sha' Allah!!
A la place, je ne veux pas rater le temple d'Hatshepsut (le premier qui dit "à tes souhaits", c'est carton jaune). C'est un monument construit en terrasse sur 3 niveaux. Ca peut sembler bizarre comme choix mais ça l'est tout de suite moins quand je te dis que la terrasse fait la taille d'un terrain de football.
Qui plus est, le batiment est lové en contrebas d'un à-pic d'au moins trente mètres, le long de la montagne sur laquelle sont disséminés tous les sîtes de la rive ouest de Louxor. L'impression de grandeur qui se dégage des lieux n'est pas qu'une impression, on se sent tout petit devant tant de démesure.
Surtout, qui a déjà entendu parler d'Hatshepsut? Vous pourrez voir les photos qui devraient être en ligne en même temps que cet article, ça sent la grosse tête ou je m'y connais pas!! Ca devait pas être le genre modeste, Hatshepsut!
Je reste pas loin d'une heure à vaquer dans cette merveille architecturale, juste assez longtemps pour croiser la meute qui vient à nouveau s'abreuver du coucher de soleil.
Il est temps de hisser les voiles. Le chauffeur m'attend, son poulet va refroidir... Il trouve même le moyen de me dire que je suis en retard et que j'ai pris trop de temps... Bref, Louxor...

Il est temps de retourner sur l'autre rive, c'est comme si le bac n'attendait que moi.
Pendant la traversée, le orange se bat avec le rouge pour savoir de quelle couleur le soleil se couche, c'est beauuuuuu.

Au retour à l'hotel, Jamal et Adam sont sur la terrasse, fatigués de n'avoir rien fait de leur journée. Je les envie un peu mais demain est un autre jour et peut-être sera-t-il temps pour moi de ne rien faire à mon tour. Je sais juste que j'ai rencart avec Dominica pour le petit déjeuner. D'ici là, on dîne à trois dans un restaurant classieux où je commande mon premier couscous du voyage. Divin. Délicieux. Je pourrais revenir en Egypte juste pour remanger la même chose!
Je souhaîte une bonne nuit à mes camarades sur ses appréciations culinaires, l'écriture n'attend pas. Disons plutôt pour être honnète qu'elle a déjà trop attendu, voire qu'elle prend un sérieux retard... Bordel!!


Dimanche matin (23 novembre), le réveil sonne les 9h15. On dirait que j'ai plus de dimanches!!!
Dominica est à l'heure au rendez-vous, il va s'agir de savoir où s'occuper la semaine qui vient. On est tous les deux d'accord pour aller voir du côté des oasis, c'est ce qui était prévu.
Il y a deux choix possibles :
- 4 oasis différentes qui s'étalent à des kilomètres les unes des autres autour des déserts blancs et noirs,
- l'oasis de Siwa qui est la porte vers la grande mer de sable.
Comment choisir? C'est un affreux dilemne. J'ai toujours voulu aller voir le désert blanc, les rares images que j'ai en tête sont tout simplement magiques. Seulement avec le temps dont on dispose, impossible financièrement de passer 5 jours dans le désert. Ca a beau être le désert, c'est cher de louer un 4X4, conduit par un guide, qui s'arrange pour te nourrir 3 fois par jour pendant 5 jours. On pourrait aussi bien n'y passer qu'une journée et se la couler douce dans les oasis mais tout le monde dit, y compris le LP, que Siwa est la plus belle des oasis et que quite à passer 5 jours à lézarder, autant aller lézarder là-bas. En plus et de toutes façons, la grande mer de sable, ça doit pas être dégueux comme paysage (sic).
Le seul bémol, c'est que rejoindre Siwa depuis Louxor, c'est comme aller de Strasbourg à Marseille, en passant par Biarritz!!!!
Il faut prendre le train de nuit de Louxor à Alexandrie pendant un peu plus de douze heures puis enchaîner avec neuf heures de bus jusqu'à Siwa. Faîtes le calcul vous-même, ce genre de mathématiques me file le bourdon.
Mais bon de toutes façons, ça y est, on s'est fait une raison, on a rien sans rien. Ca se mérite du temps à rien faire!
En plus pour ne rien faire, on a déjà toute la journée devant nous puisque le train est un train de nuit, qu'on est que le matin et que Louxor et la terrasse de l'hotel nous appartiennent.
On profite donc de ces quelques heures pour aller une dernière fois sur internet, pour révasser, pour boire un coup...
Le moment venu, on prend nos affaires, Adam n'est pas là et je dis "à bientôt" à Jamal, on se sait jamais... Dominica et moi quittons Louxor lourds des 24 heures qui nous attendent. Juste le temps de saluer le Nil et on est parti.
Quant à la vallée des rois...
 


PS : Paris, j'arrive!! Ce soir c'est au Caire que ça se passe, demain c'est à Paname, le nombril de mon monde! Gare à vous et rendez-vous au "dindon en laisse" jeudi soir pour un pot de bonjour-au-revoir qui promet sur l'échelle de richter!
Nul doute que vous verrez les photos si elles sont chargeables sur un blog de bonne tenue comme le mien.
Au plaisir de vous y voir nombreux!!
(Je devrais dire "enchantement" mais "à l'enchantement de vous y voir nombreux" chante moins bien.)

 


   
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 16:07

Quand t'es dans le désert, depuis trop longtemps, t'as un paquet de travail en retard. Je sais plus qui a écrit cette chanson mais c'est follement approprié.

J'ai eu ouie dire que l'hiver avait gagné la France, que les routes sont bloquées, que novembre a refermé son gris manteau sur tes épaules fragiles. Et bien j'arrive à la rescousse avec des bouquets de soleil : 2 articles, 3 albums photos dont un sous l'eau et pas la mer du Nord. Tu vas pouvoir bronzer rien qu'en regardant ton écran!!

J'en ai rêvé, le Braïce l'a fait; même pas peur.


Comme d'habitude, qui dit deux articles, dit recule d'une page et reviens sur celle-ci après si tu veux suivre les évènements dans l'ordre. Pas besoin de te faire un dessin mais des bises pleines de sable.


Il y a des fois où tu te réveilles en retard et c'est grave, t'es à la bourre.
Il y a des fois où tu te réveilles tard, bien trop tard pour que ta journée soit constructive et c'est ennuyeux.
Mais il y a d'autres fois où tout ce qui importe c'est de dormir longtemps, longtemps, longtemps; rien d'autre n'est important.

J'ouvre les yeux sur ce mardi 18 à l'heure où l'on finit de déjeuner. Rien n'est planifié.
Un coup d'oeil au LP pour se rendre compte qu'Assouan est construit le long du Nil. Ca peut paraître évident mais ce qui l'est moins c'est qu'une seule rive est peuplée.
La rive Ouest regroupe en son sein toute la ville.
La rive Est est vide d'habitants, de routes, de batiments.
Entre les deux baignent une petite dizaine d'îles aux noms exotiques.

Je choisis donc d'aller déambuler le long du fleuve, la fleur au fusil, en quête de nourriture et d'aventures.
En arrivant le long des quais, impossible de ne pas voir deux grosses taches. Sur l'île principale en face de la ville se dressent deux hotels. Le premier est un 4 étoiles construit comme une barre HLM sur la quelle on aurait eu l'idée débile d'édifier un tour de contrôle d'aéroport. J'imagine que le point de vue depuis là-haut est à tuer, mais quitte à tuer quelqu'un on ferait mieux de s'en prendre à l'architecte qui a pondu cette chose.
Le deuxième hotel ne s'est jamais vu attribuer la moindre étoile pour la simple et bonne raison que celui-ci n'a jamais été fini. Il occupe un terrain immense sur la pointe nord de l'île et n'est en fait composé que des fondations bétonneuses et maintenant noirâtres de ce qui aurait dû être un autre hotel 4 étoiles.
Ce cocktail de bonnes idées d'aménagement des îles sur le Nil s'est arrêté à ce stade, espérons que ça n'aille pas plus loin dans la démesure et la dégradation du paysage.
Derrière ces deux points noirs s'élève une large dune de sable qui réussit l'exploit de malgré tout, donner à la vue des airs majestueux et relaxants.

La marche le long du fleuve est plus que plaisante. Les fleurs s'épanouissent de partout, le bruit des voitures est couvert par celui des oiseaux qui gazouillent, les fellouques naviguent à la voile, je mange du poisson, un gros, grillé au barbecue.
A l'issue de ce plaisir culinaire, j'ai le peau du ventre gonflée de plaisir, mais je n'en poursuit pas moins la marche. Sur les rives à Assouan, le seul truc un tantinet dérangeant est que tous les 30 mètres quelqu'un vous demande si vous voulez prendre une fellouque. Je sais bien que ça part d'un bon sentiment mais tous les 30 mètres, à la longue, c'est usant. Donc, comment faire d'une chose négative une chose positive? C'est simple, il suffit de céder à la tentation!!
Après avoir déjà bien arpenté le pavé, après m'être alourdi d'un petit kilo de nourriture, rien de tel que de continuer à avancer lmais sans se fatiguer ne serait-ce que le petit doigt. Je cède donc à l'appel d'un p'tit bonhomme qui me propose un tour de bateau. Les négociations vont bon train, je parviens à ce que je pense être un bon deal : 15 euros pour 3 heures de navigation autour des îles jusqu'au coucher du soleil, en plus je suis tout seul sur le bateau.
Ne vous arrachez pas les cheveux d'angoisse, pas d'inquiétude à avoir, quand je dis tout seul, c'est sans compter sur la compagnie du capitaine (environ 20 ans) et du mousse (environ 13 ans). T'imaginais pas que j'allais conduire un bateau de 15 mètres de long, sans moteur, au milieu de dizaines d'autres embarcations. Je sais déjà pas remplir un constat en français alors tu penses bien qu'en arabe...

La navigation s'effectue à cadence très modérée, le vent ne souffle qu'à peine et c'est très bien comme ça. Pas besoin de se mettre en mode régate pour me combler. De toute manière, les fellouque ne sont pas équipées de moteurs, espérons simplement ne pas avoir à pagayer quand il sera temps de remonter le courant, bien calme lui aussi. Des oiseaux de toutes tailles vollètent tout autour, la vie sur le fleuve est quasi exubérante en comparaison du désert qui s'étale à quelques kilomètres.
A bord, le service est au poil, le thé coule à flot et le capitaine sait mettre son passager à l'aise grace à des herbes médicinales, si j'ose dire...
Le coucher du soleil est divin comme le reste et on rentre à bon port à la nuit tombée.
Le temps de dire merci au personnel naviguant par le biais d'un bakshish légitimement versé, me voilà de retour à l'hotel sur la terrasse que je découvre et qui domine la ville et le Nil. Je te passe le fait que j'écris pendant des heures une fois de plus; à 1h il est temps d'aller dormir. J'ai réservé pour le lendemain l'excursion qui va au temple d'Abou Simbel, le réveil sonnera à 3h du matin.

De part ma grande expérience des nuits sans sommeil, je sais qu'il est souvent préférable de ne pas dormir plutôt que de le faire pour seulement une heure ou deux, le réveil est souvent meilleur s'il n'y a pas de réveil du tout. Je paresse donc devant un film jusqu'à l'heure fatidique à laquelle il faudra que je me mettes en route.
A 2h55 quand même, je ferme les yeux et m'endors.
Si tu as tout bien suivi, tu auras compris que 5 minutes plus tard, quelqu'un de l'hotel vient frapper à ma porte pour me signifier qu'il est temps de lever le camp.
5 minutes de sommeil, c'est pas le Pérou. Ca tire de partout au moment de se mettre en branle et d'aller prendre le petit déjeuner.
Dans le restaurant de l'hotel, un autre bougre est réveillé, il est néherlandais et a dormi au moins six heures depuis la veille au soir. Je l'envie un peu...
A 4h, le minibus est là, on est parti vers Abou Simbel pour plus de trois heures de conduite, temps pendant lequel j'espère bien combler mon retard de sommeil. Hors en montant dans le minibus, on se rend vite compte que celui-ci a déjà fait le tour des hotels du coin, qu'il est bourré de monde et que les seules places qui restent sont les pires c'est à dire les strapontins bancals sur lesquels personne n'ose s'assoir.
Excuse ma grossièreté mais j'ai envie de dire merde.
Le dossier ne me monte qu'au milieu du dos et dès qu'on démarre, j'ai la tête qui valdingue dans tous les sens n'ayant pas non plus d'accoudoir(s).

Sur les trois heures de route, gromeler est plus aisé que dormir. C'est donc ce à quoi je m'active durant tout le trajet! Une chose est sure, tout le monde ici a payé à peu près le même prix et on ne m'y reprendra pas quand viendra l'heure du retour, j'aurais un siège et pas un tape-cul!!

Autre chose, sur la route, nous ne sommes pas les seuls, on fait encore parti du convoi. Seulement celui-là à la différence de l'avant-veille fait des kilomètres et des kilomètres. On ne compte plus les autocars, les minibus, les camping-cars et les voitures. Il va falloir la jouer serré pour être dans les premiers à s'engouffrer sur le chemin des temples.

A 7h10 du matin, on arrive. Le chauffeur nous signale qu'il nous attend à 8h50 pour repartir et qu'il n'attendra pas les retardataires. C'est donc ce à quoi on s'expose quand on fait parti du troupeau, on ne m'y reprendra pas, ça c'est sûr!
Accompagné de mon ami du jour, on court pour rejoindre le guichet où sont vendues les précieux sésames qui permettent d'entrer. Mais, chaque fois qu'on dépasse quelqu'un, c'est le double de monde qu'il nous semble avoir à dépasser. Au guichet, la foule est compacte, l'attente interminable et mes yeux lourds.
Il est 7h45 quand on parvient enfin à nos fins. Ne reste plus qu'à entrer.
Seulement là encore, tous ceux qui nous précédaient dans la queue précédente nous précèdent encore et encore, et comme pour rentrer il faut montrer patte blanche en mettant son sac à dos dans un détecteur à rayons X comme dans un aéroport, l'attente n'en est que plus longue encore...
A 8h05 enfin, on est "libre" de suivre le flot des visiteurs.

Sur le chemin devant nous se trouve une large colline que nous contournons. Ce faisant, on aperçoit d'un coup ce pourquoi nous sommes venus : Ramsès II nous toise.
Dans le sens de la longueur de la colline, celle-ci a été creusée puis sculptée, découvrant un fronton colossale et le mot n'est pas trop fort.
Sur celui-ci, 4 statues du pharaon sont édifiées en plus de nombreuses autres plus petites. La vue est en tout point saisissante malgré les gens qui s'agglutinent à sa base. Tous les murs sont couverts de bas-reliefs, de hyéroglyphes; on ne sait pas trop où poser le regard tant il y en a!
Au centre de la structure, une entrée est creusés d'où partent des couloirs et des salles dont chaque centimètre carré est un délice pour les yeux. La somme de détails est à couper le souffle comme les nouvelles statues gigantesques qui ouvrent le passage. Seule ombre au tableau, je ne suis pas tout seul et c'est rien de le dire!! On se croirait dans les grands magasins le week-end précédent Noël!!!
Au bout d'un moment, j'en ai tellement marre de la bousculade que je ressors, il y a tant de monde que même les cartons rouges sont à laisser dans la poche!

A l'extérieur, il a beau n'être que 8h du matin, la chaleur est suffocante. Abou simbel n'est qu'à quelques kilomètres de la frontière soudanaise et est donc le point le plus au sud de l'Egypte, j'ai jamais eu aussi chaud depuis le départ de Paris!! Même le lac Nasser qui étend ses eaux jusqu'ici ne parvient pas à tempérer tout ça.
Petite leçon d'histoire qui te permettra d'en savoir un peu plus, le lac Nasser est un lac artificiel qui a vu le jour suite à la construction du grand barrage d'Assouan. L'eau retenue a crée le lac qui a submergé des terres sur 400km le long du fleuve.
Le temple d'Abou Simbel dont le destin était scellé du fait de la montée des eaux a dû être déplacé plus haut pour ne pas être submergé, sacré travail!!!!

20 minutes m'ont suffi à voir la première façade et ses entrailles, reste maintenant à découvrir le reste.
Une deuxième colline se tient derrière la première, et bien ça a été l'occasion pour Ramsès de construire un deuxième temple!
Nouvelle façade grandiose, nouvelles statues grandes à se faire mal au cou, nouvelles bousculades.

A 8h45, j'en ai plein les pattes de la chaleur, de la poussière, de la foule, d'avoir dormi aussi longtemps qu'une sieste à la BTM, je lève le camp. Vous me direz, de toutes façons, j'ai pas trop le choix, 5 minutes après le minibus lève le camp.
En retournant donc au minibus, j'accélère tel le fourbe que je suis. Il doit bien y avoir quelques uns de mes voisins qui ne sont pas encore dedans. Siège confortable, sommeil réparateur, me voilà!! Je crois d'ailleurs pas si bien dire, je suis le premier!!! Je m'installe comme un pacha. Le véhicule n'est pas encore parti que je dors déjà.
Je suis tiré de mon sommeil peu avant midi. Le chauffeur nous informe que si on veut, on peut aller faire un tour sur le grand barrage qui nous tend les bras.
Pourquoi pas?
Un nouveau droit d'entrée payable en une fois plus tard, nous y sommes. Nous y sommes mais cantonnés sur une vingtaine de mètres, le reste est zone sensible et réservée aux militaires. C'est pas bézef' mais ça nous donne quand même l'occasion de jeter un oeil à l'édifice et d'avoir un nouveau point de vue sur le Lac Nasser.
10 minutes montre en main après, de toute façon, on est déjà reparti, tu parles d'une étape!!

Il est donc midi passé, la journée pourait ne commencer que maintenant mais non, on a déjà fait plus de 600 bornes et visité deux des monumentes les plus emblématiques d'Egypte!! Tu parles d'un train d'enfer!! Et ça ne s'arrête pas là!
20 minutes de route plus loin, le minibus s'arrête à nouveau.
On a droit à une nouvelle visite éclair : le temple de Philae.
Celui-ci a été également reconstruit sur une île pour éviter sa noyade dans les eaux du lac. On prend donc un bateau pour s'y rendre.
Un nouveau droit d'entrée plus tard, nous y sommes. La chaleur est à son paroxisme, l'ombre bienvenue (NDLR : évitez de venir en Egypte en été si vous ne voulez pas fondre comme neige au soleil).
Je déambule encore et encore. Sur le sîte, je croise des écoliers égyptiens. Ils n'en ont rien à faire du temple et tout ce qui les intéresse c'est de prendre des photos avec moi. En 30 minutes, une cinquantaine de clichés avec chacun d'entre eux, j'en ai plein la tête et ai vraiment besoin de calme.
A 13h de toute façon, c'est le retour au bateau, le minibus repart à 13h15. Emballé c'est pesé, 3 visites à la vitesse d'un cheval au galop, on repart vers Assouan qui n'est plus qu'à quelques kilomètres.
Avant d'y arriver, le chauffeur propose une dernière étape, mais tout le monde est claqué, et notamment par le rythme infernal auxquelles les livres egyptiennes ont quitté les porte-monnaies durant cette palpitante escapade.

On retourne en ville sur les coups de 14h, je ne marche pas droit.
Le reste de la journée ne sera que sieste en rêvant aux pharaons et comme je suis vraiment à la bourre dans l'écriture, je décide de rester ici 24h de plus. Ce qu'il faut pas faire pour vous contenter...

Le lendemain en effet, j'ai beau avoir la patate d'une nuit de plus de quinze heures; après être retourné sur les bords du Nil pour profiter un peu de l'ambiance, je m'enferme dans le Mac Donald, mon premier depuis Paris, pour bénéficier du Wifi le plus efficace des environs.
C'est grace à cette journée des moins palpitantes que tu auras pû gouter aux clichés syriens et jordaniens. Grâce soit donc ici rendue au roi du hamburger!
Cela dit, la journée n'est pas complètement perdue, je tombe par hasard sur Dominica et Emma, les 2 australiennes avec qui j'avais passé quelques temps à Nuweiba et sur le ferry pour s'y rendre. Elles viennent d'arriver à Assouan alors que je m'en vais.
On synchronisera quand même nos montres pour nous retrouver à Louxor trois jours plus tard afin de peut-être partager de nouvelles aventures.
On se quitte là-dessus ce jour là car j'ai pas fini mon travail (sic).
Je pars du Mc Do à 22h avec des pixels plein la tête.
Le lendemain, je vais à Louxor... J'adore...


PS : est-ce que c'est la faute du désert et qu'un mirage trouble mes sens ou est-ce que Dangléant s'est inscrit à la newsletter?Montre la voie mon gars!!!


PPS : toujours pas de relecture de ma part, c'est du craché-collé, désolé pour les fautes!



Merci à tous d'être toujours au rendez-vous!!
 
 


 

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 16:01
Il en va des voyages comme de la vie,
Parfois on file comme une comète, parfois tout semble souffrir d'un frein à main.

Je savais les transports égyptiens à la limite du déraisonnable mais là, on flole la correctionnelle.
On avait ri avec Samer du fait que parfois les transports, on ne sait pas quand ils arrivent mais pas non plus quand ils partent. Il m'avait bien raconté l'anecdote du chauffeur qui doit conduire un bus quotidien de Marsa Alam à Assouan mais qui prétend un soir qu'il fait trop froid pour prendre la route afin de mieux passer la soirée sur son canapé pour peu qu'il en possède un. Je me souviens encore de cette histoire même si au moment de l'entendre pour la première fois, ça n'avait fait que m'effleurer la conscience.

Ce soir, dimanche 16 novembre, je sais que je dois prendre ce même bus.
La seule chose à peu près tangible est que le bus doit passer par Marsa Alam entre minuit et 1h du matin pour arriver à Assouan aux aurores le lundi.
Samer convit donc son chauffeur (il ne possède pas de voiture, un taxi ravitaille l'hotel, dépose les clients...) à 23h30 pour me conduire à la gare routière. Le gars arrive, tout va bien. En peu de temps, on arrive au village. La voiture s'arrête à une parodie de station service : une pompe, un type qui vend trois chips sur deux trétaux, un lampadaire pour s'assurer qu'on est pas dans l'obscurité totale.
Mon chauffeur me dit que c'est là que je descends, c'est la dîte gare routière...
Je prends mes affaires à l'arrière du pick-up qui n'attend pas la suite des évènements pour foutre le camp.
Le vendeur aux chips m'interpelle. Je vous retranscrits pelle-melle :

-Salut, qu'est ce que tu fais là? Et tu vas où comme ça?
-Je vais à Assouan avec le bus de nuit.
-Ah mais il n'y a pas de bus cette nuit, tu t'es gourré mon p'tit gars.
-Quoi?!? Mais on m'a pourtant dit que...
-On t'a dit des bétises, il n'y a pas de bus, point à la ligne.
-Qu'est ce que je vais devenir? A quelle heure est le suivant?
-A minuit demain soir. Pas avant.
-Il y a pas un autre moyen d'aller à Assouan? C'est qu'il faut que j'avance moi!!
-Y'a bien un moyen, il doit y avoir un minibus qui t'arrêtera à Edfu c'est à dire à mi-chemin et qui devrait partir bientôt.
-Bientôt quand?
-Bientôt quand il sera plein.
-Et on est combien pour l'instant?
-T'es le premier!!

Je suis le premier, Victoire!! J'ai gagné le droit d'attendre le plus longtemps! Tu parles d'une médaille d'or...
Pas question de reprendre un taxi pour me ramener au camp, comme ailleurs ils sont organisés en guilde et réclament pas moins d'une douzaine d'euros pour 10km. Je m'assois donc sur un banc fait de cartons posés les uns à côté des autres et commence à patienter. Le vent souffle de fraîches rafales, ramenant la température extérieure autour des 10°. J'ai froid et commence à empiler les couches de vêtements.
A 1h deux personnes arrivent. Ils sont médailles de bronze et d'argent. La belle affaire...
On échange quelques phrases, l'attente se poursuit.
A 3h, rien n'a changé, on est toujours que trois. D'autres bus ont beau passé par là, c'est jamais celui d'Assouan ou d'Edfu.
Autour de 4h, je tombe de sommeil sur mon banc de fortune. Je vous laisse imaginer la qualité du sommeil.
A 8h, enfin, je suis tiré de ce qu'on appèlera généreusement ma nuit par le bruit d'un moteur qui tourne à 50cm de ma tête qui ne comprend rien à ce qui lui arrive. Le minibus est là, gorgé de monde, ne reste qu'une place pour le Braïce dans le brouillard.

Huit heures de patience, voilà ce qu'il en coute de voyager avec les moyens du bord. Mais pour paraphraser "La guerre des boutons", si j'aurais su, j'aurais venu quand même, mais à 8h...
Dans le minibus pour Edfu, ça cri, ça fume, ça secoue. Les hommes sont assis à l'avant du véhicule, on n'entend qu'eux. Les femmes sont à l'arrière avec les enfants, pas un mot ne sera prononcé par elles.
La route est on ne peut plus monotone et plate, c'est un désert plat et rocailleux qui s'étale de part et d'autre. Seulement à l'approche d'Edfu, j'ai l'impression d'halluciner, j'ouvre les yeux et quelque chose cloche mais je ne sais pas quoi. Quelques secondes de concentration sont bien nécessaires pour finalement me rendre à l'évidence, le Nil doit être à portée de tir, les teintes sablonneuses du paysage ont laissé la place à du vert. C'est pour ainsi dire la première fois depuis deux semaines que les arbres sont plus nombreux que les cailloux!! Je n'avais pas fait particulièrement attention à ça en apprenant que mon minibus allait à Edfu, mais cette petite ville est perchée sur le plus long des fleuves du monde. D'ailleurs avant d'aboutir à la nouvelle gare routière (si tant est que ça en soit une), on longe le large ruban d'eau.
Ce faisant, on peut bien se rendre compte de l'importance vitale de la rivière. Ses rives sont couvertes de cannes à sucre, d'oliviers, de palmiers, de champs de coton. Parfois la largeur de la bande verte couvre plusieurs kilomètres, mais à d'autres endroits, la végétation ne s'étend que sur une dizaine de mètres avant que le désert ne reprenne ses droits. En tout cas, mon plaisir de revoir pousser arbres et fleurs est non feint malgré la fatigue d'une journée à rallonge.

Le minibus parvient enfin à Edfu autour de midi, ne reste plus qu'à dénicher un nouveau minibus pour boucler la boucle et rejoindre Assouan avant la nuit.
A la gare routière, pas l'ombre d'un touriste, je suis encore l'aiguille dans cette botte de foin. Je demande à gauche à droite où je peux trouver le bon minibus. Tous les chauffeurs refusent de me prendre. Il y a bien un type qui me propose de monter avec lui mais je serais mieux dans un transport collectif, j'ai dormi quatre heures et j'ai pas envie de faire la conversation. Je cherche encore. Rien. Nada. Que dalle. Pas un minibus ne souhaite me voir à son bord. Voilà qui est bien curieux...
Finalement, le bonhomme évoqué plus haut est toujours là. Je monte avec lui.
Pas bien loin en fait; on fait pas 1km qu'il me dépose à un poste de police. Je descends du véhicule et suis alors pris en charge par les képis.
Ceux-ci ont également arrêté un camping-van dont la plaque d'immatriculation est française. Echange d'informations.

Le camping-car est conduit par Jean-Pierre et Sandrine qui sont partis de France il y a pas loin de 2 mois.
Quand, en Egypte, on conduit un véhicule particulier et qu'on est occidental, on doit voyager en convoi pour aller de ville en ville. Le convoi part à heure fixe chaque jour et permet au voyageur de bénéficier si besoin est d'une escorte policière. Et bien en fait, Jean-Pierre et Sandrine ont perdu le convoi et sa cohorte de véhicules.

On attend tous ensemble quelques minutes avant de voir le convoi surgir au détour d'un virage. Jean-Pierre a, sans s'en rendre compte, devancer la file indienne qu'il convient maintenant de rejoindre. Plus besoin de trouver un minibus, je suis embarqué avec plaisir par mes deux français qui ont la même destination que moi en vue.
La route longe le Nil et c'est pas pour me déplaire. L'eau de la rivière est d'un bleu profond qui tranche avec la verdure environnante.
En chemin, le convoi s'arrête à un temple, celui de Sobek à Kom Ombo, mon tout premier.
Ca faisait un moment que j'ai pas re-croisé les colonnes et les frontons sculptés, le plaisir est au rendez-vous, d'autant qu'à partir de maintenant les temples sont couverts de hyéroglyphes et autres bas-reliefs représentants les rois de naguère de profil comme il convient au pays des Pharaons.
La visite est rapide autant que le convoi qui avale les kilomètres à plus de 100km/h.

Vers 15h, Assouan se profile et avec lui une chambre d'hotel que j'espère calme et reposante.
Jean-Pierre et Sandrine me dépose en ville. La température est suffocante pour un mois de novembre, jamais ces habitants voient-ils un hiver?
En ce qui me concerne, avec tous mes kilos sur le dos, en deux minutes je ruissèle. J'ai repéré un charmant hotel dans le LP que je trouve rapidement en demandant mon chemin à ,grosso modo, chaque personne que je croise.
En arrivant, je m'écroule dans un fauteuil confortable du salon commun. Il faudra bien un treuil pour m'en extraire. Plusieurs thés plus tard quand même, je sors de ma torpeur et suis sur le point de rejoindre ma chambre.
Et bien t'y voilà que à peine relevé, une voix familière sonne à mon oreille. Je me retourne et tombe sur Graham que j'avais laissé en Cappadoce un mois plus tôt. Je sais pas si ça vaut la peine d'écrire que je n'ai pas rejoint ma chambre tout de suite et que la sieste, elle repassera...
On achèvera de passer la journée ensemble jusqu'au soir. Lui repart le lendemain vers de nouvelles aventures, pour moi le lendemain se fera sans aucun doute sur des bruits de ronflements légers.
Il est 23h quand je rejoins ma chambre pour la première fois.
Et c'est effectivement comme si j'avais un lit pour la première fois.
ZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzz...   

 
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Published by simplybrice - dans Où En Egypte
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 14:39
D'habitude, j'ai rien contre le fait de descendre une bouteille.
Cette fois-ci, tout amateur d'alcool sera deçu d'apprendre que la bouteille est pleine d'air.
Et c'est exprès!!

L'Emy Camp à Marsa Alam est tenu par une famille adorable.
Samer est libanais, a fait carrière comme chanteur avant de s'installer ici pour développer cet hotel.
Sarah, sa femme, est néo-zélandaise. Son visage fleure bon l'influence maorie. Elle fait une tête de plus que Samer et est douce comme de la soie.
Nadia, leur fille, essaye de prononcer son premier mot.

Dès les premières minutes, ils me font me sentir comme à la maison. Je suis pour ainsi dire le seul client et très enclin à discuter de tout et de rien.
On dîne tous ensemble avant que je me rendes avec Samer au centre de plongée pour prendre la température. Je suis tellement bien accueuilli que je m'engage à dîner tous les soirs au camp avec mes hôtes.
Concernant la plongée, il sera convenu que je plonge 10 fois pendant les 5 prochains jours sur 5 sîtes différents.

Le premier jour consiste en une remise à niveau. Je suis pris en charge toute la journée par un intructeur mis à mon unique disposition.
On part avec le reste des plongeurs au petit matin dans le bateau lourdement chargé de bouteilles, combinaisons et autres accessoires. Après 1 heure de navigation, on jette l'ancre et on s'équipe.
Tout arnaché, je passe de 62 kilos à environ 85. Sacré attelage!!
La combinaison me moule comme un préservatif et il est très difficile d'effectuer de larges mouvements tant elle est près du corps.
Une fois dans l'eau, le poids de mon matériel n'est plus qu'un affreux souvenir, je flotte comme un bouchon.
3, 2, 1, c'est parti. Je vide l'air contenu dans mon gilet et la descente commence. Sous l'eau, le corail fleurit de partout, et tout autour des dizaines de poissons nagent sans prêter attention à ma présence. Je n'entends rien d'autre que ma respiration saccadée, c'est le monde du silence.

De la première à la dernière plongée, le plaisir est chaque fois renouvelé.
Les sites sont magnifiques même si peu fréquentés en gros poissons.
Clou de spectacle : Deux tortues de plus d'un mètre de large se prélassent et dévorent tout ce qui dépasse de salade marine.

Les photos réalisées à l'aide de mon caisson étanche chéri parleront d'elles-mêmes.
De tout façon, je commence à prendre trop de retard dans le récit de mes aventures et mes chers amis ont déserté la toile. Si tu fais partie de ceux-là, tu peux toujours botter le cul de tous les autres pour moi, et je pèse mes mots.


Je vais simplement finir en remerciant grassement Samer et Sarah qui ont toujours été aux petits soins pour moi.
Si vous passez par Marsa Alam, n'hésitez pas à vous y arrêter pour un jour, une semaine, ou un an.

Je t'embrasse, toi fidèle lecteur et espère être plus prolixe la prochaine fois si le coeur y est.



La prochaine fois sera dans près d'une semaine car je pars aujourd'hui dans le désert egyptien et ses oasis et, qui dit désert, dit désert. Pas d'internet, pas de frustrations, juste ma tronche au milieu des palmiers, des sources naturelles, ou sous les étoiles à la nuit tombée entouré de dunes de sable rougeoyant.
D'ici là, porte toi bien et fais-moi savoir que t'existes.

PS : merci 'tite Nélise pour ton message, ça fait du bien par où ça passe, direct au coeur.

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