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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 07:37

Seul sur le sable, les yeux dans l'eau,

mon rêve était trop beau.

L'été qui s'achève, je partiras à 100km de là!!! (merci Roch)


A 100km de là, pas trop loin donc. Pas question de quitter le paradis et de retourner à Bangkok sur le champ. Mon nouveau visa thailandais courre encore pour les 10 prochains jours et il est encore temps de le faire fructifier.


Je suis donc parti pour Phang-Nga et son parc national, encore un...

Mais pas question d'être blasé par quoi que ce soit, on dira donc un parc national, encore un!!!!!

Le parc national de Phang-Nga devrait être un avant gout de la baie d'Halong au Viet-Nam avec sa cohorte d'îles calcaires qui sortent de l'eau comme des feux d'artifices. C'est tout ce que je sais et c'est déjà pas mal!

Deux heures de bus tout au plus, voilà ce que j'ai dû endurer pour m'y rendre.

A l'arrivée, il est 15h, trop tard pour faire quoi que ce soit. En plus, on est dimanche et tout est fermé dans le bled. La seule chose à faire dans ces cas là, c'est d'écrire jusqu'au bout de la nuit et je ne me suis pas privé, j'ai envie de dire malheureusement...


Le lendemain, on repasse aux choses sérieuses à savoir un peu d'exploration.

Je quitte ma chambre d'hotel à 11h et tombe sur Mary, une petite blonde allemande qui s'apprête à quitter l'hotel. On discute cinq minutes, le temps pour moi de me rendre compte qu'elle ne sait pas bien ce qu'elle veut faire mise à part quitter sa chambre d'hotel.

Comme la gamine est beaucoup plus mimi que cracra, je la convains de rester une journée de plus bien qu'elle ait des engagements par ailleurs et de partager ma chambre pour économiser les frais, c'est toujours ça de pris. Pas d'arrière pensée de mon côté ou si peu que c'en est dérisoire.

On passera donc la journée ensemble et advienne que pourra...


On part donc en ville, un bien grand mot pour cette petite bourgade de quelques milliers d'âmes.

On a beau être dans le sud de la Thaïlande, entre Phuket et Krabi, deux haut lieux touristiques, ce qui frappe ici c'est qu'on ne rencontre aucuns touristes. En une après-midi de vadrouille, on ne passe que devant deux hotels modestes et les seuls restaurants sont des gargottes sans prétentions aucunes. Ca sent l'Asie dans le sens le plus naturel du terme et ça fait du bien après Phi Phi et Ton Sai.

En plus, avec Mary, on ne se prend pas le chou, l'essentiel est de laisser la route principale derrière nous et de marcher au gré des chemins de traverse qui se présentent.

Tantôt on fait fausse route. Le chemin est en plein soleil, ça monte et ça descend presque comme aux plus belles heures népalaises, et ça ne mène à rien...

Mais tantôt, c'est banco. Sur le bord de la route, une statue a le bras tendu vers le bas côté, comme si elle pointait une direction. Comme vu dans Amélie Poulain, lorsque une statue montre une direction, seul l'imbécile regarde le doigt.

Avec Mary, on est pas des imbéciles, on suit donc la direction plutôt que le doigt.

Puis un panneau apparaît : Le Paradis, l'Enfer, puis un nom de grotte dont j'ai déjà oublié le nom. Ne me blamez pas, le thaïlandais c'est pas commode commode.

Là, c'est un peu Disneyland à la sauce locale, par là j'entends épicé.

Le paradis, c'est des dizaines de statues représentant des dieux dont il faut être un local pour savoir qui ça représente. En tout cas il y en a de toutes les couleurs, de toutes les formes, avec autant de bras que possible, le plus le mieux.

Ca fleure bon la spiritualité autant que le mercantilisme quand un moine nous propose d'acheter de la nourriture pour les singes.

Car on ne l'avait pas vu au premier abord, mais ça grouille de toutes parts.

Et puis 20 baths pour un kilo et des bananes, ça a le mérite de les faire venir et Mary sourit de toutes ses dents, c'est joli.

Les singes crient, se bousculent, veulent tous être au premier rang. Ils sont tellement nombreux qu'on ne sait pas où donner de la tête ou de la banane pour être plus précis. En 5 minutes, montre en main, on est dévalisé mais comme on a pris chacun une cinquantaine de photos, tout le monde en a pour son compte.

Il est alors temps d'aller en Enfer...


Même si le panneau n'avait pas indiqué que l'enfer est ici, on aurait compris de nous même. Je n'ai jamais vu pareil spectacle!! Comme au paradis, il y a peut-être cinquante statues, mais qui montrent ici des scènes de meurtres, de tortures, j'en passe et des pires... Les visages sont ultra-expressifs autant que le rouge figurant le sang paraît nous éclabousser. La sensation de malaise pourrait être là, mais non, on est en Thaïlande, faut surtout pas chercher à comprendre!

Autre chose spectaculaire ici, un dragon long de plusieurs dizaines de mètres et plus haut que ma petite personne garde l'entrée. Voyez les photos pour réaliser la taille de la bêête.


On reste là moins longtemps qu'au Paradis, l'absence des singes n'y est pas étrangère.


Et après l'enfer, qu'est ce qu'on trouve? Le calme et la sérénité.

Une grotte assez profonde nous offre un abri précieux contre la chaleur combinée du soleil et de l'enfer. A l'intérieur, la température est clémente. Un petit ruisseau serpente gentiment. Les stalactites et mites se construisent petit à petit. Deux ou trois chauves-souris vollètent gentiment en attendant le coucher du soleil.

Au fond de la grotte, là où ce n'est plus éclairé, nous parviennent les cris de dizaines d'autres qui doivent être agités par des rêves de sommeil diurne.

Et entre les deux, là où la lumière tend vers l'obscurité trône un bouddha de jade pas piqué des hannetons.

L'ensemble pourrait plaire à un Tim Burton, c'est sûr!


Après la grotte, il est temps de rentrer à l'hotel et que je sois rattrappé par mon passé.

En effet, Tally et sa copine Heike doivent arriver en ville, et comme il était convenu avant que je rencontre Mary, on dort dans le même hotel.

On devait partager la même chambre à nouveau, mais changement de programme oblige, il faut que je m'explique...


Tout se passe dans les règles de l'art, l'échange est courtois et les allemandes sympathisent. Heureusement pour moi, j'avais déjà fait part à Mary de la propension qu'ont Tally et Heike de parler entre elles en allemand et ma nouvelle coloc' est la première à recadrer tout le monde dans la langue de Shakespeare.

On dîne tous ensemble dans une gargotte et on finit la soirée sur la terrasse de l'hotel à boire quelques bières à la santé de tout le monde, et y compris la votre, santé!!!!!


A 1h30, tout le monde est pompette et vanné.

Chacun rejoint sa chambre.

Avec Mary, rien ne se passe si ce n'est qu'on s'endort l'un contre l'autre comme deux cuillères dans un tirroir. C'est doux comme la rosée et frais grace au ventilateur qui s'évertue à faire baisser la température si besoin était...


Au matin, on se réveille dans la même position si ce n'est que j'ai une main dans la mienne.

Malheureusement, tout le monde se réveille conjointement comme annoncé la veille au soir et Tally vient frapper à la porte pour le petit déjeuner... Après quoi, Mary doit repartir et j'ai un bateau pour un parc national à prendre, on tentera quand même de se revoir à Bangkok sur le chemin du retour, alchimie quand tu nous tiens...


C'est donc un nouveau jour qui commence et une amitié qui se termine.

J'en ai finalement plus qu'assez de passer mes journées avec Tally et Cie, c'est là que nos chemins se séparent. A 14h, dans mon coin, je réserve 24 heures d'équipée sauvage à travers les îles avec la nuit à passer sur un village de pêcheurs.

J'écris "sur", car Koh Pannyi est un village construit sur pilotis au milieu des pitons calcaires à deux mètres au dessus de l'eau.

Je vous engage à faire une recherche google d'une photo aérienne car c'est à tomber à la renverse.


Je suis donc conduit au ponton à 16h pour prendre un long-tail boat jusqu'au village en question, je suis le seul touriste.

Pendant la traversée, on est entouré de mangrove.

A l'arrivée, c'est beau mais je prends vite compte de la réalité. Dans le village, tout n'est là que pour flatter le touriste. Les boutiques se succèdent les unes après les autres. Ici des T-shirts, là des coquillages. Tout est à vendre et à négocier.

Il y a même une famille qui retient prisonniers un faucon et un aigle, attachés par les pattes, et qui facture 50 baths la photo en compagnie des pauvres animaux. C'est que le village a l'air paisible à cette heure mais tous les touristes en excursion dans le parc national s'arrête là pour la pause déjeuner. Le business tourne donc à plein régime... Tant pis pour les rapaces, tant pis pour les coquillages...


Malgré ça, en fin d'après-midi, le village retrouve son calme.

Je me ballade donc, seul gringo parmi les pêcheurs, jusqu'au dîner, où j'ai droit à un poisson d'un demi-kilo juste pour ma pomme. Tout autour n'est que silence. Pas de problème pour dormir si ce n'est que je passe encore 3 heures à écrire...


Mercredi matin (4 février), je suis tiré du lit à 7h. J'ai raté le lever de soleil, tant pis, il y en aura d'autres.

A 8h30, le long-tail revient avec à son bord 6 nouvelles personnes qui ont réservées la journée de croisière entre les îles, à partir d'ici le même programme que moi.

La journée se passe donc au fil de l'eau, je suis assis tout devant donc personne dans mon champ de vision, juste le parc qui s'étale sous mes yeux. Partout les falaises se dressent, parfois sur des centaines de mètres de long, parfois juste pour nous rappeler à leur bon souvenir comme des carottes géantes faîtes de pierre qu'un géant aurait planté là juste parce que c'est joli.


Au cours de la journée, le bateau s'arrête quatre fois.

La première pour visiter une grotte.

La deuxième pour le déjeuner sur une plage qu'on ne partage qu'avec le soleil et les palmiers.

La troisième pour le clou du spectacle : James Bond Island, qui s'appelle comme ça car "L'homme au pistolet d'or" a une scène qui s'est tourné ici. C'est l'occasion d'un embouteillage de touristes mais le spectacle est à la hauteur de l'affluence. James Bond Island, qu'on retrouve sur 90% des T-shirts vendus au village de pêcheurs, est la carotte par excellence. Trois mètres de long, trois mètres de large, 20 mètres de haut. Grandiose même s'il faut partager la vue avec tous les moule-bites des environs...

Et enfin le quatrième stop est l'occasion de faire du shopping sur le village de pêcheurs.


Il est 17h quand on retourne à Phang-Nga.

Aucune trace de Tally, tant mieux.

Aucune trace de Mary, tant pis.


Il est temps d'une dernière nuit sur place. Demain l'itinérance se poursuit. Dans le bateau, j'ai rencontré un couple qui venait de faire une croisière-plongée aux îles Similan et qui m'en a dit le plus grand bien, du genre WHAOUUU.

Qui plus est peu de temps avant, j'avais skypé avec Papa qui m'avait dit interrogatif :

- "Alors comme ça, tu ne vas pas plonger en Thaïlande?"

J'avoue que cette phrase m'a bien démangé et que le couple a fini de me convaincre; demain je pars pour Kao Lak, ville la plus proche des îles similan. Il sera alors temps de savoir combien de plongées, combien de temps et combien de brouzoufs.


Sur ce, en tout bien tout honneur, je fais mentalement la cuillère avec vous.

Je m'interdis d'aller plus loin, faut pas déconner non plus...


Merci pour vos nombreux commentaires sur le texte précédent, mais ne vous arrêtez pas là, je suis un boit-sans-soif, et il y a de la place pour tout le monde.


En bonus, on est mardi 10 et je viens de passer la journée à Bangkok à l'internet café pour avoir le privilège de vous dire que les photos sont à jour ou à quelques heures de l'être et les vidéos itou. Y'en a pour tout le monde car tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. En tout cas beau et gentil, s'il est assidu à faire ma pub et à convertir les infidèles, s'il est inscrit à la newsletter et s'il laisse des commentaires à tout va.

J'insiste mais c'est mon rayon de soleil perso' quand je vois vos noms dans mon église.


Je vous bénis oui oui.


A bientard

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Published by simplybrice - dans Ou En Thailande
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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 12:01

Un ricochet sur Bangkok,

Un crochet par l'arrêt du bus,

Accroché à mon rêve,

Embrochez les brochettes.


Tous les passagers montent dans un premier bus, confort avec siège inclinable comme une couchette, oreiller et couverture.

- "Couverture? Mais ils sont pas bien ceux-là? Il fait bien trop chaud pour la couverture! Pffff!!!"

Dans la seconde qui suit, la clim' se met en marche. Aïe...

En 5 minutes, la température intérieure passe de 25ฐ à 15ฐ. J'ai très vite compris que j'avais dit une connerie pour l'histoire de la couverture...

Le bus finit de se remplir de sacs à dos et valises à roulette, et on est parti.

Pendant 10 minutes...

En effet, après 10 minutes, la climatisation du bus s'est cassée d'elle-même et on a repris la direction inverse en ce qui concerne la température. Seulement maintenant que le bus est plein de gens, on repart de 15ฐ pour atteindre facilement les 35ฐ à l'intérieur. Tout le monde y compris le chauffeur, a bien compris que le voyage ne pourrait se faire dans ces conditions, il faut changer de car.

Transbahutage des sacs, en peu de temps, on est reparti sur la route du sud comme un
aoutien engourdi par la clim'.


A 5h du matin, les passagers sont tirés du sommeil par une toute petite bonne femme dont la voix a la portée d'une alarme de voiture. Elle nous apprend qu'on est arrivé à Surat Thani et qu'il faut encore changer de bus pour ceux qui vont à Krabi. Certains s'arrêtent ici et devront attendre deux heures le bateau pour les îles.

Pour les Krabistes, en 10 minutes, on a été repêché par un nouveau car qui file vers notre but au gré des Thaïs qui montent et qui descendent car c'est dans les transports en commun qu'on finit la nuit.

Plus moyen de dormir, tous les sièges sont pris d'assault, le bus est plein comme un oeuf. Quatre heures de sommeil à 15 degres, ça pèse sur les paupières.

Mais vers 6h, l'horizon s'éclaircit, la lumière ravive les couleurs, on y est. Ou presque, la brume est épaisse même si elle permet quand même de se rendre compte de ce qui se passe à l'extérieur. Plus on approche de Krabi, plus la végétation se niche aux pieds et aux sommets de falaises impressionnantes qui dominent tous les alentours.

Ca promet!


A 8h, nous sommes à Krabi town, j'ai sympathisé avec Tally, une allemande muti-piercée avec qui il est prévu que je partage un bungalow les quelques nuits suivantes.

Ne reste plus qu'à la convaincre de venir à Ton Saï beach (ou Hat Ton Saï) en suivant les conseils de Charlie et Anna. C'est un jeu d'enfant, en moins de deux, on est sur la route de l'embarcadère pour Ton Saï. Et toujours, plus on se rapproche, plus c'est beau tout autour de nous.

Il est finalement 9h lorsqu'on rejoint la mer, enfin...


Après un moto-taxi, trois bus et un pick-up, on peut profiter du bateau. Et le bateau, c'est pas un luxe, c'est juste que pour aller à Ton Saï comme à sa voisine Rai Leh, on ne peut y aller que par voie maritime. Les plages se trouvent sur une péninsule et sont isolées du reste du pays par des falaises infranchissables qui les entourent.

On prend donc un bateau-taxi qui est, comme déjà décrit précédemment, un long-tail boat.

Dix minutes de bateau, pas plus, pour passer d'une ville de bord de mer à une plage inaccessible. Et tout au long de ces courtes dix minutes, la machoire du bas se désolidarise de celle du haut, la bouche est grande ouverte, plus moyen de la fermer.

C'est la claque sur cent mètres de haut!!!

Le bateau longe une côte faite de murs abruptes et irréguliers d'où partent des stalactites rocheux et dans lesquels les cavités sont aussi grandes qu'un immeuble. Parfois, un piton s'est echappé de la paroi et trône au milieu de l'eau du haut de sa centaine de mètres.

Avant, j'étais fatigué, ça va beaucoup mieux depuis...

Depuis, le bateau a contourné la péninsule est a offert à mon regard le droit de chavirer de joie à la vue de Hat Ton Saï et de Hat Rai Leh.

Avant de s'arrêter sur notre plage, en regardant la barrière qui défile, on distingue de partout des grimpeurs qui s'évertuent à se mettre dans des endroits impossibles au milieu du royaume des murs. Ils sont à toutes les hauteurs, à gauche, à droite, c'est la Mecque de l'escalade.

A voir l'endroit et la façon dont ils progressent sur la face, ça fait vraiment envie, autant que ça fait froid dans le dos au niveau de l'effort à produire. J'en connais qui vont être bien fatigués ce soir, et qui l'auront cherché!!!


On a ensuite posé le pied sur la plage, c'est le temps des frissons dans tout mon corps. Ne reste plus qu'à faire le tour du propriétaire, trouver un loueur, et se remettre de nos émotions. Avec Tally, on craque sur un buwgalow perché à trois mètres du sol.

Conseil du gérant : "Ne laissez pas vos fenêtres ouvertes quand vous n'êtes pas présents car des singes pourraient entrer et faire passer un mauvais quart d'heure à vos affaires."

Réponse en coeur : "Encore mieuuuxxxxx!!!!"


Cette première journée comme la seconde sera en mode contemplation, repos et tchatche avec Tally. Tantôt au soleil puis aussitôt à l'ombre, le soleil d'ici il vous cuit un oeuf en moins de deux. Mais où qu'on se trouve, ça ressemble à un paradis perdu. Aucune circulation à la plage ET partout autour. Jamais plus que 50 personnes sur la plage. Des fruits en versions fruits, jus, milkshakes, glaces... Tout un tas de petites îles aux formes ultra-diverses et ultra-découpées. Une végétation à s'y perdre. Une eau chaude toute l'année. Des douches froides ET agréables toute l'année. Des petits bars-restos tout simples, tout en bois et en coussins. Et des falaises... J'vous ai déjà parlé des falaises? WAOOOOOWWW!!!!

C'est donc, si on fait l'addition, un excellent endroit pour se poser le cul pendant un jour et demi.

En plus, c'est un endroit où la très grande majorité se lève tôt, fait du sport toute la journée, boit un coup et va se coucher tôt.

C'est justement ça, après un jour et demi, qui manquait, faire des trucs dans la journée pour être fatigué le soir!!!


Au matin du samedi 24, j'ai pas réalisé ça tout de suite, il a fallu que je me lève tôt et que je passe deux heures sur la plage pour qu'à 13h, je réalise enfin qu'il faut que je bouge mon corps.

Dans la foulée, je pars, tel Yakari, louer un canoë-kayak.

Tally, elle va essayer de retrouver une amie à elle à Krabi et pas en canoë.

Toute l'après-midi, je pagaye aux pieds des falaises, entre les îles, quelques méduses autour mais aussi des poissons, j'me fait pleins d'potes(ses) kayakistes, je ne fais plus qu'un avec le soleil.

Au retour, seul problème dans cette mer de délectation, c'est que c'est maintenant marée basse et que lorsque la mer se retire à Ton Saï, elle se retire pour de bon. Il faut alors marcher sur des cailloux asserrés, c'est le massage des pieds à la mode des Huns. Et d'autant plus quand on doit porter un kayak...


Ton Saï est donc une plage de rêve à ceci près, qu'il est quasiment impossible de nager ou d'avoir de l'eau au dessus des hanches à moins de marcher longtemps sur des roches auguisées comme des lames. Il faudra donc que je fasses mieux par la suite, à voir...


Déjà remis de l'après-midi de rame, il faut bien s'attaquer à la suite logique des évènements. Ton Saï est un très haut lieu de l'escalade. Les écoles s'y succèdent et on y rencontre à longueur de journées des gens qui viennent passer un mois ou plus ici, dans le seul but de s'attaquer aux parois verticales des environs immédiats.

De plus, Tally a retrouvé sa copine et toutes deux passent leur temps à parler dans la langue de Goeht.

Il n'y a donc pas moyen que je passe mes journées à attendre qu'elles repassent en mode anglais.

Sur le chemin de l'hotel, une école d'escalade me barre la route, plus moyen de faire machine arrière. Je choisis le programme sur trois jours qui devraient en principe faire de moi un grimpeur chevronné et indépendant d'une école par la suite.

Rendez-vous est pris pour le dimanche matin à 8h30. 8h30 le dimanche? Si, si, c'est possible.


Le réveil de 7h30 sonne donc le glas de mes grasses matinées et à ma grande surprise, à cette heure là, le petit déjeuner est pris d'assault! Lapocompris...

La veille, au centre d'escalade, on m'a prévenu que ce matin serait en grande partie théorique.

En fait, c'est pas vrai.

A 9h, on est sur un bateau avec 7 autres personnes dont le prof et son accolyte. On m'a donné mes chaussons et mon harnais, ça veut bien dire quelque chose. Le bateau nous laisse sur Rai Leh beach, c'est là qu'on grimpe car c'est là qu'on trouve les itinéraires les plus accessibles pour les débutants.

Pour ma part, j'ai déjà fait ça l'année dernière déjà en Thaïlande mais là, c'est d'un tout autre niveau.


Tout de suite, je suis mis aux pieds du mur et c'est pas une image. Le professeur, Nan, veut évaluer le niveau de chacun. Je passe en deuxième après un type qui pèse 30 kilos de plus que moi et qui n'a pas réussi à atteindre le haut de la voie.

On m'arnache de tel façon que si je tombe, quelqu'un fait contre-poids et je ne m'explose pas le corps tout entier quelques mètres en dessous.

Et on est parti, mon kiki!!

Au départ, c'est facile, j'ai toutes mes facultés motrices et les prises sont assez grandes pour y placer tous les doigts qui composent ma main. Mètre après mètre, je monte. Quand c'est trop dur, je me laisse tomber dans le vide, rattrapé aussitôt par mon p'tit binome. Il faut alors recommencer, recommencer et recommencer encore... Et plus ça va, moins ça va. Tous mes muscles sont utilisés à l'extrème, j'en découvre même certains car ils crient "à l'aide" .

il faut que je me mettes dans la tête que ce n'est pas un sprint mais un marathon.

Qui prend son temps en verra le bout.

Qui va trop vite ne sent plus ses bras après 5 minutes. C'est là que le chemin de croix commence...

J'ai beau recommencer encore et encore, je m'épuise plus vite encore qu'une pile saline.

il faut se rendre à l'évidence, la voie choisie est trop difficile et si je m'obstine, je n'arriverais à rien d'autre qu'à me vider de toutes mes vitamines en moins d'1/4 d'heure.

Et c'est pas le but!! D'autant que j'ai 3 jours prévus au programme!!!

Une capitulation plus tard, je suis de retour sur le plateau des vaches malgré mes tentatives pour m'en extraire.


Au final, pour cette journée, je me suis lancé dans sept tentatives d'ascension.

Sur ces sept, je suis revenu victorieux deux malheureuses fois...

Deux malheureuses fois seulement où j'ai pû admirer la plage depuis les hauteurs, récompense d'une grimpette achevée de mains de maître. Enfin si on veut...

Il faut préciser ici que sur tous mes échecs sans exception, la paroi en vient à être plus que verticale, c'est à dire que mes mains sont derrière mes pieds. L'effort dans ce cas n'est plus à ma portée, c'est pas faute d'essayer pourtant....


Au retour à l'hotel, en une journée, je suis plus fatigué qu'en douze jours de trek au Nepal. Pour vous dire, j'ai même du mal à tenir ma cigarette entre mon index et mon majeur. Je ne sens plus rien si ce n'est qu'au moindre effort supplémentaire, j'ai les avants-bras qui flagèlent jusqu'à des tremblements incontrôlés et la cigarette tombe par terre sans que je puisses rien y faire.

Inutile de rajouter que ce soir-là, je suis pas vraiment parti pour faire les 400 coups.

Une bouffe, un suppo' et au lit, c'est la loi quand on se traine d'avoir depassé les limites.


Le lendemain (lundi 26 janvier), j'ai l'impression d'un lundi de boulot quand il faut se lever aux aurores après avoir fait un jeûne de sommeil nocturne pendant 48 heures.

Le réveil sonne à 7h30 et comme la veille, je ne suis pas le premier pour les cornflakes. Tout le monde à cette heure est de bonne humeur, content de soi, avec assez d'appétit pour dévorer cette nouvelle journée qui s'annonce.

Pour le Braïce, c'est l'impression d'être passé sous un bus qui domine.

Malgré onze heures de sommeil, il est bien trop tôt. Bien trop tôt pour l'effort, je sens que mon corps siffle de partout l'alerte générale. J'ai l'impression de grincer comme Mittérand dans Les Guignols dès que je fais un pas, que je lève le coude, que je cligne de l'oeil. Et pourtant, il faut se remettre au travail et pas qu'un peu!!

Bonne nouvelle quand même dans cet océan de courbatures, la matinée est enfin théorique!!


La leçon consiste à maîtriser l'art d'ouvrir la voie, c'est à dire fixer les mousquetons et installer la corde de tel façon que les suivants n'ai pas besoin de le faire une deuxième fois.

C'est un peu confus, ah bon?

Pour faire simple, disons que quand quelqu'un a ouvert la voie avant que je grimpe, si je lache le mur et tombe, je suis aussitôt rattrapé et maintenu en l'air par mon binôme à l'aide de la corde qui est toujours tendue puisqu'accrochée au point le plus haut de l'ascension. Je peux alors me reposer cinq minutes et repartir de là où je suis tombé.

A l'inverse, quand j'ouvre la voie, j'installe des mousquetons au fur et à mesure mais à chaque fois que j'en accroche un, il faut que je le dépasse pour en accrocher un autre et à ce moment-là, si je tombe, je tombe de plus haut que l'endroit où je suis maintenu. Il y a donc chute et risque de se manger la falaise de toutes mes dents (sic). Et comme si ça ne suffisait pas, il faut que je repartes de l'endroit où je me suis accroché en dernier et pas de l'endroit d'où j'ai chuté.


Je suis donc hyper-concentré, je prends chaque conseil pour argent comptant. Je sais qu'à un moment où un autre, je vais me faire une frayeur et que plus j'en sais, plus j'en sais...

On vient à bout de la phase d'apprentissage en fin de matinée, il est temps de mettre en pratique.

Je suis mis aux pieds du mur sur une voie réputée moins difficile que les autres. Soit...

Une traction après l'autre, je progresse centimètre par centimètre sachant que les points d'attache pour les mousquetons sont espacés d'au moins deux mètres à chaque fois. Bon courage bonhomme!!! Il faut que j'y ailles et pourtant je suis déjà plus rouillé que le porte-avion Clémenceau!!!!

Dès le départ, tous mes muscles ont déjà capitulé. La bataille de la veille a laissé des traces et je sens que si je perds bataille sur bataille, je suis pas près de gagner la guerre.

Et comme souvent, si cerveau le veut, ça le peut. (merci Roger Lemerre!)

Mais si cerveau veut pas, c'est mal barré.

Je me lance quand même.

Et comme annoncé, pas moyen de faire plus de 5 mètres. Pas moyen d'accrocher plus de 2 mousquetons. Sachant que la voie à ouvrir mesure approximativement dans les 20 mètres de difficultés croissantes, on est loin du compte! Plus ça va et plus je me rends compte que si j'avais dû faire de l'escalade à ce niveau, j'aurais dû m'y prendre 10 ans plus tôt et m'astreindre de surcroit à une vie monacale.

En ce deuxième jour sur les trois que compte mon cursus, je ne tente que trois ascensions. C'est ça où je rends l'âme...

De toute façon, il y a toujours moyen de s'amuser à regarder les autres grimper et en étant à l'autre bout de la corde à attendre que les autres se cassent la figure. Je prends donc ce jour très au sérieux mon rôle de contre-poids mais avec le sourire, j'en bave moins ainsi que ceux qui s'essayent et réussissent là où j'ai pas pû.

Je suis même tellement à ce que je fais que Nan, le prof, me demande d'être le contre-poids du type de 90kg que j'ai évoqué plus haut.

Moi à un bout de la corde.

Le buffle à l'autre bout.

Pas d'engrenages.

S'il tombe, il faut que je sois prêt à amortir le choc pour ne pas me retrouver en 2 temps 3 mouvements à 10 mètres en l'air tandis que le buffle s'écraserait au sol comme un avion sans ailes. Et ça marche!

Bon évidemment, quand Obelix tombe, la nature veut que je décolle mais je me cale les pieds comme sur une planche à voile entre deux rochers et le tour est joué! Obelix est vivant et moi, j'suis content!!

Je suis d'autant plus content qu'en mon fort intérieur, je sais que demain sera un jour "off", pas d'escalade; du repos, du repos, jusqu'à plus soif...


Sur les coups de 17h, cette journée s'achève, je rejoins Tally et sa copine Heike qui commencent à s'ennuyer à Ton Sai à force de ne rien faire de leurs journées. C'est donc ainsi qu'on a pû trouver un compromis entre mon envie de ne rien faire et leur envie d'en faire d'avantage. Le mardi 27 sera l'occasion d'aller voir du pays pour une excursion relaxifiante d'une journée à Ko Phi Phi.


Ko Phi Phi, ça vous dit quelque chose?


Si ça ne vous dit rien, c'est là qu'est censé être LA plage du film homonyme. Ca sent donc l'eau translucide, le corail et les palmiers à plein nez, rien de tel pour me faire oublier le temps d'une journée que j'ai le physique d'un centenaire.

On prend donc les billets de bateau qui nous permettront de gouter au paradis et on branche le réveil à 8h (damned!!!) car le bateau n'attend pas.

Je suis réellement excité à l'idée d'imprimer mes empreintes de pieds en éventails sur ce sable plus fin encore que le filet de voix de Carla S. Et quand le réveil sonne, j'ai beau revenir de campagne, je suis déjà debout, qui l'eut cru?!?


A 9h, on est donc sur le pieds de guerre mais façon "fleur au fusil". Le cul posé sur le bateau, c'est une journée comme il fallait qui commence.

La traversée dure une grosse heure. Pendant ce temps, on passe moultes petites îles qui sortent de l'eau dressées comme des phares. Comme à Ton Sai, les falaises sont partout dès qu'un peu de terre émerge.


A 10h30, nous acostons sur Phi Phi Don. Je précise car il y a en fait deux Ko Phi Phi, Leh et Don.

Don est ouverte au monde merveilleux des constructeurs d'hotels aux prix prohibitifs, aux hordes de touristes qui s'agglutinent jusqu'à ne plus avoir de place pour étendre une serviette sur la plage, aux vendeurs de bracelets et autres paréos, à tout ce qui fait du tourisme une pieuvre dégoutante.

Leh est ouverte au monde fantatisque des gens de passage et uniquement à ceux-là. Aucune construction n'y est autorisée et de toute manière, vus les remparts qui entourent ce joyau, je souhaite bien du courage à qui veut y batir un empire.

En arrivant à Phi Phi Don, c'est un peu la foire-fouille, y'en a partout!

Tout ce que le tourisme engendre de boutiques, de services, on le trouve ici. Ca draine des milliers de personnes chaque jour à tel point que je me demande encore où ils les mettent tous ces gens.

Avec Tally et Heike, on s'installe pour un déjeuner rapide, tremplin vers le programme de l'après-midi.

Et bien les deux miss qui n'en peuvent plus de ne rien faire à Ton Sai ne trouvent rien d'autre à me dire qu'elles ont envie de rester le cul sur le sable à Phi Phi Don!! On croit rêver, le paradis est à portée de tir et elles préfèrent rester de l'autre côté de la porte, à ne rien faire...

Là-dessus, mes deux allemandes, elles n'ont rien vu venir. Moi qui suis d'un naturel pacifiste, je me suis transformé en bête sauvage leur vomissant tout ce que j'avais sur la conscience à leur encontre.

Je peux vous dire qu'après ça, ça a filé droit du côté de l'outre-Rhin. Plus un mot, juste des "on est désolé" dans le regard, tout le monde file à Phi Phi Leh. Non mais...


On a donc loué un long-tail boat juste pour nous et juste pour les 3 heures qui nous séparent du retour vers Ton Sai.

Comme prévu et comme imaginé depuis bien longtemps déjà, Phi Phi Leh est à tomber à la renverse. L'île est donc entourée de falaises asserrées sauf à deux endroits où la mer peut pénètrer vers le centre de l'île comme un goulet d'étranglement.

Et à ces deux endroits, c'est moi qui m'étrangle.

L'eau passe d'un vert plus ou moins opaque à un mélange de bleu-vert complètement translucide. En plus, je ne sais pas si c'est la chance du débutant qui veut ça ou quoi, mais Maya Bay (La Plage) est presque déserte et sa pareil de l'autre côté également. On ne partage le paradis qu'avec quelques dizaines de gens. Il ne manquerait plus qu'il y ait des embouteillages au paradis!!

Le temps de piquer plusieurs fois une tête dans l'eau cristalline, de faire le tour de l'île, et les portes se referment derrière nous...

Même les meilleures choses ont une fin.

Les pires aussi, en partant je me remets en tête que le lendemain à la même heure, je serais sans aucun doute au bout du rouleau, lessivé par ma dernière journée de varape qui s'annonce éreintante.

Mais avant de mourir pour la troisième fois en quatre jour, il est encore temps d'en profiter. Sur le bateau qui nous ramène à Ton Sai, comme j'adore le faire, je m'assois sur la proue avec les jambes qui pendent de part et d'autre et avec de la musique à fond les ballons dans les oreilles.

C'est l'occasion de placer "symphonie de plaisir".


Au retour à la maison, l'ambiance est mi-figue mi-raisin, les filles sont encore toutes retournées par l'enfilade de bons mots de l'après-midi même si au bout du compte, elles ont adorrrré l'escapade.

Pour ce que j'en pense, je m'en tamponne, il faut que je me reconcentre sur la grimpette.

Et pour ce que mon corps en dit, il a faim à nouveau.


Mercredi 28 correspond donc au dernier jour de torture.

Comme d'habitude, le réveil sonne trop tôt mais comme c'est le dernier jour, je suis d'humeur guillerette.

En plus, aujourd'hui, je n'ai pas vraiment envie de me prendre la tête, donc j'annonce au prof qu'il me faut une journée comme la première. Pas de stress, juste de l'effort.

Et bien quand on est dans cet état d'esprit, tout est plus simple. Je ne dis pas que je suis subitement devenu un chimpanzé mais en tout cas je m'aggripe avec conviction à toutes les prises qui passent. 5 doigts, 4 doigts, même 3 doigts. Et si je me ramasse, je retente autant que mes biscotos me le permettent.

Le résultat est à peu près comme le 1er jour, huit ascensions pour trois succès mais l'essentiel n'est pas là, je suis au moins mentalement réconcilier avec l'art de défier la gravité. Physiquement, c'est autre chose, presqu'un grand écart. Je suis au bout du chemin, mais alors vraiment au bout...

Ca tire, ça tremble, ça crampe même.


Le soir, je tente de fêter l'achèvement de mon cursus, mais j'ai mal jusqu'aux amydales; donc comme toujours à Ton Sai, malgré la plage, la musique, les cocktails de toutes les couleurs, je rentre me coucher à la limite de la sobriété.

Le matin suivant, plaisir du feignant, pas de réveil. Tally a beau se lever à 8h, il est pas né celui qui me tirera du lit avant l'arret complet et définitif de la fatigue. J'étire donc la grasse matinée jusqu'aux limites du raisonnable comme dans mes plus belles années.

14h30? C'est correct, on peut finalement ouvrir les yeux. Mais pas trop quand même... Lunettes de soleil de rigueur sur le nez, je traine ma couenne jusqu'à la plage et mange pour quatre personnes. L'appétit est là, c'est bon signe...

Mais pas l'envie aujourd'hui d'en faire plus, juste la plage, un brin de tilleul et le plaisir du travail accompli. Que demande le peuple? Rien d'autre!

J'aurais encore besoin du vendredi ET du samedi à ce rythme pour être vraiment remis de mes émotions.

Chaque jour le coucher est de plus en plus tardif et le réveil après 11h.

Gare au piège, maintenant il va s'agir de ne pas moisir ici, j'ai encore et encore de la route à faire!

Tally et Heike, avec qui ça va beaucoup mieux, m'énervent quand même car elles ne savent jamais ce qu'elles veulent et je n'ai pas envie de macher leur nourriture avant qu'elles ne l'avalent. Il va donc être temps de voir nos chemins se séparer.

Goodbye Germany!!!!


J'achète pour le dimanche matin un billet pour Phang-Nga à deux heures de route de Ton Sai. On verra bien ce que l'avenir nous réserve là-bas. Mais je ne me fais pas trop d'inquiétude, je suis seul maître à bord de mon embarcation et mon coeur est ma boussole.

D'ailleurs il pense à vous bien plus souvent que j'ai l'occasion de l'écrire...


Si c'est un tant soit peu réciproque, j'avoue que je serais pas contre un petit commentaire.


Merci mes p'tits glaçons gaulois.


Et comme d'habitude, qu'il neige, qu'il grêle, qu'il vente, qu'il pleuve des grenouilles ou autres, je vous couvre de bises tropicales et moites.

 

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 15:10

Oh la la lala!! Devinez ce qui m'arrive?

Non, vous voyez pas?

Ca fait une paye que ne me suis pas retrouvé devant mon clavier pour vous relater ce qui m'arrive.


Il faut dire qu'il s'en est passés des kilomètres, des bus, des bateaux, des trains. Je vais essayer de faire simple et fractionné, vous allez voir, vous êtes en première classe.

Le dimanche a donc consisté a déserté mon hotel à Pak Chong dans la journée et de prendre le 1er train pour Ayuthaya.

Je retrouve l'hotel après avoir dit au revoir à Rachel, il est 11h.  Je prends le reste de mes affaires, règle l'addition, et m'apprête à qui les lieux pour la gare. C'est alors que la responsable me dit qu'il y a une navette gratuite mais à 14h. J'accepte sans problème.

Mais autre problème intervient, j'ai trois heures à poireauter et toutes les 10 minutes il y a quelqu'un qui vient me louer une chambre à grand renfort d'arguments. Seulement maintenant, je sais faire le vide, beaucoup aurait craqué sous la pression, mais non, pas moi, je m'en vais comme un prince.


A l'heure voulue, je suis à la gare.

Sur le quai, je suis le seul touriste jusqu'à être rejoints par un jeune couple de néherlandais qui vient s'assoir à deux sièges de moi. On discute de tout et de rien jusqu'à ce qu'un thaï vienne s'assoir entre nous.

Le garçon a une vingtaine d'années et est apparemment le garçon à tout faire de la gare. Il est habillé d'une loque, semble être un peu simplet car par moments, il ne controle pas la salive qui lui coule de la bouche. Il fixe le couple d'à côté, pas de réaction. Il me fixe à présent. Et moi, je ne peux m'empêcher de le regarder. Résultat, il commence à dire quelque chose en thaïlandais. Sauf que ce qu'il dit, c'est trois mots à l'infini, d'un ton monocorde. Ca le fait bien marrer quand je répète après lui.

Mais j'ai beau lui transmettre de toutes les façons possibles et immaginables que je ne parle pas un mot de thaïlandais, le type essaye sans cesse les mêmes trois mots. 20 fois, 30 fois, 40 fois... Usant, d'autant que mon bonhomme prend un crétin plaisir à me parler à une main de mon visage. J'adoooooore!!!

J'adore encore plus quand le chef de gare s'excuse que le train aura 30 minutes de retard. Soit.

Le train arrive, on avance un peu sur le quai avec mes 2 compagnons, et le thaïlandais nous suit, jusqu'à monter dans le train! Et voilà maintenant qu'on est quatre face à face. Le controleur viendra clore le débat passionné que j'ai avec le simplet sur la nécessité pour moi d'apprendre au moins les trois mots qu'il radote. Tous les passagers s'amusent de la situation, c'est déjà ça.

"T'as pas de billet? tu viens avec moi! Bon voyage messieurs dames!"

Et le train poursuit son cours jusqu'à Ayuthaya.


Ayuthaya, c'est charmant.

C'est en son centre une grande île formée par la jonction de plusieurs rivières, dis comme ça c'est un peu compliqué, c'est charmant, on s'en tiendra là...

Qui plus est, c'était la capitale de ce qu'était la Thaïlande du XIVème au XIXème siècle, donc ça regorge de temple, y'en a partout!


Pour ma part, Ayuthaya pour le moment, c'est prendre le bateau pour rejoindre l'île, ça change du taxi et c'est pas un mal.

Le premier jour (dimanche 18) se résume à une prise de possession de ma chambre et à un début d'écriture.


Le 19, je suis tellement content d'avoir écrit pendant trois heures la veille que je remets ça dès le réveil vu que j'ai pas eu le temps de finir le soir précédent, vu qu'il faut bien dormir.

Donc lundi, je suis absorbé par le récit et compile trois nouvelles heures devant l'écran, damned!!!

Mais le plus ennuyeux (NDLR : est-ce que j'ai le droit d'écrire chiant?), c'est que ma seule journée pleine à Ayuthaya est bien entamée. En plus, j'ai moyen envie de courir, il fait une chaleur de bête.

Heureusement, ici tout est mis en oeuvre pour contenter celui qui comme moi, s'éparpille jusqu'à pas d'heure dans l'après-midi.

Je prends l'option de réserver une place dans un bateau qui fait tout le tour de  l'île à grand renfort d'arrêts dans les sites principaux.

Le bateau est un long-tail boat (bateau longue queue) bien connu de qui voyage en Asie de sud-est.

Pour ceux qui calent, c'est un petit bateau de bois propulsé à l'arrière par une hélice placée au bout d'une longue tige.


La ballade est top, les photos sont en ligne.

Ca dure deux heures jusqu'au coucher du soleil, jusqu'à notre dépose finale au marché de nuit d'Ayuthaya. C'est le repère des petites gargottes. Je me fais péter la ceinture comme de rigueur et rentre à l'hotel... Mais en prenant la direction opposée!

Heureusement que je suis sur une île et ne peut donc pas trop m'éloigner. Il me faudra deux heures pour finalement retrouver mon gîte. Damned bis!!


Le lendemain, il est temps de retourner à Bangkok qui n'est qu'à 1h30 de train.

J'ai tout mon temps, allons faire une petite marche.

Après quelques centaines de mètres, je réalise qu'il fait très chaud surtout qu'il n'y a pas d'ombre quand le soleil est au zénith.

Je vais quand même jusqu'au temple que j'avais repérer par avance qui est fermé en fait... Mais c'est pas grave, je rentre à l'hotel sous le cagnard, déjà bien content d'être ici. Je vais pouvoir sécher à l'hotel avant de penser au train pour Bangkok.


A 14h, je suis à la gare, pas de retard, sans d'histoire.

Dans le train pour Bangkok, je me mets en queue et suis entouré à ma place par tous les policiers et controleurs du train qui veulent me parler de Zidane et de Jack Sirac.

Ca dure un moment puis ils retournent à leurs occupations, je me mets à la fenêtre. Interdit par la SNCF, mais en Thaïlande, le train classique roule à 50km/h, donc tu as le temps de voir venir le TGV d'en face. Qui plus est, plus on s'approche de Bangkok, plus le train croise de routes.

Et bien vous savez quoi? En Thaïlande, c'est le train qui s'arrête pour laisser passer les voitures! Et quand son tour vient, c'est alors à lui de passer. Donc vraiment, on a le temps de voir venir!!

A l'arrivée, je saute dans un taxi qui saute dans les embouteillages!

Re-bienvenue à Bangkok, respire!!!! Et prends ton temps! De toute façon, pas question que je marche, j'ai mes 18 kilos avec moi, c'est un coup à se faire mal avec cette chaleur et ce traffic!

Une heure pour faire 3 bornes, je suis quand même, pas mécontent d'arriver.


Une bonne douche froide plus tard (NDLR : de toute façon, t'as pas le choix et c'est très bien comme ça), je pars à la recherche d'Anna et Charlie, mes compères suédois dont c'est le dernier soir en Thaïlande après deux mois de fêtes. Ils vont retrouver le chemin du travail sous des lattitudes australes puisqu'en Australie où ils volent le lendemain.

Il est 18h quand je tombe sur eux. Impossible de les rater, ils sont immanquables.

Et donc la soirée commence! Sur une cadence infernale!

On virevolte de place en place, les heures passent comme des minutes, il est 4h quand on se dit bonne nuit.


Rendez-vous est de toute façon pris le jour suivant pour un petit déjeuner dans le potage, le cirage ou le brouillard, c'est au choix et ça change pas grand chose.

L'encas est vite consommé, tout le monde a des retours de flammes de la veille au soir, est triste de partir ou de voir partir.

A 14h, C'est la séparation et la reprise en main de l'aventure dans une version un peu plus diurne et active (ou pas).

Depuis l'année dernière et mon premier passage en Thaïlande, je ne suis pas encore aller dans le sud du pays pour témoigner de la chienne de vie qu'on a quand on gravite autour de plages paradisiaques. Depuis ce temps-là, j'ai très envie d'aller faire un tour dans la province de Krabi.

Je n'ai qu'une référence visuelle, c'est une photo de Railey beach que j'avais vu l'année dernière et j'en suis encore tout retourné.

Ni une, ni deux, je prends un billet de bus pour Krabi. Douze heures de route du soir au matin, c'est toujours mieux que du matin au soir. Et au réveil, Bangkok ne sera plus qu'un nuage de fumée.


C'est parti mon Kiki, suivez le guide et évitez de marcher sur le sable pieds nus, ça brule.


Ca brule autant que mon envie de vous étreindre...

Vite, une douche froide!!!!! 



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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 08:36

Ca fait maintenant 3 jours et demi que je suis à Bangkok.

Comme un chien qui essaye d'attraper sa queue, je commence vraiment à tourner en rond.

En plus, cette fois, plus personne ne me retiens ici, Sylke, Steeve et Andy sont partis, Anna et Charlie sont toujours à Ko chang.

Ne me reste donc plus qu'à me tenir au programme, à me réveiller comme une fleur et partir en foret, Bangkok loin derrière dans le brouillard.


Comme la veille, le réveil est multiple jusqu'à 11h30. Seulement cette fois-ci, rien ne m'arrête.

Je file à la gare routière et enfin ça ressemble à la Thaïlande comme je me l'imagine. Je suis le seul farang (occidental) sur les lieux, ça sent la nourriture à tous les étages, c'est un gentil bordel.

Dans la gare routière, dans toutes les officines, tout est écrit en thaï, bonjour pour se repérer et trouver ma destination!!

Heureusement pour moi, alors que la gare dessert des grandes villes comme Chang Maï, un seul stand affiche un nom avec l'alphabet que nous connaissons : Pak Chong.

Ca tombe bien, c'est ma destination!!

Je m'acquitte donc de mon billet et attend mon bus.

Pendant ce temps, j'ai l'impression que tous les thaïs qui connaissent un peu d'anglais viennent me parler.

C'est courtois, intéressé dans le bon sens du terme, plaisant.

Je rencontre notamment une professeure, deux étudiants, un marchand, un couple de retraités, tout ce que le pays offre de diversité.


Une heure après, mon bus me prend, je suis à nouveau le seul touriste, grand bol d'air.

En trois heures de route, on atteint Pak Chong.

La petite ville par sa population est très étendue et il semblerait que tous les hotels du coin se situent au pourtour de la ville, ça va pas être évident de trouver lit à mon cul (comme chaussure à mon pied mais version litterie).

Dans le LP qui n'est pas très locace sur les lieux, ils n'indiquent qu'un seul endroit que je m'empresse d'appeler d'une cabine téléphonique. Mais manque de bol, "vous n'avez pas de réservation, réessayez demain".

Entre alors dans l'arène une petite bonne femme toute modeste derrière son stand de brochettes à 3 francs 6 sous.

Elle est la représentante officielle d'un lodge situé sur la route du parc national de Khao Yai, ma destination finale pour les prochains jours.

Sur ses "bons conseils", j'accepte le deal et une voiture vient me prendre.

Je ne suis pas perdu, c'est bien là l'essentiel.

J'arrive au "Khao Yai garden lodge" juste avant la nuit, juste trop tard pour pouvoir changer d'endroit.

Le prix de ma chambre est clairement surévalué, le restaurant est à quelques mètres de la route nationale et un client gueule à la réception qu'il veut son argent sur le champ, ça promet!

En tout cas, je ne compte rester qu'une nuit, je réserve un tour d'une journée dans le parc pour le lendemain dans l'optique d'y camper ensuite.

Un seul hic, la nuit est tombée maintenant sur les environs et la température peine à accrocher la barre symbolique des 10°.

Vous avez dit pays tropical?

Heureusement que le népal est passé par là et que j'ai pû m'endurcir la couenne.

Heureusement aussi que de ce fait, j'ai tous mes vêtements d'hiver avec moi à la différence des autres touristes de l'hotel qui se demandent s'ils ne sont pas à Paris Plage en janvier...


Je pars donc dans le parc bien équipé le lendemain matin à 8h sonnantes et trébuchantes.

On est installé à l'arrière d'un pick-up, le vent souffle, les dents claquent.

A 8h30, on entre dans le parc et après quelques centaines de mètres de routes à l'intérieur, un panneau le long de la route attire tous les regards : "attention, passage de cobras"!! Le ton est donné!!!

Un autre viendra peu de temps après : "attention, passage d'éléphants". Y'a de la vie derrière les buissons, c'est certain.


On avance lentement à l'intérieur du parc, toujours en voiture sur une route à faire palir d'envie les népalais, à l'affut du moindre son, du moindre indice de passage d'un éléphant sauvage.

A un moment, au milieu de la route, tronent quatre belles boulettes encore chaude aux dires du guide, ce sont des crottes, et vue la taille, pas de doutes, c'est pas un nain qui a pondu ça!!!

On part donc à la recherche de l'éléphant responsable de cette souillure. Et à pieds cette fois!! Tant mieux parce que la voiture dans un parc naturel, ça me hérisse le poil!

On marche donc avec la dizaine de personnes qui ont réservés le tour à travers la forêt. Pas de sentier ici, le jeu consiste à se frayer un chemin à travers les arbres, les lianes et tout ce qui compose ce foutoir végétal qu'est la forêt ici. Rien à voir avec Fontainebleau, je vous assure!!

Sur le chemin, d'autres crottes, l'animal est en forme.

Le guide nous prévient cependant et c'est à n'y rien comprendre quand on cherche un éléphant, que si on le trouve, il va falloir courir dans l'autre sens car ces bestiaux peuvent se montrer particulièrements agressifs. Et quand un éléphant est agressif, il ne s'embarrasse pas de suivre un chemin, il fonce tête baissée à travers la végétation, plus court moyen pour vous piétiner de plus belle.

Et bien ,malgré nos efforts, nos oreilles tendues, notre odorat de fin limier, on est revenu bredouille de notre quête du pachiderme. Pas moyen de mettre la main sur cet animal qu'il est bien difficile pourtant de dissimuler, eu égard à un postérieur gros comme le Loir-et-Cher.

On retourne donc à la route et à la voiture...


En retrouvant l'asphalte et en attendant notre véhicule, les oiseaux virevoltent tout près. Un oiseau que je remarque en une fraction de seconde alors qu'il passe à moins d'un mètre de moi, fait un drole de bruit alors qu'il devrait être déjà loin. Une sorte de "pouf".

L'oiseau en question, une petite chouette, s'est pris le pare-brise d'une voiture qui passait à côté de nous. Bien joué chauffeur!!!!

L'animal est seulement amoché. Plus de peur que de mal sauf pour le guide qui l'a pris dans sa main et qui s'est fait picorer les doigts pendant un long moment le temps que tout le monde puisse prendre une photo. La bestiole a ensuite été relachée suffisament en état pour pouvoir voleter jusqu'à une branche j'imagine pour reprendre ses esprits après un choc qui m'aurait surement laissé sur le carreau.


Pendant ce lapse de temps, notre voiture nous a rejoint, on repart.

Le long de la route, on croise des dizaines de singes qui préfèrent passer leur journée ici, plutôt qu'à se balancer de branches en branches. C'est à n'y rien comprendre mais c'est comme ça...


On redescend de la voiture après quelques kilomètres pour entamer une vrai marche dans la forêt en suivant un sentier dont je me demande si ça en mérite le nom tant celui-ci est jonché d'arbres couchés, déracinés dont il faut parfois plusieurs dizaines de mètres pour en faire le tour.

Au détour du chemin noyé de verdure, on s'arrête aux pieds d'un ficus. Le même que celui qui se trouve peut-être dans votre appartement sauf que celui-ci est là depuis plus de 500 ans.

L'arbre est colossale, venu d'un autre temps.

Il ne possède non pas un tronc mais des dizaines qui s'entremellent, et dont il faudrait peut-être trente personnes pour en faire le tour en se donnant la main.

L'arbre est tellement alambiqué qu'il est possible de le grimper sur au moins 15 mètres (5 étages) pour redescendre à l'intérieur du tronc formé de dizaines de branches. C'est surnaturel comme cet arbre est un authentique labyrinthe et son escalade est un défi autant qu'un authentique plaisir. Il faut se contortionner autant que lui pour en venir à bout.


La marche au total prend 3 heures de temps dont 30 minutes auprès de l'élégant multi-centenaire.

Le chant des oiseaux nous entoure comme les papillons qui virevoltent par dizaines.

Parfois un singe se laisse surprendre en haut d'un arbre mais il faut bien dire qu'il est beaucoup plus simple de les observer le long de la route (sic).


A 13h, le chemin sort de la foret jusqu'à un parking qui jouxte un restaurant, le contraste est saisissant et peu reluisant, sauf que j'ai faim alors quelque part, ça tombe bien!! La nourriture est abondante et s'absorbe d'autant mieux qu'elle n'est pas faîte que de piments rouges!

A quelques minutes à pieds de là se déverse une cascade bien connue des fans de cinéma grand public. C'est là qu'à été tournée une scène de "La Plage" avec Léo Di Caprio, Guillaume Canet et notre Virginie Ledoyen nationale (rrrhhhh). Dans le film, les trois héros se jettent du haut de la chute d'eau. Je gard cette image en tête depuis un bon moment, me disant que cela serait sans doute possible pour moi aussi.

Seulement, il y a deux hics.

D'une part, il est interdit de nager autour de la cascade. Mon maillot de bain restera au sec.

D'autre part, les rochers affleurent à la surface en contrebas de la chute. Impossible de sauter même si on échappe au vertige, c'est du suicide. Ils sont fortiches ces ricains...

Cette petite déception passée, il faut quand même dire que la cascade est assez jolie puisque cinégénique. L'eau tombe à pic sur près de 20 mètres et atterrit dans un grand bassin entouré de gros rochers. Y'a pas à dire, ça a de la gueule.


Cette petite pause passée, il est temps de remonter en voiture et de consacrer à nouveau la fin de journée à la recherche des éléphants.

Même scénario que ce matin de bout en bout. Les crottes sont là mais pas leur "géniteur".

J'ai l'impression de chasser le dahut et que les employés du parc s'évertuent à lacher des crottes sur la route pour entretenir le suspense.

On aura beau se donner à fond, pas d'éléphant à se mettre sous l'objectif. Tant pis, ce sera pour plus tard, j'espère...

Mon séjour dans le parc ne s'arrête pas là.


En effet, sur les coups de 18h, le 4X4 s'arrête sur une aire de camping, c'est là que le groupe se divise en deux catégories : ceux qui ont un emploi du temps chargé, et ceux qui butinent jusqu'au printemps.

Dans cette dernière catégorie, nous ne sommes que deux, Rachel, une américaine de 23 ans enseignant l'anglais à Bangkok depuis 7 mois et temporairement en week-end et moi.

Par mesure d'économie, on partagera donc une tente, quelques repas, de belles ballades et rien de plus...


En parlant de repas, ce sera sans doute pour le lendemain car il est 18h30 quand on finit d'installer la tente et le restaurant du camping a déjà fini de servir les estomacs affamés (sic). Pour ce soir, on devra donc se rabattre sur de pauvres paquets de chips et sur des bouteilles d'eau en duc de guise de repas.

Et là vous me dîtes : "de l'eau, il est malade c'est pas possible".

C'est ce que je croyais moi aussi...

Mais alors qu'on retourne à la tente avec nos courses pour le dîner, Rachel croise un type qui s'attarde sur sa veste. Elle arbore l'écusson de son université : "La Crosse".

C'est une université minuscule comparée à d'autres universités américaines et le type en question en est lui aussi issu. Coïncidence!!

Le type est en week-end lui aussi avec 5 autres jeunes américains tous enseignant l'anglais autour de Bangkok.

On est invité à les rejoindre à leur tente et à partager leur trésor de guerre : Moultes bouteilles de whisky.

Et bien, c'est pas tombé dans la glotte d'un sobre.

La soirée est donc rieuse au possible et on conviendra de passer la journée suivante ensemble si on a pas gelé d'ici là! En effet, il fait 8° dans le parc et comme au Népal, je dors habillé dans mon sac de couchage. J'ai l'habitude, tout roule. Par contre, je n'ai pas l'habitude de dormir à même le sol, ça vous brise un Braïce!

Avant ça, au cours de la soirée, je ne compte même plus les visites de biches qui passent de tentes en tentes pour guetter s'il n'y a pas de la nourriture à dérober. Et à chaque fois, la magie opère, je nage dans un bonheur nommé Mère Nature.


Samedi 17, le réveil est matinal. Dès que quelqu'un est réveillé dans le camping tout le monde est réveillé.

Les campeurs sont à 95% thaïlandais et ils font ronronner le moteur de leur voiture dès le réveil, sans doute pour se réchauffer. Ca vous sort de l'hibernation aussi sec!

Un avantage quand même à se lever tôt, on va enfin pouvoir manger.

On file avec Rachel au restaucamp et on commande la seule nourriture disponible : du riz mixé avec de l'omelette, des légumes... Et des épices au kilo!!!!

Je n'ai que très rarement mangé quelque chose d'aussi fort.

Pour tout dire, je n'ai que très peu mangé tout court. C'est immangeable malgré la faim pour mon palais délicat plus habitué au nutella qu'au chocolat noir à 95% de cacao.

Heureusement ou pas, on peut encore acheter des chips...


Au cours de ce bref petit encas, le reste des américains nous rejoignent, il est 9h quand on se met en route.

Le but est de retrouver un sentier et de s'y ballader à la rencontre de tout ce qui voudra bien se présenter à nous.

Le seul problème, c'est que le sentier est à plusieurs kilomètres, qu'on est huit et que pour faire du stop, ça va pas être pratique...

Cela dit, tous les thaïs ou presque présents dans le parc conduisent de gros pick-up.

C'est donc finalement sans trop de difficultés qu'on arrive à se faire prendre, tous ensemble à l'arrière d'une de ces énormes voitures.


On commence la randonnée.

Le rythme est rapide et le moral est bon.

Ca sent bon l'aventure. D'ailleurs, chaque fois qu'on en a l'occasion, on préfère suivre la rivière en sautant de rocher en rocher plutôt que de suivre le sentier.

C'est en plus de l'aventure, le meilleur moyen de ne pas rater les cascades qui s'égrènent tout le long du cours d'eau.

C'est aussi le meilleur moyen d'apercevoir un crocodile se dorant au soleil sur l'autre rive. Frissons garantis, et si il avait été de notre côté?

En tout cas, maintenant c'est sûr, je ne suis pas prêt de me baigner dans cette eau pourtant accueuillante vue la chaleur qui croit au rythme du soleil qui monte dans le ciel.  

A un autre moment, on aperçoit un gros lézard à l'estomac gonflé. Sans doute n'a-t-il pas mangé au restaurant du camping...

Il fait plus d'un mètre de long et pareil que pour le crocodile, ça ne donne pas envie de s'adonner à la brasse coulée.


Après 4 heures de marche, les moins vaillants en ont pleins les pattes alors que notre chemin débouche sur le même restaurant que celui où on a mangé la veille pour le déjeuner. C'est le moment de se repaître!!!!

Et comme la cascade dîte de "La Plage" est toujours là, on en profîte pour s'y reposer un moment.


C'est là que le groupe du jour se disloque. Les loques retournent au camping pour une sieste. Les autres dont Rachel et moi faisons partie décident de longer la rivière en aval de la chute d'eau.

On est repartie pour l'aventure.

Tant qu'on peut avancer, on poursuit. Et si on est bloqué, on rebrousse chemin.

Les paysages sublimes se succèdent, on ne croisera personne tout le long du cours d'eau.

On est les seuls humains à avoir choisi cette option, et on s'en félicite! Je dis humain car on recroisera d'autres animaux comme des singes, papillons, oiseaux, araignées et un autre gros lézard.

Vu que celui-ci est comme celui du matin en position sommeil au soleil, j'essaye de m'en approcher le plus possible pour avoir le bon cliché.

Dix mètres, cinq mètres, trois mètres... (c'est très proche, mesurez!!) Et tout à coup, le lézard se réveille et dans la seconde se met à courir littéralement dans ma direction. Il est pas content le pépère et il le fait savoir. C'est que ça court vite ces bestiaux là!!!! Pas aussi vite que moi quand même; pris de panique autant que de surprise, je me lance dans un sprint qui ne laisse, tant mieux pour mes mollets, aucune chance à mon agresseur de saurien.

Mais la vache, WHAOUUUU, le palpitant qui palpite c'est pour bibi!!!!

J'ai quand même eu ma photo, c'est l'essentiel. Pas moyen que je me rapproche une autre fois de la bête qui s'est bien faite comprendre dans l'opération.


On parviendra malgré l'embuscade à poursuivre notre chemin tortueux sur plusieurs centaines de mètres de défiance aux lois de la gravité jusqu'au moment fatidique où on ne peut plus avancer à moins de se mouiller les pieds. Et vu le bestiaire local, il est pas né celui dans le groupe qui tentera l'affaire!!!

On aura quand même vu quelques cascades dans l'opération et je ne parle pas du lézard de mauvais poil.


De retour sur nos pas, on retrouve le restaurant et son parking. Un auto-stop plus tard, il est 17h lorsqu'on rejoint notre camping qui s'est bien garni depuis le matin. Il faut dire qu'on est samedi et que tout le monde est au moins en week-end.

La veille, on avait pu jouer au frisbee sur des mètres et des mètres. Aujourd'hui, même les biches ne se montrent plus. Il semblerait que l'amicale des campeurs thaïlandais se soit donner le mot pour tous venir à Khao Yai ce week-end. Cela dit, pas plus d'inconvénients que ça, ils sont tous étonnés de notre présence quand on leur dit qu'on a marché toute la journée et se montrent particulièrement charmants et accueillants. Il faut dire que même dans un parc comme celui-ci, les thaïlandais ne sont pas adeptes de la marche et préfèrent visiter le parc en voiture. Je comprends mieux le fait qu'il y ait plus de routes que de sentiers maintenant!


Encore par rapport à la veille, il est 17h15 quand on se présente pour le dîner, c'est un peu tôt j'en conviens, mais si tu veux être sûr de manger... On a vu précédemment... Cette fois, il y a du choix et je ne suis pas obligé d'appeler les pompiers à la rescousse pour me sortir d'un piège culinaire à la façon pimentée!

Le repas englouti, riche mais fatigué de 7 heures de marche, je dis à Rachel que je vais me poser sur les coups de 18h.

Et bien, ça durera jusqu'au matin. Treize heures de sommeil, qui dit mieux?


Au réveil du dimanche, il est temps de penser à remballer les affaires, Rachel travaille le lendemain et rentre sur Bangkok dans la journée.

Je l'accompagne jusqu'à l'entrée du parc où je trouve un chauffeur pour me déposer à l'hotel où je dois prendre le reste de mes affaires restées sur place.

Je pourrais aussi bien rentrer à Bangkok aujourd'hui mais j'ai pas envie. Sale gosse...

Au contraire, à Pak Chong, la localité près du parc, un train vers Bangkok passe à peu près toutes les heures et s'arrête à Ayuthaya, l'ancienne capitale Thaï du XIVème au XVIIIème siècle. Ca promet question temple et question gastronomie!!

C'est donc mon programme pour les deux jours qui viennent, c'est à dire jusqu'à mardi où une fête monumentale est prévue à Bangkok puisque c'est le dernier soir pour Charlie et Anna qui sont dans le pays depuis maintenant deux mois et qui n'ont d'autre choix que d'aller travailler en Australie.

Et y'a pas à tortiller, j'en suis!!!!



Voilà voilà... Pour ceux qui était déçu de ne plus rien recevoir comme nouvelles fraiches, pour ceux qui trouvaient que mon voyage ralentissait un peu trop, j'espère que vous êtes réconciliés avec mon histoire.


En tout cas pour moi, les semaines ont beau passer à une vitesse supersonique, j'ai beau avoir du mal à savoir quel jour on est la plupart du temps, c'est toujours l'heure de vous dire que vous me manquez, que je suis désolé que le décallage horaire et le réseau internet ne nous permette pas de discuter plus souvent sur skype.

Je vous embrasse aussi fort que le lézard voulait m'attraper les chevilles. Et c'est pas du cinéma.


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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 08:57
A la suite de mon dernier message, j'aurais dû rechausser mes bottes de 7 lieues et repartir en croisade.
Mais force est de constater que même si la route est pavée de bonnes intentions, il faut encore pouvoir (ou vouloir) se lever aux aurores pour affronter une journée dans les transports. En effet, à Bangkok, je suis le roi du "snooze time". Je m'explique. Quand le réveil sonne à une heure avancée de la matinée, le snooze time consiste à se rendormir pour quelques minutes tout en sachant que le réveil va re-sonner dans les minutes suivantes. Moment délicieux que celui où on se replonge dans les rêves.
Le matin du 14 janvier, c'est exactement ce qui s'est passé mais jusqu'à midi!!
Dans ces conditions, il est inutile de dire que même si je me sens frais comme un gardon, je n'ai pas envie d'arriver à Pak Chong (ville porte d'entrée vers le Khao Yai national park) à la nuit tombée. C'est d'autant plus dur pour se repérer dans ces conditions que mon LP Asie du sud-est ne possède pas de carte de la localité.

Il a donc fallut que je compose avec une nouvelle journée dans Bangkok que je commence à connaître sur le bout des doigts ou presque.
Heureusement, dans mon malheur tout relatif, la veille j'ai recroisé Andy, un allemand avec qui j'avais sympathisé à Ko Chang. Il dors dans le même hotel que moi et c'est donc sans problème qu'on se retrouve vers 13h.
L'après-midi est molassonne.
Andy repart le lendemain vers son pays natal et comme moi, il est blasé de Bangkok.
Mon programme est donc de trouver un bon bouquin pour m'accompagner en forêt, rien de plus.

A 16h30, alors que le soleil décline, Andy a une idée brillante : prendre un taxi jusqu'à la Sky Tower, un gratte ciel de près de 90 étages dont le sommet est un bar avec panorama sublime sur la ville surplombé par une coursive tournante d'où on peut voir Bangkok à l'air libre.
Après 1/4 d'heure de taxi, on avance plus d'un pouce. Les voitures, tuk-tuk et autres sont pares-chocs contre pares-chocs et plus personne ne bouge pendant plus de 5 minutes montre en main, c'est très long!!!
A ce rythme, le coucher de soleil va se passer à l'arrière d'une berline. On peut rêver mieux...
Une solution s'impose : Le moto-taxi.
On quitte donc le 4 roues pour dénicher deux 2 roues, plus à même de battre des records d'efficacité. Et nous voilà parti, chacun sur sa bécanne, à la merci d'un chauffeur-pilote spécialiste du sens interdit, du slalom au cordeau, de la voltige.
Résultat, on aurait mis 2h à bailler aux corneilles dans un taxi qu'on aurait battu à la course à cloche-pied et au final on arrive à la tour en 15 minutes de rigolade et de serrage de fesses pour mieux passer entre les voitures, aérodynamique oblige.

Quand on regarde la tour d'en bas, c'est à tomber à la renverse tellement c'est grand. Pour sûr que la vue va être grandiose!!
Trois ascenseurs plus loin, on est au sommet.
On est pile à l'heure pour le coucher de soleil mais une chose cloche, c'est plus brumeux que Paris dans ses plus mauvais jours... On sait que le soleil est là derrière mais on ne peut que l'imaginer, damned!! Zéro couleur, c'est la déception.
Seulement, on ne peut oublier qu'on est 200m au dessus du sol. La ville déploye ses tentacules à nos pieds. Les échangeurs routiers s'emmèlent comme des poils pubiens. Les bouchons se dévoilent sur des kilomètres.
Qui plus est, alors que la lumière décline, la ville se pare de millions de lumière et là est le vrai spectacle!!
C'est à vous casser la machoire tant c'est étendu, j'ai beau plisser les yeux comme un Rousseau qui aurait abusé du tilleul, j'en vois jamais le bout.
En plus, quand on est sur la plateforme extérieure, les quelques mètres de tour qui nous dominent sont recouverts de diodes colorées qui scintillent à tout va. On se croirait dans un clip de J. Timberlake!

On reste 2 bonnes heures là-haut à apprécier les environs puis on reprend l'ascenseur dans l'autre sens. Dans celui-ci, une affichette présente le practice de golf inséré dans la tour. Encore un moyen de passer du bon temps!!! D'autant que je n'en ai jamais fait hormis le minigolf dans mes tendres années.
Andy est mitigé, ça ne lui dit trop rien d'enchaîner les swings perché au dessus d'une des plus grandes villes du monde.
J'use alors de tous les artifices pour le faire changer d'avis jusqu'au moment où on se met d'accord pour lancer la pièce et laisser le destin décidé par l'entremise de la chance.
Je lance la pièce, on va jouer au golf!!!! 2 euros pour taper 120 balles, que demande le peuple!!
En plus, pour le même prix, on se tape un méchant fou-rire parce que ça a beau sembler simple, les premières balles ne sont qu'esquives rotatives!
Mais au fur et à mesure, on progresse sans que les rires ne cessent.
Merci la pièce d'être tombée du bon côté!!
Au final, ça nous prend bien 90 minutes pour arriver au bout du charriot de baballes.
Et puis ça réveille!!
Ca réveille tant et si bien qu'Andy est tout ragaillardi. Le bougre d'allemand a une idée derrière la tête ou entre les jambes pour être plus précis...
Il se lance dans un monologue.
C'est son dernier soir en Thailande et il a envie de tout gouter, y compris le pire de ce que Bangkok a à offrir.

Il a une adresse et me convint de le suivre dans les aventures de son dernier soir.
La destination est un club de call-girls à quelques encablures. Je suis désolé mais je ne me souviens déjà plus du nom...
Un resto indien à la nourriture épicée comme du napalm plus tard et on est parti, il est 22h30.

On arrive au club à 23h.
La partie gratuite est une grande salle où on diffuse les matchs de football et où on boit des coups.
Sur un côté de la salle, une vitrine imposante couvre tout un mur.
Derrière sont assises des filles qui doivent être à peu près une dizaine avec des badges numérotés sur la poitrine.
Alors qu'on se raffraichit d'une bière, un type nous explique le principe.
Sur la gauche, les super-models qui n'ont de ça que l'appellation. Elles sont plus chères que les autres.
Au milieu, les jolies filles qu'on trouvera pour la plupart jolies que si on abuse de l'alcool. Elles sont à un prix moyen.
Sur la droite, celles qui ne répondent malheureusement pour elles à aucunes des 2 autres catégories. Il n'y en a qu'une et les autres filles se moquent ouvertement de celle-ci qui est assise toute seule comme une pauvre malheureuse.
Le spectacle est à vomir, c'est pas pour les sentimentaux.
Mais le fait est qu'on peut "louer" une ou plusieurs filles pour deux heures de "massage", "bain", "jeux".
Andy est tout émoustillé et ne sait quoi choisir sur le "menu".
A l'arrière, un pianiste joue de la musique d'ascenseur accompagné d'un chanteur qui débite des chansons d'amour thaïlandaises mélancoliques en pleurant littéralement sur son micro. Ambiance quand tu nous tiens...

On reste là, assis pendant une heure. Andy n'est toujours pas décidé et en plus pendant ce temps, le choix s'amenuise.
Il est tellement indécis que minuit arrive.
Et à minuit, sans qu'andy soit prévenu, en un instant, toutes les lumières derrière la vitre s'éteigne, le club ferme, Andy est dépité. Et moi, je ris!!
5 minutes plus tard, la lumière se rallume, les filles ont disparu, ne reste que la femme de ménage qui passe l'aspirateur!!
Andy est en deuil.
Même la musique s'est tue.
C'est vraiment la fermeture.

Ne nous reste donc plus qu'à partir comme on est venu, retour dans notre quartier.
Je quitte Andy à 1h du matin, bien décidé à me levé tôt.
Un rapide passage par le Burger King plus tard, je suis au lit à 2h encore tout amusé par la tournure des évènements.
Le lendemain, le réveil est prévu à 9h, et sachant que j'adore le "snooze time", je me vois partir en fin de matinée si je ne suis pas trop feignant.

Pour résumer la soirée, je suis venu, j'ai bu et j'ai vu vingt culs.
Et force est de constater, que de la sorte, c'est pas ma came.
Et l'amour dans tout ça, il est sans doute au coin de la rue mais laquelle?

 

 
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 18:56

Vous avez cru à l'abandon de poste?

Vous pensez que j'ai démissioner de mon rôle de reporter? Que le spleen est plus fort que tout et que je me morfonds dans les ténèbres sentimentaux jusqu'au bout de la nuit?


Ca pourrait être vrai, ça picote encore...

Mais l'appel de la route vers de nouvelles aventures est plus fort que tout et me voilà reparti comme en 40.


C'est pas faux que j'ai été un peu léger sur ma description de ces dernières semaines mais il faut dire qu'à Ko Chang, la monotonie est plus ou moins chez elle surtout quand on passe 12 jours sur place.

C'est pas faute d'avoir rencontré des gens. C'est pas faute d'avoir veillé (parfois) très très tard. C'est pas faute d'avoir picolé (souvent) plus que de raison.

La vie à la plage, ça a beau être parfois rock n'roll, quand tu regardent le dernier Batman ou le dernier James Bond sur un écran d'un mètre de large ou quand tu rencontres ton dixième allemand (ou autre) de la journée, la sensation d'être en Thaïlande s'estompe d'autant plus que dès le réveil jusqu'au coucher les seuls thaïs à qui tu parles sont ceux à qui tu commandes à manger.


Disons que comme la dernière fois, Ko Chang c'est un peu Ibiza dans une version, j'imagine, un peu plus modeste et un peu plus forestière, mais Ibiza quand même.


Il était donc temps de dire au revoir à Charlie et Anna, de retourner à Bangkok et d'entamer une cure de désintoxication par l'exercice.

Ce fut donc fait à l'issue d'une nuit au cours de laquelle j'ai dormi deux heures (sic).

J'avais donc la tête où vous savez au moment de prendre le bateau puis le bus hier matin, dimanche 12 janvier.


Au moment de monter dans ce dernier, je suis le dernier parmi les passagers. Je fais le tour des places assises, plus une seule n'est disponible. Je m'installe donc complètement à l'avant du car, au premier étage, à l'endroit où les premiers rangs étalent leurs jambes. D'ailleurs parmi les gens à qui je demande de me faire un peu de place en vue de m'assoir par terre, un homme grassouillet aux pieds vérolés me fait presque le reproche de le géner dans mon installation, comme si c'était ma faute que la compagnie a vendu plus de tickets que de places disponibles!!

Heureusement, je n'aurais pas à lui faire manger ses remarques, la responsable de la compagnie vient me chercher et me dit qu'il reste un espace libre, la couchette du chauffeur!!! Qu'il est bon d'avoir parfois de la chance, je n'aurais pas pû rêver meilleure situation vu mon état physique et mental déplorable.

J'ai donc pû dormir comme une marmotte tout le trajet jusqu'à Ko San road, destination du jour.


A la sortie du bus, je suis Sylke, une allemande avec qui j'ai sympathisé à Ko Chang. Elle a un bon plan pour un hotel, allons voir.

Grace à ma connaissance toute relative de la ville, on trouve facilement et miraculeusement le chemin.

Le soleil n'est pas encore couché quand je découvre ma chambrée. Un lit, un ventilateur posé au sol, la lumière et on a fait le tour du confort sur place.

L'hotel ne possède que deux douches qu'il faut partager avec la quarantaine d'autres occupants.

Plus rudimentaire, tu dors dehors...

Mais soit, je ne vais faire que deux nuits ici, j'ai déjà fait le tour l'année dernière des sites "incontournables". Le temps de faire une lessive et il sera temps d'aller à Khao Yai, parc naturel de son état et foret primaire s'il en est.


On passe la soirée ensemble en tout bien tout honneur avec Sylke. Rien à signaler si ce n'est que l'air est chargé, la foule omniprésente, et le bruit assourdissant.

A signaler toute fois, sur le chemin du retour à l'hotel, on passe devant le Burger King de Khao San road ouvert 24h / 24.

Les connaisseurs sauront que ma faiblesse coupable question nourriture est justement Burger king et son fameux double whopper avec cheese et bacon, soit au bas mot 400g de tout dans deux tranches de pain. C'était tellement bon qu'il va falloir que je confesse ce pêché de gourmandise un jour ou l'autre!!!!


Aujourd'hui, Sylke a décidé de se lever aux aurores pour profiter au maximum de son dernier jour avant son retour en Allemagne prévu ce soir.

Pour ma part, hors de question que je mette mon réveil, c'est contre ma religion!


Je suis donc allé flaner du côté de chinatown avant de profiter de la climatisation dans un centre commercial grand comme une ville.

Pour vous donner une idée, on y trouve en plus des magasins traditionnels qui se comptent par centaines, une patinoire, un multiplex cinéma dont un écran Imax et le plus grand aquarium d'Asie du sud-est.

C'est d'ailleurs là que j'ai passé la fin d'après midi.

Deux heures à regarder les poissons, méduses, mammifères marins & autres crustacés dans des bassins grands comme des piscines olympiques. Deux heures de silence dans un temple de la consommation où on expose des Lamborghinis pour qui peut se les offrir, surréaliste!!!


Le chemin du retour est à l'image de Bangkok. Je prends un taxi jusqu'à l'hotel. Près d'une heure pour faire peut-être un kilomètre... Il est même arrivé qu'on avance pas d'un pouce pendant plus de 10 minutes.

Que ceux qui déteste la circulation et le traffic à Paris veuillent bien se dénoncer et aillent au coin les mains derrière la tête...


Ce soir, je me fais une joie d'aller me faire une ventrée de sushis.

Demain, je reprends le bus pour un exil de quelques jours au milieu de la foret. Sans doute cela me donnera-t-il à nouveau l'occasion de vous décrire des situations comme nulle part ailleurs. Du moins je l'espère.

D'ici là, ne sortez pas sans vos moufles, j'ai cru comprendre que la France en ce moment n'est pas un pays tropical.


Merci pour les messages de réconfort et de sympathie qui ont suivis mon dernier article, ça fait du bien par où ça passe : en plein coeur sans exagérer.


Et à nouveau, mes meilleurs voeux pour l'année qui vient. En espérant qu'elle vous apporte l'accomplissement de tous vos rêves. Et si ça veut dire me rejoindre pour quelques semaines, vous connaissez la rengaine : j'ai pas de maison mais Mi casa es su casa.


A bientôt où que ce soit et grosses bises bien moites.


Ca c'etait hier. Depuis, j'ai accompagne Sylke jusqu'à l'aeroport et partage une journee avec un de ses potes nomme Steeve.

La soiree d'hier etait bien arrosee, le type est anglais je le rappelle...

Au cours de la soiree, au detour du chemin, Steeve m'a propose de me joindre a lui pour un tour de l'asie du sud-est en 10 semaines avec un depart demain matin direction le Cambodge.

Ca semblait une excellente idee, Steeve est a mourir de rire et partager un bout de route avec le type eut ete une bonne idee. J'ai donc dit oui au 3eme litre de biere.

Mais au retour a l'hotel, j'ai bien reflechi et ma reponse est en tout point prematuree.

Je n'en ai pas fini avec la Thailande, c'est une evidence.

Le plan avec Steeve prevoyait de partir pour le Laos des demain.

Le rendez-vous avec le bonhomme de cette apres-midi a donc commance avec mes plus plates excuses mais il faut que je me concentre sur ce que j'ai vraiment envie de faire c'est a dire ce que j'ai deja decrit plus tot a savoir la foret puis l'escalade dans le sud de la Thailande a Krabi.


J'ai donc quand meme passe la journee avec le gaillard, rencontre pleins de gens de Ko chang, et dit au revoir a tout le monde.


Demain comme prevu un jour en retard je vais a Khao Yai.


Tout peut arriver en voyage.


Il s'en est fallu d'un cheveu que tout mon planning foute le camp en une seconde, cela n'incluant pas ma rencontre avec Moman et Pedro, of course.


Je vous recontacte donc comme prevu a mon retour des bois.


A la semaine prochaine.


Grosse Braice de la route

PS : en bonus car il en faut toujours un de nouvelles videos dont la video embarquee dans le saut a l'elastique. A votre sante. A votre bon coeur.



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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 21:07
J'étais censé vous parler de mes derniers jours à Kathmandou,
Ca semble à des années lumières maintenant...
Il y a bien eu le réveillon de Noël où j'ai partagé le dîner avec un Jesus espagnol, un Adam irlandais et une Eve néherlandaise, ça c'était quelque chose!!
Il y eu aussi les visites de stupas, de temple habité par les singes, de batiments à l'architecture tout droit sortis d'une version himalayenne des mille et une nuits.
Peut-être vous rendez-vous compte sur les photos, parce que je n'ai plus le coeur à revenir dessus.

C'était pourtant sacrément bien malgré le froid, mais maintenant désolé le coeur n'y est plus, mais alors plus du tout...
Dans un soucis de vérité, laissez moi vous compter pourquoi.


Je suis arrivé à Bangkok gonflé à bloc le 30 décembre. J'allais enfin retrouvé Anna et Charlie que j'avais laissés quelques mois auparanvant.
J'ai rencontré Anna et Charlie un an plus tôt lors de mes précédentes vacances en Thaïlande et j'adore ces deux personnages au point que je me suis rendu deux fois à
Gotheborg en Suède pour leur rendre visite.
Charlie est né en Corée il y a 26 ans et fut adopté par une famille suédoise à l'age de 3 mois. On ne peut imaginer personne plus expansive et volubile. Charlie est un peu la reine des folles et je l'adore.
Anna est née en Suède il y a 24 ans, c'est un sacré bout de femme qui ne s'en pas laisse pas compter, elle est belle comme un coeur et sauvage comme un pur-sang. Accessoirement , ça peut sembler neuneu mais c'est la vérité, j'aime Anna depuis la 1ère fois que j'ai posé le regard sur elle.
Accessoirement aussi, on a déjà batifolé a plusieurs reprise ce qui n'a évidemment jamais rien calmé de mon côté.

J'étais donc aux anges de pouvoir les rejoindre à Ko Chang pour passer 3 semaines ensemble. Charlie & Anna filant ensuite en Australie pour au moins un an afin de se refaire question finances.

Je suis arrivé à Bangkok en début de matinée et il n'était pas question de perdre une minute. A peine arrivé, j'ai sauté dans un taxi pour qu'il me conduise à la gare routière afin que je dégotte un bus. Et comme l'année dernière exactement, le chauffeur de taxi propose de me conduire jusqu'à l'embarcadère pour Ko Chang à 300km de là. Que croyez-vous que je lui répondis? Fais-moi un prix!!!
C'est comme ça que ça c'est passé, trois heures plus tard, j'étais chaudement assis dans le bateau car, il me faut préciser, Ko Chang est une île et il y a fait chaud surtout quand on déboule de Kathmandou ou de France actuellement d'après ce que j'entends.

Bref... Je retrouve le chemin de l'hotel où il est convenu que je partage la couche avec mes deux larrons qui sont déjà sur place depuis 5 semaines!
A 14h, je retrouve également le chemin de la plage où j'aperçois enfin mes hôtes.
Moment de rêve, tout le monde se saute dans les bras et les frissons parcourent les corps, ça promet...

Les jours qui suivent sont un bis repetita de ce qui s'est passé l'année dernière. Anna et Charlie sont deux fétards invétérés et à nous trois, c'est toujours à savoir celui ou celle qui sera le dernier debout.

Le rythme est donc celui-ci :
Les levers sont difficile quelle que soit l'heure.
Les après-midi à la plage sont souvent silencieuses mais jamais d'une manière embarrassante.
Viennent ensuite l'heure de la sieste, puis du coucher de soleil (chienne de vie!!!).
Pour finir, on mange, on boit, on danse, on rit jusque très tard dans la nuit.

En plus, le 2ème jour, c'est le nouvel an. Surrenchère de décibels et de feux d'artifices, on se rend bien compte qu'on est pas en Syrie par exemple!


Pour ma part et puisque c'est principalement de ça qu'il s'agit ici, je n'entreprends rien avec Anna même si ça n'est pas l'envie qui manque car il convient maintenant de faire les choses dans les règles puisqu'on va passer les trois prochaines semaines ensemble.
Ce que je ressent pour cette fille, je l'imagine comme une espèce de tiroir que je ne pourrais plus fermer tant les sentiments s'y accumulent.
Il va donc s'agir d'agir en douceur afin de ne pas troubler l'excellente atmosphère thaïlandaise.

Je fais d'abord part à Charlie de ce que je ressents. Non pas pour qu'il aille trouver qui vous savez mais pour avoir son assentiment. Je ne voudrais en priorité pas rompre l'alchimie qui règne entre nous.
Et Charlie, plus royal que le roi, me donne son feu vert. Ne reste plus qu'à trouver le moment idéal...

Ce même soir (le 3 janvier), la soirée se passe excellemment. Excellemment jusqu'à ce qui suit...
A 4 heures du matin, en chemin entre un endroit ouvert et musical jusqu'à pas d'heure et un autre, on repasse par le bungalow. On a tous encore la sauce et il s'agit juste de refaire le plein de liquide. Je suis dans les starting blocks.
Anna en profite pour règler l'alarme sur son téléphone portable vers 8h ce matin même car Elle et Charlie vont jusqu'au Cambodge dans la journée afin de bénéficier d'un visa thaï tout neuf, le leur arrivant à expiration.
C'est à ce moment tragique qu'elle apprend au travers d'un SMS d'une banalité affligeante ("tiens au fait, peut-être que ça t'importe de savoir...") que sa grand mère vient de décéder. Subitement elle s'effondre. Charlie est là pour la réconforter comme un frère le ferait pour sa soeur, je sors du paysage mais peu importe alors.
Les circonstances font que tout va de travers. Anna pense faire un aller-retour en Suède mais cette idée ne fera pas long feu.
La seule chose qui importe sur le moment pour ma belle, c'est de boire jusqu'à l'oubli, noyer sa peine comme on dit.
La soirée ou la nuit se poursuit alors dans une ambiance que vous devinez, mi-figue mi-raisin au bas mot dans les têtes, mi-redbull coca mi-rhum local dans les seaux qui nous servent de verres.
Tout le monde rentre et s'effondre avant que le soleil se lève.
Je ne sais pas à quoi m'en tenir; disons légèrement que ce n'est que partie remise.

Le lendemain, les paupières d'Anna sont encore humides de la veille et il va sans dire que l'aller-retour au Cambodge sera pour plus tard, c'est pas bien grave.
Charlie et moi faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour tantôt lui faire oublier ses malheurs et tantôt pour la réconforter.
Et le soir venu, on en parle plus, c'est mieux comme ça tant la situation familiale d'Anna est compliquée.
C'est le retour au rythme classique, la soirée est une merveille de soirée. Les gens autour de la table sont souriants, décontractés. La musique est bonne, bonne, bonne. Les gosiers se remplissent, remplissent, remplissent.
Sur les coups de 3 heures, Charlie s'éclipse avec un compagnon d'un soir.
A 5h, il n'est toujours pas de retour parmi nous, il y a de grandes chances qu'il y passe la nuit jusqu'au lendemain. Je sens monter la pression mais je contrôle.
A 6h, je fais signe à Anna que je rentre à la maison, il est l'heure pour moi. Cela dit malgré l'heure très avancée, je suis bel et bien réveillé et remonté comme une pendule.
Elle rentre peu après moi, je n'ai pas eu longtemps à attendre.

Au détour de la conversation pré-sommeil, je fais mon coming out.
De la meilleure façon possible, je dévoile la palette de sentiments que je ressents pour cette fille.
Le fait est que ça ne m'arrive que très exceptionnellement d'être exalté à ce point par une donzelle et c'est exactement ce que je recherche dans la vie. Je fais donc bien attention à choisir chaque mot, à ne pas mettre de pression malgré les apparences. Tout ce que je veux, c'est pouvoir donner.
La demoiselle est sur le cul, les mots ont du mal à sortir.
Mais quand ils sortent, ils foudroient direct au coeur.
Le fait est qu'elle ne cherche en aucun cas quelque chose de stable, qu'elle est flattée mais que ç'eu été mieux si j'avais gardé ça pour moi car elle préfère me voir comme un frère plutôt que comme un compagnon ne serait-ce que pour trois semaines.

C'est la que les moteurs s'arrêtent et que l'avion s'écrase. Comme le con que je suis, j'ai pas prévu de parachute. L'atterrissage est douloureux. J'ai un sabre qui me transperse le coeur ou le peu qu'il en reste...

Là dessus, mademoiselle file dormir.
Malgré les verres, l'heure et tutti quanti, il me faudra sacrément du temps pour trouver le sommeil et de ce fait une certaine tranquilité d'esprit.
Je suis au 4ème sous-sol et pense ne rien avoir fait pour mériter ça.

Une nouvelle journée s'est écoulé depuis, nous sommes dans la nuit du 5 au 6 janvier.
Aujourd'hui, elle a fait comme si rien ne s'était passé et ça ne m'a pas aidé.
Si ce voyage est un film, ce passage est une tragédie grecque.
Maudit du coeur, il hésite entre l'appel de la route et la poursuite de ce cirque qu'on appelle la vie à la plage, sachant que malgré la douceur, ça fait un mal de chien.

Un conseil?
Volontiers, merci!


PS : Pour que tu ne reste pas sur cette note pas douce, très amère, je laisse en dépot toute ma sélection de photos du Népal, c'est peut-être un peu la foire car il y en a plus de 200, mais dis-toi que j'en ai écrémé déjà beaucoup, que j'adore toutes celles que je te présente et qu'en plus, en ce moment même j'ai d'autres préoccupations.
J'aurais adoré vous raconter des histoires à l'accent printanier avec de la débauche autour, espérons que la malédiction me laisse quelque répit et que ce soit pour une autre fois.
 
 
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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 18:18
 La montée n'a pas eu raison de moi,
Pas plus que le froid au repos ou le chaud en action,
Il est temps maintenant de profiter du point de vue,
T'as quand même pas cru qu'on marchait pour le simple plaisir d'en baver...


Au matin du 7ème jour, Dieu a presque fini son travail et moi aussi. On est avec Sudip au camp de base du Machhapuchhare et il ne nous reste que deux heures d'ascension pour pouvoir enfin se positionner les doigts de pieds en éventail aux pieds de ce cirque monumental que forment les Annapurnas.
Il y a en effet plus d'une demi-douzaine d'Annapurna dont le plus haut, Annapurna I, culmine au dessus des 8000m. On aperçoit déjà et pour la première fois du trek ce magnifique sommet depuis là où nous avons dormi.
Depuis la veille, l'incendie s'est tû, la voie est libre. On a dormi plus que de raison c'est à dire jusqu'à 9h, je pourrais crapahuter pendant des heures si besoin était. Mais j'ai même pas besoin!!!
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, je consens à changer de sous-vêtements et c'est pas du luxe. La couleur blanche de mes chaussettes s'est transformée en un délicieux camaïeu de marron et mon caleçon tient debout tout seul, comme un grand. Une fois le transfert effectué, c'est tout l'argumentaire du vendeur de lessive qui prend tout son sens, c'est doux, ça sent bon, je ne fais plus office de bouillon de culture.

On part à 10h tapante à nouveau les derniers.
Et à mesure qu'on double les plus matinaux, le spectacle se déroule devant mes yeux écarquillés.
Jusqu'à présent, nous avions soit marché avec les montagnes derrière un flot de collines, soit marché engoncés au fond d'une vallée étroite sans vue sur rien. Et bien, à chaque minute, quasiment à chaque pas, c'est le rideau qui s'ouvre sur la scène.
Décompression de l'appareil, armement des toboggans, attention à l'ouverture des portes.
Je me sens perdu devant tant de démesure!! Chaque perspective donne lieu à une évaluation des distances qui se révèle impossible devant l'ampleur des évènements.

A l'arrivée au camp de base de l'Annapurna, on est entouré par 7 sommets entre 6000 et 8000m. Vertige quand tu nous tiens...
Petite ombre au tableau, les nuages commencent à s'ammonceler sur Annapurna I et il va leur falloir bien du courage pour pouvoir se décrocher de cette bite d'amarrage géante.
Pour nous, ça n'est encore pas trop un souci, c'est plutot pour ceux qui arrivent le lendemain que ça risque de poser problème. Encore de la chance pour le Braïce.
Et comme on est finalement arrivé, je donne quartier libre à Sudip qui en a besoin tant il prend son travail et le fait de me materner au sérieux.
Je peux enfin marcher dans cette amas de pierres sans avoir à sentir que quelqu'un marche à quelques centimètres de moi. Avec d'autres randonneurs, on choisit de grimper encore un peu et d'aller voir un petit lac qui doit se situer quelques centaines de mètres au dessus du camp.
Cette dernière ascension est hardue et non récompensé.
Il y avait bien un lac voilà quelques semaines mais le lac est mort, terrassé lui aussi par une avalanche.
Ce glissement de terrain a été si puissant qu'il ne reste plus aucune trace du lac. Tout son lit a été recouvert par une mer de roches allant de la taille d'un gravier à celui d'un immeuble. J'en frissonne.

Ne reste plus alors qu'à redescendre bredouille de notre lac et à explorer les environs immédiats. J'écris immédiat car plus loin ce n'est plus que précipices, glaciers et à-pics. Derrière le camp de base gisent les restes d'une langue de glace jadis longue de plusieurs kilomètres. Maintenant, ce n'est plus qu'une tranchée géante de laquelle nous proviennent en permanence le son de rochers qui s'écroulent sur tout son long.
Tout ce qui est à proximité est à la merci des humeurs de la crevasse qui va, in fine, tout dévorer quand la faim lui en dira.

Le soir, alors que les nuages finissent de s'occuper à remplir tout l'espace, la soirée va bon train. Tout le monde, népalais, grimpeurs, est content d'en être arrivé ici. Autour de la table, 2 guides dont tout laisse à penser qu'ils sont les meilleurs amis du monde s'étreignent comme des amoureux. Et alors que chacun est de très bonne humeur, je lance un peu à l'emporte-pièce la réflexion suivante :
- "est-ce que vous voulez ma chambre ou est-ce que ça va bien comme ça?"
En deux secondes, je me remémore le conseil de Sudip avant de partir sur le sens de l'humour des guides locaux. Durant le même lapse de temps, il prend à un des 2 amis aimants de vouloir en venir aux mains et de me casser la gueule!!! Qu'est ce que j'avais pas dit! Et dire que ça partait d'un bon sentiment!!!!
La prochaine fois, je me garderais bien de faire des blagues à connotation homosexuelle en direction des népalais. Le moins qu'on puisse dire c'est que ça leur reste en travers de la gorge.
Je ferais donc tout pour ne pas recroiser mon nouvel ami jusqu'au lendemain matin.


Le lendemain matin, donc, c'est le 8ème jour (20 décembre).
A compter de ce jour, je ne résonne plus en terme de jour de la semaine mais en date, ma montre n'indiquant que la date. Je suis complètement déphasé, qu'on soit lundi, jeudi ou dimanche, c'est la même chanson.
Ce jour, j'ai une patate de tous les diables. On a beau s'être réveillés pour voir le lever de soleil sous la brume, je ne ressens plus la fatigue. C'est sans doute aussi grace au fait que, comme on repart du sommet de notre trek, la journée ne devrait se dérouler qu'en redescendant la pente, c'est une douce perspective!

Seul petit désagrément, il fait un froid de congélateur et chose étrange, ça ne fait pas de vapeur quand je respire. Peut-être est-ce dû à l'altitude, à l'air sec, mais toujours est-il qu'à Kathmandou, dans ma chambre non chauffée dans laquelle il fait environ 12-14°, je vaporise à chaque expiration alors qu'ici c'est le désert. La seule chose que je sais, c'est qu'il fait largement plus froid ici aux pieds des géants. J'ai au moins Bangkok en tête pour me réchauffer, du moins en rêve...

La meilleure chose à faire contre le froid, c'est de redescendre. De toute façon, le ciel est en partie bouché, ça ne sert plus à rien de faire patienter les heures de descente.
On se remet sur le chemin peu après 8h, sans réellement savoir jusqu'où on ira. Ca dépendra en grande partie de mon courage et de mon endurance.
Sur les coups de 13h, on s'arrête déjeuner déjà en pole position. On a fait quasiment que marcher et courir quand ça s'y prétait. J'ai du feu dans les jambes et ça fait marrer les oiseaux qui s'envolent comme dirait Cabrel.
On décide finalement que le mieux serait de terminer la journée à Chomrong, dont je vous rappelle en passant que c'est la capitale de l'escalier. D'ailleurs, autour de la table déjeunent d'autres marcheurs et le moins qu'on puisse dire c'est que ça les fait bien rire de savoir qu'on va jusqu'à Chomrong!!! Aucune chance d'après eux... Il n'en fallait pas plus pour me donner la rage d'aller plus loin que tous ces types qui ne portent pas leur sac et que je laisse tous les jours derrière moi depuis près d'une semaine. Si on y parvient, il va donc s'agir de faire dans l'autre sens tout ce qu'on a gravi les 3 derniers jours, voilà pour le programme.

Pas de suspense à faire valoir, compte tenu de tout ce que je viens de dire, on a couru jusqu'en bas des escaliers, que de la descente. Ca va vite, parfois on se fait peur à voir ses chevilles vriller sur une pierre pas très stable mais on domine.
Le sentiment perdure jusqu'à ce que le mur se dresse devant moi.
Comme maintenant je compte en tour Eiffel, je peux te dire que la montée de Chomrong, c'est presque deux fois la tour Eiffel. Et sans la buvette du 1er ET du 2ème étage.
Il me faut près d'une heure pour arriver au bout de mon calvaire.
C'est un peu plus long que prévu mais on a été retenu dans la montée par 3 buffles qui ne voulaient pas nous céder le passage. Sachant qu'une de ces bestioles fait environ 5 fois mon poids, on ne va pas en venir aux mains et on préfère attendre le bon moment pour les doubler. En tout cas, sur le moment, je les remercie car c'est l'occasion de faire une bonne vieille pause. Je ruissèle, la mode n'est plus à la course, tout juste à la marche, et c'est déjà beaucoup.
On retourne avec Sudip dans le même lodge qu'à l'aller c'est à dire dans celui qui jouit de la meilleure vue pour la simple et bonne et inhumaine raison que c'est le plus haut sur la montagne. Ca ne m'avait pas touché dans l'autre sens mais là ça me brise.
J'arrive à l'hotel sur les chevilles à 16h, je suis aussi plat que l'oeuf que j'ai l'habitude de manger au petit dej'... Heureusement pour me remettre de mes émotions, on achète une bouteille de rhum local qui aura le mérite, à défaut de me réparer les jambes, de me redonner un certain coup de fouet.  

Aucun autre touriste du camp de base de la veille n'est venu jusqu'ici, c'est pas mes chevilles qui enflent, c'est mes cuisses!!


Le 9ème jour, j'ai troqué mes jambes de champions contre des jambes de bois.
Je crois qu'on a poussé un peu trop fort la veille, dès que je pose le pied par terre, ça me lance, et pas dans une danse endiablée. Il va s'agir d'y aller doucement et pour une fois, de respecter les durées indiquées sur les panneaux d'information.
Pas trop dur de se la couler douce mais ici, on est pas encore au bout, la paresse je la laisse au placart. On a 5-6h à faire aujourd'hui, c'est l'ascenseur en folie, tantot en descente et tantot en montée.
Du fait de mes courbatures, je suis perdu dans mon appréciation du terrain, je n'arrive plus à savoir si je préfère les montées ou les descentes. Partout j'ai mal aux jambes d'avoir gambadé au lieu de marcher normalement. Fauché en plein vol.

Une chose vient tout de même me remonter temporairement. Après la première heure de marche et comme c'est programmé ici depuis le départ, on passe par un endroit d'où jaillissent de nouvelles sources chaudes. Elles se trouvent tout en bas d'une vallée, le long d'un torrent. On peut profiter des installations à loisir, douche chaude, bain chaud, savonnage, délassement, étirement. Une nouvel tranche de joie!!!
La seule chose, c'est qu'après être descendu ici, il faut remonter rejoindre le sentier principal et qu'une fois atteint, tous les bienfaits du bain chaud ont déjà foutu le camp, je transpire à nouveau à grosses gouttes et il n'y a rien à faire pour que cela ne cesse.
Heureusement, depuis le départ du camp de base, le temps est couvert et c'est une bonne chose pour une fois.

Nouvelle parenthèse pour te décrire que lorsqu'il fait beau et que tu es au soleil, le thermomètre indique facilement les 20°. Mais dès que ce gros feignant de soleil se couche, on perd en une seconde une dizaine de degrés.
Le seul inconvénient est maintenant pour les gens qui arrivent au camp de base et qui ne vont voir que des nuages. Ca doit être un peu les boules de faire tout ce chemin et de ne pouvoir en profiter que pour se regarder le bout des chaussures puisque tout le reste est dans les nuages.

Le soir, on n'est plus qu'à quelques heures de la route et de l'urbanisme.
Notre lodge abrite même en son sein des toilettes version-trône. Ca sent le retour au bercail!!!


Le 10ème et dernier jour, je suis encore un peu endolori mais ça passe, c'est le dernier jour.
Dernière montée, dernière descente, pour un peu, j'aurais presque la larme à l'oeil, mais non, je suis trop content de laisser ça derrière moi pour quelques temps.
On rejoint le taxi qui nous attend. On se paye même le luxe d'être en retard après avoir été en avance sur tout le trek!
En moins de 30 minutes, on fait les 20km qui nous séparent de Pokhara. Si on avait été à Chomrong, il nous aurait fallut quinze jours, ça fait bizarre...


De retour dans un vrai hotel.
La chambre de Sudip est au premier, la mienne au second. En plus, il y a pas d'ascenseur!!!!!!
A partir de maintenant, dès que je monterais des marches, elles auront une toute autre saveur,  c'est moi qui vous le dit!!!


A Pokhara, je retrouve Ursula avec qui j'avais sauté à l'elastique. Les anecdotes défilent au rythme du tilleul.
Le jour suivant, mon dernier à Pokhara avant le retour à Kathmandou, on décide, accompagné de Sudip, de faire une tour en barque sur le lac jusqu'à la pagode de la Paix qui se trouve, je vous le donne en mille, en haut d'un "escalier" de plusieurs centaines de marches. Et cette fois c'est la dernière fois.
Normalement de là-haut, on peut voir très distinctement toutes les montagnes des environs mais pas cette fois, le temps est toujours couvert. Pas de quoi en faire un fromage cependant, juste un gros steack pour compenser ces 10 derniers jours sans viande!!

Le chemin du retour vers Kathmandou passe à la vitesse d'une sieste bien méritée.
Aussi mérité que le droit à une douche chaude et au changement complet de mes vêtements.
Ca faisait bien longtemps, vous ne trouvez pas?


Maintenant que je suis propre,
je vous embrasse envous disant "attention à la marche"!!!!

 
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Published by simplybrice - dans Où Au Népal
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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 15:51
Je suis arrive en Thailande voila maintenant 3 jours> Je suis a Ko chang comme l'annee derniere, ca fait d'ailleurs bizarre de marcher la ou j'ai deja marche sans etre a Paris.
Ce soir, c'est repos car la veille a ete haute en couleur et en feu d'artifice.
Enfin quand je dis repos, j'ai deja 3 verres dans le museau... Et il y a une fete au Lemon Bar... Rien de tres exceptionnel pour Ko chang, on peut trouver une fete tous les soirs, ca change grandement du moyen-orient!
Pour le climat, ca change aussi du Nepal, plus besoin de dormir tout habille pour eviter d'attrapper la creve.

Plus de details tres bientot.

En tout cas, un ENORME merci pour les messages de sympathie, voire d'amour.
Desole pour Skype qui deconne a foison

Et a tous, je vous souhaites une annee riche en emotions positives.
Et une bonne sante!!! C'est important la sante...

Quant aux photos du Nepal et la suite du recit, c'est pour demain, promis.
Aujourd'hui desole c'est ferie!

N'hesitez pas a acrocher la caravane en cours de route
D'ailleurs Maman, bienvenue au Cambodge mi-fevrier!!! C'est dans les starting blocks.


A tres bientot ou que ce soit.

Et ca peut paraitre neuneu et rabache, mais je vous souhaites encore et a tous une exxxcellente annee du fond de mon coeur legerement imbibe mais lucide.


gigantesques becots
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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 15:15

Décembre est l'occasion de sortir sa plus belle vaisselle, son plus beau costume,

de frémir quant aux réjouissances dont les silhouettes se profilent,

de gater ses êtres chers.

Enfin ça c'est le tableau classique quand on est en France.

Pour moi, une grande partie de décembre, c'est 2 caleçons + 3 paires de chaussettes dont une pour dormir,

2 douches en 11 jours et des chambres à 5°C.

C'est pas les numéros du loto, c'est juste un aperçu chiffré de ce qui s'est passé pendant mon temps en dehors de Kathmandou.



Car il était temps. Ca ne pouvais plus durer éternellement. Il fallait que je me remettes à l'ouvrage et que je retrouve le gout de l'effort qui me caractérise depuis toujours.

Finis les petits restos de Kathmandou, les jours où je pouvais me drapper dans la nostalgie du genre "c'était trop bien ce passage par Paris!", il était temps de se remettre à nouveau en question, direction les montagnes Himalayennes pour un petit aperçu de ce que c'est vraiment la vie côté fatigue.


Le choix est large ici au rayon marche en altitude entre 1 et 30 jours.

Je m'oriente vers un choix classique pour l'endroit : le trek du camp de base de L'Annapurna. Il faut dire que je n'ai le LP Népal que depuis une semaine, que sa lecture n'a pas été mon occupation principale et que donc du côté des informations sur le pays, on est pas loin de la page blanche dans ma tête.

Durée prévue : 12 jours dont 10 jours de marche(s)

Equipier : un guide, Sudip, 22 ans, 1m65 pour 40kg tout mouillé qui portera son équipement mais pas le mien, faut pas déconner quand même.


Avant de partir, 1ère question, quoi prendre avec moi et combien?

Il faut dire que je n'ai pas de porteur et que donc chaque kilo compte. C'est là que les maniaques de la propretée montent aux crénaux.

2 T-shirt, 1 pantalon, 2 polaires, 1 duvet. Seul confort autorisé, le MP3 et son chargeur, car quand la musique est bonne...

Je n'ai même pas pris les jumelles achetées par l'ami Reno car même si elles ne pèsent que quelques centaines de grammes, si on multiplie ça par la nombre de fois où je vais devoir me hisser, j'économise quelques tonnes au final... Tout le non-vital est resté à Kathmandou.


2ème question : est-ce qu'on va voir des yacks? non.

3ème              : est-ce qu'on va marcher dans la neige? non.

4ème              : est-ce qu'il va faire froid? Pour un népalais des montagnes non.

5ème              : Quelle va être notre altitude maximum? environ 4200m.

6ème et dernière : est-ce que ça va être difficile? Pour un népalais des montagnes non.


Après les questions, Sudip me prévient entre autre de 3 choses :

  • On ne mange pas de viande en montagne pour ne pas être malade
  • On ne boit pas d'alcool pour ne pas être malade
  • On ne plaisante pas avec les autres guides qui pourrait avoir envie de se battre

Me voilà prévenu...


On est le 12 décembre à Pokhara, à 200km et six heures de route à l'ouest de Kathmandou. Le soleil est couché et on finit de dîner. Sudip regarde sa montre, lève les yeux au ciel et me dit qu'il faudrait mieux aller dormir. Je regarde ma montre, il est 20H10.

Attention le Braïce, il va être 20h10, tu es fou ou quoi d'être encore levé!!!! Va dormir, il est tard. Qu'est ce qu'on rigole!!!!


J'éteins la lumière à 22h30, en forme.

Réveil à 6h pareil.


Le seul petit point noir, c'est que je me suis un peu cassé le dos au lost resort. Comme j'allais là-bas avec l'intention d'y dormir, j'y ai pris tout mon lourd inventaire. Et alors que, avant de partir, il fallait donner mon gros sac au type sur le toit du car, je n'ai pas remarqué que j'étais au bout du trottoir et me suis plus ou moins photocopié sur le côté du car en portant mon sac au dessus de ma tête.

Il faut dire, pour ma défense, qu'il faisait encore nuit c'est à dire qu'il était atrocement tôt, et qu'à Kathmandou quand tu es sur le bord de la route, il faut faire attention à tout ce qui roule et que donc tu es distrait et donc tu te ruine un petit peu le dos.


Le point de départ du trek est à quelques kilomètres, une voiture passe par là.

On en sort, sac sur les épaules. Le mien fait dans les 8-10 kilos selon que je sois en T-shirt ou en tenue de combat contre le froid.

Et on est parti pour une looongue journée!! Et ben même pas, 3 heures de marche pour le 1er jour! Et du plat en plus! On longe une rivère, on croise des buffles et des chevaux, c'est mignon.

J'ai quand même le temps de me rendre compte que mon seul T-shirt à manches courtes est une éponge. Le problème c'est que à l'inverse d'une pub pour une lessive, le séchage risque d'être plus problématique encore que le lavage. C'est dire...

Sudip a le problème inverse, il ne transpire pas une goutte mais s'arrête 6 fois par jour pour pisser.


Ce 1er jour de marche s'arrête donc à midi... Triste...

On est dans un "lodge" de montagne. Une pièce commune, des chambres aux cloisons poreuses, l'électricité, de la nourriture chaude avec du choix, une douche chaude en option, une vue sur les montagnes dont on va finir par se rapprocher, tout y est pour que ça fonctionne.

Avec Sudip, on commence à jouer aux dés que j'avais pris aussi soin de prendre.

De la première à la dernière partie qu'on jouera ensemble (et il y en a eu beaucoup), le type défie toutes les lois mathématiques. Le royaume des propabilités vacille sur son trone, il a une chance incroyable littéralement. Et parfois j'ai plus envie de jouer tellement c'est répétitif et désespérant.


Cette après-midi là, je me paye aussi le luxe de faire une sieste. Ce sera la dernière...



Au matin du 2ème jour, on change de braquet.

Je découvre les escaliers à la népalaise.

Le truc c'est que dans les montagnes françaises, on fait des chemins qui épousent la forme de la montagne et grimpent en lacet. Et bien ici, c'est tout l'inverse, plus on peut attaquer la pente à la perpendiculaire, mieux on se porte. Enfin je parle pour eux parce pour moi... Les marches sont aussi particulières parce qu'elles sont toutes particulières; des hautes, des basses, des courtes, des longues, des plates, des accidentées, des concaves, des convexes, des pierres, des racines, il y a en pour tous les gouts, c'est à vous dégouter de pas être un oiseau!

La première montée du matin dure 1h30 non stop.

Le début est difficile jusqu'à l'apparition de sacrosaint second souffle que je remercie au passage. ensuite tout n'est qu'une question de rythme, de respiration. C'est la musique de l'air, et une fois que j'ai trouvé ma cadence, j'enchaine à cent à l'heure.

A chaque coup de mou, j'ai ma botte secrète. J'imagine que je suis poursuivi par Mme Lumiore, mon ancienne chef parfaitement intraitable (NDLR : une fois de plus, toute ressemblance avec Mme Lemière n'est que pure coïncidence), qui a dans les mains des dizaines de travaux indispensables à me confier. Ca aide à avancer, c'est moi qui vous le dit!!

Une autre chose aide à avancer en cas de fatigue, c'est de voir les népalais porter des charges aussi lourdes qu'eux sur les mêmes sentiers que moi. Ca rend humble aussi quand on arrive en haut, car eux aussi y arrive et faut voir comment.


C'est le moment de sortir mon anecdote illustratrice.

Il arrive que des touristes engagent des porteurs mal-intentionnés qui profitent d'une bonne montée pour commencer à courir et disparaitre avec tes bagages, bien incapable que tu es de le rattraper. J'imagine la sensation de voir mon sac partir avec tout dedans, voyant simplement deux petites jambes maigrelettes qui s'agitent en dessous.

Ca en dit long sur la résistance des types et sur celle de gens comme toi et moi!



Au soir du 2ème jour, on est à 2800m sachant qu'on est parti la veille d'environ 1000m d'altitude.

Malgré les apparences, le moral et la forme sont au beau fixe.

Je commence à rencontrer un peu les mêmes têtes sur le trek même si le soir, dans le lodge, on est tous seuls ou presque. Il semblerait que la semaine précédente, tout était à peu près plein, et vu le nombre de lodges sur le chemin, ça fait du monde!! Encore de la chance. On est les premiers en basse saison, j'ai pas 10 paires de fesses devant moi quand je monte les marches, le ciel est toujours bleu, les levés et couchés de soleil avec les montagnes innondées de couleurs. Déjà que j'ai pas l'habitude de me plaindre mais là, on touche au sublime!


Dans le village où nous sommes, perchés à plusieurs heures de marches d'une route, il y a une table de billard.

Il a fallut 7 hommes pour la porter jusqu'à son bar d'attache. Le moins que l'on puisse faire pour honorer tout ce labeur c'est de faire une petite partie avec Sudip. Le tapis a beau être doublement crevé sur 20cm, les poches ont beau ne plus tenir, c'est un plaisir rare.

Plaisir qui s'accompagnera d'un verre de rakshi, rempli à s'en mettre partout, acheté dans un clin d'oeil par Sudip. C'est vachement sympa sauf que le rakshi en question est à la limite du tord-boyaux et que je cherche encore le gout du fruit. Impossible de finir le verre, j'ai l'impression de boire de la terre.

On arrêtera de jouer avec le soleil qui se couche, il n'y a pas d'électricité dans la "salle de billard".

Qui plus est, une coupure de courant plonge tout le village dans le noir. Je finis de dîner à 18h et vais me coucher dans la foulée. En plus, j'suis même pas fatigué.



3ème jour, avant j'étais pas fatigué, soit mais ce matin, le baromètre vire temporairement de bord.

On doit se réveiller, faire la course avec le soleil et une heure de grimpette pour en admirer le lever sur le sommet de Poon Hill à 3200m avec une vue sur les Annapurnas qui sont plusieurs en fait. Ca nous fait 400m à avaler sachant que la tour Eiffel mesure il me semble dans les 340m, mais sans nos sacs à dos qui restent au lodge.

Malgré ces kilos en moins à charrier, on fait 5 pauses sur l'ascension, je me décompose lentement dans le froid. C'est d'autant plus énervant que Poon Hill (3200m) est une "colline". Au Népal, pour qu'une colline devienne montagne, elle doit culminer à au moins 5000 et sembler inaccessible à tout être vivant à moins d'être un aigle à quatre ailes.

Au sommet de Poon Hill, c'est splendide!! Y'en a dans tous les sens, ça fait relativiser la dureté de la montée. Je vous en laisse témoin en photos et en vidéo.

Retour au lodge sans pause, petit déjeuner reconstituant.

La journée de marche se passe magnifiquement malgré les difficultés. Je me rends compte qu'ici, on compte les distances en heures de marche et à chaque fois on part en retard et on arrive en avance!!

Le soir, nous arrivons avec Sudip tellement en avance qu'il fait encore suffisamment doux pour que je me paye le luxe d'une douche. Ca ne changera pas grand chose à la couleur de mes chaussettes mais c'est bon pour le moral et pour l'hygiène. Encore du beau temps pour nous offrir un nouveau coucher de soleil puis plus tard et plus rare, un lever de lune sur le Machhapuchhare (7000m). Je découvre à l'occasion de nouveaux modes sur mon appareil photo, c'est Noël avant l'heure! (jettes un oeil aux photos de nuit)



4ème jour, 16 décembre, je récite ma partition sportive sans peine et me demande comment c'est possible. On commence vraiment à s'approcher des montagnes qu'on voit depuis le début, c'est grisant de voir qu'on progresse.

De l'hotel, je vois d'au dessus un terrain de volley où les népalais jouent. Pas un ne mesure plus d'1m70 mais tous sautent par dessus le filet et balancent des smashs.

A la tombée de la nuit, on voit débarquer à notre nouvelle étape (Chomrong), un marcheur qui reviens du camp de base, ma destination. C'est un khénian mais pas du genre de ceux qui gagnent des médailles. Notre gars est épuisé, titube, boite des deux jambes, y'en a partout c'est une horreur!! Et en plus il a un porteur!!! On verra bien au matin pour découvrir ce qu'il l'a mis dans cette état.

Pour le dîner, Sudip me vend qu'ici, au lodge, on mange les meilleures pizzas de tout le trek!! J'en commande une, excellente! Excellente quand elle est chaude car quand dans la salle à manger il fait 8°, elle refroidit vite et après c'est mort. Le carosse redevient citrouille, le ciment sèche. Heureusement que j'ai du tilleul pour faire passer tout ça.



Le 5ème jour est le premier où on sait que l'on va prendre un chemin dans les 2 sens à quelques jours d'intervalle. C'est l'impasse jusqu'au base camp d'où on ne peut que faire demi tour et aussi l'occasion de ne croiser que les mêmes visages de grimpeurs jusqu'en haut.

Et on commence ce 5ème jour avec le pourquoi du comment sur la fatigue du khénian de la veille au soir. Chromrong est escalier-city, marchopolis dans toute sa splendeur!!! Dans notre sens, on descend pendant plus de 20 minutes non-stop à un bon rythme. Dans l'autre sens, c'est la tour de Babel!!!

Au retour, ça risque de promettre!


Au déjeuner, j'ai pas loin de moi un coréen qui à une goutte au nez qui fait du saut à l'élastique. Distingué!!!



Le matin du 6ème jour, alors que je me réveille et sors de ma chambre, je vois le même coréen s'engager sur le sentier et entamer sa journée de marche. Avec un porteur!!

Mon T-shirt à manches courtes est encore trempé de la veille et comme il est resté dehors et qu'il a gelé cette nuit, la douce sensation cotonneuse façon nounours Cajoline n'est plus qu'un lointain souvenir.

Théoriquement aujourd'hui doit être tranquille, 4 heures de marche. Et après juste 30 minutes, sur quoi on tombe? Tout un groupe de singes qu'on interrompt au milieu du sentier et qui auront vite fait de se cacher dans les arbres. Et bien prenons-les à leur propre jeu. Comme ce jour on a tout le temps devant nous, on s'arrête 1 heure de plus à se cacher puis à réapparaître furtivement pour voir les singes. Troooop bien!!

Et bien malgré cette pause, on est encore en avance à l'arrivée. Il est 13h et normalement la journée de marche est finie. C'est d'autant plus frustrant que ce matin, on a fait que monter et je n'ai pas l'impression de vraiment fatiguer . En plus, j'ai déjà doublé le coréen du matin!

On se fera 2 heures sup' pas payées jusqu'au camp de base du Machhapuchhare (MBC) qu'on a fini par rejoindre. Depuis le temps qu'on la voit cette magnifique montagne que l'on appelle aussi Fishtail (nageoire de poisson) pour sa forme. Le Long du sentier, on remarque les fondations d'un ancien lodge qui s'est fait réduire en sciure par un glissement de terrain comme on voit tout le long du trek des bouts de montagnes qui se sont écroulées jusqu'en bas. Là vraiment c'est pas de chance mais il y a pas non plus grand chose à faire...


Au camp de base, une fusée russe passe par là. Il est parti depuis 2 jours et sans avoir fait le même parcours, il a mangé autant d'escaliers que moi. 2 JOURS!!! La nuit tombe et qu'est ce qu'elle fait la fusée russe? Le chemin entre son point de départ et son point d'arrivée est coupé par des dizaines de foyers incendiers et qu'est ce qu'elle fait la fusée russe?

Elle prend sa lampe et elle fonce la fusée russe. Même pas le temps de prendre de photo de lui. D'ailleurs lui ne prend jamais aucune photo, ça fait baisser sa moyenne!!!!


Une fois la fusée partie, il fait nuit noire, on est à 3800m et il fait froid à ne pas réussir à se réchauffer les orteils sous une énorme paire de chaussettes, un duvet équipé pour -5°, et une couverte supplémentaire.

Demain ne nous réserve qu'une petite journée : 2h de marche jusqu'au camp de base de l'Annapurna (ABC).

Il sera alors temps de profiter d'un spectacle naturelle hors du commun jusqu'à la redescente sur mes pas et par delà.



Il est alors temps pour toi de faire autre chose que de me lire déblatérer.

Merci d'être toujours là en tout cas.

Ca fait du bien de s'y remettre.




Demain, 29 décembre, je décolle pour la chaleur thailandaise. Sans doute cela sera-t-il plus pratique pour skyper mais pour l'écriture...

Allez, on l'encourage!!!!

Gros bisounapurna.

Et tout de suite, la suite.




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Published by simplybrice - dans Où Au Népal
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