Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Archives

20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 18:43
J'ai quitté la côte couleur farniente,
Je me suis farci des kilomètres comme on enfile des perles sur un fil long de 800 bornes,
Maintenant, le soleil se lève à nouveau sur la côte mais couleur plongée.
Le maillot de bain se porte toujours mais étouffé dans une combinaison intégrale.
Après avoir été l'homme qui se préserve, je suis l'homme préservatif.

Enfin, j'espère.

Nous sommes un lundi (10/11), je suis H.S de mes 48 dernières heures, si j'avais 3 poumons je pourrais espérer plongée, mais non...
Il est pas encore 8h et quelqu'un frappe déjà à la porte... Il y a jamais de panneau "interdiction formelle de déranger" à scotcher aux poignées de portes dans les hotels à bas cout, c'est bien dommage.
A l'extérieur, la voix dont la main frappe à la porte se ose un
-"Breakfast!!!"
De mon côté, la voix rauque et pas franchement enjoué, je rétorque un
-"I'm coming!!!!! Grrr."
C'est bien ma veine, je découvre que dans le camp tout le monde prend son petit déjeuner à heure fixe. Le camp étant destiné aux plongeurs, ceci explique cela.
Seulement moi, aujourd'hui, j'ai juste envie de récupérer pas de respirer 20 mètres sous mer. Le p'tit cuistot ne savait pas, allez passons.

Autour de la table, je rencontre mes voisins de hutte. ils sont 5 au total, tous allemands et parlent bien entendu tous allemands lorsqu'ils s'adressent l'un à l'autre. Ca va pas être facile de s'intégrer.
On échange quelques civilités d'usage, et les voilà partis pour deux sessions de plongée. Je compte bien en profiter pour remettre la viande dans le torchon.
De retour au bungalow, en une minute, je suis de retour à la case horizontale. Avant de fermer les yeux, un dernier effort pour vérifier un truc d'un coup d'oeil : il y a vraiment beaucoup de mouches sous mon toit! Ca me revient aussi, il m'a bien semblé qu'il y avait beaucoup de mouches sous la tente du petit déjeuner.
Noooooooon!!! C'est reparti! Finis les moustiques, retour des mouches.
Dans ma chambrée, j'ai dû toutes les réveiller à entrer et sortir, parce que c'est un festival. Dès que j'essaye de dormir 3 secondes, il y en a plusieurs qui me courent dessus, ou qui essaye de rentrer dans mon nez!! Pas besoin d'avoir testé vous-même pour vous rendre compte que c'est très très très irritant (restons polis)!!!
Même si j'ai deux de tension, que je pourrais s'assoupir dans le tambour d'une moissonneuse-batteuse, là c'est trop! Je crois que ça va pas être possible.

L'avantage quand on est chasseur de mouches par rapport au chasseur de moustiques, c'est que ça se passe de jour et que les mouches sont assez grosses pour qu'on les repère entre mille. Autre avantage et pas des moindres, la mouche vulgaire ne pique pas. il ne manquerait plus que çà!!
Il est l'heure d'enfiler mon nouveau costume, de sélectionner une arme, un t-shirt sale, et de génocider.
Dès que j'abats un adversaire, un nouveau se présente. Eux non plus n'ont pas compris que lorsque tous tes congénères se font atomiser par une puissance supérieure, la moindre des choses est de ne pas pavoiser comme si c'était le printemps.
La guerre dure près de 2h pendant lesquelles, je dois approcher la centaine de victimes. Je fly-proof le bungallow du sol au plafond.
Satisfait, même si désolé du résultat, je me rendors enfin.

Pas pour longtemps.
1 heure après, la même voix que précédemment s'égosille à nouveau :
-"lunch!!"
Mais c'est pas possible, il faut en appeler au président pour pouvoir dormir dans ce pays?!?
Rebelote :
-"I'm coming!!! Again!!!!"

Je sors en prenant bien garde que rien de vivant ne pénètre dans mes murs. Et dorénavant, toujours comme ça.

A 15h, les allemands reviennent de la plongée. Je reviens de nulle part. J'ai bien eu envie de nager un peu mais c'est pas possible depuis l'hotel car la configuration de la côte ne s'y prête pas.
J'essaye de discuter avec les autres mais ça vient pas.
Il n'y a pas d'électricité avant 18h.
Il y a guère que le combat contre les mouches à mener. Je m'ennuie.

Selon la devise de mon voyage, si j'adore un endroit particulièrement, j'y pose mes valises et oublie le calendrier, si je m'ennuie, je prends mes clics et mes clacs et je m'en vais comme un prince.

Donc pas d'autre alternative, le lendemain, il sera temps d'aller voir ailleurs. En tout cas un autre centre de plongée car il n'y a en plus ici qu'un seul instructeur et je vais avoir besoin d'en réquisitionner un pour moi tout seul pour me remettre les idées en place.
La soirée file tranquillement; de toute façon il ne peut ici pas en être autrement. Je me dis que je n'ai pas fait la fête depuis mon départ et que la prochaine fois qu'il va m'être proposé de bouger mon corps sur des rythmes cadencés, je vais retourner l'endroit bien comme il faut...

Le matin suivant (mardi 11), j'ai commandé un taxi à 8h pour m'emmener visiter un centre de plongée un peu plus conséquent et professionnel que celui du big Safari.
J'ai retrouvé tous mes moyens physiques, il est temps de se jeter à l'eau.
A 8h30, on passe l'entrée d'une résidence regroupant quatre resorts 5 étoiles différents. Tout autour sent le décor de cinéma, mur en contreplaqué, fontaine en fausse pierres de taille, c'est le royaume du faux-semblant monnayant des factures en euros à 4 chiffres. Je m'y sens comme un poisson dans un désert de sable...
Au moins, le centre de plongée est à la hauteur des prix pratiqués ici, le matériel sent le neuf, le personnel est compétent, je suis bien entouré.
Je le serais encore plus cependant si j'étais arrivé une heure plus tôt, en effet, tous les groupes de plongeurs sont partis depuis 8h, plus moyen pour moi de respirer ailleurs qu'à l'air libre pour cette journée qui est perdue concernant son programme original. Et merde...

Essayons malgré tout de profiter des commodités offertes par les resorts.
Je m'installe sur un chaise longue devant ma mer. Quelques minutes après, des enceintes crachent une musique de tous les diables, c'est l'heure de l'aquagym!! Pas moyen d'être tranquille, je suis cerné par les corps huilés et gras des morses qui se trémoussent de beau matin. Quand je dis "beau", tu sais ce que j'en penses...
Je comptais faire un peu plus tard une session de snorkeling (palmes+masque+tuba). Un peu plus tard se transforme donc en tout de suite. Si dans l'eau est le seul endroit où je peux avoir un poil de tranquilité et bien c'est là que je vais.
J'emprunte le matériel au centre de plongée et en route.
La plage partout devant les hotels est cernée de corail, le seul moyen de barboter sans risque de nuire à quoi que ce soit de vivant est de partir du bout d'une jetée qui enjambe la barrière.
Sur la jetée, on a un bon aperçu de ce à quoi ressemble la rive égyptienne de la Mer Rouge. Sur tout son long serpente le corail, une barrière longue de plusieurs centaines de kilomètres sur lesquels les couleurs du bleu au vert égrainent tout la palette.
Lorsque je suis face aux hotels, j'ai mon petit déjeuner qui remonte.
Lorsque je fais face à la mer, j'ai tellement faim de voir que je m'interdis de cligner des yeux.

Arrivée à la jetée, je m'équipe et nage. La visibilité est de plusieurs dizaines de mètres, la couleur de l'eau partage sa magnificence avec le corail multicolore. Les poissons qui sont tout sauf noir et blanc participent à la fête. Pour un coup dans l'eau, c'est un coup de maître.
Voilà qui me conforte dans mes envies de respirer sous l'eau, vivement demain si je me débrouille un peu mieux dans l'organisation et dans le réveil...
Je reste dans l'eau pas loin d'une heure, suffisant pour avoir chaud au coeur et froid au corps.
Je m'installe ensuite le long d'une piscine surplombant la mer, l'épiderme sous le soleil. J'achète une canette : 2,20 euros, on ne m'y reprendra pas.
J'ai pas besoin de plus, je déjeune sur ma chaise longue en engouffrant les biscuits pas chers achetés des journées avants. Ca fait un peu romano pour les hotels 4 étoiles, mais de toute manière, JE suis un peu romano pour ces hotels 4 étoiles! En plus, si tu crois que ça me dérange, tu ferais aussi bien d'aller consulter en chirurgie du cerveau.

Au bout d'un moment et comme je pouvais le craindre, je m'ennuie de nouveau. Je retourne au centre de plongée et parle avec tout le monde et notamment Hani qui m'avait accueuilli le matin même. Les conversations sont plaisantes pour tout le monde, mes interlocuteurs n'étants pas tellements habitués à rencontrer des visiteurs se satisfaisants pleinement d'une après-midi à bavarder avec eux. Les autres ne savent pas se qu'ils perdent.
Je suis tellement à mon aise que je m'occupe pendant un quart d'heure de l'accueuil du public, les autres étants occupés à d'autres taches.
Au cours de cette journée finalement pas si désagréable, je réfléchis avec Hani à la meilleure façon de conjuguer hébergement bon marché et plongée de qualité.
De dormir sur la plage à trouver une compagnonne dans une boite de nuit pour partager sa couche, tout y passe.
Hani passe une 1/2 douzaine de coups de fil pour s'enquérir des disponibilités dans le coin.
Finalement, sa dernière idée sera la bonne. Il connait un camp pas cher de l'autre côté de Marsa Alam où les centres de plongée fleurissent à 2 pas de là.
Il se creuse la tête pour se souvenir du nom du camp. Soudain, c'est l'illumination, c'est l' Emy camp.
Retour deux jours en arrière!!!!!
Hani appelle le tenancier, il y a de la place pour 10 euros par jour avec le petit déj'. J'avais vu juste.

Le taxi revient me prendre à 17h.
A l'arrivée au Big Safari, je refais mon sac, paye la note et repars comme un ouragan cinq minutes après être revenu.
A la nuit tombée, j'arrive à l'Emy Camp.
Le temps de négocier avec le taxi un tarif qui me fait même après rabais froid dans le dos, je suis à la maison.


Après 2 jours d'errance, c'est pas dommage, je retrouve le chemin de mon planning.
Merci Hani au Pionneer Diving Center de m'avoir remis sur les rails.
Je fais chauffer le maillot de bain, le caisson étanche pour l'appareil photo, la serviette. Etre plus prêt que moi en l'instant, c'est juste pas possible!


Je te laisse sur l'impatience qui me tord.
Ne t'en fais pas, tout va bien, même si le tord tue, c'est mieux si on voit des tortues.
J'ai hâte!!!


Quant à ton impatience de découvrir quelques clichés, elle a déjà été mise à l'épreuve avec la mise en ligne hier de TOUTES les photos de Syrie.
J'espère la rassasier avec le 2ème effet kiss-cool du jour, la mise en ligne de TOUTES² les photos de Jordanie jusqu'à Petra-la-belle. Autant dire qu'il y en a qui sont gâtés et je ne parle même pas de moi.


Dernière chose pour aujourd'hui, j'y reviens mais ça me tient vraiment à coeur, les commentaires.
Je suis aux anges de tous ceux que je reçois il va sans dire.
Seulement pour 90% d'entre eux, ces commentaires viennent de mes parents ou de ma famille.
Pour ce qui est de mes copains, mes amis, mes potes, c'est proche du néant.
Il serait bon d'équilibrer un peu la balance!
Prenez garde à votre cul, vous savez que je reviens 2 jours à Paris les 3 et 4 décembre prochains, ça sent la distribution de cartons jaunes et rouges à plein nez.
Que vous laissiez des commentaires ou pas, pour l'instant, contentez-vous de réserver votre soirée du 4 décembre.
ET n'allez pas me dire que c'est un jeudi et que c'est pas pratique!
D'ailleurs non! Je reformule. Maintenant laissez un commentaire sur le texte de votre choix et EN PLUS réservez votre soirée du 4 décembre!!
Prévenez nounous, collègues et Cie, il n'y aura pas de séance de rattrapage. Le lendemain, l'avion m'emmène au Népal et loin de chez vous pour les 22 mois qui viennent si tout va bien. Donc toute absence sera préjudiciable à ma santé morale en générale et à mon entrain en particulier.
Rappelez-vous que ce n'est pas parce que je suis loin que vous n'êtes pas avec moi.
Après, si vous ne voulez pas écrire et si je ne vous arrache pas une larme ou deux...

En attendant les bises sur vos joues roses, recevez celles-ci sur vos écrans prêts à découvrir de visu la Jordanie et ses trésors.
Bisesssss


PS : peut-être as-tu remarqué que j'ai tenu compte de la demande de l'Amicale des Ophtalmologistes en augmentant la taille des caractères. T'as vu comme je prends soin de toi...



   



 
Repost 0
Published by simplybrice - dans Où En Egypte
commenter cet article
19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 15:38
Le soleil vient de se lever,
Encore une belle journée,
L'ami du petit déjeuner,
C'est Dédé le chauffeur de bus, et ça fait pas plaisir.


Pas assez d'énergie pour voir sa tête, je m'endors dans le premier kilomètre. Le bus est confortable comme un trois étoiles.
Au "r-éveil" qui ne porte en l'occurence pas bien son nom, Nuweiba n'est qu'un lointain souvenir. Le brouillard se lève sur Suez, charmante gare routière, ça mérite le coup d'oeil, ou pas. Il est 14h.
Vivement que je monte dans le 2ème bus du jour pour replonger quelques temps. 1/2 heure d'attente plus tard, c'est un excellent chiffre, il arrive.
-Non, c'est pas possible! C'est pas dans ça que je vais passer les 5 prochaines heures!
Le truc roulant qui arrive a dans les 40 ans, est décapotable côté moteur, est couvert d'une couche de crasse datant des origines de l'homme, ne tient pas debout même pas couché.
Et si, ce rebus de Satan est mon bus.
Je grimpe dedans, trouve une place tranquille à l'arrière côté fenêtre.
La vitre est quasi opaque, je peux seulement voir le soleil à travers comme on le verrait à travers des rideaux épais. Monsieur Propre a démissionné, changé de métier dégouté par la masse de travail à accomplir pour ravoir la transparence originale.
Le bus démarre, il accélère et parfois il freine. Et quand il freine, tout mon siège freine avec lui.
Le siège est comme dans tous les bus en 2 parties, un dossier et l'endroit où poser mes fesses. Et bien ce dernier, il est désoudé du reste du corbillard collectif. Il faut donc bien se caler pour ne pas faire du manège sachant que moi, en ce jour, les manèges, c'est non merci sans façons...
Impossible de somnoler dans ces conditions, les minutes se transforment en heures.

Tant mal que encore plus mal, on arrive à Hurghada, 2ème ville étape.
Hurghada était il y a 20 ans de cela une bourgade tranquille les pieds baignants dans les eaux chaudes de la Mer Rouge. Aujourd'hui, 100.000 personnes y vivent, les hotels et autres resorts (prononcer rizortse) ont bétonné le front de mer sur des dizaines de kilomètres. C'est d'après le LP ,"pour faire court, s'il existe un enfer touristique, c'est ici qu'il a posé ses valises". "Si vous visitez Hughada c'est à vos risques et périls, si vous pouvez, évitez-là".
C'est vachement engageant comme description.
Aussi engageant que la gare routière d'ailleurs. Exigüe, noir de fumée de (mini)bus, un seul guichetier pour toute la gare, une file d'attente qui n'existe que dans les contes pour enfants, tous mes kilos avec moi, s'il existe un enfer des gares routières, c'est aussi à Hurghada qu'on le trouve.
En plus, la nuit est tombée, il y a 3 lampadaires pour toute la gare, ça rajoute à la dramaturgie!
Il est 20h et la journée semble encore plus longue que mon article sur Nuweiba...
Le seul renseignement que j'arrive à glaner au prix d'une percée longue de 20 minutes, c'est que mon 3ème et dernier bus n'est pas là. Tu parles d'une info!!
Je retourne m'assoir par terre sur le trottoir. Dans la gare routière d'Hurghada, il y a 3 bancs qui sont les uns à côté des autres, derrière les pots d'échappement fumants des bus stationnés. C'est pour ça, sur le trottoir, c'est mieux.

Finalement, peu avant 21h, le bus me prend au passage. C'est surpeuplé mais au moins on est de retour dans la catégories des 3 étoiles. Comme très souvent depuis mon tout premier bus au départ d'Istanbul, je suis le seul blanc-bec à remplir l'autocar. Pas facile de passer inaperçu d'autant plus que la soute à bagages est pleine et que je grimpe dans la cabine avec mon sac de 80 litres plus celui de 20 litres.
Vous avez dit chargé?

Ce tronçon s'effectue quand même de la meilleure des manières : le périple d'une journée se termine comme il a commencé, je dors jusqu'à l'arrêt complet de l'appareil. Heure locale il est 2h15 du matin. La température extérieure est de 23°. Le commandant et tout son équipage me souhaitent bon courage pour trouver un hotel.

Et il a raison.
Marsa Alam est un gros village où tout le monde dors après 20 heures. Pendant ce temps, les resorts font le plein de danseurs émèchés dans leur discothèque sur des dizaines de kilomètres au nord et au sud le long de la mer. Comme tous les transports de touristes de la région se font en tours organisés, genre séjour plongée, Marsa Alam n'a même pas de gare routière. Une station service sans enseigne ni rien d'autre qu'une pompe tient ce rôle.
Le LP n'indique qu'un hotel où le premier prix est 88 dollars US.
Pour cette raison, j'avais été glaner sur hostelworld, un autre endroit moins cher, le Emy Camp.
Revenons à nos moutons.
C'est pas la foule des taxis à Marsa Alam à 2h du matin. Y'a bien un type qui conduit un pick-up, il m'interpelle et propose de me conduire. Où ça?
Et bien, j'ai beau lui dire où, il ne comprend rien à ce que je raconte et l'inverse aussi. Je dis Emy camp avec toutes les prononciations possibles et inimaginables, mais y'a rien à faire... Le chauffeur comprend quand même que je suis un touriste à 2 ronds, que si je prends les tranports publics, c'est que j'ai la rage, et que j'ai pas les moyens de m'offrir un 4 étoiles. Il comprend aussi que je suis ici pour faire de la plongée et que près de la mer, c'est mieux.

Au milieu de la nuit éclairée par la lune qui va croissante, on quitte le village.
Un barrage de police plus loin, il m'arrête au big safari camp. Ca a l'air pile dans mes cordes. Une quinzaine de huttes juxtaposées à quelques mètres de la mer, un centre de plongée, pas d'électricité à cette heure hors du temps.

Je vais me coucher pour des siècles et des siècles, amen, à 3h du matin au terme d'une looooongue journée.

Une longue journée vite racontée d'ailleurs aussi, ça change.
Ca change tellement que cerise sur le gateau, framboise sur la Charlotte, 3 heures 1/2 dans un Mc Do, de nouvelles photos ont été mises en ligne!!!!
Alleluia, toute la Syrie de bibi au programme!
Réjouissons-nous et célébrons sur place ou à emporter.

Bibi te bise du bus. Prends bien du plaisir!

    

    
Repost 0
Published by simplybrice - dans Où En Egypte
commenter cet article
17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 21:46
Le moral est variable.
Ces trois derniers jours, j'ai alterné l'exceptionnel à Petra et au Wadi Rum avec le nettement moins exceptionnel sur la journée de bateau pour quitter la Jordanie.
Le climat est inchangé.
Que l'on soit d'un côté ou de l'autre de la mer rouge, c'est soleil à tous les étages, avec un bon vent au grenier.

Seulement pour l'instant il fait nuit. Le ferry vient d'accoster et il me faut franchir à nouveau des barrières douanières pour enfin penser à des jours meilleurs qui ne commenceraient pas avant 6h du matin.
Je ne suis pas en possession de mon passeport, tout va donc consister à remettre la main dessus. Pas d'inquiétude cependant, il est tenu en lieu sûr par les douaniers égyptiens comme ceux des autres touristes ayant pris le bateau. Le jeu va donc être de le retrouver dans la zone portuaire de Nuweiba. L'endroit est assez grand et les entrepots succèdent ici et là aux bureaux de police.
En premier, comme ailleurs, il faut que je trouve l'endroit où on délivre les timbres fiscaux qui serviront dans un 2ème lieu et temps (respire) à garnir mon passeport jamais rassasié.
En tournant un peu,  j'arrive à une petite cahute sans prétention. A l'intérieur, le préposé m'informe du tarif en dollars (américains, les dollars). Qu'est que c'est que ce binz? Pourquoi veux-tu que je me trimballe une monnaie d'un pays situé à plus de 10.000 km de là? Le guichetier me regarde avec des yeux hébétés de merlans fris...
Déjà échaudé par toute cette journée d'attente maintenant longue de 11 heures, j'insiste et lui montre mes euros en disant que je n'ai que ça. C'est alors que notre brave monsieur au monopole incroyable me fait le pire cours de l'histoire des échanges mondiaux : 1 euro = 1 US dollar. Je ne sais pas si vous êtes au courant mais ça doit faire au moins 6-7 ans que l'euro n'a pas atteint une telle cotte. Au dernière nouvelle, on était plutôt à 1 euro = 1,3 dollars. D'ailleurs depuis plusieurs semaines, l'euro a tendance à se casser la figure, il va falloir m'aider les français et les françaises, et faire remonter tout ça!!
Le petit monsieur derrière son bureau est sûr de son fait et m'entube comme un grand monsieur. C'est pas la bonne personne ni le bon endroit pour faire un scandale et sortir un carton rouge! Cette gentille magouille passée, direction le bureau des douanes qui n'ont plus qu'à coller le timbre douloureusement acquis et tamponner par dessus.
Et bien je sais pas ce qu'ils boivent les douaniers du coin mais le douanier d'ici me colle tout ça en avant-dernière page! Quel sens de la logique imparable!
Déjà en Jordanie, ils m'avaient fait le coup en sautant environ 10 pages mais là, ils ont sauté le passeport entier!!!
Je récupère quand même mon bien, il est GRAND temps de partir. Il est 19h30, et j'ai mis 12 heures pour faire 50 km en bateau rapide!!

Au début, tous les touristes à sacs-à-dos rencontrés dans le ferry (et pas sur le ferry, damned!!!!), avaient prévu d'aller directement à Dahab, une station balnéaire à 45 minutes de Nuweiba. Ca semblait un bon plan pour eux sans exception mais pas pour le Braïce. Dahab a tout l'air d'être un supermarché touristique, de taille réduite certes, mais supermarché quand même, je vois déjà le coup où une échoppe sur deux vend des souvenirs ou de la crème solaire. Qui plus est, le LP indique qu'à Nuweiba-village "se trouve le meilleur camp de tout le Sinaï dont le propriétaire tente et réussi à recréer un coin de paradis perdu". Impossible de passer à côté d'autant que le camp en question a les pieds dans l'eau.
Mais vu l'heure qu'il est, tout le monde décide que cette idée est excellente et qu'il est trop tard pour rejoindre Dahab en voiture, sachant en plus qu'un taxi commandé de nuit est forcément plus cher que de jour. Quand en plus on connait les taxis... je sens que j'ai pas fini d'en parler sur le blog. Si j'avais le temps peut-être serait-il même bon de faire un chapitre entier "tous les trucs négatifs qui me sont arrivés en 2 ans avec les taxis", avec ça je suis sûr de pouvoir faire des pages, et des pages. Et des pages. Et des pages. Et des pages...
Point positif, je vais pouvoir profiter de toute cette soudaine affluence pour partager les frais du taxi qui m'amènera à l'hotel.
En fin de compte, on est 5 dans le taxi qui est une fourgonette. Grace à une des 2 australiennes qui négocie les prix comme on entre dans l'arène, on obtient pour sûr un excellent tarif vue la racaille qui négocie en face.

A 20h, on arrive au camp, enfin...

Camp n'est pas un joli mot mais si on ajoute "Soft Beach" devant, c'est tout de suite beaucoup mieux.

Théoriquement, je pense que je vais rester ici environ 3 jours. Plus si il est possible de faire des bonnes plongées, on verra bien quand il fait jour.

Pour l'instant, concentrons-nous sur le camp et ses environs immédiats. Passant l'entrée jusqu'à la réception, sur le côté s'étendent plein de petites huttes de bois à l'allure modeste mais robuste. Elles sont les pieds dans le sable, un sable pas aussi fin que ceui du Wadi Rum mais confortable à souhait quand même, si on veut on doit pouvoir passer la journée pieds nus. Que demande le peuple? Et bien, pile çà!!!
Devant nous l'entrée vers la réception est une des entrées de l'espace principal et commun. Une lumière tamisée, des coussins installés autour de tables basses où les gens mangent ou se prélassent, des objets de déco divers et variés répartis sous un toit en palmes traissés, un chat qui dort, rien ne manque.
On a pas encore vu la plage mais ça sent déjà bon le bord de mer avec une ambiance relax et un climat chaud indiquant que la température de l'eau n'est pas celle de la Bretagne (NDLR : Quoi, Qu'est qu'il y a les bretons?).
On est gracieusement accueilli avec un jus de fruit maison. Dixit le manager : "C'est pour moi, remettez-vous de votre longue journée et ensuite je vous montre vos huttes et je vous donne les tarifs". Et bien puisque c'est comme ça, je vais prendre un jus de fruit s'il vous plait! Les minutes qui suivent se gouleillent lentement, le temps d'apprécier pour la première fois les lieux qui sont calmes et reposés comme nous. Il doit y avoir une douzaine d'autres voyageurs, aucun stress, tous respirent l'herbe fraîchement coupée.
On lève très provisoirement le camp pour reprendre nos sacs obèses, direction : les bungalows.
Très sommaires : un matelas, des draps propres, un oreiller, une moutisquaire, une ampoule pour la lumière et le tour est joué.
Le prix traduit : 5 euros / jour avec le petit déjeuner, de l'eau chaude dans les douche; Où est-ce que je signe?
Seul bémol : pas d'internet, ça va faire 4 semaines sans wifi donc sans photos et le reste pour ton esprit versatil, et sans Skype en permanence pour être sûr de tomber sur les Rousseau dont le foyer s'est sans doute déjà multiplié par 2. Faudra trouver une solution.

Retour au restocamp. Je m'installe et comme d'hab, j'ai les canines qui transpire.
Seulement pour la première fois du voyage, je suis dans un endroit où, de par sa situation, on sais y faire questions fruits de mer et poissons grillés. Plaisir des papilles, je jette mon dévolu sur un plat de crevettes en sauce. A 5 euros le plat, elles vont prendre cher les crevettes et je parle pas que de ce soir!
L'assiette est cuisinée avec amour et est garnie avec une pelle (ou une grosse louche). Je sens que je vais aimer donner de l'argent à ces gentils hoteliers cordons bleus.
Le repas fini, rejoins par une partie de la bande du soir, je file sur la plage pour tremper mes orteils et avoir un aperçu nocturne de l'agencement.
La plage commence dès qu'on pose le pied en dehors du restocamp en direction de la mer qui fait valoir ses fines vaguelettes à 30 mètres de là. Sur le chemin de l'eau, sont disposés, Ô merveille, différents endroits où on peut d'une façon ou d'une autre se détendre à toutes heures du jour ou de la nuit. Hamacs, petits toits de bois montés sur tronc et protègeants coussins et bougies, chaises longues ou courtes de bois itou recouvertes d'encore plus de coussins, il y en a pour tous les gouts pourvu qu'on aime les coussins. A part un fakir, je vois pas qui pourrait avoir quelque chose à redire...
Moi, sur le moment, j'ai pas à me plaindre sauf que je vais pas illico m'affaler comme c'est pas permis, j'enlève mes flipflops et vais plonger mes arpions dans la mer rouge pour la 1ère fois. L'eau est tiède limite froide. Je me rendrais compte que je deviens difficile en apprenant le lendemain qu'elle est à 25°! En tout cas dans la minute, je vais pas me baigner plus profond que les chevilles, elle est froide!
Je ressors, reste pieds nus dans le sable jusqu'au restocamp (NDLR : on va rester sur restocamp pour décrire le "lieu commun où on lézarde, mange, boit, branche ses appareils électriques genre laptop pour t'écrire ma vie". C'est plus simple même si ça sort comme souvent de nulle part). Le temps de ne faire qu'un avec une bière fraîche et minuit sonne. Je baille aux corneilles de m'être levé à l'aube.
Un brossage de dents plus tard, je m'endors sans descendre la moustiquaire. Vous avez dit erreur?

Cette même nuit, vers 3h du matin, un vrombissement comme un réacteur d'avion en plus aïgu dans mon oreille. Le pire son possible pour le Braïce d'autant plus quand il dors depuis plusieurs heures : le moustique qui vole à 2cm de mon tympan. Dans la millisecondes, je suis tiré de ma béatitude, tous mes poils hérissés, me débattant tel un épouvantail articulé pour faire reculer l'assaillant. En plus n'étant pas prévenu à l'avance, j'ai pas ma lampe près de moi, je sais plus où est l'interrupteur. Comme si la guerre du sang ne suffisait pas, c'est aussi une guerre des nerfs.
Ayant retrouvé toute ma lucidité, une autre surprise, ça me gratte déjà de partout, j'ai déjà été le plat de résistance de quelques uns de ses cannibals. Cerise sur le gateau, j'ai sur le front 3 piqures parfaitements symétriques, une à gauche, une au milieu, une à droite. Espérons que ça s'estompe avant le matin car ça gratte et, si j'avais eû la lumière et un miroir, j'aurais pû dire que c'est ridicule.
Seule solution pour que la situation n'empire pas : descendre la moustiquaire et en faire un camp retranché impénétrable pour l'ennemi ailé. Tant bien que mal j'y parviens et me rendors jusqu'à une heure avancée de la matinée si tant est que 9h45 est une heure tardive pour un réveil à la plage. Pendant ce temps, les chacals doivent voler au dessus de ma tête et chercher l'ouverture mais c'est pas cette fois que ça se reproduira.
Pour demain (jeudi 6/11) en tout cas, je suis prévenu...


Le matin du jeudi, réveil du corps, réveil des papilles, même combat. Le petit déjeuner inclus dans ma nuit à 5 euros est un buffet à volonté. Des salades, du pain, de la confiture, du miel, un jus de fruit, du thé, de quoi voir venir. Quoi? La plage!

Nouvellement arrivé à Nuweiba, cette sortie matinale est aussi l'occasion de se rendre compte du paysage immédiat.
Lorsqu'on est dos à la mer, qu'on regarde vers l'Egypte, une barrière montagneuse sombre s'élève juste derrière l'hotel.
Lorsqu'on est dos à l'hotel, qu'on regarde vers la mer, le récif de corail énumère toute la palette des bleus. La mer ne faisant en face de Nuweiba que 20km de large, on voit aussi derrière l'étendue bleue, l'Arabie Saoudite dont on apprécie ici également des montagnes mais aux couleurs claires et tranchantes.
Au nord, on distingue également Eilat en Israël et Aqaba en Jordanie.
Toutes ces perspectives donnent à la vue depuis le camp des airs uniques, l'endroit est un hâvre de tranquilité et l'horizon le lui rend bien.

La tranquilité est telle qu'ici, le temps n'a plus cours. Les vacanciers se découvrent tous à rester plus longtemps que prévu.

D'ailleurs le premier jour et pour la première fois, je fénéante, je paresse, je me dors la pilule. Des hamacs aux chaises longues, dix pas à faire. Des chaises longues à la mer, dix autres pas. De la mer au restocamp, 30 mètres, un effort suffisant pour vous creuser l'appétit ou la soif.
Le soir tombé, je n'ai pas fait grand chose d'autre que ce doux manège et c'est très bien comme ça. Reste une responsabilité, trouver une connection internet pour avoir des nouvelles de notre douce France. 1/2 heure de recherche plus tard + 10 minutes pour que la charette veuille bien avancer un peu, me voilà sur la toile pour la première fois depuis une semaine, c'est l'heure d'aller à la pêche aux nouvelles.
Et bien, un flash spécial m'attend. Ou plutôt LE flash spécial m'attend. Ca doit faire la une des journeaux chez vous mais le 4 novembre est passé par là et a accouché d'Elodie et Morgane. 9 mois qu'on avait les genoux qui tremblent, le coeur qui palpite, les poils dressés.
Obama n'a qu'à bien se tenir, il n'aura droit qu'à une brève en quatrième de couverture... Félicitations puissance des millions. Attendez donc que je vous fasse des bises les Rousseau, ça risque d'être tellement intense que vous allez être couverts de suçons!!

Comparé à cette info brûlante, tout le reste n'est que broutilles, pas la peine de s'éterniser sur internet sachant qu'en plus le réseau est aussi inconsistant qu'un discours du front national...

Retour à mes foyers. La nuit me tend ses bras grands ouverts. Quelques discussions rapides plus lojn, je retrouve mon chez-moi.
La moustiquaire est prête à être descendue, la guerre du sang reprend son souffle. La lumière est éteinte, je me glisse furtivement dans mon abri anti-aérien. Tout est OK.
Je m'endors lourdement de tous les efforts consentis dans la journée. Soudain, incroyable, il doit y avoir une brêche dans la défense, les attaquants d'en face tournoient autour de mon visage incrédule de m'être laissé envahir. En plus, comme la veille, ça me gratte déjà de partout, c'est déjà le deuxième round!
Eclair de lucidité, accès de colère, prise de conscience aussi informative que vaine : Les salauds d'en face étaient déjà dans la moustiquaire dès la première minute. Ils sont drolement fortiches les enfoirés volants!! Y'a donc rien à faire dans le coin pour dormir du sommeil du juste! Parce que là, c'est juste l'apocalypse dans ma tête. Pas de produit anti-moustiques, je ne pensais voir les moustiques qu'en arrivant en Thailande. Pas de patience, mais alors pas du tout. Rien d'autre pour répondre à l'assault des voltigeurs qu'une rage contre cette foudre qui s'abat sur moi et qui me démange dans tous les sens du terme.
Finalement je décide de me couvrir de la tête aux pieds. J'emmitoufle chaque pore de ma peau sous tout ce que je trouve de tissus. Les pieds dans des chaussettes. Les mains dans des chaussettes. Le tronc dans un T-shirt à manches longues. La tête dans un T-shirt à manches courtes. Les fesses dans mon jeans. Et le tout enveloppé dans mon sac à viande. J'ai perdu une bataille mais la guerre est loin d'être finie... En tout cas, enrobé comme un bonbon, je vois pas comment ils peuvent maintenant parvenir à leur fin de substanter leur faim.
Et pour cause, le petit matin arrive, le mur contre les moustiques a tenu bon. Pendant ce temps, j'ai chaud pire qu'aux bains turques. J'aurais sans doute dû aller dormir sur la plage, mais dans ces cas-là, on ne réfléchit pas rond mais en gribouillis, c'est beaucoup moins bien structuré!

Le réveil sonne l'heure du petit déjeuner. J'ai la désagréable impression d'avoir dormi moins longtemps qu'un éphémère. La première chose, mettre mes lunettes de soleil, elles ne me quitteront pas de la journée pour des raisons autres que la lumière aveuglante du soleil; une allumette allumée suffirait à m'écorcher la rétine.
La bataille a laissé des traces que la pratique d'aucune activité physique servira à effacer. Petit effort quand même des neurones, j'écris du début de l'après-midi jusqu'aux environs de 22h au restocamp affalé sur une dizaine de coussins que je réquisitionne pour l'occasion.
J'y suis donc lorsque le soleil se couche. Vous allez dire que je fais une fixation, mais la lumière de l'écran d'ordinateur agit comme un aimant sur qui vous savez. En quatre heures de temps passées à écrire de nuit, je deviens expert dans l'art de démoustiquer. Je claque des mains à tout va passant d'une moyenne de un moustique tous les 3 clapements à un record de 3 moustiques en 1 seul clapement.
Seulement ces imbéciles d'insectes ne comprennent pas au fur et à mesure que je suis une bête sauvage et que partout autour de moi ça sent la mort; ils continuent à se présenter comme on participe à un concours de mangeage de flancs. ils n'en ont jamais assez, moi oui.
Je demande avant d'aller me mettre sous mes draps à tous les personnes présentes au restocamp de me sortir leur répulsif. 5 bouteilles et sprays tombent du ciel, j'en fais un joyeux cocktail ne laissant rien au hasard, je sens les produits chimiques à des kilomètres mais au moins, je vais bien dormir.
En effet, aucune trace des combattants ce soir-là, je dois vraiment sentir un truc qui leur convient pas.

Enfin je fais une nuit de plus de 8 heures qui ne précède pas une journée commençant à 6h du matin.
Je suis frais comme un gardon et ça se voit. Comme je suis au camp depuis 3 jours, je suis non seulement familier des lieux mais également de ses occupants sans restrictions. Tout le monde commence à connaître le Braïce, son caractère et son prénom. Je commence à comprendre les gens qui s'éternisent ici... Personnellement, j'ai trop à voir en Egypte pour prendre le temps de m'éterniser ici, sachant qu'en plus j'ai coûte que coûte envie de passer plus de temps au bord de la mer Rouge pour plonger voir nos amis poissons et coraux multicolores. Pas possible de le faire à Nuweiba, vous allez comprendre...

Au cours de la journée, je décide d'accompagner une petite new-yorkaise pour un tour de village, quoi y'a pas de mal?
Je quitte pour la première fois le camp autrement que pour chercher internet.
L'itinéraire suit la mer à l'aller pour revenir par l'unique route du village qui le traverse de part en part ( par en par? par emparre? pahrahnpar?).
La plage nettoyée quotidiennement du Soft Beach n'a rien à voir avec ce qui suit. La marée chariant tous les déchets possibles et inimaginables, toutes les plages hormi la nôtre sont assaillies de bouteilles, sacs plastiques, j'en passe et des pires... Pas de clients dans les hotels, personne pour s'occuper de la plage. Ce spectacle se prolonge tristement jusqu'à la fin de la baie. On poursuit un peu pour se poser sur le sable voire même piquer une tête et là on tombe sur 2 campings-cars stationnés sur la plage déserte. Une famille déjeune devant l'un d'eux. Ils sont français, ont fait tout le chemin depuis Nantes depuis 4 mois. Ils voyagent à 6!!!! 2 parents, 3 enfants d'ages supérieurs à 6 ans, et 1 chien grand comme un poney! Leur destination finale, Le Cap en Afrique du Sud, prévu pour dans 6 mois. Et là je dis chapeau!!!!

Ca me rappelle que dans la journée ferry pour rejoindre L'Egypte, j'avais croisé également une famille de 3 enfants en camping car dont les enfants étaient agés de 13 mois, 3 et 5 ans!!!! Ils sont partis d'Allemagne il y a 5 mois, ce qui fait que le plus jeune avait 8 mois à ce moment là. Re-chapeau!!!!

La plage sur laquelle sont stationnés les français, n'est pas beaucoup plus propre que les autres, le meilleur endroit pour nager est encore au camp, retour par la "rue principale". Dans le village, deux mini-marchés, trois boutiques de souvenirs et d'artisanat local se battent pour capter l'attention des passants. Et pour cause, on ne croise pour ainsi dire personne. Tout le long de la baie longue de 2km se succèdent les hotels bons marchés et les restaurants de plage, mais on y voit pas l'ombre d'un client ou vraiment à peine. Certains des hotels ont les toits qui s'effondrent, ça fout la frousse et donne un aspect de ville fantome.
On apprend en discutant avec un vieux bougre que le village était à l'origine conçu pour accueillir les touristes israëliens, d'autant plus nombreux que leur pays se trouve à quelques kilomètres. Seulement avec le climat de tension perpétuel, le gouvernement israëlien a conseillé à ses ressortissants de ne plus passer la frontière avec l'Egypte. Et bien on peut dire qu'ils appliquent plus qu'à la lettre les consignes et ce, au grand damne des habitants de Nuweiba qui seraient ravis de revoir fleurir les kippas (qui pas? qu'ipah?).
Voilà donc l'histoire triste du jour...

Pour noyer mon chagrin, rien de tel que de piquer une tête et de boire quelques larmes de mousse.
Ca passe d'autant mieux que je me retrouve aussi invité sur le sable à voir si il y a du monde sur la corde à linge en compagnie notamment d'un guitariste chanteur qui blues de plaisir.
L'après-midi avance bon train. Je suis en mode "veille" mais toujours pas rassasié. Loin de là. Il faut profiter de chaque minute.
Avec un norvégien végétarien, fan d'escalade, affuté comme un rasoir, iI avait été question dans la matinée de grimper sur une des montagnes derrière l'hotel pour savourer le coucher de soleil. C'est d'autant plus indispensable que chaque crépuscule a jusqu'à présent été plus beau que le précédent. Le soleil se cache derrière cette barre vers 15h45 et l'obscurité n'est totale que 2 heures plus tard, ça laisse du temps aux couleurs de se diversifier et à la lumière de se photogéniser(?!?).
A 15h15, je vois mon sportif dormir comme un phoque sur la plage. Moi qui suis déjà bien calmé, on peut dire que lui, il ne fait qu'un avec le marchand de sable. D'ailleurs il dort sur tout son stock. J'ai des doutes sur nos capacités d'arriver à quoi que ce soit dans ces conditions...
Malgré tout, je vais le réveiller, le tenter, le retenir, l'encourager, le freiner, semer le doute.
A 15h25, croyez-le ou pas (de toute façon vous verrez un jour ou l'autre les photos, ne perdez pas patience), on est sur le chemin du départ.
En quittant la plage pour prendre mes affaires, je tente d'ouvrir le bungalow se situant juste avant le mien, ça ne s'ouvre pas, c'est sans doute pour ça.
On attaque la montagne à proprement parler à 15h35. 10 minutes après, comme le veut la logique, le soleil se cache derrière. On a pris nos lampes au cas où... Mais il ne ferait définitivement pas bon rentrer à la nuit noire car la pente n'est qu'un amas grossier de pierrailles coupantes.
On monte; au début c'est pénible et le norvégien a vite retrouvé ses habitudes sportives. Une sauterelle n'irait pas plus vite. Si c'était un cartoon, on ne verrait même plus ses jambes. Faut pas faire attendre, tentons de suivre la cadence. Le robinet de sueur déverse à grandes eaux, et pourtant je suis le randonneur le plus chic du monde. Adidas blanches ou presque, et chemise en soie blanche immaculée presque réfléchissante à n'utiliser qu'en cas de lessive du reste des T-shirts et c'est le cas.
La pente continue du début se termine quelques centaines de mètres devant nous, après c'est un mur tirant sur la verticalité, j'exagère à peine. Cette même différence d'inclinaison et de nature de promenade re-descent jusque sur notre gauche et sur notre droite. On est cerné de flancs asserrés. Trois options, s'arrêter là et en profiter malgré tout, faire demi tour vu qu'on arrive à rien, biffurquer sur un des côtés et tenter coûte que coûte.
Et bien?
Of course, réponse 3!!!!!
Le norvégien ne compte forcément pas s'arrêter là! Comme dans pareille situation, on ne se sépare pas. J'ai encore choisi le bon cheval...
La ballade tient maintenant plus de l'escalade, il faut assurer ses prises et si tu tombes, au mieux tu te fais mal. Manque de bol supplémentaire, la montagne malgré ses airs massifs est un géant aux pieds d'argile, très souvent si on y prend pas gare, les blocs et les arrêtes auxquels on s'agrippe se détache d'eux même. Je vous cache pas, que si je continue à avancer, c'est parce que le norvégien est 30 mètres devant, et qu'à chaque fois qu'il se retourne et me voit pire qu'en galère, il me répète sans cesse pour me rassurer : "jusqu'ici tout va bien..." (on connait la suite : "mais l'important c'est pas la chute mais l'atterrissage..."), "après c'est mieux". Moi, j'espère juste que c'est moins pire...
Alors que je lutte, tremblotant, je vois mon viking aux bottes de 7 lieues sur le sommet visé, les bras en l'air en signe de victoire. Je suis à vue d'oeil 10 minutes derrière, la lumière tombe, pas question de faiblir. Pas question non plus de faire demi-tour, l'escalade dans le sens de la descente, personne ne pratique plus depuis la semaine dernière... (sic)
Petit à petit le visage souriant presque moqueur de la sauterelle nordique se rapproche. Je montre les dents, pousse dans un dernier effort, fais attention à ce que ça ne s'écroule pas sous mes pieds, et j'y suis.
Notre sommet fait moins d'1/2 m², autour ça tombe vite. On prend les photos de rigueur. Pour que mon équipier ait sa photo avec le ciel coloré derrière, il faut qu'on se contourne. Lui virevolte, moi j'ai les chevilles qui flagèlent.
Pour redescendre, il faut passer sur l'autre versant un peu moins abrupte mais pas plus réjouissant. Je suis toujours plus souvent à quatre pattes à m'accrocher où je peux. Toujours à gauche ou à droite, ça penche trop pour ne pas dévaler pendant de longues secondes potentielles en cas de vautrage. Parfois on ne peut plus avancer car partout devant ça tombe. Le jeu consiste à suivre la crête ou à prendre les profonds sillons creusés entre les pierres. Le sillon se transforme en petit canyon haut de deux fois ma taille, c'est trop étroit pour qu'on puisse voir ce qu'il y a après chaque virage, d'ailleurs on en rigole. En tout cas, on descend et c'est le plus important. Le demi-tube se poursuit, on y est presque, je suis (du verbe suivre ,surtout pas être) l'homme qui valait 3 milliards quand une dernière fois il s'arrête. Dernière trouille, la voie se termine par un trou de plusieurs étages, on a bien fait d'en rire!
il suffira de remonter un peu et de faire le tour pour se sortir de là et retrouver la première pente du début, quand il faisait soleil.
Maintenant, on voit encore clair, le ciel, la lumière est sublime. Les montagnes d'Arabie Saoudite sont encore éclairées, ça me rappelle la sensation au Wadi Rum où on peu prendre mille et une photos sans qu'une seule ne soit à jeter. En plus, on a vaincu en partie la montagne, et j'ai dératisé en totalité les fourmis qui jadis étaient dans mes jambes. Je suis cuit. Ai besoin d'une bière et d'un repas chaud. Ca tombe bien, au Soft Beach Camp, on boit et on mange à toute heure.
On s'installe sous les yeux écarquillés des personnes que j'avais laissées sur la plage.
La nuit tombe.

Ce soir là je suis comme à la maison, privilège de celui qui connait déjà bien les murs.
Je passe de tables en tables, de lampées de bière en lampées de bière, euphorique de cette journée déjà bien remplie. Et malgré l'ambiance, le jour suivant, je pars c'est déjà décidé, je peux pas faire mieux que cette journée, rien ne sert de tenter le diable pour essayer de faire encore mieux le lendemain.
Le lendemain en question, ça ne pourra être que pire, j'ai trois bus différents à attraper, 17 heures en perspective si le LP a raison et si j'arrive à enchaîner les bus les uns après les autres, 900km de patience à l'évidence et d'inconfort en théorie.
Le départ est pour 6h du matin à la sortie du camp, douleur pupillaire au programme...
L'arrivée du dernier bus de la nuit suivante sera à Marsa Alam, petite bourgade perdue le long des côtes de la Mer Rouge. Si tout va bien dans 2-3 jours, je replonge dans le grand bain des fonds coraliens.

Avant d'y être, pensons déjà à dire au revoir à mes hôtes et à mes compagnons.
Je vais sur le chemin du lit à 0h30 alors que la très grande majorité des voyageurs est déjà partie se coucher. Un brossage de dents suivant, alors que je suis à 10 secondes de ma hutte,  je croise Ally et Helen, soeurs britaniques, et leur ami Momen, égyptien de nature.
-Ah bon, tu pars demain, c'est trop bête... Et vu que tu n'es pas encore parti, on était juste en train d'aller se baigner, tu voudrais pas nous rejoindre? Allez!!
-Non, là, franchement je suis nase, elle est froide, et j'ai pas envie de reprendre une douche après. C'est gentil mais non merci, c'est pas raisonnable.
-Allez!!! Vis un peu!
La petite effrontée a mis le doigt là où ça fait mal, a trouvé l'argument ultime. La journée avait beau être riche, c'est jamais assez.
-Vous êtes sûr que c'est absolument indispensable? Pfffff... bon ben je vais chercher mon maillot...
1/2 heure dans l'eau à faire les marsouins, voilà ce qu'il s'en suit. Ca paraît pas, mais c'est vachement long. Et crevant. J'ai besoin d'une bouée.
Les derniers "salut, à plus, profite bien", la douche, le remplissage des sacs avec mon maillot de bain et serviette trempés qui devraient sentir le bon chacal séché en rouvrant le sac plus tard, le temps de se dire ensuite que je n'ai rien perdu ni rien oublié, le réveil est branché à 5h dans l'espoir d'ouvrir un oeil pour partir en ayant profité en partie du lever de soleil. (NDLR : jamais écrit une phrase aussi longuement alambiquée, désolé)
Je m'endors sous ma moustiquaire de combat à 2h30, pourvu que je ne sois pas dérangé!!!!!!!!

Et bien non, je ne suis dérangé par rien d'autre dans mon sommeil que par le réveil MP3 qui hurle AC/DC pour bien me faire comprendre que maintenant c'est l'heure d'en mettre un coup.
Dans la minute de ténèbres qui s'en suit, je finis de boucler mes affaires, héroïque au milieu de la nuit, personne pour fêter ça. A 5h05, je suis sur la plage avec ma maison portable. Une chaison longue, non, trop risquée. Une chaise courte, parfait. La lumière apparaît derrière la mer, c'est joli.
A 5h50, je suis parti sans que cette ordure de soleil ne soit encore sorti de sa tannière derrière les montagnes. Mais, déjà bien content d'en être arrivé à ce point sans me rendormir sur moi, il est temps.


Temps de prendre le bus mais aussi d'arrêter d'écrire. Je pensais rattraper le temps perdu dans le récit en te narrant "Quelques jours à la plage parmi les moins intéressants pour toi depuis le début du voyage", et bien caramba, c'est encore raté. Juste pour que tu aies une idée, j'ai encore une semaine de retard...
Tu n'as pas en plus les photos depuis la Cappadoce soit environ 5 semaines de retard de plus. Et pour les vidéos, c'est le même topo.
Et là, je te vois déjà brandir un carton jaune de colère, mais saches que sans un bon cheval, le meilleur turfiste, et bien il peut pas gagner le tiercé. Si j'ai pas le débit adéquat, le transfert, c'est juste pas possible...
En tout cas, je salive d'avance pour toi qui n'a encore rien vu de tous ces endroits syriens, jordaniens et maintenant egyptiens voires sous-marins.


Mes biens chers frères, mes biens chères soeurs, c'est pas que je m'ennuies mais j'ai 3 bus à prendre!!!
J'vous tamponne de mes baisers.


Repost 0
Published by simplybrice - dans Où En Egypte
commenter cet article
12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 18:41


Je n'ai toujours pas reussi a trouver internet dna mon hotel et maintenant, au bord de la mer rouge il me faut faire 20 minutes e voiture pour aller au cybercafe le plus proche. Pas une raison cependant pour me reposer sur mes bouts de laurier, donc a nouveau, j'ecris ceci en direct et snas accents sur un clavier egyptien, le reste est copie colle, les photos faudra attenre encore, la mise a jour complete itou, pour le reste recule de 2 pages et prevois 1/2 heure de lecture, pas oblige malgre tout de tout manger en une fois, ce plat la ne refroidit pas.



La Jordanie, j'en vois presque déjà le bout.

Tout le pays, déjà pas très grand, est enclavé au coeur du désert, ça limite les possibilités, ça va de soi.

 

Le minibus m'amène somnolent vers Aqaba.

Aqaba est la ville la plus au sud (septentrionale?) du pays. Elle borde la mer rouge en son point le plus au nord. La mer s'arrête ici, pas moi.

A 10 km au sud d'Aqaba, c'est l'Arabie Saoudite. J'y mets pas les pieds, pas question de cautionner un pays où les femmes n'ont pas ou alors depuis très très peu de temps (1an tout au plus mais c'est même pas sûr) le droit de conduire. Aussi simple que ça.

A 2 km à l'ouest d'Aqaba, c'est Israël et la ville balnéaire d'Eilat. J'y mets pas les pieds pour des raisons de temps (je pourrais toujours y revenir), et aussi pour des raisons administratives. Si par malheur, tu te retrouve avec un tampon israëlien dans ton passeport, tu peux dire adieu à la Malaysie et à l'Indonésie. Certains pourront dire qu'on peut toujours demander à la douane israëlienne de mettre leur tampon sur une feuille supplémentaire, on est jamais sûr du résultat final comme dirait un canadien rencontré qui ne voulait absolument pas le tampon et pourtant... 

Enfin, à 10 km au sud-ouest d'Eilat, toujours sur la côte de la Mer Rouge, c'est l'Egypte, ma destination suivante. Nous sommes mercredi et il me reste 27 jours avant le prochain avion pour Paris le 2/12 puis Katmandou le 5/12.

 

Si tu as compris toutes les informations contenues dans le paragraphe précédent, tu auras compris qu'il n'est pas possible par la route d'aller de Jordanie en Egypte, à moins de passer par Israël. Une solution existe alors : le bateau.

 

Le bateau n'est qu'à quelques encablures mais pour l'instant, nous sommes dans le minibus qui m'amène depuis le Wadi Rum.

Le minibus me descend jusqu'à la gare routière d'Aqaba. De là, il ne me reste plus que 5 JD (jordanian dinars) soit environ 6 euros pour trouver un taxi qui voudra bien m'emmener vers le terminal à bateaux. Sachant également que je garderais bien 1JD comme souvenir ou plus important encore pour acheter une bouteille d'eau pour la journée qui s'annonce longue et chaude, c'est pas gagné... A la gare routière, ces chacals me demandent tous 10JD, j'ai beau leur montrer que j'ai pas plus, 10JD. En sortant de la gare routière, la mafia des taxis (comme partout) s'est donnée le mot, personne ne veut descendre sous les 10JD. Je sors en 15 minutes environ 10 cartons jaunes. Ca ne m'avance pour une fois pas plus loin.

Alors, que je commence à voir le tunnel se refermer sur moi, une voiture s'arrête à ma hauteur, c'est aussi un taxi mais attendez un peu...

Le type rigole quand je lui dis que tous ces collègues demandent 10. Lui ne demande que 5JD ce qui est mieux que rien. Plus étonnant encore, quand je lui mîme que je garderais bien 1JD pour de l'eau, il me fait signe : c'est pas un problème mon gars, suis-moi.

Je suis mon bienfaiteur jusqu'à une petite épicerie et le vois sortir une pièce de sa poche. Il m'attrape une grande bouteille d'eau à 50 cents. C'est à moi de lui dire un grand Merci mon gars!!!

On monte en voiture, le terminal n'est qu'à 5 minutes de route, 10JD (12euros) c'était vraiment de l'extorsion de fonds!!!

Il est peu avant 8h quand je quitte mon taxi sympa, j'ai à priori deux options en ce qui concerne le bateau. Un rapide partant à midi pour la somme exorbitante de 60 euros pour 1h30 de navigation. Un lent partant dans la soirée vers 23h s'il part pour la somme exorbitante de 45 euros pour une durée indéterminée. Bon gré mal gré, je décide de prendre le rapide, la décision se sera faîte sur le temps d'attente. Le terminal des bateaux est ce que j'ai vu de plus moche depuis bien longtemps, pas question de s'éterniser ici.

La procédure de départ de Jordanie veut que comme en Syrie, lorsqu'on quitte le pays, on s'acquitte d'une taxe de départ. J'ai toujours pas compris pourquoi mais soit, 5 euros, c'est pas la mer à boire.

Seulement, pas moyen de payer en euros, il faut que je change des euros pour ravoir des dinars pour payer la taxe puis le bateau. Je vais finir pas les avoirs mes billets souvenirs!!! Ensuite, achat du billet, rien à déclarer sinon que ça fait mal au portefeuille. Enfin, passage à la douane pour avoir le tampon permettant la sortie du territoire.

C'est pas dommage, j'ai fini par tout boucler, il est 9h30 quand je pose mes fesses sur un banc et apprend la victoire d'Obama dont je n'ai pas été prévenu dans le désert.

Quant aux bébés Rousseau, c'est encore un mystère obsédant.

 

L'attente théorique pour le bateau est de 2h30.

En cours d'ennui, je suis rejoint par un vieux japonais tout bizarre déjà vu en Syrie, puis par deux australiennes plus disposées à la conversation.

Les heures passent, l'attente se poursuit.

A midi, toujours rien.

A 13h, on voit un bateau s'amarrer, c'est le nôtre. On va sans doute rapidement venir nous chercher.

A 14h, rien. Six heures de présence sur les lieux, ça commence à faire...

A 15h, enfin un bus nous klaxonne, c'est lui qui nous transporte vers le ferry.

Tout le monde se réjouit et se voit très bientôt en Egypte.

Seulement à 16h, on est toujours à quai...

A 16h15 enfin², on lève l'ancre, c'est pas dommage...

 

A bord, nous sommes cantonnés à l'arrière du bateau sur des bancs en plastique du style de ceux qu'on trouve dans les fast-food avec les autres occidentaux. D'ailleurs, au milieu trône une quasi-cantine où le cheesebuger à la viande indéterminée se vend au prix d'un rein.

Les jordaniens et les égyptiens qui eux bénéficient déjà d'un moitié-prix par rapport à nous, sont assis à l'avant du bateau dans des sièges confortables avec accoudoirs. Au moins eux aussi ont droit à leur cantine qui ressemble en tous points à la notre. A bord, j'ai des fourmis dans les jambes et dans les cheveux. Pas envie de rester à l'intérieur, il doit bien y avoir une issue vers le pont supérieur comme il est indiqué sur le plan du navire. Je demande à un membre d'équipage, il ne sais pas.

Je demande à un deuxième membre d'équipage, pas moyen de me faire comprendre malgré le fait que je mîme hyper bien le pont supérieur.

Je ne me laisse pas abattre et demande à un troisième membre d'équipage, il me répond approximativement qu'il faut que j'aille voir un 4ème membre d'équipage.

 

"Un membre d'équipage, ça use, ça use; un membre d'équipage ça use les souliers. Deux membres d'équipage..."

 

Le 4ème me dit que le capitaine a donné l'ordre à tous les passagers de rester à l'intérieur car ceci est le bateau rapide et les gens risqueraient de s'envoler du pont supérieur tant la vitesse est grande. WHAOUUUU, je l'avais pas vue venir celle-là!!!!

J'insiste auprès du type, insiste et insiste encore, jusqu'à ce qu'il me dise qu'il va aller voir le capitaine et essayer de faire pencher le bateau en ma faveur.

On va trop vite, j'te jure des fois, c'qui faut pas entendre...

10 minutes plus tard, je retrouve mon bonhomme, qui n'a pas l'air d'avoir bouger ses galons de là où je l'avais vu la première fois. Il me répète la même chose : la capitaine a dit ( NDLR : version moderne de Jacques-a-dit en nettement moins amusante ).

Tous mes efforts n'ont abouti qu'à me renfrogner. Après 8h d'attente, j'avais bien besoin de ça... Est-ce que je peux en griller une au moins?

Non, le capitaine a dit...

Durant mes allers et venues auprès du personnel de bord, je note qu'une fois de plus, je suis le seul de tout le bateau à me sentir laisé du fait de ne pas pouvoir aller à l'extérieur, je ne comprends pas, on est pourtant pas dans un train!!!!

 

Dernière chance, je sors ma botte secrète. A bord du bateau circulent 3 policiers en uniforme. Je vais à leur rencontre et leur tiens à peu près ce language :

"Messieurs, s'il vous plait, c'est grave. Il faut arrêter le capitaine!! Il a commis le crime de ne pas me laisser monter sur le pont supérieur!! Passez lui les menottes, nom d'un chien!! Cet homme est fou à lier!!!"

Que croyez-vous qu'ils répondirent? Le capitaine a dit...

Aaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!

 

Le soleil se couche sur la mer rouge, le spectacle de 4 pays en 20 kilomètres de côte, l'air pur de la mer pas respiré depuis la Turquie, tout ça c'est pour personne d'autre que les mouettes et j'arrive pas à m'en remettre. Surtout à 60 euros les 90 minutes de bateau!!! Le client est roi, une autre fois peut-être...

 

A presque 18h, il fait nuit noire, la côte Egyptienne se rapproche, ç'en est fini de la Jordanie.

 

 

Je te fais un rapide bilan comme d'habitude et surement plus rapide que d'habitude, parce que me rappeler les émotions négatives du ferry me donne furieusement envie de m'interrompre pour aller allumer une clope.

La Jordanie, j'y ai passé une semaine. C'est bien peu.

Surtout si on considère le fait qu'en Jordanie, on trouve des sites uniques au monde (la mer morte, Petra), des paysages à couper le souffle (Wadi Rum).

Cela dit, la capitale Amman n'est pas une ville millénaire comme peuvent l'être Istanbul, Damas ou Le Caire à venir.

Le pays, long de 350km est un grand désert où il n'est, à l'exception du Wadi Rum, pas facile de s'aventurer.

Quand on a déjà traversé la Turquie et la Syrie, on a un peu envie de changer de culture, d'architecture voire de paresser au bord de la mer rouge pour être tout à fait honnète.

J'aurais pû donc rester plus longtemps si je connaissais une formule pour ralentir le cours du temps, mais c'est pas le cas. J'ai déjà pas trouvé de tapis volant dans les souks alors une formule de ralentissement temporelle...

 

Je vous embrasse de profil car je suis maintenant chez les égyptiens, mets-toi de côté et tourne la page!

Repost 0
Published by simplybrice - dans Ou En Jordanie
commenter cet article
12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 18:39

Petra c'est peut-être très bien, mais je ne suis pas nabatéen moi, j'ai encore de la route à faire!!!

Dans la courte liste des incontournables jordaniens, un nom apparaît tout en bas, si on se réfère à l'ordre chronologique : Le Wadi Rum.

Ca n'est pas très loin de Petra, moins de 100km et c'est ma dernière étape dans ce pays puisque plus au sud, comme dirait Moïse, s'ouvre la Mer Rouge.

 

Le Wadi Rum a beau ne pas être très loin de Wadi Musa, le seul bus à faire la liaison quand on voyage par ses propres moyens est à 6h du matin et ça c'est sale. A mon réveil, Martha et Jamal sont encore bien trop à leurs rêves pour que je les en tire. Tous les deux retournent sur Amman ce jour mais plus tard, les chanceux.

Sur la pointe des pieds, je quitte le dortoir. J'ai juste assez de forces pour attendre le minibus qui nous attrape à l'hotel, et y refermer les yeux. Le trajet ne dure qu'une heure, c'est dommage, j'aurais presque envie que ça dure plus longtemps pour pouvoir vraiment scier du bois comme on fait dans les bandes dessinées.

Dans le minibus, entre deux sorties temporaires de sieste, je parle avec un type qui connait déjà son programme pour les deux jours à venir : partir 2 jours dans le désert et faire 2 nuits avec les guides bédouins. Il tente de me convaincre de me joindre à lui pour faire baisser les couts.

Moi, mon programme initiale était de me reposer pendant 24h si je trouve un logement et de partir seulement le lendemain vaquer dans le désert avec les bédouins.

Je dis à mon accolyte qu'on verra bien une fois arrivés. Qui vivra verra.

On me sort de mon sommeil de plomb à l'arrivée au Wadi Rum. A l'extérieur, l'office du tourisme local tient plus de guichet au guide qui attendent le chaland que de centre d'informations. On voit bien qu'ils n'ont pas eu beaucoup de poissons à se mettre sous la dent car dès que la porte du bus s'est ouverte, c'est plus ou moins au plus insistant.

En jetant un rapide coup d'oeil aux alentours, je constate que le "village" n'en est pas un et que trouver un hotel même cher ici est une gageure. Ma journée sieste et jus de fruits en humant l'air du désert fout le camp au lieu de monter le camp.

Le flamand qui cherchait un compagnon du désert aura eû raison de trouver un guide à l'avance; et comme la vue de payer plein pot un guide dont je ne peux vérifier les états de services ne me satisfait pas, je me joints à lui. Malgré le fait que le guide n'aura pas qu'un seul passager, le tarif reste assez élevé. Plus de 50 euros pour 24h avec 4x4 et nuit sous les étoiles plus 25 euros pour 2 heures de ballade à dos de chameau. Le tarif est à la tête du client. Ah si j'étais une blonde à forte poitrine...

Pendant qu'on discute finances, une 3ème laronne se présente. Une petite japonaise d'une vingtaine d'années toute droit débarquée de Tokyo et en Jordanie pour une semaine. Le tarif ne baissera pas pour autant...

 

La session dans le désert doit débuter par la chevauchée en chameau. On va voir les bêtes se faire atteler. De fières montures, bien plus grandes que des chevaux, heureusement qu'il m'en faut plus pour avoir le vertige!!

Dans un coin de l'enclos, un bébé chameau tète sa maman. Il a un an et a presque déjà sa taille adulte. Je me dis que la chamelle a bien du courage de donner naissance à un si grand enfant si sa taille à 1 an approche déjà la taille adulte...

En quelques minutes, trois bestiaux sont prêts à être montés, un grand et deux plus petits. Comme mes connaissances du monde animale bien que sommaires sont déjà bien rondelettes, il va de soi que le plus grand des chameaux, surement le dominant, devra passer en premier ensuite suivi par les 2 autres. Il faut donc que je me place discrètement pour que celui-ci soit mien. Tel le perfide serpent, je me glisse de telle façon que banco, j'arrive à mes fins, et effectivement le plus grand passe devant, je n'aurais pas de flamand ou de japonaise dans le champ de vision, simplement le désert.

 

Le Wadi Rum est un désert plat. On y trouve quelques dunes de sable de couleurs diverses et variées, mais ce qui attire l'attention ici c'est que, comme à Petra, de grandes montagnes sortent de terre, grimpants à pics vers le ciel. Pour la petite histoire, c'est un peu aussi la 2ème maison de Lawrence d'Arabie.

 

Les chameaux sont lancés à allure modeste, pas de galop car pas de rennes et pas d'étriers, en plus quand on est grimpé dessus, c'est vachement haut. Derrière nous, un petit gamin d'environ 12 ans nous guide de sa voix. Les chameaux de toute façon connaissent le chemin par coeur, on pourrait presque y aller tous seuls. C'est d'ailleurs l'impression que ça donne pour moi, la seule chose dans le champ autre que le désert, c'est l'arrière de la tête de ma bête.

La ballade est paisible, le chameau fait des pas immenses qu'il faut accompagner du mieux possible pour ne pas se déplacer une vertèbre. Depuis son dos, on peut voir ses épaules effectuer les vas-et-viens. On devine aussi que malgré son air placide, le chameau a pleins de chevaux sous le capot. Va pas falloir exciter l'animal.

La chevauchée est sensée durer 2 heures et comme je n'ai pas pris ma montre, impossible de savoir à quel rythme on va. Seule indication, comme on a pas d'étriers, chaque fois que le chameau fait un pas, on a le sentiment de s'écraser un peu plus l'entre-jambes. Plus on avance donc, plus j'ai l'impression de devoir faire le grand écart. La seule notion de temps que j'ai, c'est qu'au départ tout va bien, et que plus on avance plus j'ai les tendons qui sifflent. Fallait bien trouver un point négatif au fait de grimper la plus grande monture, ceui-ci en est un sacré!!!

 

Plus loin, alors que les chameaux procèdent sans prévenir à une pause pipi, je me dis que définitivement il serait temps aussi pour nous de faire une pause pour éviter d'avoir à marcher comme John Wayne pour le restant de nos jours. Est-ce que j'interromps tout le monde, ou est-ce que je passe la douleur sous silence? Peut-être du fait de mon éducation chez les bonnes soeurs  chez qui on apprend les bonnes manières, je garde le silence et serre les dents. Dans les faits, j'ai bien fait de ne pas demander car 5 minutes plus tard, ça doit faire 2 heures qu'on est parti, il faut mettre pieds à terre.

Comme prévu, mes premières foulées post-chameau sont étranges : impossible de rapprocher le pied droit du pied gauche. Mais en quelques pas, tout rentre dans l'ordre.

Le petit bonhomme qui nous suivait durant la chevauchée nous donne à chacun à attraper la corde nous reliant à notre chameau.

On est maintenant à pieds, détachés les uns des autres et on a pour ainsi dire tous un chameau à la main. La sensation de liberté est incroyable, la bête fait 2 fois ma taille et est docile comme un chiot à qui on donne un su-sucre. Elle marche un mètre derrière moi sans broncher qu'on tourne à gauche, à droite, ou qu'on prenne une photo. Tout le monde a le sourire, le chameau aussi.

Cette petite marche où l'on prend le temps de se dégourdir les jambes avec grâce dure un petit 1/4 d'heure, après quoi un pick-up 4X4 quasi flambant neuf arrive à notre hauteur. C'est notre nouvelle monture. Elle est conduite par Atahid avec qui on passera le reste du temps. C'est un bédoin d'une grosse vingtaine d'année, il a un style incroyable dans sa jelabah (orthographe!?!) blanche, un sourire émail diamant, et une nouvelle copine backpacker chaque semaine.

La répartition dans le 4X4 est toute simple. Atahid est au volant. Le flamand et la japonaise sont à l'intérieur, à l'arrière. Le braïce qui sent l'appel du grand air est à l'arrière à l'extérieur, affalé sur ses bagages pour rendre le chemin cahoteux confortable. Je ne comprends toujours pas et ça ne vaut pas que pour cette fois-ci pourquoi les touristes sont plus à l'aise à l'étroit sous un toit que les cheveux au vent avec pour seul plafond le ciel du désert ou d'ailleurs.

D'ailleurs, autre remarque désobligeante, aucuns de mes 2 "partenaires" n'aura eû la bonne idée de s'assoir à côté d'Atahik, ne serait-ce que par courtoisie...

Ainsi soit-il, envole-toi mon Braïce!!!!

On passe ainsi une grande partie de l'après-midi en s'arrêtant de temps à autre pour admirer des peintures rupestres, un canyon, une arche naturelle, ou grimper difficilement une haute dune de sable rouge pour la redescendre le plus vite possible avec chute et galipettes à la clé. Le flamand et la japonaise descendant cette même dune comme on va prendre le thé chez la Reine d'Angleterre, le petit doigt levé...

 

Tout au long de la journée, les paysages fantastiques se succèdent. Où que l'on soit dans ce désert, à 360°, il y a une photo à faire; et les photos sont immancables tant la lumière est belle, tant le sable et les montagnes sont colorés. Tout simplement dantesque!

 

Vers 16h, alors que le soleil s'approche dangereusement du sommet des montagnes, il est l'heure de rejoindre notre campement. La voiture nous y dépose.

Plusieurs tentes sont disposées, la montagne à se dressent à 5 mètres d'elles. Lorsque la montagne, le mur, rejoint le sol, une sorte de rideau est tendu. De l'autre coté, la paroi s'enfonce suffisament pour que notre abri soit établi. 5 à 6 matelas sont posés sur un contrefort rocheux, le sol est plat, il y a plusieurs petites tables, un foyer pour faire un feu, le grand luxe version bedouine.

Qui plus est, des toilettes qui serviront et une douche qui ne servira pas sont également disponibles. Atahik nous propose de nous installer et d'aller voir le coucher du soleil, pendant ce temps, lui et un de ces accolytes nous mijoteront une recette bien comme il faut.

On marche jusqu'à un endroit idéal pour admirer le spectacle mais le coucher de soleil est plus ou moins gaché par un satané nuage qui obstrue tout le ciel. Le vent aura beau souffler comme c'est pas permis, le nuage, énorme, ne bougera pas. Qu'il en soit ainsi, de toute façon, avec ou sans ciel multicolore, on en a pleins les yeux de cette journée idyllique.

A la nuit tombée, on rentre attirés par l'odeur de tomate persillée qui émane de la cuisine. A peine rentrés, la tambouille nous talonne. Nous ne sommes que 5 et il y a de quoi nourrir une armée entière. Quatre assiètes plus tard, j'ai l'estomac qui dit "j'en peux plus". C'est l'heure de profiter du feu de camp. Atahik nous sort un oud (guitare arabe) de derrière les fagots et se met à jouer et à chanter. Ses doigts enchaînent sans fausses notes et à un rythme incroyablement élevé des chansons du cru.

Dehors, les nuages ne sont plus et le ciel se pare de milliers d'étoiles.

A 19h15, la japonaise tombe de sommeil.

A 19h20, le flamand fait une parfaite imitation de la japonaise.

Atahik s'arrête de jouer pour ne pas troubler le sommeil de ses hôtes. Tant pis pour ceux qui ne veulent pas dormir... Faut quand même pas déconner, 19h20, extinction des feux!! Ils m'ont pris pour un chat d'appartement ou quoi?!?

 

Bibi prend sa musique dans sa poche, un coussin sous le bras et s'en va rejoindre le plafond étoilé. La lune qui n'a que faire des gens qui dorment a vite fait de me rejoindre pour répandre un peu de lumière sur mon after-party.

Les étoiles filantes passent à un rythme soutenu à l'inverse du rythme des morceaux écoutés. Tout est calme, pas question de troubler la tranquilité des lieux ainsi que celle de mes neurones. Toutefois, à quelques occasions, les notes de musique s'accélèrent, je me lève, deviens champion d'air-guitare et danse comme un dératé pour un hommage enflammé à cette journée et cette soirée dans le désert.

Pour le lendemain matin, j'ai prevenu Atahik qu'il me réveille à 5h pour le levé de soleil, des occasions comme celle-ci ne se présentant pas tous les 4 matins. Le départ du Wadi Rum est pour moi comme pour la japonaise à 6h, le flamand reste lui une journée de plus, le veinard...

Un ave Maria et un brossage de dents plus tard, je m'endors sur ma paillasse.

 

Je suis réveillé le lendemain (mercredi) par Atahik alors que le petit déjeuner trône déjà sur la table. Vérification faite, il est 5h35, c'est con à dire à cause de l'heure mais j'ai trop dormi!!

Comme toujours, le flamand et la japonaise prenne un autre chemin que le mien et mette les pieds sous la table. Moi, je me lève et boucle mon sac en moins d'une minute, j'enfile mes adadas, jette mon sac à l'arrière du pick-up et cours littéralement dans la plaine désertique pour compenser les minutes perdues à faire la grasse matinée. J'ignore quelle image ça peut donner, mais il est 5h40 et je cours à perdre haleine dans le désert après le soleil.

Je suis rattrapé par la voiture 15 minutes plus tard alors que je cours encore en prenant des photos!!! On me prend au vol, direction le minibus qui descend vers Aqaba à 1h de route.

Pas levé depuis 20 minutes, j'ai déjà fait le plein de désert. La japonaise est à l'arrière comme prévu, le flamand est resté au camp et dans ma course folle j'ai oublié de lui dire au revoir pas comme prévu mais presque, je m'installe cheveux au vent comme prévu...

A 6h pétantes, c'est la fin au Wadi Rum, le minibus nous prend.

 

24h dans un endroit comme celui-là, c'est évidemment trop court. Mais d'un autre côté, j'ai profité de chaque seconde comme si c'était la première, ou la dernière, à vous de voir. Quoi qu'il en soit, merci Atahik pour la ballade, la musique, le feu, la cuisine géniale faîte de peu. Merci au chameau pour m'avoir chauffé les adducteurs. Merci au désert pour le reste. Wadi Rum quand tu nous tiens, comme un refrain.

Repost 0
Published by simplybrice - dans Ou En Jordanie
commenter cet article
12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 18:27

Dimanche matin, pratiquement comme tous les dimanches, le réveil sonne avant que le coq ait une chance de chanter. Seulement ce dimanche, les autres tout comme moi, on est plus feignants que d'habitude. Je me lève malgré tout à l'heure pour prendre la température auprès de mes camarades, personne n'a envie de sortir de ses draps, on ira voir l'aube sur Petra le lendemain...

On se rendort sans fixer le réveil, on verra bien de quel bois on se chauffe plus tard... La malédiction se poursuit, je suis encore le premier debout. C'est le moment d'en profiter, en plus de la douche quotidienne, je me rase pour la première fois depuis 3 semaines. Finie la barbe de la jungle. A 9h, je réveille les autres, pas question d'attendre plus longtemps.

On arrive à Petra vers 10h30, c'est l'heure de pointe. Il va vraiment falloir qu'on en mette un coup le lendemain matin pour devancer le troupeau. On traverse le Siq. C'est toujours aussi impressionnant et sans aucun doute ce que je préfère à Petra. Il semblerait que pour le troupeau il en soit tout autre. Tous les gens ne voient les alentours que sur les écrans minuscules de leur appareil photo numérique. Ils semblent tous attendre de voir le Trésor pour déclencher les ostilités oubliant que le siq est une merveille géologique, un endroit sans pareil.

En arrivant devant le trésor, comme la veille c'est la foule des grands jours. Martha et Jamal prennent quelques clichés mais impossible d'avoir le trésor dans le champ de la caméra sans avoir aussi le flot des touristes. Je me charge donc de faire la police de la photo sur la place surchargée. Le carton jaune dans une main, le carton rouge dans l'autre, je fais valoir mon autorité naturelle en brandissant mes sanctions de couleurs. Certains ne comprennent pas tout de suite ce qui leur arrive, le jaune se transforme en rouge. Les sourires se tranforment en hilarité générale chez mes coéquipiers.

Moi je ne prends pas de photos, de toute façon, comme on sera les premiers le lendemain, rien ne presse.

On quitte le Trésor sur ces bouffoneries. aujourd'hui (Samedi) il va falloir sortir du sentier principal et comme le site de Petra est immense, ça ne va pas être trop dur de trouver un itinéraire bis. Décision est prise de tenter l'ascension de l'Umm Al-Biyara. C'est une montagne aux allures infranchissables car ses flancs ne sont pas obliques mais se dressent aussi droits que mes cartons lorsque je les brandis.

 

La promenade commence par un chemin tranquille qui nous fait voir de nouvelles caves creusées dans la roche, certaines ne sont que des trous larges d'un mètre ou deux, d'autres sont encore de grande façades érodées. Grace au LP, on trouve notre chemin qui biffurque pour se diriger droit vers la paroi verticale. A vue d'oeil, c'est impossible d'aller plus loin. A vue de carte, c'est largement jouable. En effet, comme la veille pour se rendre au monastère, un chemin délicat composé de marches taillées dans la pierre se dresse presque à pic.

L'ascension est longue et plus ou moins pénible selon qu'on soit physiquement en forme ou non. En ce qui me concerne, même si je transpire à grosses gouttes et que je porte dans mon sac à dos l'essentiel de notre pic-nic à venir (y compris 3 grandes bouteilles d'eau), je sème encore mes équipiers qui auront tôt fait de ne plus me considérer comme un fumeur apathique; c'est à mon tour de rigoler lorsque chaque fois qu'ils me rejoignent, ils passent 10 minutes à essayer de retrouver leur souffle. La montée dure une bonne heure uniquement sur ces escaliers fragiles et inégaux. Le plus souvent, d'un côté la montagne nous jauge de tout son haut, de l'autre c'est le vide à faire peur.

On atteint le sommet en ordre dispersé autour de 13h. Là-haut, il n'y a personne, nous sommes seuls à profiter du spectacle ce qui exhale encore un peu plus le sentiment du devoir accompli. A 360°, pas un point plus haut que le notre, on domine Petra et les vallées alentours, superbe spectacle à l'heure du déjeuner.

Menu du jour : Houmous, vaches qui rit, fruits et pain frais. en plus on a de quoi nourrir, au niveau quantité, un groupe d'une dizaine de personnes. Ce sera tout pour.nous, largement assez pour ce faire exploser la ceinture.

A l'issue du repas, une sieste est même votée. et on a beau s'être recouchés ce matin, ce sommeil-là vient immédiatement et est on ne peut plus réparateur.

Au réveil, la vue est toujours là, je me réjouis pour ne pas dire plus.

L'après-midi, à ce rythme, avance sacrément vite et comme ici, il n'y a pas le moindre bédouin pour nous ramener à bon port, il faut partir pour être rentrer sans avoir à courir pour éviter de dormir dans la montagne ou tomber dans un gouffre en trébuchant sur une marche glissante.

D'ailleurs, en parlant de trébucher, je vous épargne les détails mais en quittant notre lieu de villégiature de l'après-midi, je suis parti le premier pour soulager ma vessie. A un endroit, il fallait descendre un endroit qu'il faut escalader sur 2 mètres dans le sens de la montée. Pour descendre, tout grimpeur vous dira qu'il faut toujours faire face à la montagne pour avoir un meilleur contrôle. Je connais cela par coeur. Mais sur le moment, l'empressement urinaire était tel que je suis descendu dos à la montagne. Bien mal m'en a pris, à la retombé sur le sol, je suis un minimum déséquilibré, suffisamment pour que tout mon corps pivote et que le mouvement m'entraîne dans le vide. Heureusement pour moi, je sais me servir de mes bras. Mon bras droit saisit la montagne, je retrouve l'équilibre mais m'arrache la moitié des ongles dans l'opération. C'est mieux qu'autre chose même si il n'y a propablement pas de manucure à Wadi Musa. Je devrait m'en passer... Je me suis donc fait une belle frousse, même si 2 minutes plus tard, je n'y pense même plus, seul la vue de mes ongles martyrisés me rappellera la mésaventure jusqu'au passage au coupe-ongles.

 

La descente des marches se fait tout tranquillement, le soleil masqué par la montagne. Les jambes sont encore endolories par la montée du matin, mais j'ai encore la pêche. Une fois en bas, il faut encore marcher plus d'une heure pour rejoindre la sortie principale, ce n'est donc pas un mal d'avoir gardé un peu d'énergie.

On repasse devant le Trésor dans la pénombre du soleil couchant, tous les veaux sont partis, c'est un bon avant-gout de ce qui nous attend le lendemain matin.

Le Siq derrière nous, il fait enfin nuit, et ça y est, j'en ai plein les pattes, comme les autres...

En sortant, les taxis tentent de nous extorquer des tarifs pour nouveaux venus. Mais on est là depuis deux jours, et chaque fois que le tarif est inapproprié et que le chauffeur ne consent pas à le baisser, il se voit adresser un carton jaune en retour. En s'éloignant un peu, on attrape finalement un taxi abordable pour rejoindre l'hotel. Le "all-you-can-eat-buffet" nous attend. Quatre assiettes seront encore nécessaires pour me rassasier. J'ai la sensation qu'en voyage, je pourrais manger sans m'arrêter et ne jamais avoir la sensation d'être plein.

 

Après dîner, des bédouins jouent de la musique, du oud, c'est charmant. Et comme ce soir là, je tourne à la bière fraiche, je finis par danser comme un dératé provoquant une nouvelle fois l'hilarité générale.

 

Ces nouveaux efforts auront vite fait de me renvoyer à mon lit. Il est quand même près de minuit lorsque je ferme les yeux. Le réveil est fixé à 5h45. Le site de Petra ouvrant à 6h, il s'agira de sauter dans nos pantalons pour attaquer une nouvelle journée fatigante mais gratifiante. En plus, aujourd'hui on a réservé nos places pour le lendemain soir assister au spectacle de Petra-by-night, le Siq et le Trésor éclairés de 1500 bougies, ça promet!!!!

En attendant, place à la récupération.

 

 

Lundi matin, 5h45, le réveil sonne, il est l'heure d'aller bosser. Pas moyen de repousser l'échéance, c'est sans doute mon dernier jour à Petra.

A l'instard d'un capitaine de soirée version matinée, je réveille mon petit monde. Les habits s'enfilent rapidement. Le temps de repasser par le supermarché déjà ouvert (tu crois quand même pas que j'allais écrire que j'allais repasser mes fringues à 6h du matin!!), on achète de quoi refaire un déjeuner efficace et nous voilà partis.

Au poste de contrôle des billets, il n'y a pas grand monde. Il est 6h30 quand on s'y pointe et les gardiens sont encore dans le cirage, comme nous en somme...

On retrouve le Siq pour la 3ème journée consécutive, on est comme chez nous. Le long du kilomètre de marche, on doit croiser 3 autres matinaux. Le silence est d'or et le plaisir décuplé. Le soleil est déjà levé mais on n'est pas en retard, le Siq est tellement étroit que de toute façon la lumière n'y pénètre jamais complêtement.

Nos pas résonnent dans les lieux. A la fin du long corridor, la silouhette du Trésor se laisse entrevoir et, pour la première fois, pas l'ombre d'un bob pour gâcher la vue. L'endroit d'ordinaire bourdonnant est baigné de calme. Seuls une petite dizaine de personnes sont arrivées avant nous, mais à cette heure là, tout le monde est respectueux du plaisir des autres. Les cameliers ne proposent pas encore les ballades et nous laissent profiter du calme. Voir le Trésor à cette heure, c'est comme le voir pour la première fois, effet garanti. Les conditions resteront identiques pendant presque une heure, les gens arrivent au compte-gouttes. En plus, c'est le moment pendant lequel la lumière pénètre pour éclairer en partie l'auguste batiment.

La lumière disparaît à 8h30, c'est à dire l'heure à laquelle le gros des troupeaux déboule. En 5 minutes, c'est rempli de visiteurs, de charioles, de vendeurs à la sauvette. Il est temps pour nous de lever le camp.

 

L'itinéraire du jour ne nous éloigne pas pour autant du Trésor, puisqu'en contournant le Siq par la droite, il est théoriquement possible de pouvoir dominer le Trésor depuis un point de vue à l'écart de la foule puisque nécessitant une nouvelle heure de grimpette.

On profite de l'itinéraire pour en plus aller voir en détails des batiments que nous avions gardés non-visités pour cette occasion. En plus, on fait en sorte que tout le long, on devance la meute. On profite du plancher des chameaux une heure avant d'entamer la nouvelle ascension.

Comme la veille et l'avant-veille, dès que le sentier entame la montée, le chemin se transforme en escaliers. Et comme d'habitude, on arrête spontanément de parler alors qu'on franchit les premières marches. L'effort est violent et le second souffle se fait attendre. Pas bien longtemps quand même, je grimpe maintenant comme un chamois. Alors qu'on approche du sommet, la vue en contrebas s'ouvre sur l'amphithéâtre de 4000 places, c'est beau et bienvenue pour faire une petite pause. Petite car le plat de résistance nous rappelle quand même à son bon souvenir. 3 backpackers sont déjà sur le chemin de la redescente et sont encore bouche bée du spectacle à suivre pour nous. On reprend les sacs et zou, quinze minutes de marche(s) plus tard, on se fraye un passage entre les rochers et le Trésor est là, 100 mètres en contrebas.

Là où nous sommes seuls, encore, à profiter de la perspective.

En dessous, devant le Trésor, ils ont des centaines à passer sans se douter qu'au dessus de leur tête trois cigales se dorent au soleil avec les yeux posés sur la même chose qu'eux mais en version aérienne.

Comme en plus, on connait la technique, on mange comme des lions affamés tout le bardas que nous avions durement porté jusqu'à cette endroit reculé.

 

la redescente est provoquée par l'arrivée de quelques personnes un peu bruyante à notre gout mais pas de crise, nous avons plus que largement squatté le point de vue pendant plus de 2h sans voir personne à notre étage. Lorsque nous atteignons le bas des marches, il est 14h. On peut maintenant dire qu'on a fait le gros des itinéraires sur le site de Petra. Reste maintrenant à attendre le soir même la découverte de Petra-by-night...

Touit le monde entre à l'hotel pour dormir, profiter de la terrasse ensoleillée, ou écrire à ses ouailles. L'après-midi s'écoule enfin dans un calme relatif, c'est bon de pouvoir se poser un peu! Ca durera jusqu'au coucher du soleil que l'on partagera avec les nouveaux venus dans les murs, notre parole est celle d'anciens combattants pour qui Petra n'a plus de secrets, les nouveaux posent les questions et écoute religieusement les réponses d'autant que je pense qu'en 3 jours, on a bien obtimisé notre emploi du temps. Il fait nuit avant 18h, c'est pas qu'on est pressé mais autant ne pas être en retard. L'entrée de nuit est à 20h30, on quitte l'hotel à 19h.

Le temps de manger dans le village, d'arriver à l'entrée principale, de s'inscrire sur le registre des visiteurs nocturnes, on est dans les startings-blocks à 20h comme prévu.

 

La foule s'agite, il est 20h25. Un guide vient faire l'inventaire de ce qu'il faut faire et ne pas faire.

Les visiteurs qui sont au nombre de 300-400, doivent garder le silence durant toute la durée de la soirée (tant mieux). Tous devront marcher les uns derrières les autres dans le Siq pour que chacun puisse se satisfaire du plus grand angle de vue (re-tant mieux).

A 20h30 sonnantes et trébuchantes, le convoi se met en place. Tout le monde reçoit l'ordre de se rendre devant l'entrée principale pour donner son billet et, plus important, prendre sa place dans la file. Ayant flairé le coup il y a de nombreuses minutes, le Braïce national a entraîner ses compagnons dans son sillage pour être parmi les premiers. Et devinez quoi? En arrivant à la grille, on EST les premiers!!!!

Le guide qui sera tout seul pour faire transiter dans le Siq toute la caravane a malgré tout 3 amis avec lui. Bordel!!! Ils nous passent devant et on reste impuissants. Pas même un carton jaune à dresser, les potes du guide sont inattaquables. Nos positions dans la file sont donc N°4, 5 et 6, pas mal pour un coup d'essai.

La ligne formée par les visiteurs se met en mouvement. Seul le bruit des pas se donne à notre écoute. De toutes façons, dès que quelqu'un a la mauvaise idée d'ouvrir la bouche, il est repris de volée par des "Chuuuuuuut" unanymes.

Avant le Siq, les bougies se suivent tous les 10 mètres.

Dans le Siq, elles sont de parts et d'autres éloignées de 5 mètres les unes des autres. Ce n'est pas assez pour qu'on puisse voir grand chose mais juste suffisant pour voir où on met les pieds sur le sol tantôt plat, tantôt pavé, tantôt rocailleux. Ceux qui mettent le nez pour la première fois dans le Siq ne doivent avoir aucune idée de ce qui les toise. Nous, en vieux de la vieille, on plane!!

On marche comme ça à pas rapide jusqu'au Trésor. Ici, les bougies sont partout sur le sol; un véritable damier sauf qu'il y en a des centaines!!

Toujours dans le silence, nous sommes invités à nous assoir sur de grands tapis installés en long à travers les rangées de mèches incandescentes. C'est confortablement installés qu'on pourra profiter du spectacle. Le reste de la meute finit par s'assoir aussi. Le trésor nous domine dans une quasi-obscurité. Un "quasi" qui fait une énoooorme différence.

Des bédouins arrivent avec de grands plateaux, tout le monde se voit offrir en un temps record un thé chaud pas nécessaire car il fait encore une vingtaine de degrés mais c'est bienvenue quand même.

Une fois tout le monde servi, un musicien arrive. Il tient dans sa main une sorte de petit violon dont il ne tarde pas à jouer. Toute l'audience a l'oreille rivée vers la mélodie mystérieuse et envoutante. Le bédouin musicien entame par moment également des chants ancestraux. C'est beau comme de voir Petra éclairée par des centaines de bougies. A l'issue de la performance, le flot des applaudissements vient rompre magistralement le silence donnant à tous une chair de poule pas piquée des hannetons. Lorsque les applaudissements s'interrompent, le son d'un fifre (petite flûte) sort des entrailles du trésor. La chair de poule est permanente.

De l'unique immense porte du batiment sort un nouveau bédouin qui nous délivre de nouvelles ritournelles en marchant entre les spectateus assis. Le morceau est religieusement écouté. Les gens ont pour moitié les yeux rivés sur le musicien mouvant, les autres sur la façade immobile. Et alors que le musicien se stoppe, les appaudissements reviennent déchirer le silence. L'effet sonore est surpuissant et vaut à lui seul le détour.

Les applaudissements finis, les gens comprennent que la représentation est terminée. 90% des auditeurs prennent alors le chemin de la sortie, pas nous.

Nous, il faudra attendre qu'on nous dise de partir pour qu'on lève le camp, pas folle la bête!

On dira donc un dernier au revoir à Petra parmi les derniers. Le Siq s'ouvre pour nous dans un dernier silence éclairé faiblement par l'éclat des bougies mais illuminé de dizaines de souvenirs vécus ici.

 

Inutile de dire que ces 3 jours resteront longtemps présents dans les coeurs de chacuns.

Marche, découverte et contemplation. Programme exquis ponctué de repas gargantuesques.

La dernière soirée sera du même accabi (orthographe accabi ?!?), et l'échange d'adresses e-mail solennel.

Je serais le premier levé le lendemain matin à une heure que la pudeur matinale m'interdit de dévoiler. 

Les aux-revoirs et à bientôts se feront avant la fermeture des écoutilles.

 

C'est ici qu'on se dit bonne nuit nous aussi.

 

 

Repost 0
Published by simplybrice - dans Ou En Jordanie
commenter cet article
7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 15:02

(comme tu commences a en prendre l'habitude, rejouis-toi car tu as 3 nouveaux articles pour le prix de 0, donc comme au jeu de l'oie, recule de 2 cases)


J'ai laissé Amman sans avoir vu grand chose de la ville

mais sans regrets tant la ville semble inaccessible au voyageur pressé et averti.

Tout indiquait de tout façon que les sites dignes d'émerveillement n'y pululent pas.

En plus, la perspective de gagner Petra emporte tout sur son passage.


Pour aller à petra depuis Amman, ça peut sembler un jeu d'enfants. Tous les touristes circulants en Jordanie étants pour le moins obligés de faire la liaison, on peut se dire que des armées de car transitent entre les deux localités et ce, à longueur de journée. Et bien, ce serait comme se mettre le doigt dans l'oeil. Dans les faits, rares sont les visiteurs qui font le chemin en transports publics, tous sont bien trop occupés à suivre un ou plusieurs guides à la fois, bien sagements assis dans des bus climatisés et réservés à l'avance. Pour ceux qui comme moi ne réservent rien et se risquent à de longues heures d'attentes ou à des quiproquos à rallonge, il n'y a que deux minibus par jour et tous les deux partent d'Amman entre 6h30 et 7h du matin.

Il convient donc de ne pas le rater sous peine de désillusion pendant 24h.


Le rendez-vous avec Martha et Jamal est à 6h. Plus de crampes de paupières, plus de douleurs derrière les genous, même plus envie de remettre une couche de sommeil, je suis un matinal accompli! Jamal qui partage ma piaule est lui encore du genre à ne pas pouvoir mettre un pied devant l'autre avant 11h du matin, c'est donc à moi qu'il revient maintenant de mettre sa machine en route, qui l'eu cru il y a encore quelques semaines?

Quand j'arrive à la réception, le veilleur de nuit dort aussi. Il me revient donc aussi de le réveiller, incroyable!!

Théoriquement la mise en place du petit déjeuner de l'hotel est effective dès 6h du matin mais ce matin-là, pour ceux qui prendront le bus de bonne heure, ce sera plutôt à base de biscuits achetés dans une superette. Il est en réalité trop tôt pour tout le monde sauf pour moi.


On attrape un taxi sans soucis, idem pour le minibus pour lequel nous sommes les premiers à attendre. On attrape les sacs qu'on grimpe entre le chauffeur et le siège passager et on s'assoit juste derrière. Les sacs feront un parfait appui pour nos jambes quand le sommeil se fera inévitablement sentir.

Tout ce passe comme prévu, les biscuits se suivent jusque dans ma bouche, le sommeil me rattrape tout juste après avoir lancer quelques regards sur la route qui défile.

A mesure que l'on descend dans le sud de la Jordanie, le paysage toujours aussi sec dévoile des dénivelés plus impressionnants. Les montagnes alentours ne sont pas forcéments hautes mais sont toutes assez escarpées pour qu'on ai l'impression d'être à 3000m d'altitude. En fait, Amman comme Petra est à environ 600m d'altitude donc on serpente entre les montagnes sans forcément monter ni descendre.

Ici et là, on devine le lit d'une rivière, mais peine perdue pour elles, elles ont l'air à sec depuis la nuit des temps.


Le réveil final arrive alors que l'on est à quelques encablures de Petra. Rien autour n'a changé, c'est intriguant. Le village à côté s'appelle Wadi Musa ce qui est aussi le nom de Petra en arabe et, alors qu'on l'aperçoit pour la première fois depuis la route qui en arrivant le surplombe, on ne peut manquer le fait que la montagne prend tout à coup des formes plus alambiquées et torturées. Géologiquement parlant, la différence est frappante, nul doute qu'on est arrivé.

Effectivement, quelques tours de roues plus tard, le minibus se stoppe, on est arrivé. Bienvenue à Wadi Musa!

Il est 11h du matin et la journée s'annonce radieuse, le soleil brille et le thermomètre approche les 25°, température idéale pour le farniente comme pour la grimpette.

Ne reste plus qu'à trouver notre hotel. Comme nous sommes trois, un taxi ne fera pas de mal sachant qu'on peut facilement partager la note. Charge au chauffeur de savoir où se trouve notre nouveau refuge, pas de problèmes pour lui, Wadi Musa est un village à taille humaine et les hotels pas chers se comptent sur les doigts de 3 mains, sachant que sans le savoir nous avons choisi le plus populaire d'entres eux.

Nous choisissons la moins chère des propositions proposées à savoir partager un dortoir de 8 lits. Il y a juste assez de place pour nous, 5 lits sont déjà pris. Le temps de poser nos affaires et à l'unanimité nous choisissons d'investir le site de Petra dans la seconde. Je n'ai pas le monopole de l'impatience et ça fait plaisir à voir!!!

Le temps d'acheter de quoi manger une fois sur place et de grimper dans un nouveau taxi, nous voilà partis!

En 3 minutes et 1 euro, nous voilà déposés devant l'entrée principale.

A nouveau 3 options "s'offrent" à nous.

Le ticket pour 1 journée à 25 euros. Le ticket pour 2 jours à 30 euros. Le ticket à 35 euros pour 3 jours et plus...

Est-ce utile de préciser que le choix n'est pas aussi cornélien qu'il y parait? Le ticket pour 3 jours et plus s'est imposé de lui-même... Comme une évidence...


On pénètre dans Petra par un large chemin. La gauche du chemin est dévoué aux anes, aux chevaux et aux charioles transportants les touristes à mobilité réduit et aux portes-feuilles à rallonge. D'ailleurs, en entrant, impossible de ne pas s'entendre dire "horse?", "charriot?", "I make good prize for you!", "do you understand?".

Mais que nenni, quitte à découvrir, autant prendre son temps...

Après avoir quittés les hordes de cavaliers, on avance vers les montagnes jusqu'à être entourés par elles. Au bout du chemin à ciel ouvert, on se retrouve face à une paroi dans laquelle émerge une ouverture large de quelques mètres, c'est le Siq.

Le Siq est un canyon, une entaille de 1,2 km de long (1,2km, tu te rends compte!!!!!!!!?), large de 3 à une quinzaine de mètres, enserrée par 2 parois aux formes voluptueuses hautes de 40 mètres (40 mètres, je me répète mais tu te rends compte!!!!!!?). Il faut environ quinze minutes non-stop pour parcourir le Siq de part en part.

Pendant ces 15 minutes, on ne sait où poser le regard tellement les perspectives sont étonnantes, parfois on ne peut apercevoir le ciel au dessus de nos têtes tant le passage est étroit et tant les parois s'inclinent l'une vers l'autre. La hauteur donne le vertige. L'étroitesse peut entraîner la claustrophobie. Chez moi, ça ne provoque que l'émerveillement et c'est déjà beaucoup.

En plus, question émerveillement, ce n'est que le début. Le Siq débouche en effet sur le Trésor.

Au détour des virages, une silouhette monumentale se laisse entrevoir. On devine une première colonne, une première statue, un fronton. L'image qui trottait dans ma tête depuis des années laisse la place à la réalité du lieu. Chaque pas nous rapprochant de la sortie du Siq nous dévoile un peu plus de la façade exquise.

Comme un riff' de guitare qui accouche d'un solo, on quitte le Siq les yeux aimantés par le spectacle de l'entrée magnifique d'une ville 2 fois millénaire. Seul bémol, l'endroit concentre à juste titre tous les touristes que compte la Jordanie. C'est bienvenue à la Foirefouille, ça grouille, ça photographie, ça parle, ça crie sur fond de chameaux et de vendeurs de bouteilles de sables de couleurs représentant la célèbre façade sculptée. Ici les cameliers ont remplacé les cavaliers, sans doute pour des questions de concurrence, de la même façon qu'en cours de maths on apprend qu'on ne peut multiplier des choux et des carottes ou quelque chose comme ça.

Il sera temps de s'émerveiller de ce monument dans les jours qui viennent en arrivant par exemple au lever du soleil vu qu'à cette heure, les touristes téléguidés attendent encore qu'un buffet leur soit servi.


On laisse le trésor sur notre gauche pour s'enfoncer encore un peu plus sur le site.

De part et d'autre, de nouveaux batiments s'invitent à notre regard, tout épouse la forme des montagnes. Plus avant, un amphithéâtre est taillé d'un seul tenant dans le roc. A vue de nez, de part mon expérience théâtrale de ces dernières semaines, celui-ci doit compter environ 4000 places ce qui est loin d'être ridicule considérant qu'ici tout est creusé dans la paroi!

Après avoir passé le théatre, l'espace débouche sur une large vallée. Mais pas question pour les nabatéens de se laisser aller à la paresse, à nouveau des grottes ont été creusées, de nouvelles façades apparaissent, les restes d'un temple surgissent d'une colline, et partout autour de larges montagnes se dressent. Seulement ici, les montagnes ont un profil particulier, elles ne s'articulent pas autour de flancs évasés, elles partent vers le ciel, leurs flancs presques verticaux. Pas question de s'y aventurer aujourd'hui cependant, il est déjà 13h et la route "principale" ne s'arrête pas là.

Traverser la vallée prend une bonne heure et on débouche sur le musée de Petra. Pas grand chose à dire et c'est presque tant mieux. Le musée est composé de seulement deux salles qui étallent de rares étagères sur lesquelles tronent vaguement quelques objets de petite taille. C'en est presque étonnant vu la taille du sîte qu'ils n'y exposent que si peu de choses. La visite est rapidement terminée.

En quittant le musée, on laisse derrière soi la vallée principale pour s'enfoncer sur une voie nettement plus abrupte. Ca devrait écrémer la masse des touristes car c'est ici un peu comme un entonoir. Seuls les plus à même de grimper peuvent poursuivre l'aventure, les autres n'ont qu'à rebrousser chemin.

La voie s'enfonce dans la montagne et remonte le long de celle-ci en suivant des escaliers aux marches inégales que le sable rend glissantes. Les marches se comptent par centaines et nos conversations avec Martha et Jamal s'interrompent rapidement après avoir commencer l'ascension.

On grimpe comme ça pendant 45 minutes, c'est long et assez gratifiant. Je me rend compte une nouvelle fois que j'en ai dans le coffre quand après quelques minutes d'effort j'ai déjà distancé mes compagnons d'échappée.

Au terme de la montée, suant malgré tout à grosses gouttes, on arrive face à une nouvelle façade ressemblant comme deux gouttes d'eau au Trésor, c'est le Monastère.

Ca a la couleur du Trésor, le gout du Trésor, mais ce n'est pas le Trésor. C'est perché tout là-haut et ça fait une énorme différence!

De plus la lumière du soleil commence à décroître, exacerbant les couleurs de la montagne. Impossible de rester insensible au spectacle offert par le nabatéens et magnifié par le soleil couchant.

Mais le soleil se couchant et notre aller n'étant pas tout à fait terminé, il ne nous reste plus qu'à faire quelques centaines de mètres pour profiter de ce qui s'appelle "the sacrifice point of view", pas besoin de traduire. Le chemin continue de grimper; comme à mon habitude, je ne regarde que mes pieds pour ne lever les yeux qu'une fois l'endroit rêvé atteint. Au juste moment, il est temps de récolter le fruit de mon dur labeur.

Le panorama est à tomber à la renverse, sauf que si ici on tombe à la renverse, on atterrit 200 mètres plus bas, au fond d'un gouffre paraissant sans fond. De là-haut, on surplombe la vallée suivante qui n'est que à-pics, parois verticales, et autres perspectives renversantes.

De plus, tous les autres grimpeurs sont déjà sur le chemin de la redescente, personne n'a eu l'idée stupide de profiter du coucher de soleil. Là où nous sommes c'est à dire tout en haut de la montagne, le point de plus éloigné de l'entrée principale, se trouve encore un vendeur de souvenirs dans sa boutique branlante. Le type s'appelle Musa, comme l'endroit où nous sommes, Wadi Musa signifiant en arabe "vallée de Musa". Musa est né dans la vallée et est un des rares vendeurs à dormir dans la montagne dans une grotte creusée voilà 2000 ans qui le protège lui et ses deux ânes "Bob Marley" et "Mickael Jackson" des intempéries. Musa nous invite à boire un thé bienvenue d'autant qu'un vent frais souffle et que la chaleur décroit. il nous propose aussi de nous raccompagner personnellement car cette nuit-là musa dort au village en contrebas. Cette proposition est évidemment accompagnée de clameurs de notre part car il devient évident qu'il va faire bientôt nuit et que la descente des marches promet d'être rock n'roll pour ne pas dire plus. On finira d'abord de regarder le coucher de soleil nous sachant dorénavant escortés jusqu'en bas.

En partant, Musa attelle "Bob Marley" et nous voilà parti.

Le chemin du retour nous ramène devant le Monastère. Et comme on suit Musa, pas de questions à poser. Celui-ci se met subitement à tourner en direction du monastère, on contourne la structure pour se retrouver aux pieds de gros rochers montants le long du Monastère. Ici trône un paneau "No climbing" ou "interdiction de grimper" mais comme Musa commence à grimper, on ne peut rien faire d'autre que de le suivre. De toute façon, j'ai trop envie d'en découvrir davantage pour rester planté là les bras ballants. On commence à grimper, tous en fait sauf Jamal qui ne sent pas trop ce coup-là. Mal lui en a pris.

Ce petit bout d'escalade nous mène tout droit sur le toit du monastère. Le moment est privilégié et le mot n'est pas trop fort. La lumière est un peu faible pour les photos mais l'essentiel est ailleurs. Ces deux minutes passées à cet endroit d'ordinaire interdit sont plus qu'un temps fort supplémentaire, nous sommes les derniers sur le sîte et le panorama est épique.

Revers de la médaille, comme nous sommes les derniers, il doit bien y avoir une raison. Il est largement temps de lever le camp où on va finir par dormir dans la montagne ce qui ne serait finalement pas pour me déplaire mais bref, on doit y aller.


Alors qu'on commence la descente, le soleil est déjà couché et la lumière approximative. Les premières marches se dévalent car on peut encore deviner là où elles sont placées mais tout le monde sait qu'on y verra bientôt plus rien. Le rythme est élevé et Jamal en retard.

Heureusement pour lui, Musa possède une lampe ce qu'on avait pas prévu de prendre du fait qu'on aurait jamais imaginé rentrer après la nuit.

Plus on descend et moins on distingue quoi que ce soit. A mi-parcours, on est dans le noir et le rythme s'en ressent. Et là, heuseusement encore, des collègues bédoins de Musa se trouvent encore sur le chemin avec leur âne. Tous ne sont comme nous pas équipés de vision nocturne mais en revanche pourvus de lampes-torches.

Chacun d'entre-nous se fait finalement guidé dans l'obscurité par son guide personnel. L'ambiance est excellente et on est rapidement sur le plancher des chameaux (pas de vaches à l'horizon).

Notre caravane transite à travers la nuit jusqu'à une sortie annexe, pas le temps de rejoindre la sortie principale, encore à plus d'une heure de marche. On retrouve la route goudronnée qui après les marches fait un bien fou. Malheureusement ou pas, la route est encore bien vallonnée et on arrivera rincés de cette journée éprouvante mais formidable dans le village bédouin vers 19h soi près de 2 heures après le crépuscule.


Musa a été pour nous un guide incroyable et lui dire au revoir sera un déchirement pour tout le monde, grâce lui soit rendu ici.

Un taxi plus tard pour faire le trajet entre le village bédouin et Wadi Musa et nous voilà à l'hotel.

On partagera le taxi avec une japonnaise fraichement installée au village bédouin qui nous dit qu'elle a du shopping à faire au village. Voilà qui est bien étrange, du shopping au village après 19h? En fait, elle se rend aussi dans notre hotel qui est en fait l'endroit du coin où l'alcool est le moins cher. Ceci explique cela...

Mais pour moi, ce soir là, ça n'aura que peu d'incidence, je tombe de fatigue, Martha et Jamal itou.

On dîne à l'hotel et bien nous en prend car on sert ici un buffet où l'on mange jusqu'à plus faim. A 19h30, une table de 5 mètres de long est garnie de plats divers et variés.

Il y en a vraiment pour tous les gouts et les efforts fournis m'inciteront à remplir quatre fois mon assiette. Comme on dit, quand on aime, on ne compte pas!

Pendant le repas, on échaffaude le programme du lendemain. Tout le monde est d'accord pour une tentative de lever avant l'aube pour profiter de Petra avant le flux des visiteurs très nombreux. Le réveil sonnera à 5h40, juste assez tard pour qu'on puisse dormir une huitaine d'heures.

Je m'endors comme une pierre qui coule, personne ne ronfle dans le dortoir, c'est toujours ça de pris.



Repost 0
Published by simplybrice - dans Ou En Jordanie
commenter cet article
7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 14:59

 J'ai eu tout le temps de faire et de voir tout ce que je voulais en syrie,

il est temps de passé à la suite en suivant la route du sud.

Damas, capitale syrienne, étant située au sud du pays, et Amman, capitale jordanienne, étant au nord du pays la liaison devrait être vite faite.


Seulement le bus, je commence à connaître par coeur. Les gares routières et leur ambiance glamour au possible n'ont plus de secrets pour moi.

Il était donc recommandable d'essayer de dénicher un nouveau moyen de transport. Le LP indique qu'il existe un train reliant les 2 capitales. Le tarif n'étant pas géré par la SNCF, c'était donc d'autant plus envisageable.

2 trains par semaine, c'est parfait, un de cela part le lundi et ça tombe bien, on est lundi.

Le principe du train transfrontalier est un peu particulier. un train part de Damas le matin à 8h en même temps qu'un autre qui quitte Amman. Les 2 trains devant se rejoindre à la frontière. Pour le passager, à ce moment-là, il faut traverser la frontière à pieds et prendre le train de l'autre côté qui repart d'où il vient avec les passagers partis de l'autre pays.

Je me prépare à rejoindre la gare, il est 7h. J'attrape facilement un taxi et le convie à me conduire jusqu'à la gare.

"Pourquoi?" demande-t-il incrédule.

"Pour aller en jordanie voyons!" lui rétorquais-je.

"Mais il n'y a plus de train depuis 2 ans mon petit ami!!"

"C'est pourtant dans le LP!!"


Le type a quand même l'air bien sûr de lui et comme il ne me propose pas de me faire un "bon prix" pour m'amener lui-même à Amman, il y a anguille sous roche.

En fait l'anguille c'est que la dernière édition du LP "Moyen-Orient" date de 2006, et comme par hasard le train s'est arrêter la même année.

Renseignement pris auprès d'une tierce personne, ce que dit le chauffeur de taxi est vrai. Le destin veut vraiment me voir enchaîner les bus les uns après les autres.

Pour le train ce sera donc pour une autre fois, en Egypte où le LP signale que des trains roulent encore, en 2006. On verra bien à ce moment-là...


Me voici donc reparti vers une nouvelle gare routière, celle de Damas ou plus une de celles de Damas car pas la même que celle par où je suis arrivé.

J'y débarque avec Faysal que j'ai retrouvé et on se rencarde sur l'heure du prochain départ pour la Jordanie. Mauvaise nouvelle, 2 compagnies font le trajet mais l'attente pour l'une et l'autre dépasse les 4 heures.

Que faire? On dit aux guichetiers qu'on doit réfléchir avant de prendre une décision.

Le plan B peut-être un brin différent, il y a à l'entrée de la gare routière pleins de chauffeurs de taxis spécialisés dans l'aller-retour vers Amman. C'est pas une entube car sur les portières des voitures c'est écrit en grosses lettres. On compare les prix avec le bus pour constater que la différence est minime.

C'est décidé donc, on ne fera pas le chemin en bus mais en voiture particulière. Pourquoi pas?

La seule chose, c'est que plus on est dans la voiture, plus le prix décroit. Il nous faudra donc attendre de longues minutes avant que la voiture ne soit pleine de 2 autres passagers. Ils sont Syriens, et comme Laurel et Hardy l'un est grand et l'autre petit.

Et que croyez-vous qu'il se passa? Le petit s'installa à l'avant tandis que le grand partagera la banquette arrière avec Faysal, un gaillard aussi large que haut, et moi au milieu. En général, j'ai plutôt l'habitude de doucement m'assoupir dans les transports, ça m'a l'air raté pour cette fois, mon épaule gauche est comprimée contre l'épaule droite de Faysal et mon épaule droite comprimée par l'épaule droite de Laurel, à moins que ce ne soit Hardy.


On arrive à la frontière en 1 heure environ, il est 13h. La voiture doit s'immobiliser d'une part pour un check-out des autorités avec fouilles sommaires des bagages, et d'autre part pour que tous les passagers puissent s'acquitter de leur visa.

La première étape prend 30 bonnes minutes. Lorsque le douanier arrive à ma hauteur ainsi que celle de mes 2 sacs, il m'intime l'ordre de les ouvrir. J'entreprend d'ouvrir le gros sac en premier et à peine ouvert, il me dit de le refermer, c'était bien la peine...

Maintenant il est l'heure de faire chauffer le passeport pour la pose payante du visa jordanien. Seul problème, en quittant la Syrie de l'autre côté de la frontière, on doit s'acquitter d'une taxe de sortie de territoire. Incroyable!! Tu payes 23 euros pour te faire faire un visa d'entrée, et voilà qu'en sortant on te demande encore une dizaines d'euros. L'hospitalité légendaire des gens du coin n'a apparemment pas prise sur nos amis douaniers...

Mes derniers pounds syriens passent donc dedans, heureusement que le chauffeur de la voiture acceptera de se faire payer en dinars jordaniens autrement j'étais bon pour faire la plonge chez lui pendant de longues heures.

Heureusement donc, côté jordanien il y a un distributeur pour récolter les précieuses devises. C'est la première fois que je dois ressortir ma carte bleue depuis l'entrée en Syrie. Je vais vers le distributeur mon porte-feuille en poche, j'approche de la machine et me met à chercher la fameuse carte. Dans le porte-feuille, rien. Dans mes poches, rien non plus!!! Mon coeur prend un coup d'accélérateur. Pendant plusieurs secondes, une seule question : "qu'est ce que j'ai foutu de cette fichue carte?!?"

La réponse viendra d'elle-même, j'ai pris soin en arrivant en Syrie de ne pas mettre mes oeufs dans le même panier, et ai mis ma CB en lieu sûr mais pas dans mon porte-feuille. Il était moins une avant que j'hurles et que je me maudisses, je retrouve la CB, fin de la péripétie, ouf!!!

Seule chose positif, ça n'arrivera plus, je me souviendrais à partir de maintenant de cette mésaventure, plus question que ça se reproduise!


L'obtention du visa jordanien se fait à concurrence de 10-12 euros dans des délais assez brefs et on est reparti sur la route vers 14h. Celle-ci est l'un côté comme de l'autre assez monotone en longues lignes droites dans des paysages secs et peu fréquentés mais toujours pas moyen de dormir entre mes deux demis-de-mèlée.

On arrive à Amman une heure plus tard dans un endroit indéterminé. Pas de gare routière à l'horizon, il y a bien une mosquée mais impossible de la retrouver sur la carte du LP. Seul moyen de retomber sur nos pattes : trouver un taxi.

Ca a l'air facile dit comme ça, mais à Amman un jeudi après-midi, c'est tout sauf évident. Tous les taxis de la ville sont pleins, impossible d'en avoir un de disponible.

Faysal qui connait déjà la ville me dit qu'il connait un hotel dont on ne doit pas être bien loin.

On entreprend donc la recherche à pieds. Pas un problème quand on sait où on est et là où on se rend, mais là, aucun indice. Solution au problème, demander notre chemin. Un type nous l'indique, nous dit qu'effectivement on est pas très loin de notre point d'arrivée et que lui aussi prend la même direction.

On fait donc le chemin à trois. Et comme plus on est de fous plus on ris, youpi, même si je porte mes 15-18kg et que tout Amman n'est que montées et descentes.

De temps à autre, on s'arrête pour essayer de repérer un taxi libre. Mais maintenant, il est 16h, et c'est la sortie des bureaux, synonyme d'encore plus de monde dans les taxis. Nous voilà bien avancés!!!

On marche pendant une sacrée trotte, lorsqu'enfin un véhicule jaune se stoppe à notre hauteur, c'est un taxi vide, hip, hip hip!

On monte dedans, on roule moins de 500 mètres et on est finalement arrivés. On a fait au moins 5 fois la distance parcourue avec la taxi à pieds et j'en ai plein les pattes.

Il nous a fallut quasiment autant de temps pour arriver de Syrie que pour trouver notre hotel, je suis un peu saoulé par la situation d'autant que comme le prédisait le LP, Amman est une ville dans laquelle il est très difficile de se repérer (NDLR : surtout si on y séjourne que 2 jours!!).

Cela-dit, l'hotel et son personnel sont très accueuillants mais malgré ça, je sens que je ne vais pas faire de vieux os dans cette ville alambiquée où les sites dignes d'intérêt se comptent sur les doigts d'un semi-manchot.

Pour aujourd'hui de toute façon, il est déjà 17h et la nuit commence à tomber. Une seule chose reste donc à faire pour boucler la boucle de cette journée : s'en mettre plein l'estomac. Se sera chose faîte avec un poulet entier dans un restaurant où la volaille est la spécialité. Devant le resto, les poulets tournants sur la rotissoire se comptent par dizaines.


Quand Faysal et moi rentrons à l'hotel, il fait nuit. C'est à peu près certain que je ne vais pas faire long feu car en ajoutant un réveil presque aux aurores, 3 heures au centre de la banquette arrière d'une voiture avec 2 armoires de chaque côté, 1 heure et plus de marche avec tout mon bardas sur le dos et le fait qu'il fait nuit dans une ville inconnue où mon vocabulaire s'en tient aux plus strictes banalités, il n'y a rien qui me botte d'autre que de planifier la journée du lendemain dont je n'ai pas franchement envie qu'elle se passe en ville.

Solution de repli, et quelle solution, la mer morte n'est qu'à une trentaine de kilomètres et passer à côté serait criminel.

Moi qui suis fan de chiffres incongrus et de statistiques farfelues mais indicatives, la mer morte est l'endroit le plus bas sur la planète. Rien que ça, ça me fera me lever le lendemain matin avec des fourmis dans les jambes c'est sûr!! Dès qu'il y a un truc dans les parages qui soit "un des plus ... de la planète", j'ai envie de m'écrier WHAOUUUU!!!

Si on ajoute en plus les souvenirs que j'ai Asterix avec Obélix qui se jette dans la Mer Morte sans réussir à s'y enfoncer, l'expérience promet d'être riche en couleurs!


On se met d'accord avec Faysal pour faire le trajet ensemble en utilisant les transports locaux, chose d'autant plus faisable que Faysal parle un arabe parfait.

Rendez-vous est pris pour 9h le lendemain matin au petit déjeuner. On ne partage pas le même dortoir, le sien fait 9 couchages et est un poil meilleur marché que le mien qui n'en compte que 4.

Bonne nuit tout le monde, les lumières s'éteignent la tête tournée vers un lendemain chargé en sel et haut en couleurs.


Le réveil suivant se devait d'être d'autant plus facile que le programme du jour est hyper réjouissant et ne ressemblera surement à aucun autre durant les 2 ans qui viennent. Je dis "se devait" car il en est tout autre même si on reste dans les limites du raisonnable.

L'alarme devait me sortir du lit à 8h50.

A 8h45, on frappe vigoureusement à la porte de mon dortoir que je partage avec Jamal venu tout droit de San Francisco. De l'autre côté de la porte, l'agité du matin s'exite sur la poignée en plus de tambouriner. Un visage dépasse de la porte maintenant ouverte, c'est Faysal avec qui j'ai rendez-vous 15 minutes plus tard.

Inutile de vous préciser que ce genre d'attention n'est pas du gout de tout le monde et surtout pas du mien. Si on se donne rendez-vous à 9h, on se voit à 9h, ça me paraissait suffisamment clair pour ne pas avoir à préciser "pas avant".

A croire que les gens du matin pense que tout le monde a son rythme calqué sur le leur. C'est pas vrai!! J'ai beau avoir pris l'habitude des réveils matinaux, faut pas exagérer; je commence donc malgré moi la journée en tirant la tronche. Y'a mieux mais ça passera sans doute après quelques excuses.

Eh bien , les excuses, tu peux t'assoir dessus, à croire que vraiment rien n'arrête ses enfoirés de lèves-tôt! On passera quand même la journée ensemble, pas rancunier le Braïce.

Après un petit déjeuner vite engouffré parce qu'en plus monsieur est pressé, on file à la gare routière en prenant un taxi instantanemment déniché contrairement à la veille.

Le service de bus entre Amman et la mer morte est minimaliste, il faudra se contenter d'un minibus qui ne partira qu'une fois plein comme c'est la coutume.

En faisant la route, je me rends compte qu'on ne fait pratiquement que descendre et, à mi-parcours, j'aperçois un paneau inédit dans mon monde au milieu du trajet : "niveau de la mer". Pas banal. Après avoir doublé le paneau, on descend de plus belle, le minibus file à vive allure surplombant des vallées encaissées et assèchées.

Et après une grosse heure de route, on devine encore plus bas un grand lac, en fait pas un grand lac, la Mer Morte.

Notre véhicule nous fait descendre alors que les différentes plages payantes s'enchainent sur le bas-côté.

Comme Faysal et moi ne sommes pas les plus riches des voyageurs de la côte, on cherche une plage gratuite. Peine perdu, partout où l'accès à la mer est libre, le chemin est chaotique, au milieu des pierres et en duc de guise de plage, on a plutôt droit à un remake des environs des routes syriennes.

Il nous faut donc retourner là où c'est payant faute de mieux, la moins chère des plages, "Amman Beach", nous facture les entrées 8 euros chacun, ça à intéret à valoir le déplacement niveau confort, parce que 8 euros pour accéder à une plage, c'est un peu fort de café!


On pénètre dans l'antre et découvrons le spectacle : des dizaines de parasols géants sont plantés dans le sol, prêts à offrir de l'ombre à qui veut fuir le soleil assassin malgré l'été déjà fini depuis longtemps. On trouve un de ses parasols pas trop mal placé, on s'installe.

Je pose ma serviette sur un sable tassé au possible d'où émerge toutes sortes de détritus enterrés là par des plagistes peu scrupuleux et alors que je m'allonge, stupeur, la plage est le royaume des mouches. Quinze à la douzaine comme on dit sur les marchés. Au début on se débat et on lutte, après on se rend compte que c'est peine perdue, les mouches sont ici chez elles et pas moyen de s'en débarrasser.

En fait, si, il y a peut-être un moyen, attraper 2 chaises et une table et se la jouer pic-nic. Peut-être que en stationnant un mètre au dessus du sol, on peut résoudre le problème. A proximité de là où nous sommes assis, des employés de la plage stockent tout le mobilier disponible. N'écoutant que mon envie de faire la nique aux mouches, j'attrape une chaise et une table de la masse. J'emporte tout cela avec moi jusqu'au parasol. En revenant, Faysal me dit que les employés m'appellent. Flairant le coup de Trafalgar, je lui réponds :

-"S'ils veulent quelque chose, ils n'ont qu'à venir."

Et voilà t'y pas que 10 secondes plus tard, l'employé arrive avec autre chose que des fleurs dans la bouche. Il pointe la chaisa du doigt et d'un ton sec dit "1 dinar". Puis pointant la table du doigt, il rajoute "1dinar".

bonjour l'entube, d'abord tu paye presque 10 euros pour rentrer et après il faut en rajouter pour profiter du moindre agrément à l'exception de la douche. Et comme je ne veux en aucune façon être considéré comme une vache prête à traire, je sors un carton jaune pour signifier mon mécontentement et le bonhomme disparait, emportant avec lui la table et la chaise. Non mais quand même... Il faudra donc partager le sol inégal avec nos amies les mouches. Soit.


Mais pas question de subir la chose, si on a fait tout ce chemin, c'est pour en profiter. En moins de temps qu'il en faut pour l'écrire, je tombe le pantalon, le T-shirt et le reste. Autour la moitié des gens sont également en maillot de bain, ce sont les touristes étrangers. L'autre moitié des plagistes restent couverts de la tête au pieds même pour la baignade, ce sont les touristes locaux (les femmes en particulier).

Lorsque pour rejoindre le rivage, je marche à moitié à poil, ça fait un peu tache mais personne ne fait de remarques désobligeantes, rien ne s'oppose désormais à mon immersion. Il y a bien les cailloux qui s'ammoncèlent sue le bord qui essayent de m'entailler les pieds mais rien n'y fera, ja nage dans la mer morte.

A mesure que l'on s'enfonce dans l'eau, la sensation de flottaison s'accroit et est décuplée dès qu'on ne touche plus le fond.

Dans une mer normale, lorsque qu'on est dans l'eau, les jambes restent toujours à la verticale du corps.

Dans la mer morte, les pieds ont une furieuse tendance à vouloir remonter à la surface, il faut faire l'effort de se maintenir droit pour y parvenir. Disons que si on ne fait rien, on se retrouve à faire la planche que ce soit sur le dos, sur le ventre, sur le côté, peu importe, l'eau vous propulse vers la surface. C'est d'ailleurs assez grisant de se dire que voici une mer dans laquelle il est impossible de se noyer.

Malgré cela, sur la plage, de grands panneaux préviennent qu'il est particulièrement déconseillé de mettre la tête sous l'eau ou de boire la tasse.

Pour la tête dans l'eau, c'est parce que le contact de l'eau avec les yeux pourrait simplement vous brûler de façon insoutenable.

Quant à boire la tasse, je tenterais moi-même de poser une goutte d'eau sur ma langue, et bien force est de constater que ça brûle comme si j'avais un oeil à la place de la langue. Le gout est peut-être ce qui se fait de pire sur la planète. C'est comme si on avait condensé un mètre cube de sel dans une seule goutte. En fait c'est même tellement salé et indisgeste, qu'on ne sent plus le gout du sel! Juste écoeurant, donc ceux qui veulent boire la tasse s'expose à mon sens à ne plus jamais retrouver le sens du gout.    

En tout cas, tant qu'on respecte les consignes de sécurité élémentaires, la baignade est comme aucune autre, sensation complètement démente.


A la sortie de l'eau, la nature de l'eau fait qu'il faut respecter une nouvelle consigne : la douche à l'eau claire. Profitons-en, en plus c'est la seule chose comprise dans le prix. La douche coule à débit limité mais suffisant pour un rincage complet. J'ai le sentiment que si je ne passe pas par cette étape, ma peau craquèlerait comme la terre d'un paysage privé d'eau pendant trop longtemps. L'eau de la mer morte, même si amusante, n'est définitivement pas ma meilleure amie.


En revenant de la douche, une douce surprise : les mouches ne semblent pas attirées par ma peau mouillée. C'est donc une excellente chose, les allers-retours dans la mer et sous la douche rythmeront donc mon après-midi à la fois pour le plaisir cher à Herbert Léonard et pour la commoditée chère à Leroy-Merlin.


Ces vas-et-viens se poursuivront jusque vers 15h30, heure à laquelle il faut lever le camp pour espérer un minibus retournant à Amman.

En quittant la plage, une brillante idée ne vient en tête, il y a beaucoup plus de chance d'attraper une voiture allant à Amman en venant de la Mer Morte que l'inverse. La décision est donc prise de se poster sur la route, de lever le pouce et d'espérer rentrer à Amman gratuitement grace à un automobiliste familier de l'autostop. Les voitures, majoritairement de gros 4X4 et de grosses berlines, les camions, majoritairement de vieux bahuts aux airs centenaires, s'enchainent les uns derrières les autres. Et malgré mon air jovial et ma silouhette gracile, pas un ne s'arrêtera pendant 45 minutes avant que le minibus d'Amman ne se pointent. Ca valait la peine de tenter l'expérience même si on a fait chou blanc. Au moins on pourra quand même rentrer pour pas cher tout en sachant que la destination du chauffeur est la même que la notre à Faysal et à moi.

Nous sommes de retour à la nuit tombée d'autant plus que le passage à l'heure d'hiver s'est produit la nuit précédente, c'est à dire dans la nuit du jeudi au vendredi suivant le week-end du changement d'heure en Europe. A 17h15, il fait maintenant nuit noire. Ca pourrait être handicapant si je ne me levais pas maintenant régulièrement entre 6h et 9h du matin, mais là pas de risque, lorsque midi sonne j'ai toujours l'impression d'avoir déjà vécu une journée entière.

Au retour à Amman, on ne prend pas le temps de poser nos affaires à l'hotel et préfèrons poser plutôt nos fesses dans un restaurant pas cher où on peut s'en mettre plein la panse.

Après ça, la soirée s'annonce une nouvelle fois calme et sans histoires. C'était sans compter sur Hani qui travaille à la réception de l'hotel et sur sa joyeuse bonhommie.

Alors que je me repos paisiblement dans l'espace commun là où il exerce, il me propose ainsi qu'à Jamal, mon voisin de dortoir, et Martha, une hollandaise aussi souriante que le soleil brille, de se joindre à lui pour se rincer à la bière dans un bar des environs. Inutile de dire que la marche ça donne soif et que comme je n'ai pas bû une bière fraiche depuis maintenant 10 jours (en Cappadoce), c'est pas de refus.


On passe donc la soirée dans un bon esprit où chacun racontera plus ou moins ce qu'il fait là, d'où il vient et coetera, la discussion basique du voyageur au long court. En tout cas, c'est plaisant et gouleillant comme il faut. Sur un grand écran derrière moi, Tsonga bat en plus Roddick en 3 sets à Bercy à 30 minutes de marche de feue-la-maison. Tout concourt au plaisir futile. On rentre à 23h, tout le monde est bien claqué.

Et comme Jamal et Martha ont l'intention de quitter Amman pour Petra le lendemain tout comme votre serviteur, décision est prise de se retrouver le lendemain matin aux aurores pour partager au moins un minibus et au plus 3 jours sur le site.

Je suis vraiment impatient d'y être, les images de Petra sont dans ma tête depuis bien longtemps déjà, bientôt je n'aurais plus à penser aux images mais juste à explorer le site par moi-même, vivement samedi, quel week-end en perspective!!!


Par ailleurs, toujours pas d'internet à connection rapide à proximité, pas non plus de connexion wifi dans les hotels dans lesquels je vais, donc pour les photos se sera pour plus tard. en ce qui concernent les vidéos, je préfère ne même pas en parler...


 

Quant aux Rousseau, l'ouragan est à portée de jumelles, si je puis dire... Je suis avec vous mes poussins!!


Repost 0
Published by simplybrice - dans Ou En Jordanie
commenter cet article
7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 14:51

Je quitte la rocaille et le sable.

Je dis provisoirement au revoir à l'air pur de ces contrées presque vierges.

La civilisation contemporaine m'appelle à grand renfort d'embouteillages et de klaxons, c'est le retour de la ville.

 

Le premier bus quittant Palmyre pour rejoindre Damas est à 9h, heure ridiculement tardive pour moi qui suis prêt à tout. A 8H30, je suis réveillé et opérationel. A 8h35, je suis les fesses dans un taxi.

Pas le temps de "goodbye" à mes compagnons de ces 2 derniers jours, de toute manière tout ce petit monde ambulant prend au moins la route de la Jordanie et je reverrais à coup sûr la majorité d'entre eux dans la semaine qui nous conduiera jusqu'à Petra. J'en salive à l'avance...

A 9h, ponctualité quand tu nous tiens, le car démarre.

A 9h10, bercé par une musique douce, je m'endors comme un bébé. De toute façon, le paysage est plat et monotone, rien de tel pour me faire fermer les yeux.

Je suis réveillé peu de temps après par le personnel de la compagnie qui me force presque à accepter le gobelet qu'il me tend et pour lequel le fait de me réveiller lui paraissait absolument indispensable. Soit. Je bois son eau fraiche et me rendors.

Deux heures plus tard, le même brave gars me réveille à nouveau pour me demander s'il peut ramasser mon verre en plastique donc vide depuis deux heures... Re-soit.

Quoi qu'il en (re)soit, vu l'heure qui approche les midi, on ne devrait plus tarder à traverser les premiers faubourgs de la ville, il est largement temps d'émerger.

Le gusse finit son même manège auprès des autres passagers et, alors qu'il a fini et a mis toute sa récolte de détritus dans un joli sac poubelle, le bus stoppe, la porte s'ouvre et le gars jette tout sur le bord de la route au milieu de nulle-part.

J'hallucine, hurle de rage à l'intérieur de mon moi et comprend alors mieux pourquoi les bas-côtés des routes syriennes ressemblent plus à une décharge quà un joli paysage champêtre.

Aucuns scrupules le gars... Désolant...

 

On arrive à La gare routière de Damas peu de temps après.

Pour y parvenir, on se rend compte que la ville est situé sur une grande plaine seulement rompue à la périphérie par de petites collines où les logements précaires faisant passer nos bons vieux HLM pour des palaces deauvillois, s'entassent du bas vers le sommet, des habitations les moins récentes vers les plus récentes.

Je me dis que le problème de ceux qui ce sont installés les premiers, c'est qu'ils doivent maintenant recevoir sur la tête les déchets de tous ceux qui ont construit après eux, c'est à dire en amont de la colline. Délicieux...

 

A la gare routière, la solution de facilité pour moi qui ne maîtrise pas la langue, c'est de monter dans le premier taxi qui se présente et de lui indiquer le nom d'un hotel décrit dans le LP. En 2 minutes, on est en route.

Chose curieuse et inédite pour moi en Syrie, le taxi est équipé d'un compteur. Pas besoin donc de fixer un prix à l'avance, je suis en terrain conquis, du moins je le pense... A l'arrivée dans l'environnement immédiat de l'hotel, alors que le taxi s'arrête, le compteur indique 62,50 soit à peu près 1 euro pour 10 minutes de conduite zigzagante entre les autres voitures. Bonne affaire, bonne affaire!

Mais, alors que je donne 75 livres au chauffeur, celui-ci me mime 200 livres, grosse différence. L'incompréhension est totale et le ton monte. Le taxi-man n'en démord pas une seconde, le prix est 200 et c'est tout. C'est plus qu'il n'en fallait pour qu'il se voit désigné le premier carton rouge du voyage (Je voyage avec toujours en poche un carton jaune et un carton rouge, dans tous les pays c'est un signal qui se comprend). Je lui paye malgré tout ses 200 livres et pars en claquant la portière.

 

J'apprendrais par la suite que la station de bus se trouvant hors des limites administratives de la ville, le prix classique était bien 200 livres. C'était bien la peine de s'énerver...

 

Mon nouvel hotel est un poil plus cher que d'habitude mais le fait d'être dans la capitale y est pour beaucoup. Eux n'ont pas battu Marseille 4-2 à l'extérieur mais il n'en demeure pas moins que c'est la capitale.

L'hotel est organisé avec au centre une grande cour intérieure, au centre de celle-ci une fontaine toute mignonne, les chambres étants réparties autour au rez-de-chaussée et au premier étage. C'est super joli, je suis conquis. J'y suis même tellement bien qu'avant de penser à quoi que ce soit d'autre, je commande un thé et un narguilé.

La dégustation s'éternise mais c'est l'extase.

 

En début d'après-midi, je pars affronter le flot des voitures et des piétons. Je dis "affronter" et le mot n'est pas trop fort.

Par exemple pour traverser la route, il faut faire comme "frog", la grenouille qui doit slalommer entre les voitures pour ne pas y rester. Les conducteurs ont l'habitude de ne pas freiner pour laisser passer les piétons, heureusement que l'expérience parisienne m'a endurci à ce niveau là car autrement je serais encore en train d'attendre mon tour pour traverser. Le but de la marche d'aujourd'hui est d'atteindre la vieille ville, prétenduement le plus beau quartier du Moyen-Orient d'après le LP.

D'un pas ferme et décidé, je franchis les carrefours les uns après les autres et, au détour d'une rue, je croise un type que j'avais déjà croisé à Palmyre. Un genevois anciennement avocat qui a subitement décidé de tout quitter pour s'installer à Damas pour y apprendre l'arabe.

Le type qui connait bien les lieux m'informe que je suis parti dans la direction opposée à la vieille ville et que ça fait un moment que ça dure car je me suis déjà éloigné de près de 2km de ma destination initiale. Oups!!! Merci mon gars, vraiment!!!!

Et comme en plus on est plutôt contents et étonnés d'être tombés l'un sur l'autre dans cette ville surpeuplée, on va boire quelques tisanes car la bière est toujours fannie au bar. Pendant ce laps de temps, le temps vire au gris et l'orage se fait entendre, il est temps de se dire au revoir et peut-être à plus tard car la température du fait des nuages a subitement perdu une dizaine de degrés. Juste le temps pour lui de me ré-indiquer quand même où se trouve la vieille ville et où se trouve mon hotel, on se sait jamais, et me voilà déjà sur la route du retour.

Je découvre alors mes voisins de dortoirs : un australien en voyage depuis 18 mois dont le prénom m'échappe, Sarah, une américaine sur le point d'emménager à Damas pour 3 mois dans le but d'apprendre elle aussi la langue, et Faisal, un belgo-marocain dans la région pour plusieurs semaines.

L'ambiance est bonne à ce point que la décision de rester en leur compagnie fait son chemin. De toute façon, je serais encore là le lendemain et aurais toute la journée pour trouver ce satané centre historique sachant que le reste de la ville n'est pas aussi avenante que le vieux Damas d'après ce qu'en dit le LP.

 

La fin de journée file comme une comète et il est 22h quand je quitte tout ce petit monde pour rentrer à l'hotel le premier t'écrire au sujet de Palmyre.

Une heure plus tard, les autres reviennent à leur tour.

Ils s'endormirons vers minuit alors que je continuerais à taper jusqu'à 2h30, suffisamment longtemps donc pour en avoir plein les yeux de l'écran, à la limite de la crise d'épilepsie.

 

 

Au réveil du lendemain (mardi), tout le monde a déjà quitté la chambre, je suis le dernier à trainasser au lit. Ca n'était pas arrivé depuis plusieurs semaines donc à ce moment là, je fructifie en tournant sans relache sous mes couvertures jusqu'à 11h, le luxe!!!!

je me paye aussi le luxe de prendre le petit déjeuner optionnel de l'hotel, cher par rapport aux gargottes du quartier, mais au milieu de notre cour dont j'ai oublié de préciser qu'elle avait un toit végétale comme du lière, sympa.

Une brosse à douche et en route!! Encore!!!

Cette fois, pas d'erreurs, j'ai en tête l'endroit où je me suis fourvoyer à l'envers la veille; j'y passe un sourire en coin.

En moins de 2, me voici devant l'entrée de la vieille ville dont je réalise qu'il est très difficile de la rater parce qu'à ce coin-là trone la citadelle et ses murs fortifiés hauts de plusieurs mètres. Je devais vraiment avoir une poutre dans l'oeil pour avoir manqué ça, bref...

En entrant par un porte colossale, on pénètre dans le souk par une allée très large et haute de 12 mètres sous plafond vouté.

La voute est faîte de vitre et les rayons du soleil la traverse par faisceaux, ça a de la gueule comme on dit. La taille du batiment y est pour beaucoup.

Les boutiques sont assez banales et vendent principalement du prêt-à-porter. Quelques-unes assez rares diversifient l'offre et vendent des narguilés. En se qui concerne les épices, les antiquités ou les bijous, faudra s'adresser ailleurs.

Le passage principal est long d'un bon kilomètre et au bout on débouche sur la mosquée Umayyad, la plus grande mosquée de Damas en passant sous un arc de triomphe n'ayant pas grand chose à envier à ceux aperçus en Turquie ou ailleurs en Syrie sauf qu'ici c'est en plein centre-ville!

Nouvelle mosquée, nouveau déchaussage. A l'intérieur, le silence.

Tout le tour de la place centrale de la mosquée est paré de mosaïques et le sol est brillant au point de m'éblouir en réfléchissant la lumière du soleil. On sent que cette mosquée tient une place historique importante dans la ville, tout semble pas neuf mais très ancien, et comme c'est merveilleusement conservé on dira comme neuf.

Une vidéo, quelques photos, on avance.

De l'autre côté, la ville prend de nouvelles dimensions : tout est exigu, les immeubles sont le plus souvent en pierre et de nombreuses rues sont couvertes de lierre sans doute pour protéger les habitants de la chaleur estival.

Moi, j'ai pas chaud mais j'ai encore faim, donc direction la sandwisherie locale et ses "shawarmas" divins. Un puis deux, ça suffira ou bientôt je ne pourrais plus voir mes pieds!

Le chemin continue en longeant de mur d'enceinte de la vieille ville qui me permettra de ne pas partir pas des chemins approximatifs, je rejoins le quartier chrétien puis le quartier juif.

Dans le quartier juif, beaucoup sont partis, mais hospitalité locale incroyable oblige, même si les familles juives ont émigré en catastrophe il y a plus de 20 ans, aucune de leur demeure n'a été squattée ou vandalisée. Les maisons ou les commerces attendent juste le retour au pays de leurs propriétaires d'origine. Respect oblige.

Chapeau bas les syriens!!

 

En bouclant la boucle pour retourner à mon point d'entrée dans la ville historique, je passe enfin par les étales d'épices, de café, de cuir.

Les odeurs se mélangent pour le plus grand bonheur du visiteur qui se comblera d'autant plus que les patisseries orientales sont aussi de la partie. J'ai beau être déjà plein comme une outre, 2 baklavas sauront me régaler. Les connaisseurs (hein mon Bast') apprécieront...

 

La promenade ici est bouclée en quelques 3 heures, et effectivement c'est vraiment plein de charme, rien à voir avec le bruit et l'odeur de l'autre côté dans la ville nouvelle où tout est le plus souvent gris clair voire gris foncé.

L'air n'y sent plus la cannelle mais le monoxyde de carbone.

Je retourne dans mon havre de paix de cour intérieur où ma chambrée n'est pas loin. Mon ventre va exploser mais c'est pour la bonne cause ou presque : cette cause c'est la mienne!!

 

Je préfèrerais ensuite rester sur ce sentiment de bien-être trouvé dans la ville fortifiée et me garderais de sortir trop loin ce soir là pour ne pas avoir à affronter les affres d'une urbanisation anarchique.

De toute façon, niveau urbanisation anarchique, demain (mercredi) je pars pour Amman, la capitale jordanienne. Et à en juger par le plan de la ville, c'est pire qu'un labyrinthe. Aucune chance de retrouver son chemin, j'en salive à l'avance.

Mais demain est comme d'habitude un autre jour.

Sauf qu'en plus cette fois, demain est un autre pays.

Mon passeport fait le beau comme un chiot qui attend un su-sucre, et il me plait de le satisfaire.

 

Grosses bises de ce côté-ci de la frontière en attendant plus... toujours plus... insatiable...

 

 

En attendant, comme je l'avais fait pour la Turquie, je vais vous faire un petit récapitulatif sur la Syrie.

 

La Syrie n'est pas un pays très évident pour un voyageur inexpérimenté. Je sais bien qu'on ne peut pas tout avoir mais très peu de syriens parle anglais et c'est un peu plus difficile qu'ailleurs d'avoir une conversation avec des locaux.

Toute les villes que j'ai faites ont un quartier historique chargé de charme, mais le reste du temps, le pays étant assez pauvre, l'architecture locale ne rend pas grace à la culture arabe telle qu'on se l'imagine. Même en centre ville la couleur prédominante est le gris parpaint et l'air est souvent chargé en pollution due au fait que les pots catalytiques ne sont pas encore majoritaires ici.

Hors des villes, le pays est principalement plat et à mesure que l'on s'aventure à l'est, le désert prend ses droits. Un désert rocailleux mélangé de sable ou de rares oliviers ont vraiment du mal à se faire une place.

 

La nourriture est très proche de se qu'on trouve en Turquie et je pense que dans toute la zone, les influences sont les même hormi le fait qu'en Syrie, on trouve des plats berbères à base de riz, de yahourt et d'amandes. Ca fait un bon compromis si on a envie de manger autre chose.

 

Les Syriens quant à eux sont en grande majorité des gens délicieux. L'hospitalité est une chose qui veut vraiment dire quelque chose ici. Même si on refuse d'acheter quoi que ce soit, et même si eux n'ont pas énormément de moyens, on sent que l'argent n'est pas la chose qui compte le plus au monde. Je me suis même vu retourné plusieurs fois le bakshish que je voulais laissé. Il est également coutume pour eux apparemment d'offrir le thé à tour de bras et croyez-moi que quand on vient de Paris, c'est tout sauf banal et on en redemanderait presque si on était pas gêné par tant de générosité.

Je ne sais pas contre pas quoi dire sur les syriennes car je ne me souviens même pas avoir parlé à une femme durant mon séjour. La religion tient une place très importante et on se félicite parfois de pouvoir ne serait-ce que voir les cheveux d'une femme. Je me souviens qu'à Aleppo, on est déjà content quand on voit son visage...

 

Enfin le cout de la vie est ici dérisoire en comparaison de la turquie et donc d'autant plus en comparaison de l'Europe. Mise à part qu'à Damas tout est 2 fois plus cher que partout ailleurs dans le pays, ça reste extrèmement abordable.

A Damas, le dortoir de 4 lits revenait à 10 euros alors qu'en province, ça tournait plus autour de 5 euros. Pour la nourriture, les transports, l'entrée sur les sites, tout est à l'échelle, on aurait presque envie de leur dire d'augmenter les prix pour les touristes.

 

Je ne sais pas si je retournerais un jour en Syrie, mais en tout cas ça vaut largement le déplacement.

Choukran les gars!!

A une autre fois les filles!

 

 

 

 

Repost 0
Published by simplybrice - dans Ou En Syrie
commenter cet article
30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 19:39

Encore une fois, 2 textes pour le prix d'1. Toujours pareil, pour suivre la chronologie, remonte d'un article et reviens sur celui-la ensuite (t'as note que j'ai pas mis d'accent a "la", la crise couve!!!)

Un grand merci quand meme aux fideles parmi les fideles mais pensez a prevenir parents, enfants, boulangers, coiffeurs, fleuristes, nounous, nounours, copains, copines, ex-copains, ex-copines, docteurs, collegues, patrons, voisins ou toute autre personne que ca pourrait interesser que je sus sang et eau pour vous, que j'ai de la corne sur le bout des doigts, que j'ai mal a ma frequentation...

 

 

Quelle tristesse de comparer mon expérience Palmyresque avec les photos des ruines aperçues depuis que je sais que je vais y fouler le sol!

Dans toute la Syrie, Palmyre est considérée comme la crème de la crème, la cerise sur le gateau; et, chaque fois qu'on peut en voir un cliché, la lumière est parfaite, bien loin de ce qui m'a été donné d'apercevoir en plissant les yeux à travers une épaisse brume.

Tous les syriens auxquels on pose la question sont ravis de la pluie qui tombe.

Moi qui viens d'un pays comptant en son sein la Bretagne, on sait ce que c'est que la pluie fine qui vous balaye le visage, donc j'attendais pas moins que le retour hypothétique et tonitruand du soleil dès le lendemain lundi.

En plus en syrie, ils ne vendent même pas le célèbre ciret jaune.

 

Le pari est donc tenu avec le ciel sur un changement complet de physionomie du ciel.

Le réveil sonne à 5h55, et pas question de refaire la même erreur que la veille et de re-sombrer comme une épave.

5h57, je suis habillé, j'ai décroté la commissure de mes yeux et suis fin près pour vérifier si le pari est gagné.

En fermant la porte de la chambre derrière moi, la porte en face s'ouvre, Mélanie est aussi réveillée et fin prête.

 

J'ai rencontré Mélanie la veille, elle est américaine, du Kentucky.

Son histoire est pas banale : elle est la gagnante d'un concours organisé par "youth hostel", les auberges de jeunesse. Le concours lui donne le droit de voyager pendant 18 mois. Mais pour remporter le concours, Mélanie a dû répondre à la question "pourquoi vous plutôt qu'un autre?" "Quel est votre but si vous remportez la timbale?"

Et bien Mélanie, qui n'a plus 8 ans, a répondu qu'elle aimerait gagner pour pouvoir gouter à tous les bonbons, friandises et autres saloperies dentaires de la planète; et bingo, sa lettre plut au comité de désignation du gagnant, et elle est sur la route depuis déjà 9 mois.

Son seul impératif, renvoyer de façon plus ou moins régulière des comptes-rendus de ses visites d'usine de fabrication et autres dégustations dans les pays qu'elle visite.

J'avais jamais rien entendu de semblable, ils sont fous ces américains!

 

Retour au présent, on sort de l'hotel et miracle, le ciel est une tache d'encre noire sur laquelle s'affiche des étoiles par dizaines.

Au loin, les premières lumières tentent de se faire une place au soleil, il ne faut pas lambiner si on veut atteindre notre but : le lever du soleil sur les ruines millénaires.

On marche les 5 minutes nous séparant du lieu du spectacle et alors que la lumière se fait plus pressante, on remarque que les courageux à s'être extirpés du lit ce matin-là ne sont pas légions.

On a grosso-modo tout le site grand de plusieurs hectares pour nous. Seul entorce à un contentement total, le vent frais du matin charrie avec lui des températures proches ou inférieures à 10° ce qui n'est pas mal mais quand on n'a pas prévu de s'habiller en circonstance peut vite s'avérer glacial.

En quelques minutes, le soleil fait surface. Rien entre lui et nous pour boucher la vue, le spectacle est grandiose.

Il est d'autant plus grandiose que la nature a pensé à tout, il est possible de regarder le soleil dans les yeux sans avoir à se griller les rétines pendant la première heure suivant sa sortie. Comme au coucher, c'est une grosse boule de lumière pas plus intense qu'une ampoule moyenne.

Parallèlement, comme la lumière n'est pas très intense, le thermomètre ne se muscle pas. Et alors que de l'appareil photo lutte contre le froid a mesure que je multiplie les clichés, moi je ne fais que faire fonctionner mon index droit pour appuyer sur le déclencheur donc même si je suis dans le désert et que la température de l'après-midi atteindra propablement les 28° au soleil, pour l'instant j'ai froid et j'ai toute la journée pour profiter de l'astre solaire revenu.

 

Après donc une heure de prises de vue, il faut que je retourne me mettre au chaud et mon lit fera surement l'affaire.

Le contraire serait étonnant, il n'est que 7h30 du matin et je n'aurais aucuns problèmes pour démarrer une nouvelle nuit la tête dans un oreiller accueillant et confortable.

De toutes façons, dans ma chambre sans fenêtre, qu'il fasse jour ou nuit ne fait aucune différence.

Alors arrivé à l'hotel, le scénario se mis en scène comme écrit à l'origine; je retomba pendant plusieurs heures jusqu'à me réveiller en pleine possession de mes moyens sur les coups de midi.

Ne manque qu'une chose pour que je sois d'attaque, une bonne aubeerge servant une bonne souplette.

Je retourne chez les bédoins de la veille chez qui l'accueil avait été digne d'un parent proche; ils se souviennent de ma petite personne et en sont d'autant plus accueillant à nouveau. Le narguilé à la pomme sans additifs hallucinogène est offert par mes hôtes que je remercie en gribouillant de plus belle le livre d'or à la disposition des clients.

A 13h30, je sors le ventre gonflé de victuailles.

Un changement de programme temporaire est voté : je ne vais pas sur le champ sur les ruines mais parresse au soleil sur le toit-terrasse de l'hotel pendant 2 bonnes heures où lecture, thé, bain de soleil torse nu seront mes meilleurs alliés.

 

Au passage j'en profite pour dire que depuis que l'odyssée a débutée, pas une fois je ne me suis barbouillé de lotion solaire de quelque sorte ou de biafine pour remédier à des problèmes de coups de soleil. On dirait que ma peau a compris que j'étais passé en mode voyage et s'acclimate de tout au rythme de mes périgrinations.

Pas non plus d'épisode de peau qui pelle, mon épiderme doit produire sa propre oil of Olaz. Youpi!!!!

 

Du haut de mon toit panoramique, j'entends un vacarme remplir la route quittant Palmyre-village et menant à Palmyre-ruines. Un coup d'oeil rapide par dessus de parapet me fait voir les voitures de collection aperçues la veille.

Toutes sont en train de quitter leur parking et se rendent en direction du site antique. Il n'en fallait pas plus pour me faire sortir de ma torpeur. Je les y accompagne.

Arrivant devant l'arc de triomphe signifiant l'entrée dans la ville détruite, elles sont toutes là rutilantes sous le soleil.

Je ne suis pas habituellement fan de mécanique mais là, le spectacle de ces bolides du début ou du milieu du siècle dernier posants devant le monument le plus visité de Syrie fait que l'association des deux est un régal pour les yeux d'enfants que je me prends à avoir à ce moment-là.

Un siècle d'histoire automobile devant deux millénaires d'histoire du monde méditerranéen.

Inutile de vous dire que l'appareil photo a repris du service. Je mitraille pendant 1/2 heure et ne vais pas immédiatement plus en profondeur entre les colonnades car il n'est que 15H30 et le coucher de soleil est encore loin.

 

C'est bon de n'avoir que 5-10 minutes à marcher pour passer du désert à mon hotel. Je reprends ma place encore chaude sur la terrasse et avale encore quelques chapitres.

Le moment venu, je refais le même itinéraire dans l'autre sens pour retrouver ma place sur la colline de la veille lorsque j'attendais que le ciel veuille enfin se dégager.

Seulement hier, journée nuageuse et bouchée, j'étais tout seul à avoir cette idée brillante. Aujourd'hui, le temps est sur un mode lumineux et une dizaine d'autres grimpeurs sont déjà sur les lieux. J'ai comme une impression égoïste que des gens se sont invités chez moi sans avoir y été invité.

Monde cruel!!! Il faudra donc partager la place et me préparer à avoir du parasitage sur la nouvelle vidéo du "tour du Brice" que je m'apprête à filmer.

Cela dit rapidement, en faisant la part des choses, le moment est divin et le partage sympathique.

Je retrouve notamment Mélanie et un autre français présent au dîner précedent.

Nous seront les derniers à partir de la montagne sacrée, terminant notre chemin dans l'obscurité la plus totale.

 

Y'a pas à dire, Palmyre vaut largement la réputation qu'on lui impute.

La lumière du soleil levant ou couchant ajoutant encore une touche colorée à tout ça.

Cela dit, le fait de l'avoir également contemplée dans la poussière augmente encore d'autant le panel des émotions ressenties.

Ces 2 jours auront été à la mesure des attentes, mais maintenant les sites romains, ils ont intéret à être exceptionnel pour suciter chez moi la curiosité. Il faut dire que depuis un mois, j'en aurais vu des amphithéâtre, des agoras et des colonnes.

Il va vraiment être temps de passer à autre chose.

 

Demain (mardi), le bus me prendra pour rejoindre Damas, capitale du pays riche de 5 millions d'habitants et une des villes au monde à être continuellement habité depuis le plus longtemps. espérons seulement que la transition désert / ville ne soit pas trop pénible.

Il fera beau, il fera doux, un nouveau jour se lèvera sur le Braïce, avide de contentement de ses sens.

Repost 0
Published by simplybrice - dans Ou En Syrie
commenter cet article